‹ AnastaseChapitre 34 sur 407 · Grèce continentale · texte numérisé non relu

Grèce continentale

3. Oa moussahm,gouvnrneur de province, inférieur en ranc et eu povwow a an pacha. ^ *

rhiver à Nauplie m'avait épouvanté : qu*on juge donc quelle fui ma joie quand^ le 15 octobre 1779, je vis lever l'ancre et déployer les voiles ! . *

iVle voici donc en mer une seconde fois , non pas , comme la première fois , sur un misérable bâtiment marchand , entouré de matelots dégoûtants, et forcé moi-même à travailler comme un galérien 9 mais à bord d'un superbe vaisseau à trois ponts, véritable ville flottante sur les ondes , réchauffé aux rayons lumineux d'un visir * de première classe, entouré d'oflSciers richement vêtus , et n'ayant autre chose à faire que d'admirer tout ce que je voyais. Aussi ne m'en faisais-je pas faute. Il n'y eut pas un coin du vaisseau que je ue voulusse visiter. A bord de mon ancien bâtiment marchand vénitien , rien ne me déplaisait comme d'être obligé de prendre part aux manœuvres; c'était alors pour moi une occupation insupportable. Ici au / contraire , malgré tout ce que me disaient les matelots pour m'empêchei* de vouloir leur prêter assistance , rien ne m'était plus agréable, et j'étais constamment affairé à manœuvrer les voiles, à rouler les cordages^ imitant comme un véritable singe tout ce que je voyais faire aux autres, Souvent, quand mon maître, m'envoyait chercher en bas dans mon cadre, j'étais juché en haut du mât , et ne descendais de ce lieu de prédilection que pour écouter bouche béante tantôt la manière de charger un canon et tantôt la brillante description des merveilles qu'on me racontait de la capitale de l'empire turc , de la ville par excellence, dont l'un ou l'autre de mes compagnons faisait sans cesse l'éloge; et, quoique le vent nous favorisât constamment, il me semblait que nous n'arriverions jamais dans ce paradis terrestre.

Mes pensées constamment dirigées vers Stamboul ^ éprouvèrent pourtant une interruption, et prirent un cours tout opposé : ce fut lorsque nous arrivâmes en vue de ma terre natale, de ma chère Cbios. Tandis que notre vaisseau fendait rapidement les ondes , une angoisse inexprimable saisit tout à coup mon âme. Derrière cette ligne de rochers dont nous étions

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