DEUXIÈME CATÉGORIE
Muscles rattachant le premier article du membre, soit au tronc, soit a la ceinture, soit aux deux a la fois — Les diverses espèces de muscles comprises dans ce groupe ne sauraient être envisagées séparément chez l’Homme, car nous verrons que tel muscle qui est destiné à relier un membre exclusivement , soit à la ceinture correspondante, soit au tronc, peut être représenté dans l’autre ceinture par des faisceaux appartenant à un muscle qui embrasse à la fois ces diverses insertions.
Les muscles compris dans ce groupe sont, au bassin :
Le pyramidal * 2 ;
Le psoas iliaque ;
Le grand fessier ;
* Je préviens le lecteur queje considère ici les tubérosités supérieures de l'humérus et du fémur d’une manière générale et sans chercher à préciser leur signification. Un chapitre ultérieur de ce travail sera consacré à discuter leurs homologies et leurs valeurs relatives.
2 J’ai dû, dans le chapitre précédent, m’occuper du grand pectoral et du pyramidal, pour ne pas séparer ces muscles de ceux avec lesquels ils ont d'intimes connexions. Je répète, du reste, qu’iln’y a rien d'absolu dans la classification que j'adopte, et que je ne la suivrai qu'autant qu’elle ne nuira pas aux rapprochements utiles et naturels.
Le moyen fessier ;
Le petit fessier ;
L’obturateur interne;
L’obturateur externe ;
Le tenseur du fascia lata (?) :
Les jumaux fémoraux ;
Le carré crural.
A l’épaule, les muscles qui correspondent aux conditions ci-dessus, sont :
Le grand pectoral ;
Le sous-scapulaire ;
Le deltoïde ;
Le grand dorsal ;
Le grand rond ;
Le sus-épineux ;
Le sous-épineux ;
Le petit rond.
Dans la recherche des homologies qui peuvent exister entre les muscles des deux régions, je ne puis suivre une règle uniforme et prendre constamment pour point de départ de mes démonstrations les muscles de la même ceinture. Ce sera tantôt un muscle de l’épaule et tantôt un muscle du bassin qui deviendra le premier terme de la comparaison à établir. C’est là un mode de procéder qui m’est imposé par les différences de développement et par les transformations des muscles d’une ceinture à l’autre. Il convient, dans ces conditions, de prendre pour premier terme des rapprochements à établir le muscle le plus complet et le moins modifié.
Grand et petit psoas. — Trapèze claviculaire. — Deltoïde claviculaire. — Cléido- mastoïdien. — Le muscle psoas iliaque se compose de deux muscles distincts : le psoas et l’iliaque, dont les homologies doivent être recherchées séparément. Je commence par le muscle psoas.
Le muscle psoas s’insère : 1° sur les parties latérales du corps des cinq vertèbres lombaires et sur la partie inférieure du corps de la douzième ver-
t.èbre dorsale; 2° à la base des apophyses transverses des mêmes vertèbres. Nées ainsi, les fibres charnues constituent un faisceau vertical qui va, après un long trajet, s’insérer au petit trochanter du fémur et à la ligne de bifurcation qui va du petit trochanter à la ligne âpre.
Chez certains Mammifères, ce muscle s’insère aussi aux dernières côtes. Chez le Cheval, par exemple, il s’insère à la face inférieure des deux dernières côtes.
L’homologue du psoas à la région thoracique serait assez difficile à retrouver chez l’Homme et chez les Mammifères clavicules. C’est chez les Mammifères non claviculés qu’il faut d’abord le chercher. Chez eux, il existe un ensemble de faisceaux musculaires plus ou moins distincts, parfois confondus dans une partie notable de leur parcours, qui, partant de l’apophyse mastoïde et de la crête mastoïdienne, des apophyses transverses d’une ou plusieurs vertèbres cervicales, et parfois môme de l’apophyse basilaire de l’occipital, vont contracter inférieurement des insertions sur le scapulum et sur l’humérus. Ce groupe de faisceaux peut être décomposé en deux muscles distincts : le mastoïdo-huméral proprement dit d’une part, et l’acromio-trachélien de Cuvier d’autre part.
Le mastoïdo-huméral proprement dit, ou masto-humérien de Cuvier, part de l’apophyse mastoïde et de la crête mastoïdienne, et va s’insérer généralement sur la crête sous-trochitérienne de l’humérus, sur la portion de la ligne âpre humérale qui descend de l’empreinte deltoïdienne.
