‹ AnastaseChapitre 70 sur 407 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Auasiasc ton au ba|;iie. — Il est reponnë de diet MaTfoycfiri. ~- Il ëclrappe au moment où on le concliiisail à rhôpilul des pcstifcics. — Il est reçn à Hiôpitat de St-De'mélriiis. — Il en son et se fait interprète et valet de place d'itn vo)a0eiir allemand. — Il continue à Péra la fie de drogtnan. •**• i$cène avec un Anglais. — Il s'allaclie au service d'un jeune Français. — » Puis d'un baron suédois, amoureux de la femme du dro{;nian de Venise. •— Ana»ia»e teut faire famour [fOur son compte et est diassc.

Pour jouir de la liberté , il iaut vivre ; pour vivre , il faut manger» et je ne possédais pas un seul para pour me procurer un morceau de pain. Dans cette situation embarrassante , je pensai ^ mon ancien maître. Si je lui devais ma liberté, il était convenable de l'en remercier ; si je ne la lui devais pas, il était d'une bonne politique de lui en attribuer le mérite. Dans le premier cas, ma reconnaissance pour ses bontés passées pouvait l'engager à vouloir acquérir de nouveaux droits à ma gratitude; car les bienfaiteurs ressemblent souvent aux joueurs qui aiment mieux doubler leur enjeu que de perdre leur première mise* Dans le second, les remercimcnts que je lui adresserais pour un service imaginaire pourraient lui donner la volonté de m'en rendre de véritables. La reconnaissance n'est jamais plus profitable que lorsqu'elle précède le bienfait. D'ailleurs, j'avais à intercéder pour mon ami Anaguosli, et je désirais battre le fer pendant qu'il était chaud.

J'aurais bien désiré pouvoir soigner un peu ma toilette en, cette occasion. Les haillons de la pauvreté ne fraient pas Je chemin vers les grands, au milieu de domestiques bien véiusj qui gardent les avant-postes de la citadelle de leur maître , et ils font souvent rougir le grand homme à qui l'on s'adresse , car le riche est honteux d'avoir quelques relations avec celui qui porte la livrée de la misère. Tout ce que je pus faire ful| pourtant d'arranger mes guenilles avec le plus de grâce possible, et je me dis, pour me consoler, qu'une dignité nalu

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