ELBE
Je te dédommagerai... demain.
ANATOLE la, reconduit à la. j^orte.
Adieu.
ELSE, à la porte.
Encore un baiser.
Pourquoi pas... là! [Il lui donne un baiser^ elle sort. Il revient dans la pièce,) Allons, par ce baiser je viens de faire d'elle ce qu'elle mérite d'être : une de plus. {Il se secoue.) Ah! que c'est bête, que c'est bête !
Traduction de M. Maurice Rémon.
PERSONNAGES
MAX
ILONA.
FRANZ
Un Domestique.
Le salon d'une garçonnière, meublé avec beaucoup de goût : la porte de droite donne dans l'antichambre, celle de gauche, devant laquelle tombe une portière, dans la chambre à coucher.
Anatole, en pyjama, entre sur la pointe des pieds, venant de la chambre à gauche, et referme la porte tout doucement. Il s'assied sqr une chaise longue et appuie sur un bouton électrique. Sonnerie.
Franz parait à droite et sans voir Anatole se dirige vers la porte de gauche.
ANATOLE, qui 716 l'cL cVâbord pds remarqué, court ensuite après lui et Vempêche cVouvrir la porte.
Pourquoi te glisses-tu comme ça? Je ne t'ai pas entendu.
FRANZ
Que désire monsieur?
Le samovar.
FRANZ
Bien, monsieur. {Il sort.)
Doucement, imbécile. Tu ne peux donc pas faire moins de bruit ? {Il va sur la, pointe des pieds à la porte de ga,uche et Ventr'ouvre.) Elle dort... Elle dort toujours. {Il referme la porte.)
FRANZ, rentrant a.vec le samovar.
Deux tasses, monsieur ?
Oui. (On sonne.) Va voir. Qui peut bien venir si tôt? (Franz sort.) Décidément je ne suis pas aujourd'hui en humeur de me marier. J'ai envie d'y renoncer. (Franz ouvre la porte de di^oite pour laisser entrer Max.)
MAX, cordial.
Mon cher ami 1
Chut ! Pas de bruit. Encore une tasse, Franz.
MAX
Mais il y en a déjà deux.
Encore une tasse, Franz, et laisse-nous. {Franz sort.) Là... et maintenant, mon cher, qu'est-ce qui t'amène chez moi à huit heures du matin ?
MAX
Il est dix heures.
Alors, qu'est-ce qui t'amène chez moi à dix heures du matin?
MAX
Mon étourderie.
Plus bas.
MAX
Mais pourquoi ça? Tu es nerveux?
Oui, très.
MAX
Ce n'est pourtant pas le jour d'être nerveux.
Enfin, qu'est-ce que tu veux ?
Tu sais que je suis aujourd'hui témoin à ton
mariage et que j'offre le bras à ta ravissante cousiae Aima.
ANATOLE, d'une voix blanche.
Au fait.
MAX
Eh bien, j'ai oublié de commander le bouquet et je ne sais pas encore quelle robe portera mademoiselle Aima. Nous apparaîtra-t-elle en blanc, en rose, en bleu ou en vert?
ANATOLE, avec humeur.
En tout cas pas en vert.
MAX
Pourquoi, en tout cas pas en vert ?
Ma cousine ne porte jamais de vert.
MAX, piqué.
Je ne pouvais pas le savoir.
ANATOLE, comme plus haut.
Ne crie pas comme ça : ça peut s'arranger tout tranquillement.
MAX
Enfin tu ne sais pas du tout de quelle couleur sera sa robe ?
Rose OU bleue.
MAX
Mais ça fait une fameuse différence.
Bah, rose ou bleu, c'est bien la même chose.
MAX
Mais pour mon bouquet ce n'est pas du tout la même chose.
Eh bien, commandes-en deux, et tu en mettras un à ta boutonnière.
MAX
Je ne suis pas venu ici pour écouter tes mauvaises blagues.
Je vais en faire une encore bien plus mauvaise, aujourd'hui, à deux heures.
MAX
Eh bien, tu es d'une jolie humeur, pour le jour de ton mariage.
Je suis agacé.
MAX
Tu me caches quelque chose.
Rien du tout.
LA VOIX d'ilona, dans la chambre à coucher.
Anatole! (Max regarde Anatole avec sur' prise.)
Excuse-moi une seconde. [Il va à la porte de la chambre h coucher où il disparaît un mo' ment. Max le suit du regard en ouvrant de grands yeux. Anatole embrasse Ilona par l'ouverture de la porte sans que Max puisse le voir^ puis referme la porte et revient à Max . )
MAX, décontenancé.
On ne fait pas de ces choses-là.
Ecoute-moi, mon cher Max : après tu jugeras.
MAX
J'entends une voix de femme et je juge : tu ne perds pas de temps pour tromper ta femme.
Assieds-toi, écoute-moi, et tu changeras d'avis.