Le muscle acromio-trachélien est un muscle dont les insertions supérieures et inférieures sont variables, et dont il serait trop long de faire ici l’histoire complète. Renvoyant le lecteur, pour plus de détails, au Mémoire de Wood déjà cité ', je me borne à quelques traits principaux.
Chez la plupart des animaux , ce muscle provient uniquement de l’apophyse transverse de l’atlas.
Chez quelques-uns, il s’insère également à l’axis, et semble représenter les deux digitations supérieures de l’angulaire de l’omoplate.
Chez les Rongeurs, chez les Pachydermes et chez le Chat, on trouve qu’il
Wood; loc. cit. (Phil. Trans., 1870).
envoie une languette anastomotique au droit antérieur de la tête, et va par là s’insérer avec ce dernier muscle sur l’apophyse basilaire de l’occipital.
Chez le Gorille, le Chimpanzé et l’Orang, ce muscle existe toujours, naissant des apophyses transverses d’une ou deux vertèbres cervicales supérieures, et va s’insérer à la clavicule, au niveau du tiers externe de cet os ; delà son nomde levât or clciviciilœ(yoo(\), ou de clavio-trachélien (Church). C’est à cet état qu’on le trouve anormalement chez l’Homme, où il fait très-généralement défaut, puisqu’on ne le rencontre que dans trois cas sur cent environ, d’après Wood.
L’insertion claviculaire se retrouve chez les Chéiroptères, etc.
Mais chez l’Ours, l'Hyène, le Coati, la Genette, le Chien et le Chat, il s’insère inférieurement sur l’apophyse métacromienne du scapulum, et chez l’Oryclérope du Cap sur l’épine du scapulum.
Chez la Loutre, Haughton a décrit ce muscle comme divisé en deux parts : l’une attachée à l’extrémité externe ou inférieure de l’épine du scapulum, l’autre à l’extrémité interne ou supérieure.
Enfin, chez le Veau marin, d’après Humphry, il est aussi divisé en deux parts : l’une passant avec le trapèze à la tubérosité externe de l’humérus (et renforçant son action de muscle nataleur), tandis que l’autre recouvre le sus-épineux et s’insère sur l’angle du scapulum.
Ces quelques faits nous permettent de concevoir l’acromio-trachélien de Cuvier comme une lame musculaire naissant de l’apophyse basilaire et des apophyses transverses d’un nombre variable de vertèbres cervicales, pour aller s’insérer sur tout le parcours de l’épine scapulaire, l’acromion et la portion externe de la clavicule. Cet acromio-trachélien complet, idéal, n’est donc qu’une doublure du trapèze, mais à insertions cervicales et non mastoïdiennes. Ce muscle complet n’est pas réalisé, mais il en reste des représentants partiels, variant quant à l’étendue et quant aux insertions inférieures conservées. De là, les noms si variés donnés à ce muscle chez les divers animaux ( levator claviculœ de Wood, omo ou acromio-trachélien de Cuvier et Meckel, acromio- basilaire de Vicq-d’Azyr, clavio-trachélien de Church, basio humeralis de Krause. Kopf-Arm-Muskel de Peyer, transverso-scapulaire de Strauss-Durckeim, omo-atlanticus de Haughton, cervico-humeral de Humphry).
Quand les faisceaux antérieurs de ce muscle sont conservés, ils s’insèrent sur la clavicule chez les animaux claviculés et forment ainsi un clavio-trachélien. Mais chez ceux qui sont dépourvus de clavicule ou demi claviculés, ce muscle se réunit plus ou moins au muscle mastoïdo-huméral pour former un faisceau large et plat qui s’insère sur l'humérus, ainsi que nous l’avons déjà indiqué. De là résulte le grand muscle mastoïdo-huméral des hippotomistes.
Ce muscle mastoïdo-huméral est en somme formé par la portion claviculaire du trapèze, par le cléido-mastoïdien et par le clavio-lrachélien, qui, n’étant plus séparés du deltoïde par une clavicule, se continuent avec la portion claviculaire de ce dernier muscle. Ce mastoïdo-huméral, que l’on retrouve chez le Cheval, chez le Mouton, etc., présente du reste toujours à sa face interne une intersection aponévrotique remarquable qui est le rudiment delà clavicule. Ce rudiment fibreux devient partiellement osseux chez les animaux semi-claviculés, comme le Lapin, qui constituent ainsi un terme de transition entre les animaux à muscle mastoïdo-huinéial et les animaux à trapèze et deltoïde claviculaires.
