‹ Anatomie comparée de certains Muscles Sus-HyoïdiensChapitre 28 sur 40 · POISSONS · texte numérisé non relu

POISSONS

Pneumobranches.

Cératodus de Forster. — Ceratodus Forsterie, KRErT.

Les muscles du Cératodus rappellent beaucoup par leur aspect, leurs insertions et leurs rapports les muscles de certains Batraciens. Ils présentent aussi une certaine ressemblance avec les muscles de quelques Chondroptérygiens. Donc pour les muscles, cet animal

. semble constituer un type de passage entre les Batraciens et les Poissons, comme cela a d’ailleurs été constaté depuis longtemps déjà pour béaucoup d’autres organes de cet être.

Mylo-hyoïdien. — Ce muscle est entièrement semblable au mylo-hyoïdien des Batraciens; il est, en effet, formé de fibres transversales qui s’insèrent sur les trois quarts antérieurs de la face interne de la mandibule, un peu au-dessus du bord inférieur. En avant, il s'étend jusqu’au niveau de l'articulation intermaxillaire. Vers la région médiane, les fibres musculaires se terminent sur un très large raphé fibreux.

Transverse jugulaire et transverso-hyoïdien. — [ci ces deux muscles sont réunis en une seule couche comme cela a lieu chez le Protée anguillard; au niveau de la ligne médiane, celte lame musculaire s'engage sur la face dorsale du mylo-hyoïdien. Celle lame musculaire, beaucoup plus épaisse que le mylo-hyoïdien, est formée de fibres obliques d’arrière en avant et de dehors en dedans dans la partie antérieure du muscle, mais qui deviennent progressivement transversales, à mesure qu’elles sont situées plus en arrière. Latéralement, ce muscle s’insère par des fibres charnues et des fibres tendineuses sur la partie postérieure de l’arc hyoïdien, dans une gouttière peu profonde; quelques fibres viennent également se fixer sur l’appareil operculaire ; vers la région médiane, les fibres se terminent sur un très large raphé.

Postérieurement, cette couche musculaire s'étend jusqu’au niveau

de la ceinture scapulaire et même se prolonge au delà par une aponévrose, comme cela a lieu chez les Batraciens.

Sterno-maxillien. — Les deux sterno-maxilliens sont séparés sur loute leur étendue; ils s’insérent, en arrière, sur le bord antérieur de la ceinture scapulaire par des fibres charnues et, en avant, sur la face interne de la mandibule, près de l’articulation intermaxillaire.

Transverse. — Ce muscle n'existe pas chez le Cératodus de FoRSTER. {

Poissons osseux. — (Téléostéens) (1).

Truite arc-en-ciel. — Salmo irideus.

Génio-hyoïdien. — Ce muscles’étend depuis l'appareil hyoïdien jusqu’à l'angle antérieur de la mandibule. Les deux génio-hyoïdiens sont séparés en avant et en arrière et soudés vers leur partie médiane, coustiluant ainsi une formation musculaire qui, par son aspect, peut être comparée à un X.

En arrière, chaque génio-hyoïdien se présente sous la forme d’un muscle plat, assez mince, se dirigeant obliquement vers la ligne médiane pour se souder à celui de l’autre côté. Il s’insère sur la face inférieure ou ventrale de la branche correspondante de l'appareil hyoïdien, plus exactement sur le cérato-hyal à partir de son articulation avec l’épi-hyal. Cette insertion qui se fait par des fibres charnues, suit exactement la ligne des articulations des rayons branchiostèges avec l'appareil hyoïdien.

Après leur réunion, les deux génio-hyoïdiens forment une masse musculaire unique se dirigeant d’arrière en avant et qui ne tarde pas à se diviser par un plan horizontal en deux portions, l’une ventrale, l’autre dorsale.

La portion inférieure ou ventrale reste indivise jusqu'au niveau du bord postérieur du muscle transverse ; elle présente cependant sui-

(1) Les muscles que nous étudions sont presque identiques chez tous les Téléostéens; aussi nous ne diviserons pas la sous-elasse des Poissons osseux en ses différents ordres comme nous l'avons fait pour les autres classes des Vertébrés. Au contraire, nous grouperons les espèces étudiées d’après les caractères de ces muscles sans tenir compte de la classification de ces êtres.

vant la ligne médiane, sur la face ventrale, un sillon assez profond qui indique un commencement de division du muscle en deux parties latérales. À partir du bord postérieur du transverse, elle forme deux faisceaux latéraux aplatis, divergents et qui bientôt deviennent tendineux. Ces tendons viennent se fixer sur la face interne de la mandibule, un peu en dehors de l'articulation intermaxillaire. Ces deux faisceaux cheminent sur la face ventrale du transverse.

La portion dorsale est constituée par deux faisceaux latéraux complètement séparés en arrière, mais qui se rapprochent l'un de l’autre en se dirigeant vers la partie antérieure de la région, de façon qu'au niveau du transverse leurs bords internes sont contigus. Ces faisceaux dépassent, de chaque côté, le bord interne de la portion ventrale. La partie dorsale des génio-hyoïdiens s'engage, en avant, entre la muqueuse buccale et la face supérieure du muscle transverse, de sorte que ce dernier muscle est compris entre les deux portions des génio-hyoïdiens. Ces faisceaux antérieurs prennent leur insertion, au moyen de fibres charnues, sur la face ventrale de la muqueuse buccale à une très petite distance seulement du bord postérieur du transverse. La portion dorsale du génio-hyoïdien n’atteint donc pas la mandibule.

