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si, dans leur apparition, toutes ces parties suivent un ordre inverse, si les nerfs se forment d'abord dans les organes , si plus tard les ganglions intervertébraux se développent avant l'existence de la moelle épinière , si cet axe lui-même se développe de la circonférence au centre, on voit que cette hypothèse est entièrement opposée aux faits.
On voit que les ganglions intervertébraux ne sont point la matrice des nerfs qui en rayonnent en dehors, puisque ces nerfs existent avant eux.
On voit que la moelle épinière n'est point et ne saurait être la matrice des cordons qui vont s'y implanter, puisque ces cordons sont primitivement sans communication avec elle , et que souvent même ils existent sans elle.
On voit, enfin, que la matière grise de cet axe spinal ne saurait être l'organe de nutrition de la matière blanche, puisque la matière blanche se forme constamment la première ; puisque chez certains animaux , comme dans le genre astérie , le système nerveux est exclusivement formé par
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la matière blanche , et que chez d'autres , comme chez certains poissons , à peine trouve-t-on quelques vestiges de la matière grise dans le centre de la moelle épinière.
La proposition inverse de celle de MM. Gall et Spurzheim serait donc la seule vraie; il faudrait dire que les nerfs sont la matrice des ganglions , et la matière blanche l'organe de nutrition de la grise , si , dans l'état présent de lascience, on ne devait proscrire sévèrement un langage vide de sens.
Poursuivant ses idées dans l'encéphale , Gall dit que le renflement grisâtre des frères Wenzel est la matrice des nerfs acoustique et facial. Ce qui suppose toujours que ce renflement préexiste à ces nerfs. Or nonseulement ces nerfs se forment hors du crâne et sont d'abord sans communication avec l'encéphale ; mais lors même qu'ils sont arrivés sur la moelle allongée , la matière grise du ténia des frères Wenzel n'existe pas. Ce renflement ne se développe que plusieurs mois après que les nerfs sont implantés. Il est inutile de faire remarquer qu'un organe qui n'existe pas, ne saurait être la cause de la formation d'un au-
lij DISCOURS
ti-e qui le précède constamment dans son développement.
Pareillement les fibres blanches du trapèze de la moelle allongée, les faisceaux médullaires du pont de Varole se développent avant la matière grise de la protubérance annulaire ; on ne peut donc regarder la dernière de ces substances comme la matrice de la première.
La matière grise des corps géniculés est dans le même cas que celle du renflement des frères Wenzel , sa formation est de beaucoup postérieure à celle des faisceaux blancs du nerf optique : conséquemment le développement de ce nerf est indépendant des corps géniculés et de leur matière grise.
Enfin , comment la glande pinéale seraitelle la matrice ou l'organe nutritif des faisceaux blancs qui constituent ses pédoncules, puisque ces pédoncules sont constamment formés avant la glande?
Hâtons-nous de présenter les inconvéniens de cette erreur et les conséquences qui résultent de l'indépendance de la formation de la matière blanche de l'encéphale.
PltfUMIÏfAIKE. Hij
Tous les médecins savent que les cavernes apoplectiques se creusent le plus fréquemment dans le demi-centre ovale des hémisphères cérébraux. Peu d'entre eux ignorent qu'avant mes travaux on regardait comme incurables toutes les paralysies qui en dépendent.
Dans les idées anciennes le centre ovale étant dépourvu de matière grise $ la circulation des esprits animaux était interrompue par les scissures ou les déchirures que développaient les attaques d'apoplexie.
Dans les idées nouvelles , la matière blanche qui compose ces parties étant détruite en totalité ou en partie, elle ne pouvait plus se réparer , puisqu'elle était dépourvue de la matière grise , son organe nutritif supposé ; les paralysies devaient donc êtreincurables d'après ceshypothèses, lorsque leur siège résidait dans la matière blanche du demi-centre ovale.
J'ai depuis long -temps détruit cette erreur, et j'ai prouvé, d'après un grand nombre de faits , que la guérison de ces paralysies s'opérait par la reproduction de la matière blanche 3 qui , indépendante de la
liv DISCOURS
matière grise, réunissait par une véritable cicatrice les lèvres de la solution de continuité que produisent les apoplexies. Généralisant ensuite cette vérité importante , j'ai montré , d'après l'observation, que toutes les solutions de continuité du système nerveux et toutes les paralysies qui en dépendent , guérissaient par le même mécanisme. La formation de la matière blanche est donc indépendante de la matière grise.
