Chariot turc
2. On nomme tartares les courriers et messagers au service du (»ouvemeiMut et des grands en Turquie, Uc^méme qu'où appelle suisie^ eu FrdQCti U% poniert de grandes maUoiis>
parler une langue chrétienne dans le cœur même de la Turquie. Il en résulta encore une courte consultation , après laquelle tous deux s'écrièrent en même temps : « Oui^ nous afoir pesoin^ » et ils me firent signe de monter dans la calèche. Je ne me fis pas répéter cet ordre; et, après leur avoir fait un compliment sur la manière élégante dont ils parlaient français, et avoir dit quelques mots à la louange de l'Allemagne , leur patrie, je commençai sur-le-champ l'exercice de mes fonctions. J'avais fait, sous Mavroyeni, un apprentissage qui me paraissait suflBsant, et j'avais vu plusieurs fois la manière dont se conduisait le drogman de la Porte, Morousi, avec les membres du corps diplomatique de Péra.
« Voici, » leur dis-je en leur montrant le premier édifice de quelque importance que nous rencontrâmes dans le faubourg, « voici le palais des ich-oglans ou des pages du sultan. C'est une fertile pépinière de favoris, de pachas et de maris pour les sultanes ^ De ce côté vit le plus respectable des hommes, l'internonce ^ autrichien, le baron Herbert, qui joint à toute l'adresse d'un ministre délié l'enjouement et la simplicité d'un enfant. Plus loin, demeure l'ambassadeur de France, M. le comte de Ghoiseul- Goufiicr, très-grand homme pour les petites choses. En face de sa demeure est celle de son rival en bon goût et en politique, sir Robert Âinslie, envoyé d'Angleterre, qu'on dit tout au contraire un très petit homme pour les grandes choses. Au bout de la rue, en face l'un de l'autre, demeurent les envoyés de Russie et de Suède. Il est de mon devoir de respecter le premier, quel que soit son mérite; quant au second ^ il en a réellement beaucoup. C'est un Arménien qui écrit en français une Histoire de Turquie. Il a fait depuis peu , avec son libraire, un échange qui sera avantageux à l'un et à l'autre. Il a donné son manuscrit au libraire, et celui-ci lui a donné sa fille. Entre les palais d'Espagne et de
1. Oo ne donne le nom de sultane qu'aux filles et aux sœurs des sultans. Ses femmes et ses concubines ue prennent jamais ce titre, qui appartient exclusivement au sang impérial.
2. Titre qu'on donne au ministre d'AniricIie à Constant! no{)le, pour éviter les difficultés d'étiquette. I.e baron Herbert Uaihkeal était alors é{;alemcnt respecté par les Turcs et par les chrétiens.
3. Mouradja d'Ohssou, Arménien de naiss;ince, originairement drogman de la mission suédoise, auteur d'uu ouvrage célèbre sur l'empire ottoman.