CHAPITRE XI
l"* « AMI DES LOIS » ASSIGNÉ PAR DEVANT LE TRIBUNAL DE LA CENSURE. ORAGES ET DÉBÂTS. ANASTASIE TRIOMPHE ET l' « AMI DES LOIS » DEVIENT A LA SUITE DE BRILLANTES PLAI- DOIRIES : l'ennemi des dites lois.
D'abord qu'est-ce que c'est ce fameux Ami des Lois? C'est tout simplement une tragédie de Laya. L'auteur y mettait en scène Danton, Robespierre et Marat, sous les pseudonymes de Nomophage, Filto et Duricrâne. On y en-
tondait un certain royaliste converti au régime républicain, Forlis, l'Ami des Lois en question, tiaitcr les despotes do toutes couleurs d'une l'a^on fort sc\crc et s'écrier avec indignation :
Roj-<distes tyrans, tyrans n'publicains.
Tombez devant les lois, voilà vos souverains ! Honteux d'avoir été, plus honteux encore d'être, Brigantls, l'onibro a i)assé, songez à disparaître I...
Cela, comme vous devez le comprendre, ne fit |)as plaisir, aux dé|iositaires du |)oUvoir. Les démagotïues tels que: Chaumette, llébei't, ]|obesi)icrrc jeune et Santerre, dénoncèrent la pièce au Club des Jacobins, puis à la Commune. Laya prit les devants et porta son /Imi des Lois à la Convention le 10 janvier 1793,
« Sur l'opposition de Prieur et de Cliasles, raconte M. Welschinger dans une brochure, (jui déclaraient la pièce ouvertement contre-révolutionnaire, (juoiciae ne l'ayant ni lue ni vue. elle l'ut renvoyée à l'examen du Comité d'instruction pul)li([ue. Le 11 janvier des Fédérés obtinrent delà Commune de Paris (jue les répétitions seraient suspendues. Une vive agitation se ré])andit dans la capitale à celte nouvelle On traita publiquement Santerre de scélérat et des citoyens le menacèrent de coups de pistolets.
» Le 12, la Convention, sur la protestation de Laya, adopta un ordre du jour par lecjucl elle refusait de reconnaître à la municipalité \p droit d'exercer la Censure sur l<s pièces théâtrales. Le Théâtre de la Nation joua donc la comédie de Laya au bruit d'applaudissements frénéticiucs, mais les Jacobins ne s'a\ouèrcnt pas battus.
» La Commune de Paris ({ui voulait faire reconnaître son autorité par la Convention elle-même, enjoignit à leur instigation aux directeurs d'éviter les représentations des pièces qui avaient occasionné des troubles jusqu'à ce jour. Elle eut aussi l'audace de persister dans son arrêté. Pétion s'éleva contre une pareille imprudence et demanda formellement (jue l'arrêté fut cassé. Un représentant fit observer que Tarlufe avait bien été joué sous Louis XI'V. Dubois- Crancé, qui sentit le trait, ré))ondit (jue les ])rincipes de VAmi des Lois étaient bons, mais que le but de l'auteur semblait perfide. La Convention ado|)ta la proposition de Pétion, malgré l'opposition formelle de Danton, qui s'étonnait que l'Assemblée s'occupât d'une comédie. « Il s'agit de r> la lragédic(j[ucvousdevczdonncr aux nations, criait-il, il
» s'agit de faire tomljer sous la hache des lois la tête d'un » tyran et non de misérables comédies!... »
» Rien n'y fît et les Montagnards durent se soumettre ce jour-là, mais le 20 janvier les troubles recommencèrent. La Commune de Paris, qui devint souveraine le lendemain par l'exécution du roi, inquiéta si bien le Théâtre de la Nation que. le mois après, les acteurs étaient envoyés les uns aux Madelonnettes, les autres à Sainte-Pélagie, sur la dénonciation de leur camarade CoUot-d'Herbois. Barrère, qui voulut plus tard se faire passer pour le défenseur et l'ami des artistes, avait motivé leur arrestation ]iar une phrase à sa façon. Il déclarait « qu'il était possible qu'ils « fussent d'intelligence avec les ennemis de la France » pour corrompre l'esprit public. » On sait à quoi pouvait conduire alors le seul mot « possible. »
Laya fut aussi décrété d'arrestation, mis hors la loi et forcé de se cacher jusqu'au 9 Thermidor. Et tout cela pour une malheureuse pièce où le gilet de Robespierre fut un peu maltraité. Et quand bien même Laya en eût arraché trois ou quatre boutons, valait-il la peine d'interdire VAmi des Lois ? Assurément, non. Mais la Commune triomphait, elle poursuivait l'œuvre sainte d'Anastasie, les auteurs et le théâtre n'avaient donc rien à dire. On s'occupait d'eux; c'était déjà beaucoup. Peu importe de quelle façon.
