‹ Anatomie comparée du cerveau, dans les quatre classes des animaux vertébrésChapitre 22 sur 50 · II · texte numérisé non relu

II

:2C)0 TUBERCULES QB ADRIJUMEAtX.

optiques, mais bien les hémisphères cérébraux des mammifères et des oiseaux.

Si les lobes optiques des oiseaux ne sont et ne peuvent être ni la couche optique des mammifères en totalité , comme le pense encore le professeur Rolando , ni la moitié de cette couche , comme le croit Tréviranus , à plus forte Tcsison ne pourrait-on les assimiler aux hémisphères cérébraux de la classe supérieure , comme Ta proposé M. do Blainviile (i). Camment en effet les hémisphères cérébraux , qui sont toujours en avant des corps striés , de la couche optique , des commissures antérieures et postérieures , seraient-ils passés chez les oiseaux , en arrière de ces commissures , de la couche oplioue et du corps strié? Si le ventricule des lobes optiques était l'analogue des ventricules latéraux des mammifères , comment les tubercules quadrijumeaux seraient-ils venus s'y loger, tandis que toutes les parties qu'ils renferment ordinairement en auraient été exclues? Comment le cervelet, qui, toujourschez les mammifères supérieurs, est recouvert par les lobeg cérébraux , serait -il au contraire, chezles'oiseaux, superposé sur ces lobes et sur leur grande commissure? Rien dans l'encéphale môme des oiseaux ne pourrait justifier un semblable déplacement.

(i) Bulletin des Sciences ^ parla Société Phiiomalique, il'', de mars 1821 , pag. 5^. u

TUBr.RCLLES f UADRIJUMEAUX. 9.^\

J'ai suflisamnient <'itabli , je pense, qu(? les lobes opliques des oiseaux et des reptiles ne sont ni les corps géniculés des mammifères , ni leurs hémisphères cérébraux. J'ai aussi prouvé qu'on ne pouvait voir les analogues des tubercules quadrijumeaux dans les renllemens grisâtres des côtés de la scissure de Sylvius , et moins encore dans la commissure transverse des lobes optiques , puisque les renflemens de cette lame manquent chez les reptiles : j'ai démontre, d'un autre côté , que les lobes optiques sont les analogues des tubercules quadrijumeaux des mammifères et de l'homme. L'examen des tubercules chez ces derniers ne laissera , je l'espère , aucun doute dans l'esprit des anatomistes sur la valeur de cette détermination.

Accoutumés, comme nous le sommes, à voir dans les tubercules quadrijumeaux de l'homme et des mammifères adultes une masse renflée , solide, divisée en quatre tubercules symétriques, l'esprit est peu disposé à leur trouver de l'analogie, soit avec les lobes optiques des oiseaux, soit avec ceux des reptiles. D'une part, il n'y a dans ces deux classes qu'un lobe de chaque côté, et tous ks mammifères ont quatre tubercules. De l'autre, les lobes sont creux , et les tubercules sont solides ; enfin , chez les oiseaux ils sont toutà-fait déplacés. Que* de différence entre ces organes ! que de raisons pour écarter toute analogie entre euxl mais si, comme nous l'avons prouvé

■jg2 TlJBtUCULES Qlf ADRIJLMEALX.

dans les lois de l'orijanogénie , l'embryon des mammifères répète si fréquemment les formes organiques des classes inférieures, qui ne voit que nous devions chercher chez lui les ressemblances qui s'effacent chez les animaux adultes? Cette idée, vaguement conçue par plusieurs anatomistes, est devenue l'une des bases de la théorie des analogues de M. le professeur Geoffroy-Saint-Hilaire. Les tubercules quadrijumeaux des mammifères vont nous en présenter dans leurs transformations une belle application.

Wriberg, Haller , Blasius, Prochaska, Meckel , les frères Wenzel, Arsaki, avaient entrevu la différence de ces corps chez les embryons ; Tiedemann et moi nous en avons suivi en même temps toutes les métamorphoses, Tiedemann, chez l'embryon humain seulement , et moi , sur les embryons de différentes familles; les lois de la zoogénie que je cherche à établir, m'en imposaient l'obligation. De même que les métamorphoses des lobes optiques des oiseaux nous les ont montrés situés comme les tubercules quadrijumeaux des mammifères, à une époque de leur développement , de même chez les embryons des mammifères , nous allons trouver ces corps lobulaires et creux , aiifsi que cela existe chez les oiseaux et les reptiles. Ce double caractère des tubercules des mammifères existe vers le quart de leur formation , et se conserve plus ou moins long-temps, selon la durée de la gestation. Considérez l'embryon du mouton de la fin de

TlRKr.CL'LES QL ADRIJLMEALX. 2Ç)Ô

la quatrième semaine (i) , celui du veau de la cinquième (2) , celui de riiommc du commencement de la sixième (5) . celui du lapin du dixième et douzième jour, celui du cochon-d'inde au quatorzième, celui du jeune embrjon des didclphcs [did. virg.) (/\), vous verrez que leurs tubercules quadrijumcauxsont alors deux lobes jumeaux (5), situés sur la face supérieure de l'encépliale, de même que chez les embryons des oiseaux (6) et chez les reptiles à toutes les époques de leur vie (7). Ces lobes sont très-allongés chez le mouton (8) , plus larges chez le veau (9) , plus arrondis chez le didelphe (10), un peu déprimés chez l'embryon humain (11). Ce caractère lobulaire se conserve très-long-temps chez le mouton (12), le veau (1 5), le singe ouistiti (h4). Chez

(1) PI. I, fig. 19, u''4.

(2) PI. I,fig. 27,0-4.

(5) PI. I, fig. 24, n» 4.

(4) PI. I,fig. 5o, nV,.

(5) PI. I, Gg. 21 , ir-8.

(6) PI. I, fig. 5,n'6.

(7) PI. I, fig. 16, n* 2.

(8) PI. I, fig. 19, n" 4-

(9) PI. I,fig. 27, nV,.

(10) PI. I, fig. 3o, n" 4.

