CHAPITRE 0!ISliaiË
menu qui detaient pnoir mon apostasie. C'était parce qoo j'a-»
irais abandonné mon Dieu qae j'avais perdu mon ami , que j'a^
vais causé la mort de celui que j'avais juré defanl lui de défendre
contre toute espèce de dangers. Le remords de mon crime de-^
^int si ¥if que, si j'eusse tu un seul moyen pour échapper au son
cruel de devenir un proscrit, d'être obligé de fuir mon pays» de
chercher an asile parmi, des nations étrangères, j'aurais aban-^
donné tout ce que je possédais, tout ce que je pouvais espérer,
pour abjurer mes erreurs encore récentes et retourner à mon
ancien culte. Et ce n'était pas la crainte des conséquences de la
mort d'Anagnosti qui m'inspirait ces sentiments. Quand j'aurais
été coupable du meurtre d'un infidèle avec préméditation, comme
musnUnan je ne courais aucun risque pour ma vie. Mais les
nombreux témoins qu'avait eus celte scène rendirent bon té^
moignage à mon innocence ; et, quand je me présentai vok>n«
tairement, le lendemain, au plus prochain mekkiémé^ pour y
être jugé, le.cadi, après un instant de conversation avec son
naîb ', prononça mon absolution.
Il n'en fut pas de même de ma conscience f Elle me fit de longs et de pénibles reproches. « Ton poignard , « me disait^ elle , « a été levé sur ton ami ; il a privé du jour ton frère , il a percé le cœur de celui que tu avais juré de défendre. Le sou^^ venir d'Anagnosti empoisonnera jusqu'au dernier jour de ta vie# Il te suivra au delà du tombeau ; il te fera craindre de le rcn-^ contrer, même dans le séjour de la félicité éternelle, si ses portes inexorables ne sont pas fermées pour toi. »
Pour apaiser mes remords , pour honorer les restes de mon malheureux ami , pour s^iifaire son ombre , je fis tout ce qu'il m'était possible de faire. Ses obsèques furent par mes soins célébrées avec pompe ; je fis dire des messes pour le repos de son âme , distribuer du colyva * aux pauvres avec profusion, et sa tombe fut couverte du plus beau marbre. Moi-même, quoique portant les livrées de l'islamisme , je suivis de loin là