RÉSUMÉ DES ÉCHASSIERS
Sauf le Pélidne dont les muscles de cette région ressemblent beaucoup à ceux des Passereaux, les muscles des Echassiers que nous avons étudiés possèdent des caractères spéciaux qui semblent propres à cel ordre.
Le transverse jugulaire est formé par deux faisceaux, l’un superficiel, l’autre profond, qui sont confondus en une seule lame musculaire, sauf au niveau de leurs insertions. Là, le feuillet profond se
trouve réduit en un faisceau plus ou moins grêle suivant les espèces,
mais qui toujours, se détache de la face profonde du feuillet superficiel pour venir s’insérer sur le crâne après s'être engagé entre la mandibule et la corne de l’hyoïde. Quant au feuillet superficiel, 1l s’insère loujours sur la face externe de l’apophyse postérieure de la mandibule, après s'être engagé dans une goullière creusée aux dépens de cette apophyse. Tandis que chez le Vanneau huppé, le transverse jugulaire et le peaucier n’ont aucune connexion, chez la Foulque et l'Œdicnème, au contraire, ces deux muscles se confondent vers la région médiane, comme cela a lieu chez les Pigeons, de sorte qu'à ce niveau les deux couches musculaires se continuent exactement.
Le génio-hyoïdien s’enroule comme à l'ordinaire sur la corne correspondante de l'appareil hyoïdien qui ne dépasse généralement pas en arrière le niveau du trou auditif; en avant, il se trouve réduit à un seul faisceau, le faisceau interne, qui présente ses rapports ordinaires.
Le mylo-hyoïdien s'étend toujours depuis la symphyse jusqu’au transverse jugulaire qu'il recouvre généralement, ici, sur une assez grande surface. Chez la Foulque, il est très épais, bien qu’en avant il soit aponévrotique, comme d’ailleurs chez le Vanneau. Chez l’'Œdicnème, ilest musculaire sur toute son étendue.
Nous n'avons rencontré de génio-glosse que chez l'Œdicnème et, encore là, est-il très réduit. Il rappelle par sa forme celui que nous avons déjà décrit chez le Perroquet.
Palmipèdes.
Canard domestique. — Anas boschas domestica, L.
Transverse jugulaire. — Ce muscle n’est constitué que par un seul feuillet qui est à peu près semblable au feuillet superficiel du transverse jugulaire des Gallinacés. Son insertion se fait sur la face externe de l’apophyse postérieure du maxillaire inférieur qui est ici très développée : pour cela ce muscle fournit un faisceau de forme triangulaire qui contourne le bord inférieur de cette apophyse et chemine sur sa face externe, obliquement, de bas en haut et d'avant en arrière, (le manière à gagner son bord postérieur sur lequel il s'insère par des fibres charnues. Dans ce trajet, ce faisceau est légérement recouvert par le muscle dépresseur de la mâchoire inférieure.
ANATOMIE COMPARÉE DE CERTAINS MUSCLES SUS-HYOIDIENS. Gil
Ici, comme chez le Perroquet, le transverse jugulaire s’insère sur la face latérale correspondante de l’urohyal, sur presque toute sa longueur, au moyen de fibres charnues ou aponévrotiques. Ce muscle recouvre le céralo-hyoïdien sur presque toute son étendue.
Génio-hyoïdien. — Le génio-hyoïdien est un muscle très épais et puissant qui s’enroule, comme à l'ordinaire, autour de la corne de l’hyoïde ; la corne est relativement très grosse et dépasse, sur la nuque, le niveau du trou auditif. En avant, ce muscle se divise en deux faisceaux fortement accolés sur tout leur trajet et qui constituent deux lames musculaires assez larges, surtout le faisceau externe ; ces faisceaux s’insèrent par des fibres charnues sur la face interne de la mâchoire inférieure. I1 s'arrête à 1/2 cm. en arrière du bord postérieur du muscle mylo-hyoïdien aveclequel, parconséquent, il n'entre pas en rapport. Le génio-hyoïdien recouvre l’origine du cérato-hyoïdien et du cérato-zlosse en s’enroulant sur la corne.
Mylo-hyoïdien. — Ce muscle est constitué par deux feuillets qui rappellent ceux que nous avons déjà décrits chez le Chrysotis amazone.
Le feuillet profond consiste en une bande musculaire presque transversale qui s’insère sur la face interne de la mandibule et qui se termine sur un raphé médian très étroit. Le bord antérieur est nettement transversal, le bord postérieur est, au contraire, oblique. En arrière, ce feuillet se continue par une mince aponévrose.
Le feuillet superficiel est musculaire en arrière, aponévrotique en avant. Il y a un très mince raphé médian. Ce muscle est recouvert postérieurement par une très mince aponévrose continuant, en avant, le muscle peaucier qui cesse, ici, d’être musculaire assez loin en arrière. Il s’insère sur la face interne de la mandibule. Le mylohyoïdien n'entre pas en rapport avec les faisceaux antérieurs du génio-hyoïdien, parce que, comme, nous l'avons dit dans la description du génio-hyoïdien, les faisceaux antérieurs de ce muscle s'insérent sur la mandibule, avant d'atteindre le bord postérieur du mylo-hyoïdien.
Sarcelle d'hiver. — Anas crecca, L.
La musculature du plancher buccal de ce Palmipède est entièrement semblable à celle du Canard domestique.
Plongeon lumne. — Colymbus arcticus, L.