L'interdiction de VAmi des Lois eut lieu pendant l'instruction du procès de Louis XVI. Un arrêt de la Commune, comme nous venons de le voir, ordonna la fermeture des spectacles en prévision de la mort du roi et pour éviter les troubles que l'exécution ne manquerait pas de faire naitre au théâtre ou dans la rue. Quelle prévoyance ! Pour des conseillers municipaux, c'est tout prosaïquement sublime. Après cent ans passés, nous en sommes encore la bouche ouverte, en face de tant de mal pour maintenir l'ordre dans Paris. Il faut avouer que la Censure seule n'eût point trouvé une aussi belle perle pour se tirer d'affaire.
Voyons cet arrêté si plein d'à-propos. Que dit-il ? Le voici : « Considérant, dit l'arrêté, (jue les représentations exci- » tent une fermentation alarmante dans les circonstances » où nous sommes : ({ue dans tous les temps la police a eu « le droit d'arrêter de semblables ouvrages... etc.. » Arrêtons VAmi des Lois !... Voilà la conclusion qui se devine toute seule. On ne peut pas être plus Anastasie (|ue cela. C'est du raffînement comme imitation ; le modèle est presque enfoncé.
Des Fédérés, nous dit-on, s'étaient présentés auparavant et motivèrent cet arrêté plein de mansuétude. En voici la preuve :
COMMUNE DE PARIS Extrait de la Séance du [{janvier 1793 Des Fédérés se sont présentés au Conseil et ont dit : « Citoyens, les défenseurs de la lîépuljlicjue une et indivisil)le, voulant détruire les manœuvres de l'aristocratie, viennent vous déclarer ([ue les pièces incendiaires représentées dans les différents spectacles, les diflerents journalistes et autres folliculaires aristocrates, les marchands libraires et d'estampes du ))alais Egalité (|ui empoisonnent toute l'étendue de la République d'un nombre d'écrits contraires aux principes de la liberté et de l'égalité, et les agitateurs qui discréditent de plus en plus les assignats dans les départements et disposent absolument de tout le numéraire, les indignent tellement qu'ils ne peuvent plus tarder d'user de leurs droits, si la surveillance de la police n'obvie à toutes ces intrigues par l'autorité qui lui est déférée à ce sujet. »
« Cette adresse a donné lieu à une vive discussion. »
Ainsi naquit l'arrêté de la Commune interdisant VAmi des Lois, sans en avoir l'air.
Laya court à la Convention, qui par l'intermédiaire du comité d'instruction publique, casse l'arrêté de la Commune.
Nous empruntons au Monileur Unioorsel le résumé de cette séance.
« Convention nationale. — Séance du 11 janvier 1793. — Présidence de Treilhard. — Un des secrétaires l'ait lecture d'une lettre du citoyen Laya, ainsi conçue : a Citoyens lé- » gislatcurs, ce n'est point un hommage que je vous pré- » sente, c'est une dette (juc j'ac(juiUc. L'/lmi des Lois ne » peut paraître que sous les auspices de ses modèles. »
M.\NLEL. — Je demande que VArnl des Lois soit envoyé au comité d'instruction publique, qui peut-être ne croira pas déplacé d'examiner cet ouvrage très moral... (il s'élève de nombreux murmures dans l'une des extrémités). On demande la mention honorable.
PitiEun. — Si on passe à l'ordre du joui-, je renonce à la parole.
La Convention ne passe pas à l'ordre du jour.
Plusieurs voix. — Le renvoi au comité d'instruction publique !...
D'autres. — La mention honorable !...
Ducos. — Le renvoi est contraire à la liberté de la Presse et ferait du comité une académie. Quant à la mention honorable, j'observe que lorsque j'étais secrétaire, j'ai vu ordonner cette mention en faveur d'ouvrages détestables ; ce n'est point aux principes, c'est à l'hommage qu'on l'accorde.
