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258 TUBERCULES QL'ADRI JUMEAUX.
chez l'embîTon humain vers la fin du premier mois (i) , chez le têtard des batraciens du dixième au douzième jour de leur formation (2). Dans cet état ies lobes optiques et les tubercules quadrijumeaux forment dans les trois classes une large gouttière , dont les bords ilottans sur le liquide qui la remplit se relèvent et marchent en se recourbant à la rencontre les uns des autres ; lorsqu'ils sont parvenus au haut de l'encéphale, ils se recourbent verticalement , forment un sillon médian, qui est produit, chez les mammifères et les oiseaux , par la présence de la faux de la duremère : cet effet est très-apparent chez le poulet (5) , l'oie, le canard, au commencement du cinquième jour de l'incubation ; chez le têtard des batraciens au quatorzième ; chez le mouton de la cinquième semaine (4) , chez le veau et le cheval de la sixième, et chez l'embryon humain delà même époque (5) : les lames sont alors adossées , mais non réunies en arrière; cette réunion se fliit plus tard par un mécanisme entièrement semblable à l'engrenure postérieure de la moelle épinière. Cette réunion postérieure est effectuée chez l'oiseau vers le sixième jour de l'incubation (G) ; chez le têtard
• (1) PI. I, fig. 2G, n^r.
(2)P1. I,fig. 9,n''5ct8, (5) PI.I,tig. 4,n"7.
(4) PI. I,fig. ig,,!"/;.
(5) PL I.Cg. 24, n°4-
(6) PI, I, f.g. 5, n" 6.
Ti'RKnciJi.r.s QL'Aor.iJUMEAux. 269
ollc s'opcrc (lu cjninzièmc au clix-seplicmc (i); chez l'embryon du lapin , du onzième au douzième ; chez le chat au vingtième , chez le mouton au commencement du deuxième mois (2) ; chez le cheval , le veau et l'embryon humain , vers la septième semaine (5) : et si à cette époque une maladie suspend le dévoloppement de l'encéphale, si le liquide qu'il renferme s'accumule en trop grajide quantité, les lames ne sont pas jointes, elles restent écartées ou se déjettent sur les côtés, de la même manière que cela arrive pour la moelle épinière.
Arrêtons-nous un instant sur cet état primitif des tubercules quadrijumeaux et des lobes optiques dans les diverses classes. Nous voyons que chez l'homme (4) , les mammifères (5) , les didelphes (6) , les oiseaux (7) et les poissons (8j osseux et cartilagineux (9) , ils ont rigoureusement la même forme et rigoureusement aussi la même position, les mêmes connexions et les
(1) PI. I,fig. i5, n" 5.
(2) n. I, fig. 28, 11" 5.
^5) PI. I,fig. 51,11» 4.
(4)P1. I,fig. 24,n'4.
(5) PI. I, fig. 21, n-8.
(0) PI. I, fig. 5o, n"4.
(7)PI. I, fig. 5, n°G.
(8) PI. I, fig. i5ct 14, n"5. • 0) V\. VI, Cg. 159, n"5.
26o TUBERCULES QUADRIJDMEAUX.
mêmes rapports. Ce sont deux lobes symétriques séparés sur la ligne médiane par un sillon plus ou moins profond, offrant une vaste cavité dans leur intérieur , remplie chez les oiseaux , les reptiles , les mammifères et l'homme, par un liquide plus ou moins épais; les tubercules quadrijumeaux de l'homme et des mammifères sont donc primitivement une paire de lobes , comme chez les poissons , les reptiles et les oiseaux. C'est un organe idenîiquc en tout point dans toutes les classes ; et s'il s'arrêtait au point où nous venons de l'observer , nul doute que celte identité ne fût reconnue par tous les anatomistes.
Mais il n'en est pas ainsi , les transformations que ces organes primitifs éprouvent, différant pour chaque classe , les formes qu'ils revêtent , la position qu'ils affectent, la complication qu'ils acquièrent , doivent varier dans chacune d'elles. A la variation de ces métamorphoses correspondent les changemens que les tubercules quadrijumeaux et les lobes optiques subissent dans toutes les classes : pour les apprécier il est rigoureusement nécessaire de suivre avec précision ces métamorphoses, et les transformations qui en dépendent.
