Près des ruioe* de TaDlique Babvione. B
je (lus Toeil conslauimeut ûxé sur ce dôme étincelant comme sur mon étoile polaire. Je surveillais, avec aaxiété son agrandissement sous mes regards pour me rendre compte de la diraiuution de la distance qui nous séparait. Mais il s'écpula bien des heures , il y eut une marche bien longue et bien fatigante à faire , et Tobscurité la plus complète couvrit la scène de solitude qui m*entourait, avant que je sentisse que j'approchais de la fin de mon voyage; et je ne me vis délivré de cette successioQ sans un de collines de sable sur lesquelles se traçait imperceptiblement ma route qu'au moment même où j'arrivai aux portes de la ville. Alors, quand, au moment même où j'étais dans une triste incertitude sur le nombre d'heures pendant lesquelles il me restait à errer dans la nuit, j'aperçus tout à coup, à une distance tout au plus de cinquante pas, s'élever devant mo les bastions et les arceaux de la porte, je ne pus retenir vnzci dej oie; et lorsque j'entendis les pas traînants de mon cheval résonner sous cette voûte, sombre et triste comme elle est, il me sembla, en la voyant, voir s'ouvrir devant moi les portes du paradis.
En arrivant au khani, je m'occupai avant tout de mon fidèle coursier. Je le conduisis moi-même à l'écurie; je frottai ses flancs palpitants ; je lui offris sa nourriture accoutumée ; il n'y voulut pas toucher. Se couchant par terre, il étendit la tête sur ses jambes, fixa ses yeux sur moi, fut saisi d'un frisson convulsif et expira. Sultan Mahmoud, je lui aurais fait élever un monument; Alexandre, j'aurais fait construire une ville à laquelle j'aurais donné son nom ; n'étant qu'Anaslase, je ne pus
' lui accorder que de sincères mais stériles regrets.
Il fallait remplacer cette perte. Un Arabe m'amena un cheval dont il me débita la pompeuse généalogie* Avant de l'acheter, je crus devoir prendre quelques informations sur le caractère et la réputation du vendeur. H avait bien des fois arrêté des voyageurs sur la route; dans le cours ordinaire de la vie il ne se faisait scrupule ni de mentir ni de tromper ; mais, dans une affaire qui touchait son honneur de si près, il était au-dessus de tout soupçon, et il aurait vendu son père plutôt que d'en imposer à un acheteur sur l'extraction du cheval qu'il lui pré;sentait. Je fis donc l'acquisition de son coursier, soupai de bon api>étit, et iw 'endoiinis ensuiie avwvis axoU' donné ((uelques malédictions
au kiaya de Bagdad.