Le muscle mastoïdo-huméral est donc propre aux animaux non claviculés. Je n'hésite pas à voir en lui l'homologue du psoas. 11 y a, en effet, homologie d’insertion et de parcours.
GRAND PSOAS.
Insertions.
MASTOÏDO-HUMÉRAL.
Corps des vertèbres lombaires.
Apophyses transverses lombaires.
Petite tubérosité du fémur et bifurcation correspondante de la ligne âpre.
Apophyse basilaire.
Apophyses transverses cervicales.
Crête deltoïdienne de l’humérus et bifurcation correspondante de la ligne âpre.
Nous verrons plus tard, quand je m’occuperai de la valeur des tubérosités, combien les insertions humérales et fémorales de ces deux muscles offrent de complète identité. Quant au parcours, j’ai à peine besoin d’attirer l’attention sur ce qu’il a d’analogue dans les deux cas. Ces deux muscles, en effet, naissant l’un et l’autre de régions vertébrales supérieures à la ceinture correspondante, passent au-devant de cette ceinture, s’appliquent sur l’articulation de la ceinture avec le premier article du membre, glissant
sur la capsule fibreuse fie l’articulation pour se porter sur la ligne âpre fie cet article.
Le muscle petit psoas, qui part du corps de la douzième vertèbre dorsale et de la première et quelquefois de la deuxième lombaire, pour s’insérera l’éminence iléo-pectinée, et surtout à la saillie peclinéale ou pubienne chez les Mammifères sauteurs, doit être considéré comme un muscle aponévroticjue inconstant, qui n’a pas d’homologue bien précis à la région cervicale. C’est du reste un muscle dont la portion charnue est très-limitée, et qui consiste surtout en un long tendon qui se perd dans le fascia iliaque et sur le périoste de l’éminence iléo-pectinée. Chez les Mammifères sauteurs, dont le grand psoas est très-développé, le petit psoas acquiert plus d’importance, et ses relations avec une aponévrose lombo-iliaque très-forte démontrent clairement que c’est un muscle développé dans celte aponévrose, qu’il est appelé à tendre, afin de brider le muscle psoas iliaque, et de le maintenir accolé à la colonne lombaire et au détroit supérieur. A la région cervicale, le petit psoas peut être considéré comme virtuellement compris dans l’aponévrose superficielle de la région trapôzo-deltoïdienne antérieure.
Les homologies que nous venons d’établir entre le grand psoas et le mastoïdo-huméral offrent un véritable intérêt au point de vue de l’appréciation de la valeur morphologique du pubis. Puisque le masto'ido-huméral est un muscle qui n’appartient qu’aux épaules non claviculées, on est en droit de considérer le psoas comme une démonstration de l’absence de tout représentant de la clavicule au bassin. Ni le pubis, soit par sa branche horizontale, soit par sa branche descendante, comme l’ont prétendu tant d’anatomistes; ni le ligament de Poupart, comme le pense Huxley, ne sont les représentants au bassin de la clavicule ; car, s’il en était autrement, le grand muscle psoas contracterait avec eux des relations analogues à celles que le cléido-mastoïdien, le cléido-lracbélien, la portion mastoïdienne du trapèze et la portion claviculaire du deltoïde, contractent au thorax avec la clavicule. Le défaut de ces relations démontre l’absence de la clavicule pelvienne. C’est ainsi que l’étude des insertions musculaires conduit d’une manière intéressante à la détermination logique et rationnelle des éléments osseux.
En voici d’ailleurs un nouvel exemple. On sait que le plastron des Chéloniens a été considéré comme représentant le sternum de ces animaux, chez lesquels, par contre, on niait l'existence de la clavicule et de l’interclaviculaire. Ces idées, généralement adoptées jusque dans ces derniers temps, ont trouvé des contradicteurs qui ont fait remarquer, avec raison, que les éléments osseux du plastron n’appartenaient pas, comme le sternum, au squelette primordial, mais bien au dermo-squelette. Parmi ces éléments, il en est trois antérieurs, dont l’un médian impair, l’entoplastron, et les deux autres pairs et latéraux, les épiplaslrons, qui s’appuient sur ce dernier par leurs extrémités internes. Huxley les considère comme représentant l’interclavicule et les deux clavicules. La situation de ces os et leur origine membraneuse sont entièrement favorables à cette appréciation. Mais on peut trouver dans l’étude des muscles un argument de plus qui n’est pas sans valeur. Les Chéloniens ont un véritable muscle psoas représenté par un petit faisceau musculaire venant du corps de la neuvième vertèbre dorsale, des pleurapophyses de la dixième, et allant s’insérer sur la tubérosité interne du fémur. S’il n’y avait pas de clavicule, on aurait quelque raison de penser qu’il doit exister à la ceinture thoracique un muscle homologue de l’iliaque, reliant la tête et la colonne cervicale à l’humérus, et reproduisant la disposition du mastoïdohuméral des Mammifères non claviculés. Il n’en est rien toutefois et la disposition des muscles est plutôt celle des Mammifères claviculés, et en particulier des Mammifères à clavicule et à interclavicule, c’est-à-dire des Ornithodelphes.