(u) PI. I, fig. 24, n°4.

(12) PI. II,fig. 47,n"7.

(.3)P1. II,fig. 49, «"7.

(i4) PI. ÎI,fig. 4B,n'8. ^

294 TUBERCULES QUADRIJUMEAUX.

l'embryon des didelphes ils deviennent pyriformes (i) , puis arrondis (2) ; la forme lobulaire persiste, chez le lapin, jusqu'au vingtième jour (3); chez le chien , jusqu'au quarantième; chez le chat, jusqu'au trentième. Chez l'homme, les tubercules quadrijumeaux sont deux lobes optiques , les deuxième (4) , troisième (5) , quatrième (6) et cinquième mois de la vie utérine (7). Voilà donc les tubercules quadrijumeaux des miammifères ramenés à la forme lobulaire des oiseaux et des reptiles. Pendant le temps que les tubercules quadrijumeaux sont deux lobes jumeaux , ils offrent une cavité à leur intérieur, de même que chez les oiseaux , et un petit renflement grisâtre sur les côtés de la scissure de Sylvius. Cette cavité est très-vaste chez l'homme pendant le cours du troisième mois (8) , chez les didelphes jusqu'aux trois quarts de l'incubation (9). Elle est d'autant plus grande qu'on l'ob-

(1) PI. II, fig. 58, 11° 7.

(2) PI. II,fig. 49. n°6.

(3) PI. II, fig. 55, 11" 6.

(4) PI. II,fig. 63, n-4.

(5) PI. II, fig. 65, n«5.

(6) PI. II, fig. 58, irS.

(7) PI. II, fig. 75, n»4.

(8) VI. II, fig. 66, n"5.

(9) PI. II,f.g. 63, 1^2.

TUBERCULES QU ADRIJUMEAUX. 2^5-

serve chez les embryons de rhomme, des singes, des pachydermes , des ruminans et des rongeurs. Chez les embryons des chauve-souris, la forme lobulairc des tubercules et des cavités persiste beaucoup plus long-temps que chez tous les autres mammifères. Si les tubercules quadrijumeaux restaient dans cet état, ils seraient donc semblables aux lobes optiques des oiseaux et des reptiles. C'est le cas de certains embryons monstrueux , notamment des fœtus monocles; leurs tubercules quadrijumeaux sont des lobes optiques jusqu'à la naissance, et au-delà, si l'animal ofiVe les conditions organiques nécessaires à la vie extérieure. C'est aussi le cas des embryons monocéphales octopèdes ; ils ont deux cervelets , et les tubercules quadrijumeaux sont deux lobes volumineux. J'ai vérifié ce fait chez l'homme, le veau , le lièvre et le mouton ; M. le professeur Geoflfroy- Saint-Hilaire !'a constaté sur plusieurs autres (i); et il a parfaitement bien observé que dans ces cas les tubercules quadrijumeaux offrent l'état embryoïinaPre permanent des mammifères , et la forme permanente des classes inférieures.

Mais les lobes jumeaux des mammifères doivent devenir quadrijumeaux; de creux qu'ils étaient, ils doivent devenir solides ; leur forme et leur grandeur doivent varier selon les familles. Quelle est

(i) Vojet Philosophie analomiquc t toni. II.

2q6 tubercules quadrîjumeacx.

îa cause de cette transformation? comment s'opère-t-elle ? telle est la question que nous allons examiner maintenant.

On se rappelle que le canal épinien, si large dans les premières époques de l'embryon, se rétrécit, et enfin s'oblitère par la déposition intérieure de couches de matière grise ; on se rappelle également que les tubercules quadrijumeaux ne sont que le bulbe de terminaison de la moelle épinière, et qu'ils ont le même mode de formation : nous compléterons cette analogie en faisant remarquer qu'ils se solidifient de la même manière. C'est, en effet, par la déposition de la matière grise dans les parois de la cavité de ces tubercules, que cette co\ité se rétrécit , puis s'oblitère. Cette oblitération a ordinairement lieu chez le mouton, vers le quatrième mois ; chez le lapin, du vingtième au vingt-cinquième jour ; chez le chien , au quarantième ; chez le chat , au trentième ou trentecinquième ; chez le veau et le cheval , elle ne s'effectue le plus souvent qu'à la naissance ; chez l'embryon humain la cavité disparaît 'du quatrième au cinquième , et au plus tard au sixième mois de l'embryon.

Voilà comment s'oblitère a cavité interne des tubercules quadrijumeaux des mammifères ; voici comment ils se divisent :

Pendant tout le temps que les tubercules qua;drijumeaux sont creux, leur surface extérieure

TUBERCULES QUADRIJUMEAUX. U^'J

est lisse ; à l'époque où ils se solidifient, un sillon transversal apparaît sur leur superficie ; l'eflet de ce sillon est de diviser la masse tuberculaire en deux parties de chaque côté , l'une antérieure, l'autre postérieure ; chaque tubercule devient double , de simple qu'il était précédemment : il y a alors quatre tubercules au lieu de deux. La présence et la permanence de ce sillon transversal sont donc le caractère classique des tubercules quadrijumeaux des mammifères.

Chez l'homme , il se développe vers la fin du cinquième mois ou aucommencementdusixième(i); au septième il est toujours très-prononcé (2). Chez le chien , il est visible au trente-cinquième jour; chez le chat, au vingt-huitième ou au vingt-neuvième ; chez le lapin, il se montre du vingtième (3) au vingt-cinquième (4) ; chez le veau et le cheval , au milieu du sixième mois ; chez le mouton au quatrième.

De la position que ce sillon occupe en avant , au milieu et en arrière de la masse tuberculaire , dérivent le caractère particulier de certaines familles de cette classe , et les variétés qui par-

(i)PI. II,fig. 69,n°5.

(2) PI. II,flg. 7i,n''5.

(5) PI. Il , fig. 55 , 11° 6.

(4) PI. II, ûg. 56. n'5.

298 TUBERCULES QLADRIJU31EAUX.

fois so manifestent dans les espèces d'une même famille.

