‹ AnastaseChapitre 343 sur 407 · Collège turc · texte numérisé non relu

Collège turc

avoir fait une seule réponse qui n'éiait pas jusle. On se détermina pourtant à m*aduietlre, et il ne me manquait plus qu'une place pour eiercer nies talenis ; mais mon généreux protecteur jugea à propos de me faire attendre jusqu'à ce que sou fils eût besoin d'un précepteur. Il me proposa alors de me charger de ces fonctions, et je me vis, presque malgré moi , obligé de devenir le khodja ^ du jeune bey-moUah , car il avait été agrégé au collège des mouderis ^ avant de savoir lire , ce qui prouvait évidemment qu'il n'avait plus besoin de l'apprendre. Je fus pourtant assez stupide pour croire que je devais chercher à l'instruire, ce qu'on regatrda comme un excès de présomption. Après avoir ainsi passé les plus belles années de ma vie, on me donna pour récompense de mes soins une place de cadj dans une mis^able ville de* province, et le seul avancement que j'obtins par la suite fui d'occuper le même grade dans celle-ci. Trop âgé maintenant pour conserver l'espuir de voir améliorer mon sort ici-bas , je n'attends plus de bonheur que dans un lieu où je voudrais que, pour toute punition , le cazi-asker fût réduit à devenir précepteur à son tour, fût-ce dans la famille d'un ange. »

« Puisse le soleil accomplir encore bien des révolutions, > lui dis-je, « avant que vous voyiez l'accomplissement de ce désir I Puisse votre sagesse briller encore long-temps sur les habitants de Hemsl »

Je passai deux jours avec lui , et je continuai ensuite ma roule à travers une plaine riche et fertile i en occupant mon esprit de la recherche des causes qui portent les riches et les grands du monde à n'être jamais contents de leur sort : « Il n'en est pas ainsi du pauvre , » pensai-je ; et , pour me coofirmer dans cette opinion, j'arrêtai un paysan qui passait,^t je le félicitai sur la richesse et la beauté du pays.

«Réservez ces félicitations, » me répondit-il avec humeur, « pour les Arabes Mahvalis. C'est nous qui semons , mais ce sont eux qui recueillent. £1 Korfan, leur émir, est devenu si riche et si puissant par le monopole qu'il exerce en louant ûes chameaux à toutes les caravanes qui traversent la Syrie, qu'il

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