Chez ces derniers, en effet, le grand pectoral, naissant de presque toute la ligne blanche et de la ligne médiane du sternum, va se fixer sur presque toute la longueur (Ornithorhynque) ou sur toute la longueur (Écbidné) de la crête pectoro-deltoïdienne de l’humérus. Ce muscle est confondu en avant avec des faisceaux musculaires dont les fibres, parallèles aux siennes, naissent de l’interclavicule et de la clavicule, et vont s’attachera la partie moyenne de la crête deltôidienne, en dehors des précédentes. Ces derniers faisceaux représentent en réalité la partie claviculaire du deltoïde.
Chez les Chéloniens, on trouve également un grand pectoral qui naît de la face profonde du plastron, dans la région correspondant surtout à la région médiane, c’est-à-dire à la ligne blanche, soit abdominale, soit pecto-
rnle, dans cet espace resté membraneux et sans ossification chez les Chélonides, et que les hyoplastrons tendent plus ou moins à envahir. De là, les fibres convergent pour s’insérer sur le bord antérieur ou externe de la coulisse bicipitale de l’humérus ou crête pectorale. Au-devant et au-dessus de ce muscle, se trouve accolé un faisceau musculaire important qui naît de la face interne de l’entoplastron et de l’épiplastron, et qui se condense en un tendon qui va s’insérer sur la petite tubérosité de l’humérus ou tubérosité interne.
Owen a décrit ce faisceau musculaire comme appartenant au deltoïde, et cette détermination est en effet très-rationnelle. 11 est ici réellement trèsdistinct du grand pectoral, et ne saurait être confondu avec lui, attendu que ses insertions, soit proximales, soit distales, sont différentes. On ne saurait lui attribuer d’autre valeur que celle d’un deltoïde, et c’est alors nècesairement un deltoïde claviculaire, puisqu’il ne saurait être un deltoïde scapulaire, et il faut reconnaître en conséquence que les os qui lui servent d’insertion, c’est-à-dire l’entoplastron et l’épiplastron, trouvent dans ce fait un rapprochement curieux et intéressant avec l’interclavicule et la clavicule des Monotrêmes.
Quant au muscle mastoïdoet traehélo-claviculaire, qui est représenté chez les Mammifères ornilhodelphes par un muscle naissant, de l’atlas seulement chez l’Ornithorhynque, de l’atlas et de l’apophyse mastoïde chez l’Échidné, il existe également chez les Chéloniens, où on peut le reconnaître dans un muscle grêle décrit par Owen sous le nom de sterno-mastoideus , mais qui, naissant du mastoïde, va s’insérer sur la face interne de l’enloplastron, c’està-dire de l’interclavicule. considéré à tort par Owen comme un entoslernum. C’est ainsi, je le répète, que les déterminations osléologiques sont puissamment aidées et éclairées par l’étude du système musculaire.
Iliaque. — Sous-scapulaire. — Presque tous les auteurs qui ont essayé d’établir les homologies des muscles des deux ceintures ont été unanimes à considérer le muscle iliaque comme reproduisant au bassin le sous- scapulaire de l’épaule. Les ressemblances sont on ne peut plus frappantes, les deux muscles occupant l’un et l’autre la face interne des os homologues et allant s’insérer également aux petites tubérosités de l’humérus et du
fémur. Tout, du reste, jusqu a la forme, semble concourir à confirmer la justesse de ce rapprochement. Je dois cependant signaler une opinion différenle, que recommande le mérite exceptionnel de ses défenseurs. Gratiolet, et après lui Huxley, considérant l’aile de l’iléon comme l’homologue de l’épine du scapulum, regardent conséquemment le muscle iliaque comme représentant le muscle sus-épineux, tandis que le petit et le moyen fessier répondraient au sous-épineux et aux muscles ronds. Le sous-scapulaire serait dépourvu de tout muscle correspondant dans les membres inférieurs. Dans la suite de cette étude, j’aurai maintes fois l’occasion de m’expliquer sur ces vues particulières1 .