Chez l'homme il occupe ordinairement la partie moyenne (1) ; les tubercules antérieurs (2) sont égaux aux postérieurs (3). Chez les singes (4) il se porte un peu en arrière ; les antérieure (5) prédominent légèrement sur les postérieurs (6). Chez les cétacés il se replace sur la partie moyenne (7) , ce qui rétablit l'équilibre, comme chez l'homme, entre les tubercules de devant (8) et ceux de derrière (9). Chez les carnassiers, le sillon se porte un peu en avant ; les lobes postérieurs sont plus grandsque les antérieurs ; chez le raton néanmoins il se reporte un peu en arrière (10) , de même que chez les ours , ce qui fait prédominer de nouveau les tubercules antérieurs (11) et afiaiblit les postérieurs (12). Il en est de même chez les coatis (i3) :

(1) PI. II,fig. 71,005.

(2) PI. II,fig. 7i,n°6.

(3) PI. II,fig. 7i,n"7.

(4) PI. XII, fig. 241, n"6et 7.

(5) PL XII, fig. 241, n->7.

(6) PI. XII,fig. 24i,n»5.

(7) PI. XI, fig. 225.

(8) PI. XI, fig. 225, F, G.

(9)P1. XI,âg. 225,E.

(10) PI. VIII, fig. 201, n" 5 et 6.

(11) PI. VIII, fig. 201 , n"6.

(12) PI. VIII, fig. 201, n" 5.

(i5) PI. XII, fig. 242, n'G.

TUBERCLLES QUADRIJUMEAUX. 299

chez les pachydermes el les rumiiians , les antérieurs sont beaucoup plus torts que les postérieurs , comme on le voit chez la gazelle (i). Cette disposition est la même chez les rongeurs, ainsi qu'on l'observe sur l'agouti (a).

Remarquons toutefois que les rapports des tubercules quadrijumeaux entre eux sont trèsvariables , comme l'a déjà observé Treviranus : ainsi les antérieurs sont égaux aux postérieurs chez la mangouste (5) et chez la taupe (4) ; chez le zemni , les antérieurs prédominent sur les postérieurs (5) ; chez le renne, cette disposition est plus marquée que chez tous les ruminans ; chez l'homme aussi , il arrive parfois que les postérieurs sont plus faibles que les antérieurs. Un effet assez constant se remarque néanmoins dans toutes ces variations : c'est que presque toujours chez l'homme et les carnassiers , quand les tubercules perdent leur caractère de famille, la prédominance porte sur les tubercules antérieurs (6).

Le rapport des tubercules quadrijumeaux entre eux n'est donc pas soumis à une loi constante.

(i) VI. XV, fig. 271, n'Setg.

(2) PI. IX, fig. 212, n» 8 et 9.

(3) PI. XI, fig. 25a, n"iet 2.

(4) PI. XV, fig. 291, n* 1 et 2.

(5) PI. XV, fig. 292,.!° 4.

(6) PI. XIII, fig. 244, n\ii5; pi. XII; fig. 24; , iv 6 cl 7; fig. 242, n" 5, 6 et 7.

3oO TUBERCULES QUADRIJLMEABX.

Leurs limites respectives ne pouvant toujours être précisées avec rigueur, leurs connexions avec les parties environnantes variant quelquefois d'espèce à espèce , il en résulte des modifications individuelles , qui rapprochent souvent des êtres situés aux deux extrémités de lecheile des mammifères. Ainsi, chez les rats, les souris, le hérisson, la masse des deux tubercules se rapproche beaucoup de la forme de celle de l'homme. Chez la taupe et les chauve-souris , l'étendue de leur diamètre transversal dépasse celui du diamètre longitudi« nal , comme on le remarque chez le dauphin. Ces variations continuelles rendent raison du peu d'accord qu'il y a encore sur ce sujet entre MM. Ridley, Carus , Gall , Spurzheim , Guvier, Treviranus.

En parlant des lobes optiques des poissons dans la Première Partie , j'ai montré ce qu'ils étaient ; j'ai négligé toutes les suppositions que l'on a imaginées pour les assimiler aux hémisphères cérébraux : il nous reste maintenant à juger ces suppositions, et à faire connaître les principales variétés de forme et de structure que présentent ces corps chez les poissons osseux et cartilagineux.

Chez les oiseaux , les tubercules quadrijumeaux étaient pris pour la couche optique , parce que ces hémisphères cérébraux sont méconnaissables dans cette classe ; mais si ces hémisphères eussent été atrophiés et déformés , comme chez les poissons ; si dans leurs lobes optiques on eût rencontré des

TURERCLLES QUADRIJUMEAUX. OOl

tub<Tcules en forme de croissant, comme sont les corps striés chez les mammifères; si, de mémo que chez ces derniers , ces tubercules avaient été composés de matière i,aisc et blanche ; si les rayonnemens de la malièro blanche avaient divergé du centre de ces tubercules à la périphérie des lobes , nul doute que Ion n'eût trouvé dans les tubercules quadrijumeaux des oiseaux les hémisphères cérébraux des mammifères.

O que l'on n'avait pas fait jusqu'à ces derniers tempschez les oiseaux, a été tenté pour les poissons, chez lesquels les hémisphères cérébraux sont rudimentaires , et les lobes optiques portés à leur madwium de complication par une opposition IrèssinguJière. Ce sont donc ces complications qui doivent maintenant fixer notre attention.

La forme générale des lobes optiques des poissons est celle d'un ovale , plus ou moins allongé chez les cartilagineux (i) , et plus ou moins sphérique chez les osseux (2) ; chez tous ils sont légèrement déprimés e:i dedans à la partie par laquelle ils se correspondent. Chez la raie ronce (5) de même que chez le requin (4) et l'aiguillât (5), ils sont moins larges en arrière qu'en avant, et un

(1) Pl.VI,fig. .09, n'5.

(a) PI. VII, fig. 168, n"4.

(3) PI. VI,fig. 139, n"3.

(4) PI. VI,fig. i4i,n'6.

(5) PI. XII, fig. 236, E.