RouYER. — Si un contre-révolutionnaire nous faisait hommage d'un écrit attentatoire à la liberté, en décrcteriezvous la mention honorable ?
Prieur. — Je m'oppose de toutes mes forces à la mention honorable... Je répète que je n'ai jamais vu ni lu VAmi des Lois... (On entend quelques éclats de rire).
Plusieurs voix. — Rappelez donc les interrompteurs à l'ordre !...
Prieur (continuant). — Je ne sais pas pourquoi on m'interrompt toujours dans cette assemblée... Jamais je ne puis parler... C'est une jalousie contre mes poumons.
« La mention honorable! » continue-t-on de s'écrier avec force dans une grande partie de la salle. — Le président consulte l'assemblée. - Un grand nombre de membres se lèvent pour l'affirmative ; ils paraissent former la majorité.
Un violent murmure partant d'une des extrémités de la salle, interrompt la délibération. — Plusieurs membres se plaignent de ce que Prieur n'a pu achever son opinion. — D'autres demandent la parole.
Chasles. — Il est impossible que l'assemblée décrète la mention honorable d'une pièce ouvertement contre-révolutionnaire... (on murmure) Je dis que cet ouvrage est détestable... Il est important d'en faire connaître les détails et les motifs... (les murmures continuent).
David. — Il a été commencé par Ramont et Dumoslard.
Salles. — Je demande qu'on mette à l'instant en scène les véritables personnages, et qu'ils nous donnent une représentation de la pièce.
Une voix. — Ne la jouons pas du moins sans nous en apercevoir.
Prieur. — Je répète que la Convention ne peut faire mention honorable d'un ouvrage qu'elle ne connaît pas. Je
demande qu'à Tavenir on ne décrète la mention honorable d'aucun ouvrage sans ({ue rassemblée en ait eu connaissance.
Plusieurs voix. — J'adhère volontiers à la proposition ainsi généralisée.
(L'assemblée renvoie toutes ces propositions au comité d'instruction publique).
La séance est levée à quatre heures.
Revenons à l'arrêté de la Commune de Paris.
COMMUNE DE PAlilS Séance du 11 Janvier 1793 Un membre s'est plaint de ce que les fédérés semblaient faire la police à Paris. Il avait à peine commencé qu'on a demandé qu'il fût rappelé à l'ordre ; mais une explication donnée par l'opinant a écarté la motion du rappel à l'ordre. Il a dit qu'il ne voulait pas insulter à nos braves frères les fédérés, qui avaient pu se tromper. Il est entré dans divers détails sur la pièce de VAmi des Lois, qui faisait le sujet de la discuss.on.
Le substitut du procureur de la commune a ensuite pris la parole. Il a envisagé la pièce de l'Ami das Lois comme une pomme de discorde jetée parmi nous et a conclu à ce que le conseil fît suspendre la représentation de cette pièce.
Enfin après de longs débats, le conseil a pris l'arrêt suivant :
« Le conseil général, d'après les réclamations ([ui lui ont été faites contre la pièce intitulée VAmi des Lois, dans laquelle des journalistes malveillants ont fait des rapprochements dangereux et tendant à élever les listes de proscription contre des citoyens recomm.andabics par leur patriotisme ;
» Informé que les représentations de cette pièce excitent une fermentation alarmante dans les circonstances jjérilleuses où nous sommes ; qu'une représentation gratuite de de ce drame est annoncée ;
» Considérant qu'il est de son devoir de prévenir, par tous les moyens qui sont en son pouvoir, les désordres que l'esprit de faction cherche à exciter ;
7! Considérant que flans tous les temps la police a eu le droit d'arrêter la représentation do semblables ouvrages ;
qu'elle usa notamment de ce droit pour l'opéra d'Adrien et autres pièces ;
» Le substitut du procureur de la République entendu ;
» Arrête que la représentation de la pièce intitulée lAmi des Lois sera suspendue, et que le présent arrêté sera envoyé à l'administration de la police, pour lui donner immédiatement son exécution, avec injonction de surveiller tous les théâtres et de n'y laisser jouer aucune pièce qui pourrait troubler la tranquillité publique ;
» Arrête en outre, sur les dénonciations multipliées faites par les différentes sections, que le présent sera imprimé, affiché et envoyé aux quarante-huit sections.
