Drapp'er. Thèse de Paris
entre la face profonde du grand droit et le fascia transversalis celluleux ;
2° Espace prévésical entre le fascia transversalis celluleux et l'aponévrose ombilico-vésicale.
3° Espace périvésical entre la vessie et l’aponévrose ombilico-vésicale.
J'ai décrit le premier espace avec la gaîne des muscles droits. Il me reste à décrire les deux derniers. Je serai bref dans cette description, qui me sera facile d’ailleurs, maintenant que la disposition
des aponévroses est connue.
CAVITÉ PRÉVÉSICALE. CAVITÉ DE REIZIUS.
Tous les auteurs répètent qu'avec sa conception des aponévroses, Retzius n’a pu décrire une cavité prévésicale, mais seulement une cavité prépéritonéale ; que cependant l’usage a prévalu de donner son nom à la cavité prévésicale. Je me soumettrai à l'usage. |
La cavité de Retzius est limitée en avant par la face profonde du fascia transversalis celluleux ou feuillet postérieur etinférieur de la gaîne du droit ; en arrière par l’aponévrose ombilico-vésicale: latéralement elle s’étend entre la paroi abdominale et pelvienne d’une part, la vessie et l'aponévrose oimbilico-vésicale d'autre part. À ses deux extrémités transversales, elle est limitée : en bas, par le méso
de l'artère ombilicale, prolongement de l’aponé-
vrose allantoïdienne ou ombilico-vésicale, qui unit cette artère à la vessie et au plancher pelvien. En haut ses limites n'existent pas et la cavité communique avec l'espace sous-péritonéal.
Verticalement, Bouilly la limitait en haut aux arcades de Douglas. Pauzat, Charpy, Pierre Delbet ont montré qu'elle se prolongeait jusqu’à l’ombilic. La partie du plancher pelvien qui s'étend du pubis et de la paroi latérale de l’excavation à l’insertion du feuillet allantoïdien, marque sa limite inférieure. Cette paroi inférieure a la forme d’un croissant, dont les cornes tronquées se prolongent jusqu'au niveau de la partie antérieure de la grande échancrure sciatique, jusqu’au canal des vaisseaux hypogastriques.
Ainsi limitée, la cavité n’a que quelques millimètres d'épaisseur en haut; elle peut acquérir plusieurs centimètres en bas, chez les sujets gras; dans tous les cas elle est toujours plus étendue derrière le pubis.
D'après Heurtaux de Nantes (1), la cavité de Retzius serait divisée en deux étages superposés, l’un inférieur, l’autre postérieur, qui pourraient être envahis séparément par la suppuration. De fait, Heurtaux a décrit un phlegmon sous-ombilical, occupant seulement la partie haute de lespace de Retzius. Charpy a pu reproduire cette disposition par des injections de gélatine colorée. Ces résultats montrent tout simplement ainsi que je
1. Heurtaux. Bulletin et Mémoires de la Société de Chirurgie, 1877.
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l'ai déjà dit, que les injections, la marche du pus ne peuvent servir à élucider des dispositions anatomiques. Je m'abstiens donc de rappeler que des phlegmons nés dans la partie inférieure de la cavité peuvent venir s'ouvrir à l’ombilic. La cavité de Retzius est une de l’ombilic au plancher, anatomiquement.
La cavité de Retzius n’est pas, bien entendu, une cavité au sens propre du mot, c’est un espace rempli de tissu cellulaire, lâche chez l'enfant, plus ou moins chargé de graisse chez l'adulte. Ce tissu joue le rôle de séreuse prévésicale et facilite la locomotion de la paroi antérieure de la vessie sur la face fostérieure de la symphyse. Dans quelques cas mêéme, il y a là une véritable bource séreuse.
Pour ma part, essayant sur le cadavre la symphyséotomie, il m'est arrivé de trouver une véritable bourse de 3 centimètres 1/2 de Faut sur autant de large, et je l'aurais probablement trouvée plus souvent, si j'avais connu sa présence et si je l'avais cherchée méthodiquement sur mes premiers sujets.
La cavité virtuelle de Retzius peut d’ailleurs devenir réelle, c’est ce qui arrive quand elle est envahie par les suppurations. M. Bouilly, M. Charpy, en ont rapporté de nombreux” éxemples;: récemment,
M. Guyon a vu des hygromas du même espace (1).
1. Voici cette observation s Guyon, Gazxctle des Hôfi'aux, 1891, page 1262,
Les collections liquides prérés'cxles.