Voilà donc l'encéphale de toutes les classes ramené à une identité de composition , qui ne permet pas de méconnaître l'homogénéité de ses élémens : mais par les progrès de son développement , cette identité s'efface ; des dissemblances s'établissent dans toutes les parties , ou seulement dans quelques-unes.
Plus on s'élève vers les animaux supérieurs , plus ces dissemblances sont nombreuses, plus elles sont fortement prononcées ; plus on descend vers les animaux inférieurs , plus elles s'affaiblissent , plus elles diminuent, plus l'encéphale conserve sa première physionomie. De là découle un phénomène singulier ; c'est que pour cer-
PRÉUiVIINAIKE. H
taines de ses parties, l'encéphale des classes inférieures conserve d'une manière permanente les formes primitives des embryons des classes supérieures.
Le système nerveux se développe donc de la même manière que tous les autres systèmes organiques ; il est assujéti à la même marche, aux mêmes principes et aux mêmes lois. De ces principes dérivent ses formes primitives , sur celles-ci s'établissent les dissemblances que cet organe présente dans chaque classe. Mais comment s'établissent ces dissemblances? comment se perd cette homogénéité primitive des élémens de l'encéphale? comment chacun d'eux parvient-il aux formes permanentes qui le distinguent dans chaque classe ? C'est , après la détermination des parties dont cet organe se compose , le point le plus important de son anatomie comparative.
Car ces élémens changeant de forme et de position , chacun subissant dans chaque classe des transformations nouvelles , l'ensemble de l'encéphale en est modifié au
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point de n'être plus reconnaissable d'une classe à l'autre ; ce qui fait que jusqu'à ce jour il n'a pas été reconnu, puisqu'on voit qu'il ne pouvait guère l'être , en le considérant dans son état permanent , et lorsque toutes ses métamorphoses sont terminées.
On prévoit d'avance ce que nous avons dû faire pour ne point nous en laisser imposer par ces mutations continuelles. On voit dès-lors qu'il fallait suivre pas à pas chacune de ces métamorphoses dans toutes les classes , apprécier l'influence que les évolutions d'un élément exerçaient sur tous les autres, traverser ainsi les formes fugitives de l'encéphale , pour arriver à l'explication de ses formes permanentes. C'est là le but que je me suis proposé dans l'encéphalogénie des embryons , comparée à l'encéphalotomie des animaux vertébrés.
Un court aperçu va nous eu faire connaître les résultats les plus saillans.
Soient les tubercules quadrijumeaux et leurs analogues , les lobes optiques des trois classes inférieures. Chez tous les embryons ces organes sont lobulaires , doubles et creux 5 ils occupent dans toules les classes
riuaiMiNAiHE. Wij la face supérieure de l'encéphale., ayant en arrière le cervelet , et en avant les hémisphères cérébraux. Si vous suivez dans toutes les classes leurs diverses évolutions, vous les voyez , chez les reptiles et les poissons , conserver la même forme, la même position et les mêmes rapports. Il n'en est pas de même chez les oiseaux et les mammifères.
Chez les oiseaux , ils restent , ainsi que chez les reptiles , sur la face supérieure de l'encéphale, jusqu'au milieu de l'incubation. A cette époque , vous les voyez abandonner cette position , se déjeter peu à peu sur le flanc des pédoncules , et occuper enfin la base et les côtés de l'encéphale, où. on les rencontre chez tous les oiseaux parfaits. Ils ont néanmoins conservé , comme chez les reptiles et les poissons , leur cavité intérieure.
Chez les mammifères seuls , cette cavité s'oblitère, ces organes deviennent solides comme la moelle e'pinière : cette solidification s'opère , comme dans cette dernière partie , par la déposition de couches toujoursexcentriques. Primitivement ces corps
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sont tabulaires , doubles et creux , comme dans les trois classes inférieures. Us conservent cette forme jusqu'aux deux tiers environ de la gestation des animaux qui composent cette classe; à cette époque, qui correspond au moment où leur cavité va s'oblitérer, on voit apparaître sur leur superficie un sillon transversal , qui divise en deux chaque tubercule ; les deux lobes jumeaux sont convertis par ce sillon en quatre tubercules quadrijumeaux , dénomination par laquelle on désigne ces corps dans toute cette classe.
