‹ AnastaseChapitre 98 sur 407 · Salie de ju»t ce · texte numérisé non relu

Salie de ju»t ce

1 Le commis Ju cadi.

3. Graia bouilli que les Grecs distribuent dans les enterrements, neuf y^n, uui» quarante jours* puis sîk mois, puis un un aprè^ la mort. (f^OJ^•^ ifevue de Paris de janvier 1843, mon article fUr l'île d'Ëubé««) B.

pompe funèbre , vêtu d'habits de deuil et la tête couverte de cendres. Caché dans le coin le plus obscur de relise, j'assistai au service solennel, je vis placer son corps dans sa dernière demeure ; et , espérant épuiser la coupe amère de la douleur, dès que la nuit fut arrivée , dans l'instant où le reste des hommes oubliait ses chagrins dans le sein du repos , je retournai sur la tombe de mon ami , je me prosternai sur la terre amoncelée qui la couvrait , et je l'arrosai de mes larmes.

Vains efforts! Pleurs, regrets, tout fut inutile. Offrandes, pénitence , rien ne put me procurer le repos. Partout où j'allais, un poignard, un poignard sanglant, était devant mes yeux, et il n'en disparaissait que pour faire place au voile sacré sur lequel une tache de sang s'était trouvée d'une manière inexplicable. Dans l'ombre silencieuse* de la nuit, je croyais voir le spectre de mon ami , pâle , sanglant et déûguré ; et si , pendant le jour, je cherchais à m'étourdir par les plaisirs bruyants d'un festin , ce fantôme voltigeait encore au-dessus de la table; c'était sa main livide qui me présentait tout ce que je demandais ; son attouchement en changeait la nature; le vin me paraissait avoir le goût du sang , et le pain une odeur cadavéreuse.

Moi qui avais pris jusqu'alors pour sujet de mes railleries tout ce qui fait la croyance du sage , je cherchai du secours dans les superstitions insensées du vulgaire. Je fis des offrandes aux inexorables JVloiraïS et je les suppliai de ne plus me poursuivre de leurs verges vengeresses. Croyant échapper par la fuite à la vision terrible qui me poursuivait partout , je montais les coursiers les plus rapides; matin et soir je parcourais les pays, tantôt descendant à toutes brides les bords escarpés de la Propontide, tantôt me précipitant le long des rives sauvages du Pont-Euxin.

Parmi mes connaissances était un riche Arménien. La passion pour les beaux chevaux, si commune parmi ses concitoyens, était portée en lui au plus haut degré, mais c'était une passion que les lois jalouses des Turcs ne lui permettaient de satisfaire qu'imparfaitement. Il avait dans ses écuHes les plus beaux courtiers qu*il tirait à grands frais de son pays , mais il n'osait les

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