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RÉSUMÉ DES POISSONS CARTILAGINEUX

Chez tous les Chondroptérygiens, il existe une formation musculaire qui prend naissance au niveau de la ceinture scapulaire et qui s'étend plus ou moins loin en avant. Chez les Ganoïdes, nous avons

(1) Le sterno-hyoïdien naît plus directement de l’aponévrose qui s'insère sur la ceinture scapulaire et qui recouvre cette masse musculaire commune.

rencontré une formation semblable, mais moins développée et qui est encore beaucoup plus rudimentaire chez les Cyclostomes. Cette formation musculaire est très remarquable, non seulement par sa grande étendue, mais encore par les nombreux points d'insertion, très différents les uns des autres, qu’elle prend sur les pièces squelettiques (cartilages de Meckel, hyomandibulaire, cérato-hyal, palato-carré etc...) et les organes voisins (sacs branchiaux). D'autre part, cette couche musculaire est composée de fibres à directions très différentes, mais qui se laissent grouper en faisceaux très distincts les uns des autres; ces faisceaux ne se confondent généralement qu'au niveau de la région médiane. Aussi, la plupart des auteurs qui ont étudié les Poissons cartilagineux ne considérent pas celte formation musculaire comme constituant une masse unique, mais décrivent à sa place une série-de muscles plus ou moins indépendants les uns des autres. Nous ne sommes pas complètement opposé à cette manière de voir. Ces faisceaux, en effet, possèdent, le plus souvent, une individualité assez grande pour pouvoir être considérés comme des muscles particuliers, mais ilest cependant juste de remarquer que tous ces faisceaux se confondent intimement vers la région médiane et que. certains d’entre eux sont même unis sur presque toute leur étendue. Dans certains cas même (Marteau commun), cette formation musculaire est complètement indivise sur toute son étendue, bien que présentant les multiples insertions que l’on peut constater chez les êtres où cette même formation est le plus divisée (Grande Roussette). Donc bien qu’acceptant la manière de voir de ces auteurs, nous tenons à faire remarquer que l’on pourrait considérer celte formation comme constituant un muscle unique que l’on pourrait appeler le Transverse jugulaire, les fibres s'étant peu à peu groupées dans le développement phylogénique en chefs d'insertion distincts les uns des autres. En somme, nous pouvons comparer ce qui se passe ici à ce qui existe pour certains muscles de l'Homme. Le biceps, par exemple, se divise en deux chefs que les anatomistes ne considérent cependant pas comme deux muscles; le diaphragme fournit une foule de faisceaux d'insertion parfois fort différents les uns des autres, comme, par exemple, ceux qui se rendent sur la colonne vertébrale, on les décrit cependant comme faisant partie d’un muscle unique ; nous pourrions aussi ciler le quadriceps fémoral, dont les faisceaux s'insèérent sur l’os coxal et sur le fémur; le grand oblique qui

s’allache, à la fois sur les sept ou huit dernières côtes, sur l'os coxal, sur l’arcade crurale et sur la ligne blanche, etc.

Quoiqu'il en soit, les fibres de ce muscle se groupent en trois portions :

L°.— Feuillel superficiel du transverse jugulaire. — De tous les faisceaux du transverse jugulaire c’est celui qui présente les plus grandes variations. Il manque chez le Marteau commun ; chez la Grande Rousselte, il s’insère sur l'appareil hyoïdien et le cartilage de Meckel; chez la Raie et la Torpille, il forme un tendon antérieur qui va se fixer sur l'extrémité du museau, aussi MOREAU qui l’a étudié, lui donne-t-il le nom de #uscle abuisseur du museau. Si chez les Plagiosiomes, ce muscle peut bien servir au rôle que lui attribue MOREAU, il n’en est plus de même chez certains Squales où il est plutôt un adducteur des mäâchoires et de l'appareil hyoidien. Le nom de muscle abaisseur du museau ne peut donc pas lui convenir, nous proposons celui de feuillet superficiel du transverse jugulaire qui ne fait rien présager de sa fonction et qui en même temps rappelle que l’on peut considérer cette formation musculaire que nous désignons sous le nom de éransverse jugulaire, comme un muscle unique.