» Signé : Folloppe, président; » CouLOiMBEAU, secrétaire-greffier, »
Ecoutez encore ceci ;
COMMUXE DE PARIS Séance de nuit du bl Janviey- 1793
« Le conseil général, par un arrêté pris hier, et le corps municipal, par un arrêté pris ce matin, avaient suspendu la représentation de la pièce intitulée VAnii des Lois. Ce matin, les comédiens français sont venus annoncer au corps municipal que déjà les citoyens se portaient en foule à leur théâtre, et ont consulté la municipalité sur les mesures à prendre dans cette circonstance. Le citoyen Chambon a dit qu'il allait se rendre au théâtre et qu'il se chargeait de faire respecter les arrêtés du conseil.
» A cinq heures et demie du soir, le conseil général s'est réuni. Un membre du département de police est venu lui annoncer que le Maire était au Théâtre-Français depuis deux heures, qu'il y invitait les citoyens à la tranquillité ; qu'il y avait eu un peu de trouble, que cependant le calme commençait à revenir, et que, sous peu de temps, le conseil aurait d'autres nouvelles.
» L'on a dit au conseil que l'on représentait en ce moment la pièce de VAmi des Lois, et que la Convention nationale avait passé à l'ordre du jour sur les observations qui lui avaient été faites à ce sujet.
» Le conseil a arrêté qu'il serait écrit sur le champ au maire, pour savoir de lui si cette pièce se joue, et qu'il serait invité à répondre aussitôt la lettre reçue.
K Les divers arrêtés pris sur la pièce de VAmi des Lois ont été envoyés au département.
)' (^>iicU|uo temps après, l'on a reru du Maire la lettre suivante :
« Nicolas Cliambon au citoyen président du conseil général.
« Citoyen président, je me suis transporté à la place du Théâtre de la Nation, pour y annoncer le respect dû à l'arrête du conseil général et à celui du corps municipal. Jai exposé ma mission et mon devoir ; j'ai annoncé la loi, qui seule permettait aux réclamants de porter leurs demandes aux autorités supérieures, loi rappelée dans l'arrêté du corps municipal. On m'a annoncé (ju'unc députation s'était présentée à la Convention nationale jiour obtenir la permission de faire jouer l'Ami des Lois : j'allais m'en retourner au foyer du théâtre pour attendre l'efïet de la députation ; mais il m'a été impossible de me refuser à la demande d'écrire au citoyen président de la Convention, que l'effervescence qui se manilcstait me forçait de l'en ])révenir en lui détailhmt les motifs des mouvenients.il est intervenu un décret (}ui porte que la Convention « passe à )) l'ordre du jour motivé sur ce qu'il n'y a point de loi qui » autorise les corps municipaux à censurer les pièces de » théâtre. »
» J'ai lu ce décret à nos concitoyens réunis, qui l'ont accueilli avec transport, et au même instant on a commencé la pièce.
)) Le citoyen commandant-général avait fait arriver assez de force pour faire respecter votre arrêt.
>) .Te dois justice à mes concitoyens, et vous assurer ({ue, malgré l'clYervesccnce, il ne m'a pas été dit un seul mot injurieux. Si je suis accablé de fatigue et de douleurs vives, elles ne viennent que de la compression que quehiues citoyens qui m'entouraient ont partagée avec moi pour n'être pas accablés par la foule ; mais ce n'était que par le motif d'entendre ce, que j'avais à dire.
» Quoi qu'il on soit, j'ai été obligé de rester au spectacle, et je vous rends compte de la tran(iuillité (|ui y règne à huit heures.
P. S. — Je ne suis resté que pour veiller à l'ordre, tant au-dedans qu'au-dehors. »
« Apres la lecture de cette lettre, on a demandé que Chaml)on fut im]>rouvé ]>our n'avoir pas soutenu l'exécution des arrêtés du Conseil général et du Corps municipal. D'autres motivaient l'improbation sur ce que, par sa lettre
à la Convention, il avait provo(|ué la représentation de VAmi des lois.
i> Divers orateurs ont été entendus pour et contre. Le Piocureur de la Commune a demandé que le Conseil ne prît aucune mesure avant d'avoir entendu le maire.
