RÉSUMÉ GÉNÉRAL DES OISEAUX
Les auteurs qui se sont occupés de l'anatomie des Oiseaux considèrent le mylo-hyoïdien de ces êtres comme constitué par deux parties musculaires : une antérieure et l’autre postérieure. Nous croyons, d'après les études que nous avons faites sur un certain nombre d'Oiseaux, ainsi que d’après les renseignements qui nous sont fournis par l’anatomie comparée des Vertébrés, que l’on doit considérer la portion postérieure comme ne faisant pas partie du mylo-hyoïdien, mais comme représentant un muscle que l’on retrouve dans tous les ordres de la série des Vertébrés : le muscle transverse jugulaire. Le transverse jugulaire des Oiseaux serait,
d'après nous, formé par deux feuillets musculaires superposés, un feuillet profond, qui ne serait autre chose que le feuillet postérieur du mylo-hyoïdien des auteurs et un feuillet superficiel que ces mêmes auteurs ont jusqu'ici considéré comme faisant partie du muscle peaucier.
Si nous comparons le transverse jugulaire de certains Oiseaux au transverse jugulaire de l'Echidné, nous constatons une disposition absolument semblable. Le feuillet superficiel de l'Epervier (Accipiler nisus) S'insère sur la mâchoire inférieure comme chez l'Echidné, mais le feuillet profond prend son insertion sur le crâne, également toujours comme chez ce même Monotrème.
Chez tous les Oiseaux, la ressemblance n’est pas aussi frappante, mais chez tous, nous avons des lames musculaires qui, par leurs rapports ou leurs insertions, peuvent être comparées à celles de l'Epervier. Chez les Gallinacés, nous avons bien toujours deux lames musculaires, mais le feuillet profond ne s’insère plus sur le crâne, mais sur l'angle postérieur de la mâchoire.
Certains Oiseaux ont, ilest vrai, un transverse jugulaire constitué par un seul feuillet, ces êtres semblent donc, au premier abord, s’écarter beaucoup du type général; mais il est facile d’assimiler ce feuillet unique, suivant qu'il s’insère ou non sur le crâne, à la couche profonde ou à la couche superficielle de ce muscle chez l'Epervier et par suite chez l’Echidné. C’est ainsi que chez les Pigeons, le Guillemot et le Plongeon, le transverse jugulaire n’est composé que d'une seule couche musculaire qui correspond, par son insertion sur la mandibule et aussi par ses rapports avec le peaucier, au feuillet superficiel, c’est-à-dire, par conséquent, à la lame superficielle du peaucier des auteurs. Si donc on se refusait à admettre que cette lame superficielle du peaucier fait partie du transverse jugulaire, on serait amené à nier l'existence de ce muscle chez tous ces Oiseaux.
Enfin, il existe encore une série de faits qui militent en faveur de la thèse que nous soutenons. Ces faits nous sont fournis par certains Echassiers : l'Œdicnème et la Foulque, par exemple. Si l’on se rapporte à la description que nous avons donnée de la musculature de ces Oiseaux, on constate que leur transverse jugulaire rappelle entièrement le feuillet superficiel du transverse jugulaire de l'Epervier ; mais de la face interne de cette lame, près du maxillaire
inférieur, se détache un faisceau musculaire qui s'engage entre la mandibule et la corne de l’hyoïde pour venir s’insérer sur le crâne ; il représente donc le faisceau d'insertion de la lame profonde. Les deux feuillets du transverse jugulaire sont donc, chez ces Echassiers, confondus sur presque toute leur étendue. Il semble en découler que les deux feuillets du transverse jugulaire des Oiseaux naissent par clivage horizontal d’une masse primitive commune el que lorsque, comme chez l’Epervier et la Poule, il existe deux feuillets superposés, sans aucune connexion entre eux, ces deux feuillets n’en représentent pas moins un seul et même muscle qui est le (ransverse jugulaire.
Nous croyons donc que de l’ensemble de ces faits, nous pouvons conclure que le transverse jugulaire est ordinairement formé par deux lames musculaires superposées, et que, dans cerlains cas, l’une ou l’autre de ces couches peut manquer.