302 TUBERCULES QUADRIJUMEAUX. '

peu aplatis à leur tiers postérieur , ce qui paraît dépendre, comme chez le tupinambis, de la juxtà-position d'une partie du cervelet. Cette dépression et cette diminution des lobes en arrière sont surtout remarquables chez le squale glauque, dont le cervelet est en grande partie remonté sur CCS corps. Chez l'esturgeon (i) ils sont au contraire beaucoup plus larges en arrière qu'en avant. Chez rangera) ils sont sphériques , bombés , surtout à leur partie moyenne , et un peu déprimés aussi en arrière par le cervelet ; chez la torpille et la lamproie (5) ils sont arrondis et déprimés en dedans. Chez les poissons osseux , ils se rapprochent beaucoup plus de la forme sphérique , comme on le voit chez le gronau (4) , la morue (5), le congre (6) , le brochet (7) , l'égrefin (8) , la baudroie (9), la tanche (10) , le merlan , l'espadon. Chez la carpe ils sont sphériques (11), offrent au milieu une dépression , en arrière deux

(1) PI. XII, fig. 255.

(2) PI. XII, fig. 257, E.

(3) PI. XI, fjg. 228, n°3.

(4) PI. VII, fig. i55, n-'Ô et 9.

(5) PI. VII, fig. i65,n°7.

(6) PI. VII, fig. 168, n''4.

(7) PI. VII, fig. i09,n''5.

(8) PI. VÏI, fig. 177, n°5.

(9) PI. VII, fig. .79,11" 4..

(10) PI. VII, fig. 191, n-S.

(u) PI. VI, fig. 145, n" 5.

rCBERCULES QUADniJlIMEAL'X. 30v)

petits tubercules , et en avnut deux bandelettes médullaires qui s'élèvent de la dépression centrale.

Leur partie postérieure oiFre, chez certains osseux , des modifications toujours produites par le cervelet: en effet, lorsque chez les cartilagineux une partie du cervelet surmonte les lobes optiques, ils sont amincis et déprimés en arrière. Chez aucun poisson osseux , le cervelet ne surgit au-dessus des lobes optiques; mais comme ses pédoncules supérieurs sortent de l'intérieur de ces lobes , ceux-ci sont écartés l'un de l'autre en arrière , d'une étendue proportionnelle au volume lie ces pédoncules. Cet écartement, déjà sensible chez le turbot (i) , la mustelle commune, l'espadon, le spams raii , beaucoup plus prononcé chez l'égrefin (2), les mulles [M. sunmdetlus }, le bogue commun , est porté à son plus haut degré chez le sargue et le Caranx tracliuriis , chez lequel le cervelet se loge dans l'écartement de toute la longueur des lobes optiques.

On voit donc pourquoi les lobes optiques des poissons cartilagineux sont déprimés par le cervelet en arrière, et jamais écartés l'un de l'autre danscesens ; pourquoi au contraire, chez les osseux, ils sont souvent écartés postérieurement et jamais déprimés sur leur face supérieure. Ces effets difTérens dans ces deux grandes familles tiennent

(0 PI. VIT,fig. ,9,.

(2) PI. VII, fi- 1-7.

5o4 TUBERCULES QUADRIJILME ALX.

invariablement aux dispositions diflférentes que présente le cervelet.

Les lobes optiques, très-peu développés chez la lamproie , l'esturgeon , les anguilles , les silures , la torpille , vont en augmentant des raies aux squales et aux poissons osseux (i). Cet accroissement devient surtout sensible, quand on compare la masse de ces corps aux autres parties de l'encéphale. Ainsi , constamment chez les cartilagineux , le volume des lobes optiques est dépassé parcelui des hémisphères cérébraux etdu cervelet ; au contraire , chez les osseux , ce sont les lobes optiques qui dominent le cervelet et les hémisphères cérébraux.

La membrane nerveuse qui forme l'enveloppe des lobes optiques est formée, chez les poissons, de trois couches : deux blanches, une en dehors (2), l'autre en dedans (5) ; et une couche grise , trèsmince 5 interposée entre elles (4). La couche blanche extérieure est la plus épaisse , elle est lisse et ne se dédouble pas ; la couche blanche interne est striée (5) ; les stries qui la composent ne sont souvent qu'adossées les unes aux autres , de telle sorte qu'elles peuvent être isolées tout au pourtour du tubercule auquel elles adhè-

(i) Pour le volume absolu, voyez le Tableau. (2) PI. VII, fig. i65,n-7.

(5) PL VII, ûg. i65, n" 8.

(4) PI. VII, fig. 165,0" 10.

(5) PI. VII > fig. 170, n» 5.

TL'Br.RCUIJ.S Ql ADRITU.MEAUX. >>o5

rcnt , cl prcscnler ainsi tics espèces de Icuillots. Celle disposition , que Malpighi comparait à des tuyaux d'orgue, à cause des cannelures qui les séparent quand on les déplisse , est surtout visible chez les poissons osseux : elle est à peine distinclc chez les cartilagineux , à cause de l'épaisseur moins grande des faisceaux striés. La couche grise est apparente entre l'espace qui sépare les faisceaux striés , son épaisseur est à celle de la blanche chez les cartilagineux : : \ : ^ , et chez les osseux : : i : 5. Il existe en outre quelquefois une seconde couche grise placée intérieurement.

Celle enveloppe circonscrit une cavité dont la capacité est généralement proportionnelle au volume des lobes optiques , et qui , chez les jeunes poissons , se continue avec le canal du nerf optique , de même que chçz les jeunes embryons des mammifères le canal du pédicule olfactif communique avec les ventricules latéraux.