Les lobes opliques qui se métamorphosent le moins, sont ceux des reptiles. Suivez ces organes chez les têtards des batraciens: jusqu'au quinzième jour, le lobe optique est unique de chaque côté ;
TUBERCULES (^UADR1JLMEAUX. ii6 I
du seizième au dix-huilième , la vésicule qui le l'ornic se subdivise par un pcli l sillon transversal ( i ) , de telle sorte qu'on pourrait dire, à la rigueur, qu'ilexiste alors quatre tubercuicsquadrijumeaux; aux vingtième , vingt-unième et vingt-deuxième jours , ce sillon disparaît , et les lobes optiques deyienueut jumeaux , comme ils l'élaient primitivement (2); leur forme est alors celle d'un cône tronqué en devant (5) : ils restent quelques jours dans cet état, ils s'écartent ensuite en devant (4) du vingt-cinquième au trentième jour , de manière à former entre eux un angle rentrant, dans lequel se loge la couche optique (5) ; cet angle s'agrandit dans le courant du deuxième mois , à mesure que les lobes optiques s'écartent (6) et que la couche optique s'agrandit (7). Us restent dans cet éta^ chez les batraciens adultes, un peu déjotésen devant sur les côtés (8) , et obliquement dirigés, j>ar conséquent, de dehors en dedans. Chez le protéc , la cécilie , l'orvet (9) , les deux lobes optiques semblent réunis en un seul , le
(1) IM. I, fig. i5, n° 5.
(2) n. I, Gg. Il , n" 5.
(3) PI. I, fig. Il, n°5.
(4)P1. I,fig. 12, ir5.
(5) PI. I, fig. la,.^^^.-.
(G) PI. I, fjg. ïG, ir a.
[:) PI. I,fi8. »6,n"o.
(8) PI. I,ng. iG, u-2.
(l)] PI- V,fig. 109,1^3.
202 TUBERCULES QUADRIJCMEAUX.
sillon qui les divise supérieurement ne se voit qu'en arrière , où les lobes optiques sont trèspetits; ils sont presque parallèles, et à peine écartés en devant ; chez la vipère hajé , la vipère de Fontainebleau (i), la vipère à raies parallèles (2), ils augmentent un peu de volume , et conservent en devant la même disposition à cause de la petitesse des renflemens optiques; chez le lézard gris, ils sont ovalaires (3) ; chez le lézard vert (4) ils se rapprochent beaucoup de la forme de ceux de la grenouille (5) ; chez le caméléon (6) ils sont trèsécarlés en arrière et en devant, ce qui augmente leur diamètre transversal; en devant ils s'écartent pour loger la couche optique (7) ; leur écartement postérieur sert à loger le cervelet (8). Chez le crocodile à deux arêtes (9) ils s'écartent moins que chez le caméléon, et, comme chez ces derniers, leur volume est plus fort que chez l'orvet, les vipères et les couleuvres ; chez le crocodile vulgaire (10), l'ovale qu'ils représentent est légèrement déprimé
(1) PI. V, fig. 126, n» 5.
(2) PI. V, fig. i53,n'5.
(3) PI. V, fig. 128, n- 5.
(4) PI. V, fig. 110, irc).
(5) PI. I, fig. ]6,n°2.
(6) PI. V , fig. 1 1 i , n° 6.
(7) PJ- V,fig. 111, n» 8.
(8) PI. V, fig. 1 1 1 , 11° 4-
(9) PI. V,fis. ii5, n''4--
(10) PI. V, fig. 116, n"5.
TUBERCULES QUADRIJUMEALX. liGÔ
sur les côtés , et ils se touchent presque en arricTC et en avant. Chez le caïman (i) ils ont une forme sphérique; chez la tortue grecque (2) ils se rapprochent de la forme quadrilatère; ils offrent en arrière un sillon transversal (5) analogue à celui du têtard du dix-huitième jour, de telle sorte qu'on croirait, chez ces animaux, à l'existence des tubercules quadrijumeaux des mammifères. Chez la tortue franche (4), leur forme est très-différente de celle de la tortue grecque , ils représentent deux sphères arrondies , superposées sur la face supérieure de l'encéphale (5) , séparées en devant par la glande pinéale qui se place entre eux (G). Chez le tupinambis (7) ils sont quadrilatères de môme quc^hez la tortue grecque (8) , et recouverts en arrière par une petite languette du cervelet (9). Telles sont les diversités de f»rmc que j'ai pu observer dans les diverses familles et les espèces de cette classe. Leur cavité intérieure communique d'un lobe à l'autre : cette cavité, à peine distincte chez l'amphisbène , est très-
(1) PI. V.flg i55, !i°5 (■i) PI. V,f.g. ,9.5, n" 7.
(5) PI. V, fig. i3d, n° 7 et 7 l)is.
(4) PI. V,f.g. 119,11-7.
(5) PI. V, fig. 130, n'-S.
(G) PI. V, fig. 121, n" 10.
(7) PI. V,ng. 11/,, n" 8.
(8)1>1. V, ng. 105, n" 7.
(y) PI. V,f,g. ,,.',, n° ,.