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CHAPITRE QUARANTE-SIXIÈME

lions magnétiques. Nous nous querellâmes sérieusement ; je le quittai en le traitant de vieux fou. Je me mis à bord d'un bâtiment faisant voile pour Naples, et ici j'ai trouvé un patron dans le plus illustre génie de toute Tltalie, « Sous le toit duquel je vous ai rencontré hier, » m*écriai-je, « et où vous ne voulûtes pas vous montrer à moi , parce que vous rougissiez d'être dans la compagnie d'un danseur, d'un ménétrier et d'un barbouilleur. Mais recevez celte bague, et...

— c( Et prenez en échange ce billet doux, » me dit Cirico : il me remit alors une lettre donf l'adresse suffit pour me faire reconnaître qu'elle était écrite par une femme. »

« Quoi ! » m'écriai-je : » Apollon est-il métamorphosé en Mercure ? » Mais je soupçonnais mal à propos l'improvisateur* C'était une missive dont la femme du consul , l'ennemie sur laquelle j'avais remporté la victoire , l'avait chargé pour moi. Voici ce qu'elle contenait :

« J'avais trouvé à Smyrne, comme vous le savez, dans un misérable taudis, un enfant qui n'avait jamais connu la douceur des soins paternels. Je le reçus dans ma maison, en prenant à mon service la femme qui en avait été chargée et qui se trouvait dans la dernière détressé. Bientôt elle épousa un jeune insulaire de Syra , et le suivit dans sa patrie. Je gardai l'aimable enfant , auquel je m'aiiachai chaque jour davantage. Le r^ardant comme mon fils, je remplis envers lui tous les devoirs d'une bonne mère; et je ne pensais guère à l'existence d'un père qui viendrait me le ravir, quand , dans un malheureux moment , vous parûtes à mes yeux.

» La loi n'accorde pas à un père les droits de la puissance paternelle sur l'enfant qui n'est pas le fruit d'une union légitime : vous-même vous n'auriez pu les faire valoir en ^'ustice. Votre fils aurait péri de misère, si des étrangers ne l'eussent adopté. Des étrangers avaient fourni à tous ses besoins , avaient commencé à développer dans son jeune cœur les germes des bonnes qualités qui s'y trouvaient. Il ne vous appartenait pas de récolter sur une terre où vous n'aviez rien semé. Remettre entre vos mains profanes l'ange que je m'étais proposé de mettre à l'abri de tous dangers , de tous malheurs , tant au moral qu'au physique , c'était risquer de le {^xve v^^^t ^wX^KSci^^'^

à la détresse , des soins à la négligence , de la pnreté à la corropiion. Il aurait fallu , pour que j*y consentisse , que j'eusse été privée de tout sentiment d'humanité; et si vous eussiez eu le cœur d'un père, yous auriez vous-même désiré ne pas priver votre fils des avantages qu'il devait trouver dans le sein de la famille qui l'avait adopté.

» Mais non , vous n'avez songé qu'à vous , et votre égoîsme m*a ravi votre enfant, le mien, pour mieux dire. Et cependant j'ai encore tant d'affection pour votre Alexis que, pour l'amour de lui, je m'humilie jusqu'à vAis écrire, jusqu'à adresser une prière à l'homme que je devrais maudire. Réfléchissez bien à tous les avantages dont vous avez privé votre fils en l'arrachant de mes bras. Songez à la responsabilité dont vous vous êtes chargé par cette démarche. Qu'il trouve au moins un dédommagement de ce que vous lui avez fait perdre , non-seulement dans votre tendresse , mais dans les soins que vous donnerez à son éducation. Enfin soyez pour lui un bon père , car ce mot renferme tout, et vous pourrez encore recevoir à sa dernière heure les bénédictions de celle que vous avez privée du bonheur. » Athénais. »

Cette lecture ne me pi*ocura pas la disposition d'esprit nécessaire pour goûter la gaieté de Cirico. Lui ayant fait mes adieux, je retournai chez moi; et, agenouillé devant le lit de mon fils, qui était plongé dans un doux sommeil y je fis le serment solennel d'exécuter de point en point les injonctions de celle qui lui avait servi de mère.

Cependant je résolus de quitter Naples sans délai. Toute la pharmacopée d'Italie n'avait pu rétablir ma constitution altérée; j'étais toujours dans un état de langueur ou de souffrance ; et s'il plaisaitjà la Providence de me retirer du monde, je voulais lais* ser mon fils parmi des gens qui lui prodigueraient des soios paternels. Lorsque je fis part à Silva de ma résolution : c Et moi aussi, » me dit-il, « j'ai dessein de changer d'air pour m'éloigner d'une femme tellement éprise de moi qu'elle s'imagine que je partage ses sentiments. Nous voyagerons en* semble. »

Nous partîmes deux jours après; et, pour la première fois ^e ma vie , je me trouvai enfermé dans une boîte carrée l^a^

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