C'est celte cavité que les anatomistes ont considérée tantôt comme les grands ventricules des hémisphères cérébraux, tantôt comme des cavités creusées dans la couche optique, d'autres fois enfin , mais plus rarement, comme l'analogue de la cavité qui se rencontre dans le lobule olfactif de certains rongeurs. Je l'ai nommée ventricule des lobes optiques. Ce ventricule est unique chez tous les poissons cartilagineux; chez le silure (i) et

(i) Les deux silures électriques que j'ai examinés avaicjit 11. '20 •

3o6 TUBERCULES QUADRIJUMEAUX.

la torpille électriques, il est oblitéré, de même que chez lamphisbène. Les lobes optiques sont alors solides ainsi que les tubercules quadri-jumeaux des mammifères ; sur le plus grand nombre des poissons osseux le ventricule est unique aussi ; chez quelques-uns il est double. Il y a alors deux cavités enchâssées l'une dans l'autre. Nous expliquerons bientôt la formation de ce second ventricule , dont nous retrouverons d'autres exemples dans le quatrième ventricule des poissons.

Le plancher du ventricule optique est formé par la scissure deSylvius, divisé sur la ligne médiane par une rainure (i) , en deux parties symétriques; les bords de la scissure jsont formés de chaque côté par les pédoncules cérébraux, sur le milieu et dans la profondeur desquels on voit le passage des cordons antérieurs moyens de la moelle allongée (2) ; au-dessus, et un peu au côté externe, se trouvent les faisceaux olivaires (3), qu'il est souvent difficile d'isoler. C'est sur cette partie des pédoncules cérébraux que se développent , chez les poissons, des tubercules particuliers , dont on ne trouve que de faibles vestiges chez les reptiles

été rapportés d'Egypte par M. le professeur Geoffroy-Saint- Hilairc, et conservés longtemps dans l'alcool. Celte circonstance a peut-être influé sur l'oblitération du ventricule.

(1) PI. VI, fig. i5i.

(2) PI. VII, fig. 1(36, n°2; fig, 189, n" i ct6; pi. VI, fig. i56.

(5) PI. YI, f.g. i/!7,n" 2.

TUBERCULES QUADKIJUMBAUX. Zoj

<ît les oiseaux , et qui varient de tant de manières le plancher du ventricule optique des poissons.

Ces tubercules, que Ilaller nommait Tori , les comparant sans doute au relief du soubassement des colonnes , n'existent pas chez la lamproie, le silure électrique , ni la torpille : ils sont peu développés chez les rayes et les squales, comparés à ceux des poissons osseux ; le peu de relief qu'ils font , les a fait méconnaître chez les premiers de ces poissons . On les voit néanmoins chez l'ange et l'aiguillât : chez certaines rayes (i) , ils forment un croissant dont la concavité regarde la scissure de Sylvius , et la convexité la périphérie des lobes : de cette der nière partent des stries médullaires minces.

Les iori sont beaucoup plus évidens et beaucoup plus développés chez les osseux ; ils sont doubles chez la plupart, et leur position permet de les distinguer en postérieurs (2) et antérieurs (5). Les postérieurs, peu développés chez les rayes (4) , les pleuronectes (5) , le congre (6) , le caranx, la tanche(7) la baudroie (8) , les anguilles,

(1) PI. VI, Og. i5a, n«6.

(a) PI. Vlïjfig. 181 ^n" 3.

(3) PI. VII, Cg. 1813 n' 4.

(4) PI. VI,fig- i5ajn*^5,

(5) PI. VII, fig. insihrSbis.

(6) PI. VII, fig. i6r, n«iî.

(7) PI. VII, fig. i87,n-4.

(8) PI. VII, Cg. 180, n- 4-

3o8 TUBERCULES QUADRIJUMEAUX.

les harengs, deviennent très-saillans chez les truites , les saumons, la perche (i) , le brochet (2), legrefin (5) , la morue (4) , le gronau (5) , la carpe (6) , les spares et le ruban.

Leur forme varie singulièrement chez ces divers poissons : chez la perche , le congre , la morue , l'égrefin , ce sont deux bulbes allongés servant en quelque sorte de pédoncule au cervelet , dont ils embrassent la partie supérieure chez le lophius piscatorius (7) ; chez le cepola tœnia , c'est un tubercule échancré en arrière : chez la tanche , le tubercule est pisiforme et sans échancrure (8) ; chez le merlan ils ont la forme d'un rein , dont la partie concave regarde la scissure de Sylvius (9) ; Cette formeest plus prononcée encore chezle sparus raii. Chez le brochet (10) , chaque tubercule est divisé par un sillon dans sa partie moyenne ; il y a alors quatre tubercules distincts en arrière du ventricule du lobe optique : chezle gronau , les tori postérieurs sont pisiformes , leur grosse extrémité

(1) PI. VI,fjg. 145, n°3.

(4) PI. VII, fig. i65, n-g.

(5) PI. VII, fig. i59,n"4.

(6) PI. VI, fig. i53.

(7) PI. VII, fig. 181, n*3.

(8) PI. VII, fig. 187. ■

(9) PI. VII,Iig. 193.

(10) PI. VU, fig. 170,11" 4.

Ti:nERClLES 01 ADRIJl MEAfX. 7>o(]

v&i loiuncc en avant, leur pointe en iurièn; (i); tic celle dernière se détache de chaque côlé un faisceau, qui , d'abord réfléchi d'arrière en avant, embrasse le sommet des tubercules , puis se réfléchit de nouveau , et se porte d'avant en arrière, se dirige vers la partie supérieure du cervelet, où il se plonge (2). Ce faisceau blanchâtre est ainsi roulé deux fois sur lui-même avant de se porter dans le cervelet.

Chez la carpe les tori postérieurs offrent l'une des plus singulières complications de l'encéphaie des poissons osseux. D'abord au milicîu on trouve un tubercule arrondi (5), qui sert en quelque sorte de chapiteau à la moelle médullaire qui leur sertd»^ base; ce tubercule , arrondi en arrière , est échancré en devant, où se trouve une rainure assez profonde. Des côtés de chaque échancrure part une lame épaisse, arrondie, d'un blanc grisâtre; cette lame , roulée, se dirige en devant, puis sitôtaprèsse contourne d'avant en arrière, et forme un croissant autour du tubercule central, qu'elle embrasse des deux côtés (4). Après avoir débordé ce tubercule en arrière , celte laine se réfléchit de nouveau de dedans en dehors ; elle se dirige ensuite d'arrière en avant . en formant un second arc concenlriqu(î au premier . qui . de c cite niiinière^ est embrassé

{i)vi.\n,ùS' 1^9» ""4.

