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CYCLOSTOMES

Lamproiïie marine. — Petromyzon marinus, L.

Le muscle le plus superficiel de la région ne présente pas, croyonsnous, d’homologue dans la série des Vertébrés. Cuvier, dans ses « Leçons d'anatomie comparée », le décrit ainsi : « Le disque de la bouche et le cercle cartilagineux des màchoires qui le supporte, est fléchi, vers le bas, par le grand muscle latéral, remarquable par les nombreuses intersections tendineuses qui le coupent transversalement et par un tendon grèle qui s'attache à la portion mandibulaire de l’anneau maxillaire ; on pourrait le comparer au peaucier du cou des Mammifères ».

C'est un muscle pair occupant la partie latéro-ventrale du corps et qui s'étend très loin en arrière au-dessus de la région branchiale ; il est contigu sur la ligne médiane de la région ventrale avec celui de l’autre côté du corps. Sur toute son étendue, sauf en avant, il a une forme rectangulaire ; dans sa partie antérieure, il se rétrécit beaucoup, devient très étroit et finit même par former un tendon d'insertion large seulement de deux millimètres. À ce niveau, le bord externe du muscle reste rectiligne, tandis qu’au contraire, le bord interne est très oblique en avant et en dehors et forme une longue courbe à concavité interne; ces deux parties des deux muscles se continuent exactement en formant une demicirconférence ouverte en avant.

Les fibres de ce muscle ontune direction antéro-postérieure ; elles sont interrompues par de nombreuses intersections tendineuses assez épaisses. Dans la moitié externe du muscle, ces intersections ont une direction nettement transversale, c’est-à-dire perpendiculaire à la direction des fibres ; dans la moitié interne, au contraire, elles se dirigent très obliquement en avant se rapprochant même les unes des autres. Il en résulte que chaque intersection forme une courbe à concavité antérieure et qu’elles sont plus éloignées l’une de l’autre (de Ocm,75 à un centimètre environ) sur le bord externe que sur le bord interne (deux à trois millimêtres).

L'intersection tendineuse la plus antérieure s'arrête sur le bord externe du musele à quatre centimètres environ de l'insertion. Toute la partie située en avant de celte ligne tendineuse est coupée par une dizaine de petites intersections qui différent des précédentes en ce qu’elles sont beaucoup moins larges et beaucoup plus rapprochées les unes des autres.

Le tendon antérieur s'insère sur la face externe de l'anneau buccal à deux centimêtres environ de la ligne médiane. Ce tendon se prolonge tout le long de la portion courbe du bord interne du muscle jusqu’au niveau de la ligne médiane.

Le long de la ligne courbe qui le limite en avant, ce muscle se continue par une aponévrose résistante qui vient se fixer au niveau du bord interne de l'anneau buccal. L’aponévrose prend naissance sur la face dorsale du muscle et se trouve contenue dans le même plan géométrique que celte face. Il en résulte qu'au niveau de son bord antérieur (portion courbe du bord interne), le muscle forme une saillie qui dépasse ventralement le plan de l’aponévrose. Sur la ligne médiane, celte aponévrose se fixe sur toute la longueur de l'arête ventrale du cartilage lingual.

Sur les côtés, cette aponévrose présente des rapports assez remarquables. À ce niveau, en effet, existe un certain nombre de muscles qui s’insérent d’une part sur les cartilages du crène et d'autre part sur ceux que l'en a homologués aux pièces de l'appareil maxillaire. Ces muscles sont évidemment ici les représentants des muscles releveurs de la mâchoire inférieure des Vertébrés supérieurs; c’est pour cela que nous ne les étudions pas. L'un de ces muscles s’insère par de petites fibres charnues sur la face dorsale de l’aponévrose que nous venons de décrire. De plus, cette aponévrose est traversée par le tendon antérieur du génio-hyoïdien qui passe ainsi de la face dorsale sur la face ventrale de cette formation (fig. 12 et 13, PI. VIT. En arrière, ce tendon est relié à la face ventrale de celte aponévrose par une courte formation aponévrotique.

Génio-hyoïdien. — Ce muscle s'étend depuis le sommet postérieur du cartilage hyoïdien jusqu’à l'anneau buccal; dans la plus grande partie de son trajet, il est situé sur la face dorsale du muscle précédent ; ce n’est qu'en avant qu'il traverse l’aponévrose antérieure du grand latéral pour se placer sur la face ventrale de celle-ci.

