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CHAPITRE QUARANTE ET UNIÈME

qu'ayant en le temps de gagner leur confiance, je devais commencer à exécuter ma mission et entretenir avec lui une correspondance dont il m'indiquait les moyens , Abd-oul-Aziz me demanda , en présence de tous les principaux chefs, ce que j*avais à alléguer pour ma justificatiqn , je gardai un silence hautain et dédaigneux. Getle conduite, quelque étrange qu'elle fût, lui fit penser que je n'étais pas coupable. Omar, de son côt^, soutint hautement mon innocence; mais mon obstination à me taire ôta à Tun le pouvoir de m'absoudre, et à l'autre toute excuse pour me retenir. Je leur dis alors : qu'étant devenu l'objet de leurs soupçons, je ne pouvais rester plus long-temps parmi eux , et personne ne mit obstacle à mon départ.. Toutes mes pensées se portant vers l'occident , je me dirigeai vers le soleil couchant, et

Le manuscrit laisse à re(jretter ici quelques pa{;es qui ont été déchirées, soit par Fauteur lui-même, soit par les mains dans lesquelles il a passé après sa mort; mais cette interruption est peu importante, car nous le retrouvons faisant la description d'une autre tribu arabe, à peu de distance du lieu où il avait trouvé, comme il le dit lui-même, un ami, une épouse, une famille et une patrie.

C'est la plus puissante et la plus nombreuse des tribus qui habitent l'intérieur de l'Hedjaz. Son principal scheîck peut mettre sur pied une force de plus de trois raille hommes bien montés , bien armés , bien équipés. Plus de vingt scheîcks inférieurs le reconnaissent pour chef, et le grand scheîck de la tribu d'Ânahsé, résidant à Keîbar, dans le Nedged, ne manque jamais de se joindre à lui avec une nombreuse division de ses meilleures troupes, quand il s'agit de quelque expédition Importante.

Par le moyen de cette union de forces, les Arabes du Harb et d'Anahsé bravent la puissance du sultan toutes les fois qu'il essaie de faire revivre ses anciens droits sur la souveraineté de celte province. Ils exigent même de son représentant, le pacha de Damas, comme prix de la permission qu'ils accordent aux pèlerins de traverser leurs sables pour se rendre à La Mecque, une espèce de tribut annuel gue celui-ci ne manque pas, à son tour, de porter au compte de la Porte.

Djezzar, qui, en 1794, exerçait encore le pouvoir souverain à Damas ainsi qu'à Acre, se persuada qu'une double escocie. le

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mettrait en eut de traverser i'Hedjaz sans payer cette eontrî-' bation ; et , quand les scheïcks du désert se présentèrent 9 lui pour réclamer la somme qu'ils touchaient tous les ans, ils tt*èn reçurent qu*an refus insultant. N*éiant pas préparés è appuyer leurs prétentions par la force, ils furent obligés^ de dévorer cet affront en silence) mais, Tannée suivante, les scheïcks du Harb et d'Anahsé quittèrent de bonne heure leurs capitales de Khaff et de Kelbar, et se mirent en campagne pour épier Toccasion de se venger.

La marche annuelle des hadgis est si régulière, les différents endroits où la caravane 8*arréte sont si eiactement déterminés, le jour et l'heure de leur passage sur les différent» districts varient si peu, que le Bédouin qui a qnekiue compte h régler avec uue de ses divisions n'a besoin quQ de choisir le temps et le lieu qui lui conviennent le mieux. Il peut l'arrêter à son gré, soit quand elle se rcud à La Mecque , soit quand elle en revient ;. et, dans la longue ligne de pèlerins qui la composent, il lui est facile de choisir ceux qui lui paraissent devoir offrir le moins de résistance et le plus riche butin.

Dans Toccasion dont il s*agit, les Arabes n'avaient pas troublé la marche de la caravane qui se rendait h La Neoque, afin de lui inspirer une sécurité présomptueuse et d'en faire ploi aisément leur proie à son retour. Le voisinage de Khedleh^ ville située à deux journées de Médine , fut choisi- comme le Heu le plus favorable pour une surprise ; et 4 comme les pèle* rins s'arrêtent ordinairement trois jours dans cette sainte cité pour y faire leurs dévotions sur le tombeau du prophète, le jour où ils devaient arriver h Médina fut celui où nous parâmes de nos diverses stations pour nous réunir près de KhëiiTeb.

La division de l'éinir arriva la première au rendes-vous : elle prit poste derrière une hauteur dont le sommet « offrant toutes les facilités possibles pour surveiller l'arHvée de la caravane, nous empêchait d'être découverts avant le moment de Tattaque. On envoya des vedettes pour faire une rec^annais* sance, et vérifier à quelle distance étaient encore les pèlerins.

Pendant ce temps l'émir donnait ses dernières înslroctlons Il ses troupes, i. Souvenez-vous, » leur dit-il, » qoe notre seul bot est d'obtenir d'un injuste pacha ce qui nous est dû, et non

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