(2) PI. VII, fig. ,60, n"5.

{^)?ï. VI, nj. s 55.

(1) n. vi,f.g. .55, n»;,.

5lO TUBERCULES QUADRIJtJMEAUX.

par ce second contour. La partie antérieure <le la seconde lame de réflexion, arrivée en avant du point de départ de la première , s'enfonce audessous d'elle , en allant gagner la base de la masse médullaire d'où proviennent les ton postérieurs. En outre , au point de la seconde réflexion , il se détache une partie de la membrane nerveuse, qui vient se joindre à l'enveloppe externe des lobes optiques. Les tori postérieurs forment aussi chez la carpe deux circonvolutions libres et flottantes dans la cavité du ventricule optique , adhérentes par leur base à la masse médullaire , dont elles paraissent une expansion. Ces deux circonvolutions sont séparées par deux rainures , ou mieux encore par deux anfractuosités, dont l'une est interne et l'autre externe. Si on place l'encéphale dans l'eau , on voit flotter cette membrane roulée, que rien n'assujétit dans ses trois quarts antérieurs à l'enveloppe externe des lobes. Ces circonvolutions remplissent non-seulement le ventricule optique , mais leur relief est tel dans cette cavité, qu'elles écartent dans leur partie moyenne le plancher des lobes optiques, et donnent à ces lobes la forme particulière qui les distingue de tous les autres poissons osseux.

Les tubercules postérieurs sont principalement en rapport avec le cervelet , comme on l'aperçoit chez la carpe (i) , la perche (2) , la tan-

(1) PI. Vljfig. i55, n=>3.

(2) n. VI, fig. i15, n" 7.

TIBERCLLES QIIADRIJIMEAUX. .)\ l

che (i) , h; congre (y), le merlan (5) , la morue (4) , le brochet (T)) , régrcfin (G) et le gronau (7). Leur superficie est souvent recouverte d'une petite pellicule grisâtre.

Les tori antérieurs (8) , plus étendus sonveni que les postérieurs , ont constamment la forme «l'un croissant , embrassant par leur concavité les postérieurs , excepté chez la carpe : très-atFaissés chez les cartilagineux (9} , leur saillie est à peine sensible sur le plancher du ventricule : beaucoup plus développés chez la perche (10), le merlan f 1 1), le brochet (12) , la sole (t5), le gronau (i/|), ils le sont plus encore chez la morue (if)), où ilsfornient deux cylindres sur le côté externe des tubercules postérieurs , et chez régrcfin, où ils ont la forme

(i) PI. VII, fig. 187.

(2) PI. VU, fig, 167.

(5) PI. VII, fig. 195.

(41 PI. VII, fig. i65, n-j).

(5) PI. VII, fig. 170, n"'i

(6) PI. VII, fio. 181 , 11-5.

(7) PI. VII, fig. iGo, n*3 et |.

(8) PI. VU, fig. i65, n" 10.

(9) PI. VI, fig. .53, ir6.

(10) PI. VI, fig. 145, n^^.

(11) PI. VII, fig. 19',, n'5.

(12) PI. VII, fig. 170, nT).

(i3) Pi. VII. fig. 175, n° 5.

(i4) PI Vil, fig. i5p, rrr..

(i5) PI. VII, fig. i65, n"8.

/)12 TUBERCtIES QUADRIJUMEAL'X.

d'un rein (i). Autant les tori postérieurs sont développés chez la carpe, autant sont simples et affaissés les antérieurs [a). Pour les apercevoir il est nécessaire d'enlever la double circonvolution que forment les premiers : on distingue alors sur la base de l'excavation du ventricule optique un tubercule blanchâtre , en forme de croissant, dont la convexité est en dehors , et la concavité en dedans ; de la convexité partent les faisceaux radiés, qui, parleur épanouissement, forment l'enveloppe du lobe , qui est très-mince chez la carpe , circonstance de structure qui prouve que les tori postérieurs ne concourent point à sa formation.

Les tubercules antérieurs, principalement formés par la matière médullaire, donnent naissance, par leur expansion , à la membrane interne des lobes optiques ; le point de départ de cette lame étant pris au devant du tubercule (5) , on la^ voit contourner d'abord les tubercules postérieurs , puis se réfléchir d'arrière en avant et tapisser toute la partie interne du ventricule en formant des stries plus ou moins saillantes, comme il a déjà été dit. Celte lame interne peut facilement être séparée de l'externe , à laquelle elle ne paraît adhérer dans la partie moyenne que par une

(i) PI. Vll,fig. iSi, n''4.

(2) PI. VI, ùg. i55, n^S. .

H) PL VII. fig. lO,-), ir 10.

TUnERClLES orADUMlMEAUX. Jl.»

couche mince (Je substance grise: parvenue par celle réllexion vers le point de son départ , elle se réunit à sacongénère en formant souvent une voûte médullaire , ou une sorte de ruban blanchâtre en avant du lobe optique , comme on le remarque chez la perche, le merlan , la tanche, la baudroie , le brochet et la sole. D'autres fois ce voile médullaire ne se forme pas , et la membrane interne reste striée dans toute l'étendue du lobe optique; ce que l'on remarque chez l'égrefin : ou bien à sa place , il se forme un petit amas de matière blanche . séparée par une rainure sur la ligne médiane , comme on l'observe sur le gronau. Il est à remarquer que chez plusieurs poissons les plicatures de cette lame interne se prolongent jusque dans le nerf optique de la manière que je l'ai indiqué chez la morue (i). Assez souvent le voile médullaire, où se termine antérieurement la membrane , est le point où s'arrête la plicature ; de telle sorte que l'on ne peut en suivre la continuation dans le nerf de l'œil. On voit spécialement cet effet chez le rascasse.