Le génio-hyoïdien s’insère, en arrière, par des fibres charnues, le long de l’arête ventrale du cartilage hyoïdien, près de son sommet, sur une longueur de huit millimêtres environ; à ce niveau, il est recouvert par le muscle que CuviErR compare au cérato-glosse des Oiseaux, muscle qui va de la queue du cartilage hyoïdien jusqu'aux pièces latérales du cartilage lingual. Le génio-hyoïdien se dirige ensuile en avant, en obliquant en dehors, il s'écarte ainsi beaucoup de son congénère. Il est musculaire jusqu'au niveau du point où il perce l'aponévrose du grand latéral de Cuvier et se poursuit dès lors par un tendon assez mince. Ce tendon s’insère sur le bord postérieur de l'anneau buccal, à côté, par conséquent, du ligament qui unit cet anneau au cartilage suivant et un peu dorsalement par rapport à l’insertion antérieure du muscle grand latéral.

Cette insertion est située un peu au-dessus de l’origine de l’appendice maxillaire tandis que celle du grand latéral est notablement au-dessous.

Dans la description du muscle précédent, nous avons décrit une formation aponévrotique qui unit le tendon du génio-hyoïdien à la face ventrale de l’aponévrose du grand latéral. Sur la face dorsale de cette dernière aponévrose, le génio-hyoïdien est également relié par une nouvelle formation aponévrotique aux muscles que nous avons comparés aux releveurs de la mandibule inférieure des Vertébrés supérieurs.

Vers la partie postérieure du cartilage hyoïdien, existe une formalion musculaire impaire et médiane, très peu étendue mais qui, croyons-nous, à une très grande importance au point de vue morphologique. Ce muscle peut être divisé en deux portions d’après la direction et l'insertion des fibres qui le constituent.

Les fibres antérieures sont nettement transversales et forment sur les côtés un pelit faisceau d'insertion qui vient se fixer sur la partie postérieure de l’are sous-orbitaire. Les fibres postérieures qui sont, au contraire, obliques de dedans en dehors et d’arrière en avanl s’insérent sur les cartilages formant la cage branchiale.

… CUVIER a comparé à tort, croyons-nous, ce muscle au mylo-hyoïdien de certains Reptiles. Nous pensons plutôt que ce muscle représente la partie postérieure du muscle #ansverse juguluire que nous avons décrit chez les Sélaciens ; la portion antérieure correspondant au

deuxième chef de la portion moyenne du transverse jugulaire de ces êtres et celle qui s’insère sur les branchies étant l'homologue de la troisième porlion de ce même muscle.

Chez les Ganoïdes, nous avons rencontré un muscle qui est en somme semblable à celui que nous venons de décrire chez la Lamproie et qui, lui aussi, se divise en deux parties qui se laissent également homologuer aux mêmes portions du muscle transverse jugulaire des Sélaciens.

Nous rencontrons donc ainsi dans la série des Vertébrés inférieurs un même muscle qui prend une importance de plus en plus grande à mesure que l’on considère un être plus élevé dans l'échelle animale. Chez les Cyclostomes il est, en effet, très réduit; il prend un plus grand développement chez les Ganoïdes et enfin, dans l’ordre des Sélaciens, il constitue une couche musculaire qui atteint l'angle antérieur de la mandibule; c’est là qu’il a son plus grand développement.

Nous ne pouvons homologuer ce muscle au mylo-hyoïdien parce qu'il ne présente ni les rapports, ni les insertions d’un mylo-hyoïdien.

Chez l’Anguille et le Callyonyme lyre, nous avons décrit une formation musculaire située à la partie postérieure de la face ventrale de la tête et constituée par des fibres qui s’insèrent sur les branches de l'appareil hyoïdien. Nous avons montré que ce muscle n’était pas l'équivalent du mylo-hyoïdien comme l'avait cru CuviER. Au premier aspect, on pourrait penser que ce muscle est semblable à celui que nous décrivons ici; nous ne le croyons pas, car les insertions de ces deux formations musculaires sont complétement différentes : chez les Poissons osseux le muscle s’insère sur l'appareil hyoïdien, tandis que celui qui nous occupe, ici, n’a aucun rapport avec cet appareil.

En résumé, chez les Cyclostomes, nous ne rencontrons que deux muscles qui peuvent être comparés aux formations musculaires qui font le sujet de cette étude : le génio-hyoïdien qui est assez bien développé et le transverse jugulaire qui est rudimentaire.

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