R°. — La deuxième portion du transverse jugulaire se divise, en deux chefs, l’un antérieur et l’autre postérieur.

A.— Chef antérieur ou feuillet palato-hyoidien du transverse jugulaire. — Nous donnons le nom de feuillet palato hyoïdien à ce faisceau, parce que chez toutes les espèces de Chondroptérygiens que nous avons étudiées, ce muscle s’insère soit sur l'appareil hyoïdien (cérato-hyal), soit sur le palato-carré. Dans son « Histoire naturelle des Poissons de la France >, MoREAU donne à cette couche musculaire le nom de mylo-hyoïdien. Nous ne pensons pas que ce muscle puisse être assimilé au mylo-hyoïdien, parce qu’il ne présente ni les insertions, ni les rapports, ni même la situation que possède ce muscle chez les autres Vertébrés (1) ; nous croyons que si l’on doit

(1) Ce feuillet, en effet, ne dépasse pas, en avant, chez les Squales, le niveau des articulations de la mandibule (Grande Roussette, etc...) ce même fait se retrouve chez les Ganoïdes et les Cyclostomes. Mais, lorsqu'il dépasse cette limite comme chez la Raie ou la Torpille, il ne s’insère pas sur le cartilage de Meckel qu’il ne fait que longer, son insertion étant rejetée au niveau de l'articulation des mâchoires, comme

dans le cas précédent.

homologuer une des portions du transverse jugulaire au mylohyoïdien, ce serait plutôt la troisième portion qui, chez la Rousselte, présente, en effet, tout l'aspect d’un mylo-hyoïdien normal.

B. — Chef postérieur ou feuillet branchial du transverse jugulaire.— Chez loutes les espèces où il existe, ce feuillet s'attache sur la face externe de la membrane des sacs branchiaux et sur les rayons qui la soutiennent ; il mérite donc bien le nom que nous proposons.

3°. — Feuillet mandibulaire du transverse jugulaire. — Nous n'avons rencontré ce -feuillet que chez les Squales. Il présente le même aspect, les mêmes insertions et les mêmes rapports que le mylo-hyoïdien de la plupart des Vertébrés (Cératodus, Batraciens etc...). Mais ce muscle diffère d’un mylo-hyoïdien en ce que, en arrière, il s’unit intimement au transverse jugulaire, ordinairement le mylo-hyoïdien s’insère sur l'appareil hyoïdien ou se termine librement en arrière. On peut considérer ce feuillet comme une expansion du transverse jugulaire ou bien comme l’homologue d’un mylo-hyoïdien normal. Nous ne saurions nous prononcer nettement en faveur de l’une ou de l’autre de ces hypothèses, toutes les deux pouvant être également soutenues par des raisons anatomiques qui nous ont été fournies par l'étude des sujets adultes. Afin de se prononcer définitivement, il serait nécessaire d’étudier l’'embryogénie de ces muscles particulièrement chez la Grande Roussette ; malheu- “eusement, il ne nous à pas été permis de nous livrer à cette étude, faute de matériaux.

Sterno-maxillien. — Chez tous les Chondroptérygiens, les sterno-maxilliens tiennent lieu de génio-hyoïdiens ; chez tous, ces muscles se présentent avec le même aspect: ils sont intimement unis sur toute leur étendue jusqu’à une très petite distance de leur insertion antérieure; ils constituent ainsi une bande musculaire unique qui se bifurque, en avant, en deux faisceaux pour se fixer sur la mandibule de part et d'autre de l'articulation intermaxillaire. Les sterno-maxilliens prennent naissance, en arrière, sur une masse

musculaire commune qui sert d’origine à la plupart des muscles sterniens.

Transverse. — Nous n'avons rencontré ce muscle chez aucun des sujets que nous avons étudiés, mais MoREaAU dit que chez la

Raie, il existe parfois un pelit muscle à fibres transversales, situé entre les faisceaux antérieurs des sterno-maxilliens ; il donne à ce muscle le nom de #riangulaire du menton. Sa manière d’être et ses rapports étant semblables à ceux du transverse des Poissons osseux nous préférons le nom de transverse que celui de triangulaire du menton.

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