Chez d'autres poissons osseux , cette lame interne, tout-ù-fiiit libre de l'externe , se plisse ou se roule sur elle-même de manière à produire , sur le fond du ventricule optique, des reliefs qui donnent à cet organe une nouvelle apparence. C'est le cas du congre , de la dorée . des spares et du ca-

(i) VI Vll,fig. 105

5l4 TUBERCULES QUADRTJUMEAUX.

ranx. Comme c'est le plissement le plus simple de la membrane nerveuse des vertébrés, nous allons en suivre le mécanisme chez ces poissons.

Chez lecongre(i), la membrane médullaire, partie de son petit pédicule situé au-devant des tori postérieurs , embrasse d'abord ceux-ci par sa concavité ; puis se réfléchissant d'arrière en avant, elle suit la marche inverse de la première en la côtoyant, et va se fixer au-devant du ventricule optique. La double circonvolution qu'elle forme est séparée par une gouttière fermée à l'endroit où la membrane se réfléchit. Ces deux circonvolutions sont libres.

Chez la dorée, la membrane n'est pas roulée en circonvolution , ainsi que chez le congre et la carpe : partant du même point et allant aboutir au même endroit , elle forme une espèce de coquille froncée dans sa partie moyenne , où existe une cavité spéciale qu'elle circonscrit ; dans l'eau cette membrane se relève , et lorsque les parois en sont rapprochées, c'est un second ventricule dans le premier. La même disposition existe chez le sparus raii et le bogue ordinaire, dont la cavité est plus prononcée que chez la dorée. Chez tous ces poissons le froncement de la membrane interne sest opéré le long de l'axe du ventricule optique; le second ventricule a la même direction que le premier. Mais chez le sarge commun

(.)ri. VII, ûg. 167.

TUBERCULES QUADRIJUMEAUX. J 1 i)

{sparus sargus) , lo cervelet ayant écarlé , comme nous l'avons dit, les lobes optiques en arrière, la membrane interne se fronce transversalement; le double et le triple plissement qu'elle présente en arrière s'opère horizontalement; la cavité qu'elle circonscrit a son grand diamètre transversal. Chez l'espadon , ce plissement tient le milieu pour sa direction entre celui du sarguc et de la carpe. Chez le caranx et le thon commun , la membrane interne est plissée dans toute sa périphérie ; il y a six plissemens chez le caranx , et neuf chez le thon. ' Chaque pli a son anfractuosité intérieure, se reridant dans l'anfractuosilé centrale, qui, selon Arsaki (i), est convertie en ventricule , chez ces derniers poissons , par un voile médullaire qui réunit les lames plissées en manière de pont. La plicature de la membrane interne des lobes optiques ressemble, dans ces derniers cas, aux plicatures du nerf optique de l'espadon, du pagre {sargus argenteus ) et du thon [scomber thynnus).

(i) Arsaki, auquel je rends un hommage tardif, parce que je n'ai eu sa dissertation que depuis peu (4 septembre 1825), a représenté ce plissement chez le zens fahcr, le sparus sargus, Id" sparus rail, le caranx trachurus et le xiphias gladius. On l'a accusé comme moi (et, soit dit en passant, avec autant de raison) d'avoir trop généralisé ses idées, ou, en d'autres termes ^ d'aroirdit ce qu'il a vu. Cela doit être , et sera , toutes les fois que les faits observés ont le malheur de ne pas se trouver en harmonie avec les hypothèses; car il faut que les hypothèses aycnt aussi leur existence !

vil 6 TtBEnCULIiS QnAD1\IJUMEAlJX. -

La formation de ce second ventricule dans le centre du premier se forme par la conjugaison des deux lames des /on antérieurs , comme le ventricule de la moelle épinière, celui du cervelet , le troisième ventricule et les ventricules latéraux des mammifères. C'est une nouvelle cavité de conjugaison. Un fait que nous devons nous borner à bien constater pour le moment , c'est que la lame interne du ventricule optique des poissons osseux est distincte de la lame externe ; que lorsqu'elle est appliquée contre cette dernière, elle est simplement striée , et que, devenue libre, elte se roule en forme de circonvolution, ou se plisse en développant des anfractuosités plus ou moins profondes.

Ces tubercules, sur-ajoutés aux pédoncules cérébraux , forment le centre de la radiation médullaire la plus importante et la plus compliquée chez les poissons osseux. Les faisceaux postérieurs de cette radiation se rendent dans le cervelet, les antérieurs dans le nerf optique , et les moyens radient vers la périphérie des lobes , ou bien forment une partie distincte et isolée dans l'intérieur du ventricule optique.

Au centre de la deuxième cavité , ou à la jonclion des ton' en avant, lorsque cette cavité n'est pas formée , se trouve une petile dépression qui communique souvent dans le canal de la tige pi- Uiitaire, et quelquefois dans la cavilé des lobules ou tubercules optiques, Chez beaucoup de pois-

Tl'BERCULES QU ADI11JUME\IX. 3l7

sons la cavilé do la lige pituilairo ne commimiquo j)as avec celle du ventricule optique. Chez d'autres, comme chez l'égrefin et la morue , elle s'ouvre dans la scissure de Sylvius , cl s'abouche immédialement dans le quatrième ventricule prolongé le long de cette scissure. Chez le gronau les lames de la tige piluitaire s'insèrent en avant des lobes optiques , et communiquent avec les hémisphères cérébraux. Quelquefois, en avant de l'excavation où s'ouvre la tige pituitaire , on rencontre une petite commissure (i) qu'Arsaki nomme encore commissure antérieure. Quelquefois, comme chez la morue , il y en a deux : l'une superficielle, servant de réunion à la tète des tari antérieurs (2) ; l'autre profonde , réunissant les deux pédoncules cérébraux avant leur sortie de la base des lobes optiques (5). Je n'ai jamais aperçu de commissure en arrière du point de jonction du canal pituitaire avec le ventricule optique. 11 ne faut pas confondre ces commissures , comme l'ont fait quelques anatomistcs , avec les lames de jonction de la lame interne , lames qui quelquefois sont situées en avant , comme chez la morue , ou en arrière des tori , comme chez l'espadon.