Transverse jugulaire. — Ce muscle est, ici, réduit à son feuillet superficiel et présente avec le peaucier des rapports très importants et fort intéressants. Ce feuillet superficiel prolonge, en effet, en avant, le muscle peaucier sans aucune solution de continuité ; de sorte que ces deux muscles ne semblent former qu'une seule et même couche musculaire. Cependant, sur les côtés de la région que nous étudions, près de l’orifice externe du canal auditif, il existe une scissure dans celte lame musculaire unique, scissure trés courte, il est vrai. La partie postérieure correspond au peaucier et se comporte comme ce muscle; la portion antérieure, au contraire, s’en sépare et vient prendre une insertion semblable à celle du feuillet superficiel du transverse jugulaire de la plupart des Oiseaux. Pour cela, elle remonte très obliquement, presque verlicalement, sur l’apophyse externe de la mandibule, et, passant entre le masséter et le dépresseur de la mâchoire inférieure, s’insère sur celte portion du squelette.
Génio-hyoï lien. — Le génio-hyoïdien du Plongeon s'enroule toujours autour de la corne comme chez les autres Oiseaux que nous avons décrits. En avant, il ne présente qu’une seule bande musculaire qui se divise, près de son insertion sur la mandibule, en deux faisceaux. Celle division est due à une scissure parallèle à la direction des fibres ; elle ne s'étend pas très loin en arrière. La partie antérieure qui présente les rapports ordinaires du faisceau interne, puisqu'elle est située sur la face ventrale du mylo-hyoïdien, s’insère sur la face externe de la mandibule ; le faisceau externe prend, au contraire, son insertion sur la partie interne de la mâchoire inférieure. I est aussi à remarquer que ces faisceaux antérieurs s'étendent peu en avant sur la mandibule et que c’est à peine s’ils dépassent le bord postérieur du mylo-hyoïdien.
Mylo-hyoïdien. — Le mylo-hyoïdien est sembiable à celui des autres Oiseaux, sauf les rapports qu'il présente avec le faisceau antérieur du génio-hyoïdien.
Guillemot à capuchon. — Uri troie, L.
Goéland cendré.
Larus canus, L.
Transverse jugulaire. — Ce muscle est ici réduit à une seule couche musculaire qui rappelle la couche superficielle du transverse jugulaire de la Poule. Ce feuillet, de forme triangulaire, s’insère sur l’apophyse postérieure de la màchoire inférieure ; en arrière, il s'étend sur la partie la plus antérieure de la portion ventrale de la région cervicale, el présente avec le peaucier les mêmes connexions que chez la Corneille. Ce dernier muscle, en effet, recouvre le transverse jJugulaire ; mais en arrière, sur la région médiane seulement, le bord postérieur du transverse jugulaire se confond avec la face interne (dorsale) du peaucier.
Grénio-hyoïdien. — I] diffère de celui des autres Palmipèdes en ce qu'il présente deux faisceaux antérieurs très nets. L'interne qui est très mince, chemine sur la face ventrale du mylo-hyoïdien, en restantconstamment appliqué contre la mandibule. Le faisceau externe est relativement très court chez le Guillemot ; il s'insère, par des fibres charnues, près de l'articulation de la mandibule. Chez le Goéland, au contraire, ce faisceau est beaucoup plus long el son insertion se fait plus antérieurement; les deux faisceaux restent ainsi accolés sur une assez longue distance.
Mylo-hyoïdien. — Le mylo-hyoïdien est chez ces deux Palmipèdes semblable à celui des autres Oiseaux.
RÉSUMÉ DES PALMIPÉDES
Les muscles que nous étudions, chez les Palmipèdes, ne paraissent pas être conslilués sur un plan général, comme cela a lieu pour les autres ordres d'Oiseaux. Ici, on constate de très grandes différences suivant les espèces considérées. |
Le transverse jugulaire ne comprend qu’une seule couche musculaire et, d’après ses rapports avec le peaucier, on peut conclure que cette couche est la lame superficielle.
Chez le Canard et la Sarcelle, le transverse jugulaire ne présente aucune connexion avec le peaucier. Le transverse jugulaire du Guillemot et celui du Goéland sont complètement recouverts par le peaucier; mais sur la ligne médiane et suivant son bord postérieur, quelques fibres du transverse jugulaire se confondent avec les fibres du peaucier. C’est le cas de la Corneille. Enfin, chez le Plongeon ces deux muscles sont confondus sur toute leur étendue, sauf près de l'insertion du transverse jJugulaire.
Le génio-hyoïdien s’enroule toujours de la même façon autour de la corne ; quant à ses faisceaux antérieurs, ils sont plus ou moins longs suivant les espèces ; chez le Canard, ils n’atteignent même pas le bord postérieur du mylo-hyoïdien. Chez tous, il y a un faisceau interne el un faisceau externe, mais il faut signaler le cas du Plongeon où ces deux faisceaux sont confondus en une seule lame musculaire sur presque toute leur étendue, sauf près de l'insertion de ces faisceaux sur la mandibule.
Le mylo-hyoïdien ne présente, en général, rien de particulier et rappelle celui de tous les autres Oiseaux. Chez ie Canard et la Sarcelle, cependant, ce muscle est constitué par deux feuillets musculaires superposés, 1l est ainsi semblable à celui du Chrysotis amazone ; mais le feuillet profond diffère de celui de ce Grimpeur, en ce qu'il ne prend aucune insertion sur l'appareil hyoïdien.