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CHAPITRE QUARANTE ET UNIÈME

de faire périr des hadgis qui ne dous ont pas oifeneés* Épargnes donc leur vie, et ne songez qu'au butin* Dirigei tous vos efforts du côté où vous verrez le plus de marchandises et le moins de KoldatSi Ne répandez pas le sang inutilement. Si nous tuons les OsmanliSj à qui louerons-nous nos chameaux par la suite T •

Cet avis excellent devint inutile» au moins pour ce moment. Déjà Ton apercevait quelques vedettes qui revenaient, et quij de loin , nous faisaient signe qu'ils apportaient de mauvaises nouvelles. « Tout est perdu ! » s'écrièrent-ils dès qu'ils furent à portée de se faire entendre^ « le mécpëant Djezzar est parti de Médine le jour même qu'il y est arrivé , et la caravane est déjà passée. 9

Sans en demander davantage < l'émir partit au grand galop et courut vers une hauteur située à environ un demi-mille. Je le suivis, ainsi que plusieurs autres; et{ ayant g^gné le sommet de eette hauteur, nous vîmes, à l'extrémité de l'horizon, une longue ligne noire qui se traçait sur les sables blanchâtres^ et qui était formée par la caravane des hadgis. Il aurait été témé^ raire de nous mettre à sa poursuite pour l'attaquer avant Tar^ rivée des autres divisions de nos iM)nrédéré8| il fallait du temps pour les réunir, et alors il aurait été trop tard, pour la rejoin^ dre. Adieu donc nos brillantes espérances! Dqe vue à vol d'oi^ seau de notre praie qui s'échappait, était la seule récompense de tous nos préparatifs^

A cet aspect, l'émir entra en fureur : ses yeux étincelaient de rage ; il frappa la terre de sa lance, et saisit à pleines niains les longues tresses d<3 ses cheveux noirs. « Partonsi » s'écria-t-il après un instant de réflexion, « retournons dans nos demeures; et, après avoir fait retentir le désert des sons de h trompette guerrière, tâchons d'empêcher les échos moqueurs de les répéter. »

A ces mots, il descendit dans la plaine, suivi de tout son cortège, chacun vomissant des imprécations contre le misérable Djezzar, qui, au mépris de toutes les règles, avait fait ceqq'au^ cun pacha, de mémoire d'homme, n'avait osé faire avant lui^ et cela uniquement pour se dérober à l'escorte que nous lui préparions.

Nous arrivions ^ peine au pied de la hauteur, qttand nous vîmes accourir à toutes brides le dernier des honvnvQ^^^ \««\%

avions envoyé à la découverte. Peu corieai d'entendre la confirmation des mauvaises nouvelles que nous savions déjà , nous le priâmes, sans lui donner le temps d'ouvrir les lèvres, de ne pas se donner la peine* de nous dire ce qu'il avait appris : d'ailleurs son air de satisfaction nous parut presque insultant, et lui valut une verte semonce de la part de l'émir. Malgré cela , il persista à vouloir s'explique!*, et voici la substance de ce qu'il lions apprit.

Le pacha de Damas, prévoyant que les Arabes lui dresseraient quelque embûche à son retour, avait pris ses mesures pour se soustraire à leur vengeance, et il y avait réussi ; mais le bey d'Egypte était encore à Médine, d'où il allait partir avec la caravane amenée du Caire, et il devait escorter, pendant une partie do chemin, une grande portion de celle de Syrie, qui, n'étant pas prête à suivre Djezzar si prompteroent, s'était mise sous la protection du digne El-Ashkar. Par suite de ces dispositions, cette nouvelle caravane était presque aussi nombreuse que devait l'être la première, et son escorte était beaucoup moins considérable. Cette circonstance laissait à l'émir moins de lauriers à cueillir ; mais il supporta ce désagrément avec une résignation philosophique, et son humeur sombre se changea en démonstrations d'allégresse. A peine avions- nous appris cette bonne nouvelle, que nous vîmes arriver les diverses divisions de nos alliés. Nous passâmes la nuit dans l'ivresse de la joie, bercés des plus douces espérances ; et, le lendemain matin, nous nous mîmes en embuscade derrière quelques hauteurs, à environ trois cents pas de l'endroit par où la caravane devait passer.

D'après une coutume suivie de temps immémorial , les Maograbins , ou les hommes de l'ouest , c'est-à-dire les Barbaresques, forment en allant l'arrière-garde , et en revenant l'avant-garde de la caravane du Caire : ils sont toujours plus chargés d'armes que de bagages, et nous ne les jugeâmes pas dignes de notre attention. Nous laissâmes même passer tranquillement El-Ashkar avec ses kiayas et les troupes qui raccompagnaient, quoique j'eusse une certaine envie de me me surer encore une fois avec quelqu'un de mes anciens amis du Caire. M^s quand nous vîmes approcher les marchands qui so «enaient prudemment à quelque distance de leur escorte, nos

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