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CHAPITRE TRENTE-SEPTIÈME

envetoppé de son abbab ^ s'arrêta tout I eeup devant moî. Je mis la i»aia B»r up de mes pistolets; mais Tétranger m'assura qu'il n*avait pas de maufais desseins, et qii*il ne me demandait qu'un moment d'entretien dans quelque endroit où {yersonne ne pût nous entendre. Je lui dis de marcher devant moi; et, lorsque nous fâmes arrivés au milieu d'une grande place , il s'arrêta ; mais, avant de me découvrir TafTaire mystérieuse qu'il avait i me oommuniquer, Il jugea à propos do me faire con« naître sa pers<mne.

« Me recoanaissei-vousT » me demanda'>t*il en enir'ouvrant soB naoteau.

« Je crois, » lui répoudîs-Je, « que vous êtes l'Arabe de MonteSh que J'ai vu il y a quelques jours dans le café de Fépistah. »

« Non, pas de Mcmteflb I » s'écria*t il. » Grâce au ciel, je ne suis pas de cette race amphibie , moitié turque , moitié arabe, qui prétend respecter le Bédouin et qui paye tribut au pacba. MoB sang est plus pur, ma croyance moins corrompue. Je sut» on des enfants d'Ânahse, un tôctateur de Wahab. C'est pour ser* vir ma foi que je m'abaisse à porter le costume deunesi^ennemis ; c'est pour ehercber parmi eux des armes pour les combattre, que je consens à respirer leur atmosphère iqipure. Je sais que votre haine contre le kiaya est égale à la nôlrc. Bien des fois, sans que vous y fissiez attention, j'étais à vos côtés, épiant vos aclions, écoutant vos discours, quand vous osiez peindre ce monstre sous ses couleurs véritables. Joignez-vous donc à nous ; et si vous n'adoptez pas notre croyance^ adoptez notre politique. Nous avouât du zèle et de la bravoure, maïs il nous manque la lactique et la discipline; et quiconque apportera dans nos rangs la science militaire, pourra s'élever au plus haut grade. Prenez le temps de réfléchir snr ma proposition , et vous me ferez ensuite votre réponse. »

J'aurais été assez disposé à la lui faire sur*Ie-champ, si j'eusse été sûr que mon nouvel ami était autorisé à me tenir ce lan^ gage. Mon séjour h Bagdad ne m'offrait pas une perspective bien avantageuse , et je me sentais porté à hke connaissance avee les Wahabites. Je me bornai à demander à l'Arabe quelque

1» Maniean dont se servent les Arabes.

preave de sa mission. D'abord, ôtant soq turban, il me fit voir qu*il ne portait pas cette touffe de cheveux que les autres musulmans laissent croître sur le sommet de leur tête, afin de donner plus de prise à Tange chargé de les transporter dans le ciel : il tira ensuite de son sein le sceau de sou chef; enfin il me promit de me présenter à d*autres Arabes déguisés comme lui, et qui confirmeraient de leur témoignage tout ce qu'il m'avait dit. Je les vis effectivement ; je me trouvai satisfait ; je promis de partir pour joindre l'armée des Wahabites, et je reçus, en signe d'aCQliation , un sceau semblable à celui qu'il m'avait montré. Nous fixâmes le jour de mon départ, et mon Arabe me dit qu'il me chargerait de quelques dépêches-importantes.

Le lendemain , au point du jour, comme je sortais de chez moi pour aller passer en revue mes nobles dellis, je rencontrai un de ces Tartares, messagers du pacha, qui, comme Mallim Moursa , passent leur vie sur les routes , mais avec cette différence que, chargés d'ordres au lieu de marchandises, ils volent comme l'éclair , tandis que les commerçants rampent comme des limaçons. Cet homme, nommé Feiz-UUah, avait servi le capitan-pacha pendant le peii de temps qu'il avait été -vizir. Je lui avais rendu quelques services sur les bords du Danube , et il voulait saisir l'occasion de m'en rendre un à son tour sur les rives du Tigre. « J'allais chez vous , » me dit-il dès qu'il m'aperçut : « je ne sais ni ne me soucie de savoir ce que vous avez fait , mais je suis à peu près informé de ce qu'on vous fera si vous restez ici plus long-temps. Etant allé ce matin recevoir les ordres du kiaya pour un message , je l'ai trouvé en grande rx)nférence avec l'aga des janissaires. Je n'ai pu entendre que quelques mots; mais il était question de conspiration, de rendez-vous secrets avec les Wahabites, et votre nom a été prononcé plusieurs fois avec colère. Je devrais déjà être parti, mais j'ai voulu vous donner cet avis avant mon départ. Pour peu que vous teniez à la vie , ne restez pas une heure de plus à Bagdad. Isch -Allah ^ I vous serez plus en sûreté au milieu des brigands du désert, n

Il partit en prononçant ces mots, et je ne courus pas après lui pour en obtenir d'autres renseignements. Je venais juste*

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