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CHAPITRE XLI

Anaslase edt pourfiiivi ehct les Waliabites par la rùSé perflHè dià kiàya.i— Il quitte les Wahabiies. — Attaque d'utie caravane. — H abandonne les Arabes et arrive à Acre, où commandait Djezzar- Pacha. ■

Le chagt-in que m'avait causé la perte d'Âïsché commençait à peine à se calrtier^ quand tous les scheïcks de nos diftércntcs tribus reçurent ordre de se réunir près d'un puits du désert qui leur fut désigné, pour y joindre Ibu-Sehoud et en partir sous ses ordres pour une expédition qui exigeait toutes nos forces combinées. Suivant l'usage des chefs wahabites^ ce n'était qu'en partant du rendez* vous que nous devions apprendre quel ennemi nous allions attaquer et de quel côté nous aurions à marcher. Chacun faisait ses conjectures ; les uns supposaient qu'il s'agissait d'Un coup de main sur La Mecque ; les autres » qu'il était question d'une tetitative sur Iman-Âly. Cependant tous les schcïcks rassemblèrent leurs forces et partirent pour le lieu indiqué, montés sur des dromadaires légers comme le vent, ou sur des coursiers qui ne leur cédaient poitit en vitesse» armés soit de pistolets et de carabines , soit de sabres et de lances» mais sans autre provision qu'un petit sac de farine et une outre pleine d'eau dont étaient chargés chaque cheval et chaque dromadaire; Lorsque la réunion fut complète, nous pouvions être environ quinze mille, quoique l'ennemi, trompé par la rapidité de nos mouvements et par la multiplicité d'attaqués dirigées en mémo temps sur plusieurs points, nous crût sôtivent en nombre bien supérieur.

Mais, quels que pussent être les grands projets du chef su^ prême des Wahabites, je ne devais pas en voir l'exécution. Le rtisé kiaya de Soliman ayant appris mon séjour parmi eux , et craignant que mes connaissances militaires iie leur fussent utiles, me fît le seul mal qui fût au pouNoiv d^ witi\\\m\>^fe>

544 BIÉMOIRES D'UN GREC.

celui de me faire considérer comme son ami. Il Dl*écri¥it une lettre dont toutes les expressions étaient si bien calculées pour faire croire que je trahissais mes hôtes, et il la fit tomber entre leurs mains d'une manière si adroite, qu*Abd-oul-Aziz ne put s'empêcher de me mander devant lui pour me justifier on recevoir le châtiment de ma perfidie , châtiment qui ne ponvait être que le bannissement, Thospitalité que j'avais reçue ne permettant pas qu'on m'en infligeât un plus sévère.

Si mon Âîsché eût encore vécu , si j'eusse pu espérer de terminer près d'elle le cours d'une vie agitée, cette punition m'eût paru assez rigoureuse pour chercher à m'y soustraire en démasquant la calomnie. Habitué aux mœurs des Wahabites, j'aurais pu consentir à finir mes jours dans le lieu où j'avais inopinément trouvé un ami, une famille, une patrie, quand je n'y cherchais qu'un asile contre l'oppression. Il existait cependant un objet toujours présent à mon esprit, et que je ne pouvais séparer d'aucun de mes plans de bonheur : c'était mon Alexis, mon fils , celui d'Ëuphrosyne. Je me proposais de le faire venir près de moi ; et alors, oubliant le reste du monde et en étant oublié, j'aurais pu, sans murmures et sans regrets, laisser mes obscurs ossements blanchir dans le désert. Mais les choses avaient bien changé de face : la mort d'Aîsché ayant rompu les liens qui m'attachaient aux enfants de Wahab, j'étais redevenu cet être isolé qu'un seul Arabe avait arrêté à son entrée dans le désert. Le désir de revoir le sol sacré sur lequel vivait mon Alexis me poursuivait jour et nuit. Retourner vers le seul être qui , dans le monde entier, eût des droits à ma tendresse, lui prodiguer ces soins paternels qu'il n'avait jamais connus , le presser sur mon sein, en faire la consolation du reste de ma vie, c'était un ]t)onheur dont je me sentais à chaque instant plus altéré, et je regardai presque comme un événement heureux la calomnie d'Achmet, puisqu'elle me facilitait les moyens de quitter mes hôtes, sans paraître, en les abandonnant volontairement, manquer à la reconnaissance que je leur devais.

Ainsi , quand , après m'avoir fait lecture de la lettre où le perfide kiaya, feignant que je ne l'avais quitté que pour l'informer des projets et des forces de ses ennemis , me disait ,

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