Si , chez les oiseaux , les lobes optiques s'arrêtent dans leur marche , ils conservent la même place que nous leur observons chez les reptiles et les poissons.
Si , chez les mammifères , le sillon transversal ne se manifeste pas, ces tubercules restent ovalaires, jumeaux et creux, comme dans les trois classes inférieures.
Des dissemblances secondaires naissent , chez les oiseaux, de ce déplacement de leurs lobes optiques. Chez les reptiles , les poissons et les mammifères , ces corps restent à leur place primitive, la lame transversale
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qui les réunit par en haut , n'éprouve aucune modification. Il n'en est pas de même chez les oiseaux ; à mesure que les lohes s'écartent l'un de l'autre 3 leur superficie se déplisse , la lame médiane qui les réunit , s'étend; de telle sorte, que^ chez les oiseaux adultes , on trouve à la place qu'ils occupaient d'abord , et qu'ils conservent dans les autres classes, une large commissure , rayonnée , composée de stries alternatives de matière blanche et de matière grise.
Voilà les modifications extérieures qu'éprouvent ces corps dans les quatre classes. Quelque grandes qu'elles soient , quelque différence que présentent les quatre tubercules solides des mammifères, comparés aux deux lobes creux des reptiles et des poissons ; quelque transposition qu'aient éprouvée ces parties chez les oiseaux , on voit que c'est toujours le même organe, déguisé seulement par ses diverses métamorphoses ; que l'on me permette cette expression.
Considérons le cervelet. Aussitôt que les deux lames transversales qui le forment se sont engrenées et se sont réunies avec les lames qui constituent la YalvuledeVieus-
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sens , cet organe est formé dans toutes les classes par une petite languette mincey formant une petite voûte au-dessus du quatrième ventricule. Si le cervelet s'arrête à cette époque de son développement , il conserve , chez les animaux , cette forme simple et élémentaire. C'est le cas de tous les reptiles, c'est le cas du plus grand nombre des poissons osseux. Mais supposez qu'avant la réunion des lames transversales la moelle allongée s'élargisse outre mesure y et que ces lames ne s'accroissent pas dans la même proportion; qu'arrivera-t-il ? On voit de suite que l'engrenure de ces lames n'aura point lieu sur la ligne médiane, elles se rouleront sur elles-mêmes sans se réunir. La lame médullaire de Vieussens restera flottante sur le quatrième ventricule , qu'elle couvrira en partie. C'est le cas de tous les poissons cartilagineux, le requin excepté.
Les poissons et les reptiles conservent donc les formes embryonaires du cervelet. Ce sont sous ce rapport des embryons perîiianens des classes supérieures.
Chez celles-ci le cervelet acquiert des di-
PliKUMlNAlIUî. !xj
mensions considérables; sa superficie se sillonne de rainures transversales plus ou inoins nombreuses, plus ou moins profondes; en même temps il fait sur les côtés et sur le haut de l'encéphale une saillie plus ou moins marquée.
Mais ces dissemblances classiques ne changent en rien sa détermination. C'est toujours le même organe resté, dans les deux classes inférieures , au minimum de son développement, porté à son maximum dans les deux classes supérieures.
Faisons aux hémisphères cérébraux l'application de cette méthode. Certainement si on voulait, de prime abord, ramener les hémisphères cérébraux des singes aux lobes cérébraux des poissons , on échouerait dans cette entreprise. On verrait, d'une part, des organes très-simples, de l'autre des organes très-compliqués, n'ayant aucun rapport extérieur ni dans leur forme , ni dans leur configuration , ni dans leur structure. Tous ces caractères qui servent aux anatomistes pour reconnaître l'homogénéité des organes, manquant, on serait porté à croire que ces parties sont tout-à-
hij DISCOURS
Tait dissemblables , et n'ont entre elles aucune analogie.