Ton —
Oss. III. — H...,de $o ans, arthritique présenté à M. Guyon, le 9 janvier 1889, par Damaschino. A la palpation on trouvait: 1° Une tuméfaction sus-pubienne, ressemblant à la vessie distendue ; 2° Une tuméfaction de la fosse iliaque gauche, constituée par une quantité extraordinaire de matières fécales. Bien qu'il n’y eût pas de troubles de la miction, la première idée était qu’il s'agissait d'une rétention d'urine. Cependant trois symptômes permettaient d'éviter l'erreur : 1° La saillie de la région hypogastrique avait bien une forme ovalaire, mais ses contours étaient un peu irréguliers. Ces irrégularités s'étaient un peu plus tard prolongées assez à gauche, pour qu’on pût songer à une tuméfaction des ganglions iliaques ; 22 Au toucher rectal, on ne trouvait pas cette saillie que fait la vessie distendue dans la concavité du sacrum, saillie qui peut être plus marquée que la saillie hypogastrique; 3° Le cathétérisme n’amenait pas d'urine, Il n'existait pas de signe d’inflammation, de sorte que M. Guyon fit le diagnostic d’hygroma prévésical.
29 janvier. — 20 jours après, la résolution était presque complète. Son volume était primitivement de la grosseur de la tête, il avait maintenant le volume du poing.
11 mars. — Nouvelle poussée, ponction. On retire 2 litres de liquide qui furent analysés par M. Robert Würtz. Ce liquide était complètement séreux. L'épanchement se reproduisit à différentes reprises, toujours avec les mêmes caractères.
19. novembre. — Opération avec l’aide de Trélat et M. Albarran..
Incision à trois travers de l’ombilic. La tumeur se présente sous l'aspect d'un kyste de l'ovaire. On sentait la vessie derrière, grâce à la sonde introduite dans sa cavité. Sur l’avis de Trélat, M. Guyon essaye la décortication de cette poche. Facile au début latéralement, elle fut pénible en haut. En l'essayant M. Guyon ouvre le péritoine, qu’il dut ensuite suturer. Résection d’une partie de la poche. Guérison en 3 semaines. Deux ans après pas de réci-
dive.
L'examen de la portion réséquée, fait par A'barran, montre que a paroi était uniquement conjonctive, sans épithéliome. Ce n’était donc pas un de ces kystes, développés aux dépens de l'ouraque.
Rudolph (1) enfin a rapporté dans ces dernières années un cas de phlegmon de la cavité de Retzius, intéressant par cette particularité, qu’il a simulé une arthrite de la symphyse.
ESPACE PÉRIVÉSICAL
Cet espace est situé entre l’aponévrose allantoïdienne et la paroi vésicale ; c’est un espace qui présente absolument la même forme que la vessie, sauf qu’il se prolonge en haut, jusqu’au niveau de l’'ombilic. J'ai dit que l’aponévrose allantoïdienne formait autour de la vessie une gaîne complète. Le nom de propéritonéal, que‘ MM. Charpy et Pierre Delbet donnent à cet espace, ne saurait donc à mon avis lui convenir. L’espace propéritonéal serait situé entre le feuillet postérieur et le péritoine. Rien ne nous autorise à décrire là, une nouvelle cavité. Péritoine et feuillet postérieur sont assez unis pour n'être séparables que par lambeaux; ce feuillet ne mérite pas moins d’être décrit à part. Il nous rendra compte des connexions du péritoine et de la vessie; il faut bien savoir en effet que ces organes sont séparés.
Le mot de cavité virtuelle peut s'appliquer à la cavité de Retzius; ce terme de virtuel doit s’appliquer avec plus de raison encore à l’espace périvési-
1. Rudolph. Centralblatt für Klinische Medicin. 27 juin 1891. Ein Fal
von idiopalischer Entzundung im Zellgewerbe. Cavum Retz.
cal. Aponévrose allantoïdienne et vessie adhèrent | presque partout, ainsi que l’a dit M. Pierre Delbet, AR C'estipour cette raison que Sappey et autres auteurs DER classiques décrivent cette aponévrose comme paroi
__ celluleuse de l’organe, IL y a lieu cependant de décrire un espace et cet espace a même une certaine
importance; c’est là entre le feuillet et le muscle | que rampent les veines périvésicales.
; Dans quelques cas exceptionnels, il y a là une RARE es véritable cavité. M. Pierre Delbet cite des faits d'hé- MR. ARE SET SR F | matomes de la paroi; plus haut devant le péritoine, D: | a . Charpy. a vu de même des phlegmons propérito- ra UNE ia and on essaye d’extirper la vessie s - : SES pos 4 FRE € ; qu D P ; La on peut isoler dans certains points, une véritable
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