Pour le présent, je déclare accepter l’assimilation si généralement admise de l’iliaque et du sous-scapulaire, mais avec certaines réserves et en tenant compte de particularités intéressantes qui ont été méconnues et que je tiens à mettre en relief. Pour cela, j’ai besoin de jeter un coup d’œil d’ensemble sur les muscles qui vont des éléments des ceintures thoracique et pelvienne aux grandes et petites tubérosités de l’humérus et du fémur.
Au-dessous de la couche superficielle de muscles qui recouvrent les articulations de l’épaule et de la hanche (grand dorsal, grand rond, deltoïde, d’une part; grand fessier, tenseur du fascia lata , de l’autre), couche dont l’étude viendra en son temps, se trouvent les muscles que nous allons actuellement analyser. Ces muscles peuvent, au bassin (où tous les éléments osseux de la ceinture sont développés), être considérés comme formant deux étoiles à trois rayons, dont chaque rayon provient d’un des éléments de l’arc pelvien. Les trois rayons de l’une des étoiles musculaires sont situés sur la face externe des trois éléments osseux : c’est l’étoile externe. 11 y a aussi une étoile musculaire interne dont les trois rayons musculaires proviennent de la face interne des trois éléments osseux. Les rayons des deux étoiles viennent converger sur les tubérosités voisines de la tête du fémur. Il y a
1 Je dois également citer ici l'opinion dernièrement émise par M. Lannegrace, agrégé de la Faculté de Médecine de Montpellier. Dans son estimable Essai sur la Myologie comparée des membres, 1878, qui lui a servi de Thèse inaugurale, M. Lannegrace considère l’iliaque comme représentant à la fois le sus-épineux, le sous-épineux et le petit rond, tandis que le sous-scapulaire répondrait à l’obturateur interne ( portion iliaque ) et aux muscles moyen et petit fessiers.
donc des muscles iléo-trochantériens externes et internes, des muscles ischiotrochantériens externes et internes, et des muscles pubio-trochantériens externes et internes. Telle est l’idée générale, à la fois simple et vraie, qu’il faut se faire des muscles dits pelvi-lrochantériens. Voyons quels sont ces muscles et quelles sont leur valeur et leur signification respectives. Nous partirons ensuite de ces notions pour rechercher leurs homologues dans l’épaule.
Le muscle iliaque, chez l’Homme, est regardé par tous les anthropotomistes comme un muscle entièrement iléo-trochantinien interne. C’est là une opinion trop absolue, et qui peut entraîner à des conceptions erronées. Elle n’est du reste pas conciliable avec l’anatomie comparée. Les insertions iliaques de ce muscle, telles que les décrivent les auteurs, sont : la fosse iliaque interne dans ses trois quarts supérieurs ou même dans toute son étendue, les trois quarts antérieurs de la lèvre interne de la crête iliaque, le détroit supérieur du bassin, l’épine iliaque antérieure et supérieure, l’échancrure subjacente, l’épine iliaque antérieure et inférieure, une cloison fibreuse qui sépare le muscle iliaque des muscles droit antérieur de la cuisse et couturier, et même la capsule orbiculaire de la tête du fémur.
Toutes ces insertions font de ce muscle un muscle iliaque exclusivement interne, sans rapports avec la face externe de l’os, et situé en dedans du tendon direct du droit antérieur fémoral.
Mais d’autre part l’anatomie comparée nous montre des variations assez marquées dans cette situation du muscle iliaque, ainsi que dans son importance. L’iliaque est en effet un muscle de l’iléon dont les dimensions et la situation sont subordonnées à diverses conditions. Quand l’aile antérieure de l’iléon est largement étalée, comme chez l'Homme, chez l’Éléphant, les Singes, le muscle iliaque, ayant plus de surfaces d’insertion, est par suite plus développé. Si l’aile iliaque est peu étendue et que l’iléon soit réduit, comme chez les Ruminants, à une tige prismatique terminée par une dilatation peu étendue presque entièrement occupée par l’articulation sacro-iliaque, le muscle iliaque est petit et s’insère sur la face antéroinlerne de la lige de l’iléon (PI. VI, fig. 4, m. il). 11 est en dedans du tendon interne du muscle droit antérieur du triceps. Chez les Carnivores