Les lobes optiques dominent toutes les autres parties de l'encéphale, chez les poissons osseux,

(1) PI. VI, fig. i5i, ir a.

(2) ri. VII, ijg. i65, ir 10.

(5) PI. VII,rjg. ,60, 11-2.

3l8 TUBERCULES QUADKIJUMEAUX.

de même que le font les hémisphères cérébraux chez les mammifères; leur intérieur offrant des doubles tubercules , qui rappellent les corps striés et la couche optique, leur cavité communiquant souvent par une espèce d'entonnoir avec l'intérieur de la tige pituitaire , comme cela existe encore chez les mammifères ; on voit donc comment, en ne prenant que les formes pour guide, cette richesse d'organisation se prêtait à la comparaison de ces lobes avec les hémisphères cérébraux.

Tantôt, comme chez les pleuronectes, lecycloptère lump , le saumon , et surtout le brochet , les fort postérieurs étant doubles ou quadruples, rappellent jusqu'à un certain point les tubercules quadrijumeaux. D'autres fois, comme chez le merlan et certains spares, leur disposition en forme de reins les rapproche de la couche optique; quelquefois enfin la double circonvolution qu'ils présentent chez le gronau et la carpe , prête à quelque rapprochement avec la corne d'Ammon. Aussi les a-t-on comparés à la corne d'Ammon , à la couche optique ou aux corps striés , selon les espèces qui servaient de terme de rapport. M. Cuvier est le premier qui par une observation ingénieuse ait délogé les tubercules optiques de l'intérieur du ventricule de ces lobes chez tous le poissons; c'est le premier pas vers une meilleure détermination.

Les tori antérieurs favorisaient encore cette il-

TIBERCULES QUADRIJl'MEALX. JIQ

lusioii. Le croissant qu'ils lorinent autour des postérieurs sur le plus grand nombre des poissons , et la disposition radiée de leur convexité , simulent jusqu'à un certain point lï^s cannelures des corps striés. Les prolongemens de leur membrane, leur plissement , et leur conjugaison sur la ligne médiane , reproduisent encore les cornes d'Ammon, divisent le ventricule commun en deux chambres , une supérieure , qui représenterait la partie supérieure des ventricules latéraux , et une inférieure, qui rappellerait le prolongement de ces ventricules vers les cornes d'Ammon , chez les mammifères. Quelquefois même, comme chez le thon , le sarguc , le spai-us raii ^ le caranx et l'espadon, on aurait pu trouver dans le second ventricule l'analogue du troisième des mammifères , enchâssé dans le grand ventricule commun : dans la lame médullaire , qui quelquefois se ferme supérieurement , on aurait pu voir la voûte ; et dans les faisceaux de conjugaison , soit de la lame plissée , soit des tori , soit des pédoncules , on aurait pu trouver les représentans des commissures antérieures et postérieures. En prenant ainsi tous les poissons osseux , en les considérant d'une manière abstraite , empruntant à l'un ce qui manque à l'autre , on serait parvenu à simuler les hémisphères cérébraux de la classe supérieure , dont les cartilagineux eussent été privés : car la simplicité de structure de leurs lobes optiques \\m se prête nullement à tous ces rapprochemens.

.520 TLEIRCULES QU À DRI JUMEAUX.

La structure de la lame qui forme la coquille des lobes optiques des poissons , les rapproche d'une part des tubercules quadrijumeaux des autres classes, et repousse de l'autre leur assimilation aux hémisphères cérébraux.

Dans les trois classes supérieures , et chez les chondroptérygiens, oùles'hémisphères cérébraux ne peuvent être méconnus , la matière grise forme toujours l'enveloppe extérieure de ces hémisphères : non-seulement il n'existe dans ce rapport <!e position aucune exception dans les trois classes supérieures; mais, ce qui est plus remarquable, la couche grise extérieure augmente d'épaisseur à mesure qu'on descend vers les mammifères inférieurs ; elle forme même , chez les oiseaux et les reptiles , la presque totalité de ces organes; et chez les chondroptérygiens ^ le requin excepté, à peine distingue-t-on une traînée de faisceaux médullaires dans leur intérieur. La matière blanche qui forme l'enveloppe extérieure des lobes optiques des poissons, exclut donc l'analogie qu'on a cherché à leur trouver avec les hémisphères cérébraux.

Au contraire , dans les lobes optiques ( tubercules quadrijumeaux ) des oiseaux et des reptiles, la matière grise et blanche affecte un rapport inverse : la matière blanche en forme l'enveloppe extérieure , comme dans la moelle épinière, dont ce9«iobcs sont la -terminaison. Les tubercules quadrijumeaux ( lobes optiques ) des poissons ren-

TUB'-RCULES QUADRIJUMEAUX. 021

trent donc dans la structure générale que présentent CCS parties dans les classes supérieures.

Ainsi, d'une part, ces parties ont une structure inverse de celle des hémisphères cérébraux dans toutes les classes; de l'autre, leur structure est identique avec celle des tubercules quadrijumeaux ( lobes optiques ) des reptiles et des oiseaux. Tout confirme donc leur analogie avec ces dernières parties , en même temps qu'elle exclut tout rapport avec les hémisphères cérébraux.

L'explication de l'encéphale des poissons est toute entière dans la détermination de ces organes , qui en forment la partie principale : une fois méconnus, il était impossible de ramener leur encéphale à celui des autres classes ; on tombait inévitablement dans un labyrinthe d'incertitudes dont on n'a jamais pu sortir , quelques efforts qu'on ait faits, quelques suppositions qu'on se soit permises ; car le nerf optique, qui naît de la partie antérieure de ces prétendus hémisphères, Vepitclium du cervelet , qui sort de ce qu'on regardait comme les analogues des grands hémisphères , présentaient seuls des difficultés insarniontabies, et qu'on n'a jamais essayé de surmonter. Ajoutons encore que , dans celte supposition , l'encéphale des chondroptérygiens présentait une exception si extraordinaire , que seule elle suffisait pour la renverser ; car dans ces poissons , où les hémisphères cérébraux ne peuvent être méconnus , on

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