» D'après un arrêté qui l'y appelait, le citoyen Chambon s'est rendu au Conseil et a pris le fauteuil de président On a demandé qu'il ne présidât pas dans une discussion où il s'agissait de lui. En conséquence, il a cédé le fauteuil au citoyen Grouvelle Ensuite il a dit que, la loi à la main, il avait cru ne pouvoir s'opposer à la représentation de VAmi des lois. Plusieurs membres ont pensé que l'ordre du jour décrété par la Convention ne pouvait annuler les arrêtés du Conseil, attendu que l'on n'avait pas prétendu censurer le drame, mais simjilement en suspendre la représentation, comme pouvant exciter du trouble et des divisions.
» Le citoyen Chambon a interpellé le ministère public de déclarer quel était son avis sur le décret de la Convention. Le citoyen Real, premier substitut du procureur de la Commune, a de nouveau lu le décret et a dit (j[u'en son âme et conscience, il le regardait comme une autorisation de représenter la pièce.
)) 11 sest élevé une vive discussion On a réitéré la proposition tendant à co que le maire fut improuvé, le procèsverbal de cette séance imprimé et envoyé aux 48 sections. Le procureur de la Commune a requis l'improbation ; enfin, le président a mis la proposition aux voix. Elle a été adoptée à la })resque unanimité, mais sauf rédaction.
» L'on a ensuite demandé que les administrateurs de police et le procureur de la Commune fussent aussi improuvés pour ne pas s'être rendus à leur poste, qui. disait l'orateur, était à côté du maire au lieu du rassemblement.
» Après quelques explications données par le citoyen Chaumctte, l'ordre du jour a rejeté cette motion,
» Le Conseil a adopté la rédaction suivante de l'arrêté qui improuve le maire :
» Le Conseil général a arrêté que la conduite du maire soit improuvée, en ce que, par sa lettre à la Convention, au lieu de donner à l'assemblée les motifs qui ont déterminé les arrêtés du Conseil général et du Corps municipal, il a, par son silence à cet égard, laissé croire à la Convention que le Conseil général et le Corps municipal avaient exercé un droit de censure contre le drame; en ce qu'il a appuyé
la tlcniande do la dcputation et a provoqué lo décret qui a empêché l'exécution de ces arrêtés, qui n'avaient pour niotil's que les mesures de sûreté exigées par les circonstances.
« Le Conseil a arrêté ((u'il serait rédigé une adresse aux 48 sections, pour leur faire connaître (jucls sont les motifs qui ont déterminé le Corps municipal à envoyer au Théâtre-Français le maire et les administrateurs do police, et quelles sont les raisons (jui ont motivé l'improbation prononcée conti'c le nuiiro. Cette adresse sera envoyée aux journaux. Trois commissaires ont été nommés pour la rédiger. »
» La séance est levée à minuit moins un quart. »
Que de bruit pour empêcher des troubles ou dos divisions qui n'étaient encore (lu'à l'état do probal)ilités ! Quoi i)Olin ! Quel vacarme! Quel sens-dessus-dossous pour une simple pièce de théâtre! Un maire improuvé, un arrêté, deux arrêtés cassés, le Conseil général et le Corps municipal aux prises avec la Convention, tous ces Messieurs oui)liant Louis XVI et la Révolution (ju'ils doivent donner au monde, enfin un déluge de discours, de séances perdues, où chacun s'anime, où l'on est prêt à se ])rondre aux clioveux ! et pourciuoi? Pour repousser l'étranger ([ui menace la frontière? Pour faire respecter la nouvelle liberté? Pour punir les traitres? Pour mettre à hi raisc^n les royalistes de Paris ou ceux de la Vendée? Non, mille fois non ! Ce n'est que pour empêcher l'Ami des lois de se montrer au public, qui le réclame, sur la scène du théâtre de la Nation. Voilà la seule cause de ces éclairs que vous voyez et de tous ces tonnerres qui ne demandent qu'à éclater sur le dos de quehju'un. . de Laya, par exemple.
Pondant que la Commune rugissait de son impuissance en face du décret de la Convention, que faisait-on dans le
sein de la noble Assemblée ? Que se passait-il dans le Palais
des lois ?
Pour cela, nous prendrons le Monileur universel. Voici ce qu'il dit :