Transverse. — Ce muscle est compris entre les deux portions antérieures du génio-hyoïdien.

Le transverse est constitué par des fibres RRAES qui s’entrecroisent sur la ligne médiane, il n’y a donc pas de raphé. Il s’insère par des fibres charnues sur la face interne de la mandibule (sur l'os dentaire) à partir de l'articulation intermaxillaire. Le bord postérieur forme une couche légèrement concave en arrière.

Truite saumonée. — Salmo trutta, L.

Chez ces deux espèces, le génio-hyoïdien et le transverse sont identiques à ces mêmes muscles chez la Truite arc-en-ciel. Cependant, les faisceaux antérieurs de la portion ventrale du génio-hyoidien chez la Truite saumonée sont beaucoup moins séparés qu'ils ne le sont chez l’Arc-en-ciel; les tendons restent en contact jusqu’au voisinage de leur insertion.

Daurade vulgaire. — Chrysophrys aurata, L.

Muge capiton. — Mugil capito, Guy.

Maquereau commun. — Scomber scombrus, L.

Vive commune. — Jrachinus draco, L.

Perche américaine. — Calicco-Bass, — Æupomotis gibbosus, L.

Le génio-hyoïdien et le transverse de ces Poissons sont semblables à ceux de la Truite arc-en-ciel. Cependant chez la Vive, les deux faisceaux d'insertion de la portion ventrale sont

- moins divergents et un peu arrondis. La limite postérieure du trans-

verse est rectiligne et non courbe. Chez la Perche américaine, les faisceaux antérieurs ventraux des génio-hyoïdiens sont très courts, ne prenant naissance qu'en avant du bord antérieur du muscle transverse.

Grondin gris. — Trigla qurnardus, L.

Génio-hyoïdien. — Le génio-hyoïdien du Grondin est à peu près semblable à celui de la Truite, la portion dorsale seule présente un aspect différent.

La portion dorsale, en effet, au lieu de s’insérer sur la muqueuse buccale, vers le niveau du bord postérieur du muscle transverse, comme chez la Truite, s'étend beaucoup plus loin en avant et vientse fixer sur la face interne de la mandibule, de chaque côté de l’angle antérieur, tout comme la formation ventrale.

Les deux faisceaux postérieurs du génio-hyoïdien se comportent en arrière comme à l'ordinaire et se rejoignent sur la ligne médiane formant une masse musculaire unique. Ce muscle unique est épais et présente, sur sa face ventrale suivant la ligne médiane, un sillon plus ou moins profond qui marque la ligne de soudure des deux faisceaux. En avant, celte portion unique se clive en une portion ventrale et une portion dorsale.

La masse dorsale se sépare en deux parties latérales. Chacune de ces parties se divise entrois chefs d'insertion qui divergent peu les uns des autres et qui viennent tous s’insérer par un court tendon sur la face interne de la mandibule. De ces trois chefs d'insertion, le plus volumineux est celui qui est le plus rapproché de la ligne médiane.

Du point de rencontre des deux faisceaux de la portion dorsale, se détache, de celle-ci, une aponévrose assez épaisse qui s'engage, en s’élargissant de plus en plus en avant, entre la muqueuse buccale et le squelette de la langue pour venir s’insérer sur le bord de celui-ci.

Transverse.— Ce muscle présente la même disposition que chez les Poissons précédents. Ses rapports seuls sont diflérents, il est, en effet, compris sur toute son étendue entre les deux portions des génio-hyoïdiens.

Pagre vulgaire. — Pagrus vulgaris, Cuv.' Alose commune. — Alosa vulgaris, Ouv.

Le génio-hyoïdien de ces Poissons est constitué sur le même plan que celui du Grondin ; la portion ventrale présente seulement une très légère différence.

Au lieu de se diviser, en avant, en six faisceaux comme chez le Poisson précédent, la portion ventrale se poursuit, sur la ligne médiane, sous la forme d’un tendon aplati qui, près de l'articulation antérieure des deux branches mandibulaires entre elles, se bifurque en deux pelits tendons d'insertion qui viennent se fixer sur la face interne des os dentaires.

Carpe commune. — Cyprinus carpio, LL.

Génio-hyoïdien. — Comme chez les Poissons que nous avons déjà décrits, les génio-hyoïdiens, en avant, se divisent aussi en deux portions, une ventrale et une dorsale. Les faisceaux antérieurs de la portion ventrale sont musculaires sur toute leur étendue et ne présentent pas de tendon d'insertion comme chez les autres espèces. |

La portion dorsale est très réduite ; elle ne consiste qu’en deux petits faisceaux excessivement grêles, parallèles à la ligne médiane et cheminant de chaque côté de la portion ventrale; ces petits faisceaux s’effilent beaucoup vers la partie antérieure et s’insèrent sur la muqueuse buccale, en se terminant en pointe. Ils s'arrêtent bien en arrière du bord postérieur du muscle transverse,

Page 1