Portefaix turc
Ma sœur Rox^ne, qui aurait été très-j'>lic sans une halafro qu'elle appelait un grain de beauté, s'amouracha ui^.,7< ^s à^' Tâge de quinze ans, et épousa cet infidèle eu dépit des reniontrances de toute sa famille. Ce ne fut qu'après avoir obtenu un plein pardon du dernier de ses parents qu'elle commença à raconnaître la grandeur de son crime et à sentir le désir lo rentrer dans le giron de notre sainte communion. Elle y >éus>ii \ en déplorant si haut et si constamment cette sorte d^apostasio, que son mari ennuyé consentit à un divorce. Elle profita de sa \ liberté pour se jeter dans les bras de l'église grecque et dans ceux d'un jeune Grec qui, ayant été l'instrument efficace de sa réforme, effaça toutes les traces de son profane mariage par «ne union plus canonique. Il travaillait véritablement pour l'ég|isc, car il était hagiographe ou peintre de sujets de dévotion. ^ Los connaisseurs le regardaient en ce genre comme l'Apelle de nos contrées. Sa femme lui servait de modèle pour loute$ ses vierges, et il les peignait belles ou laides, suivant qu'elle ^^^était conduite bien ou mal, attention qui ne contribuait pas p^ à la maintenir dans le bon chemin. Elle tenait beaucouj} à ses charmes , et elle mettait sur son visage autant de couleurs que son mari sur ses toiles; ce qui produisait une resseiibblance frappante entre l'original et les copies. /
Quant à la plus jeune de mes sœurs, elle crut qu'une obéissance telle quelle de deux ans h un seigneur et maître était une épreuve assez longue dans ce monde pour une femniç. Son mari étant mort au bout de ce temps , elle prit l'habit de caloyère * dans un monastère voisin du charmant district des Lentisques. Là , le revenu de la dot qu'elle avait reçue et le produit des ouvrages de ses mains la mirent en état , suivant l'usage de nos communautés religieuses, de se faire un établissement indépendant, et de recevoir ses amis des deux%^exes d'une manière aussi agréable que décente \
Que dirai-je de mes frères? L'aîné était un jeune homme libertin et dissipé. Pour le guérir de ses extravagances , mon père l'avait placé dans le comptoir d'un des plus rigides négociants de Smyrne; mais, au lieu de rester à son bureau, il em-
l. Religieuse grecque.
^. Les couvents grecs d'hommes et de femmes ne sont pas cloilrés. B.