Pour SELENKA, le transverse jugulaire s’insérerait sur lhyoïde chez les Oiseaux de proie (nous n'avons vu ce fait que chez la Chouette effraye) et chez les Petrels (Procellaria) que nous n’avons pas étudiés. Nous avons montré que le transverse jugulaire de certains Gallinacés s’insérait aussi, par l'intermédiaire d’une aponévrose, sur l’appareil hyoïdien.
SELENKA divise le muscle qu’il appelle mylo-hyoïdien postérieur, en deux faisceaux musculaires, un antérieur qu'il appelle stylohyoïdien et un postérieur, le serpi-hyoïdien : ilest évident, d’après les caractères qu'il donne de chacun d’eux, que notre couche profonde ne correspond qu’au serpi-hyoïdien. Toujours d’après cet auteur, ces deux muscles seraient complètement unis chez certains Oiseaux (Neclarinia, Zostrops).
La lame superficielle du transverse jugulaire, lorsque ce muscle est formé de deux couches musculaires, ou le feuillet unique, dans les autres cas, présente avec le muscle peaucier, chez la plupart des Oiseaux, des connexions importantes.
Chez un certain nombre Oiseaux, le peaucier ou l’aponévrose qui le prolonge en avant recouvre simplement le transverse jugulaire sans présenter aucune connexion avec lui; c’est le cas des Gallinacés, de l'Épervier, du Pic épeiche, du Canard domestique, etc.
Chez la Corneille, la Grive, le Guillemot troile, le Vanneau huppé, le peaucier, comme dans le cas précédent, recouvre bien le
ANATOMIE COMPARÉE DE CERTAINS MUSCLES SUS-HYOIDIENS. nl
transverse Jugulaire, mais ce dernier muscle, au lieu de se terminer librement en arrière comme chez la Poule et le Dindon, se confond suivant son bord postérieur avec le peaucier. D’après SELENKA, le feuillet profond du transverse jugulaire de Rhea Durrvini se comporterail de même, ce feuillet s’insère, chez cet être, sur l’apophyse postérieure de la mandibule, comme chez la Poule.
Chez les Pigeons et l'Œdienème criard, les connexions entre le
peaucier et le transverse jugulaire deviennent beaucoup plus intimes. Le peaucier ne recouvre plus le transverse jugulaire, mais vers la
région médiane du plancher buccal, le bord antérieur du premier de ces muscles se confond avec le bord postérieur du deuxième, de sorte qu'à ce niveau seulement, les deux muscles se continuent exactement.
Enfin, chez le Plongeon lumne, le transverse jugulaire, constitué seulement par son feuillet superficiel, prolonge en avant le peaucier sans aucune solution de continuité, sauf une très courte scissure sur les côtés de la tête; de sorte que ces deux muscles ne semblent former qu'une seule et même couche musculaire, comme si le {ransverse jugulaire n'existait pas.
En résumé, nous avons donc tous les degrés, depuis une union très intime, comme chez le Plongeon (où pour ainsi dire l’on n’a qu'une seule lame musculaire), jusqu’à une séparation complète de
ces muscles qui ne présentent plus alors que des rapports de voisi-
nage, Sans aucune connexion entre eux (Poule, Dindon).
Le génio-hyoïdien est, chez tous les Oiseaux, constitué sur un plan général; ilne présente, chez certaines espèces, que quelques différences sans bien grande importance. Il s’insère sur la corne correspondante de l’hyoïde d’une façon particulière que nous avons décrite chez la Poule et que nous avons retrouvée chez tousles autres Oiseaux que nous avons éludiés ; nous n'avons jamais rencontré une spirale à tours nombreux, comme l'ont décrit quelques auteurs. En avant, ce muscle se divise en deux faisceaux : un faisceau interne et un faisceau externe. Le faisceau interne (le plus long) passe sur la face ventrale du mylo-Byoïdien pour s’insérer sur la mandibule; l’externe prend son insertion sur la mâchoire inférieure, bien avant d'atteindre le bord postérieur de ce même muscle. Chez certaines espèces, le génio-hyoïdien ne possède qu’un seul faisceau antérieur; d’après les rapports qu’il présente, il est facile de conclure que c’est
toujours alors le faisceau externe qui manque. Enfin, nous signalerons le cas particulier des Gallinacés, où, généralement, le faisceau interne passe sur la face dorsale du mylo-hyoïdien, au lieu d’être en rapport avec sa face ventrale comme cela existe chez les autres Oiseaux.
