CHAPITRE PREMIER
Naissance d'AnasInse à Chirs. — Sa famille. — Son didiiscalos. — Inclinations d'Anaslase. — Hélène, fille dti consul ilc France. — Amour» d'Anasiase et d^Hélène. -— Auasiase » cnFiiii de Chics à bord d'un brick vénitien. —' Ses tourments h bord. — Le brick est pris par des Maaioles. — Il eu rcpri;» par un vaisseau du capitan-pacha H(is.saii.
Ha famille est originaire d'Épirc. Mon père s'établit «i Chios ; sa naissance n*était ni basse ni illustre. Il se vantait pourtant que le sang qui coulait dans ses veines était plus pur que celui des Paiéologue, des Cantacuzène et des Comnène du teraps actuel : « Ces descendants naétis de Grecs , de Vénitiens et de Génois, disait-il souvent, n'ont fait que ramasser les beaux noms dont ils sont si fiers, taudis que ceux auxquels ils appartenaient vcrilabieineul ont disparu ; et celui que je porte est bleu celui de mes pères. » Aussi \^ seigneur Sotiri, quand il paraissait en public, ne voyait-il pas de raison pour ne pas porter la tête haute, faire flotter son djoubé ^ autour de lui, et étaler de bt lies babouches , avec tous les airs d'une personne de qualité.
Ce digne homme réunissait en lui les diverses fonctions de diplomate, d'agriculteur, de négociant, de manufacturier et ^ d'armateur ; c'est-h-dire, il était drogman ^ du consul de France à Chios; il avait en ville une petite filature de soieries,
1 . Longue robe non feiniv'c par-dcvanl que portent encore les bonimcs graves, lea^ kodja-bacliis, les procsti dans les îles ijrccipics. l>.