SELENKA décrit une particularité que présenteraient les faisceaux antérieurs des Perroquets et que cependant nous n'avons pas rencontrée chez le C'hrysotis amazonica ; il dit que ces deux faisceaux sont complètement indépendants l’un de l’autre et que chacun d'eux s’insère pour son propre comple sur la corne de l'hyoïde.. Il aurait rencontré ce même fait chez Rhea Darivini. NirzscH aurait aussi observé la même particularité et pour cette raison il a considéré le génio-hyoïdien de ces êtres comme réellement formé par deux muscles qu'il a appelés mylo-cératoïdien ant-rieur et mylocéraloïdien postérieur. |
Le mylo-hyoïdien, chez tous les Oiseaux, présente à peu près Les mêmes caractères. Composé de fibres transversales, il s'étend depuis la symphyse du maxillaire inférieur jusqu’au niveau du bord antérieur du transverse jugulaire, le plus souvent, il recouvre même la partie la plus antérieure de ce dernier muscle. Généralement, les deux mylo-hyoïdiens se réunissent sur la ligne médiane suivant un raphé plus ou moins large. Chez quelques espèces, le mylo-hyoïdien n’est musculaire que dans sa partie postérieure; en avant, il est alors aponévrotique. Le faisceau interne du génio-hyoïdien passe sur la face dorsale du mylo-hyoïdien, sauf chez les Gallinacés où ce faisceau est, au contraire, en rapport avec la face ventrale de ce muscle.
Chez les Perroquets, le Canard, la Sarcelle, le mylo-hyoïdien est constitué par deux feuillets superposés l’un dorsal, l’autre ventral. Dans ce cas, la lame superficielle ou ventrale est semblable au mylohyoïdien des autres Oiseaux, le feuillet profond ou dorsal, est beaucoup moins large et, chez les Perroquets, il prend insertion sur l’urohyal.
Le génio-glosse, qui n’existe que chez un nombre assez restreint d'Oiseaux, est un muscle généralement très grêle. Nous ne l’avons rencontré assez nettement constitué que chez le Chrysotis amazone et l'Œdicnème; ailleurs, comme par exemple chez les Pigeons, il se réduit à quelques fibres sans bien grande importance. Il consiste
toujours en une mince bande qui chemine presque parallélement à la ligne médiane et qui s’insère sur la face interne de la mandibule et sur l’entoglosse. NiTzscH pense que ce muscle existerait chez beaucoup d’autres Oiseaux que chez les Perroquets,les seuls chez lesquels on avait, jusqu'alors, décrit ce muscle; nous l'avons, en effet, rencontré chez l'Œdicnème, la Chouette effraie, les Pigeons et quelques Passereaux.
Le bucco-peaucier est un muscle tout à fait particulier que l’on ne rencontre que chez les Pigeons; nous ne reviendrons pas ici sur la description de ce muscle sur lequel nousnous sommes précédemment étendu. Nous ferons remarquer simplement que son existence doit se rattacher, peut-être, à une fonction toute particulière de ces êtres, celle de régurgiter pour la nutrition des petits.
CaRL Vocr et YunG appellent ce muscle le mylo-peaucier; nous devons remarquer, il est vrai, que ces auteurs font, à tort, insérer ce muscle sur la mandibule, alors qu'il s'attache sur la muqueuse buccale; nous préférons à cette dénomination celle de bucco-peaucier qui rappelle à la fois son insertion sur la muqueuse buccale et sur le muscle peaucier.