Mais remontez trèsrhaut dans la vie utérine des mammifères ; vous apercevrez d'abord les hémisphères cérébraux roulés comme chez les poissons, en deux vésicules isolées l'une de l'autre; plus tard vous leur verrez affecter la configuration des hémisphères cérébraux des reptiles ; plus tard encore ils vous présenteront les formes de ceux des oiseaux ; enfin ils n'acquerront qu'à l'époque de la naissance, et quelquefois plus tard, les formes permanentes que présente l'adulte chez les mammifères.
Les hémisphères cérébraux ne parviennent donc à l'état ou nous les observons , chez les animaux supérieurs , que par une série successive de métamorphoses qui les transforment. Si , par la pensée, nous réduisons à quatre périodes l'ensemble de toutes ces évolutions , nous verrons , de la première , naître les lobes cérébraux des poissons , et leur homogénéité dans toutes les classes ; la seconde nous donnera les hémisphères des reptiles ; la troisième produira celle des oiseaux , et la quatrième en-
peêlimin aiive. lxiij fin donnera naissance aux hémisphères si complexes des mammifères.
Si vous pouviez développer les diverses parties de l'encéphale des classes inférieures ? vous feriez successivement d'un poisson un reptile , d'un reptile un oiseau , d'un oiseau un mammifère.
Si vous atrophiez au contraire cet organe chez les mammifères y vous le réduirez successivement aux conditions du cerveau des trois classes inférieures.
La nature nous présente fréquemment, dans les monstres^ cette dernière anomalie.
Jamais elle ne produit la première. Circonstance très-intéressante pour la philosophie de la nature.
Dans les déformations variées que peuvent éprouver les êtres organisés , jamais ils ne dépassent les limites de leur classe pour revêtir les formes de la classe supérieure. Jamais un poisson ne s'élèvera aux formes encéphaliques d'un reptile ; celui-ci n'atteindra jamais les oiseaux } un oiseau les mammifères. Un monstre pourra se répéter ; il pourra présenter deux têtes , deux queues , six ou huit extrémités , mais
Ixiv DISCOURS
toujours il restera étroitement circonscrit dans les limites de sa classe. Cet étonnant phénomène est sans doute lié à l'harmonie générale de la création. Quelle peut en être la cause? nous l'ignorons , et vraisemblablement nous l'ignorerons toujours.
C'est un des mystères de la création , dont l'homme mesure la surface, mais dont Dieu seul sonde et connaît la profondeur.
Toutes les différences classiques de l'encéphale sont 4°nc produites par quelques métamorphoses de plus ou de moins ; toutes les dissemblances s'établissent sur une base commune ; l'organe fondamental reste toujours le même. En appliquant cette méthode à toutes les parties ; vous établirez de cette manière la chaîne des ressemblances des mammifères aux poissons , et vous verrez se développer , des poissons aux mammifères, la chaîne des dissemblances. Vous pourrez prévoir d'avance ce qui surviendra, si ces évolutions s'arrêtent chez un animal , pendant le cours de ses transformations. Cet animal vous offrira nécessairement les formes encéphaliques de la classe à laquelle il se sera arrêté.
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On voit donc, d'après ces principes, que toutes les parties se développant de la circonférence au centre, toutes sont nécessairement soumises au double développement qui sert de base à la loi de symétrie.
Toutes les parties uniques , qui se trouvent dans le centre de l'encéphale , sont primitivement doubles , de même que tpjcis les organes uniques des autres systèmes organiques.
Ainsi il a premièrement deux voûtes, deux corps calleux, une demi -commissure de chaque côté des pédoncules , deux glandes pinéales, deux cervelets, deux protubérances annulaires , comme il y a deux cordons principaux à la moelle épinîère et à la moelle allongée , deux pédoncules cérébraux, deux couches optiques, deux corps striés, deux lobes optiques, deux hémi- , sphères cérébraux.
En se réunissant d'après la loi de conjugaison, ces parties donneront naissance à toutes les cavités de l'encéphale , à tous les ventricules , aux trous que l'on a si improprement nommés vulve et anus chez les mammifères.
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La formation de ces cavités et de ces trous est donc sous la dépendance de la même loi que les cavités intestinale, aortique, que les cavités du cœur, et que tous les trous et toutes les cavités du système osseux. C'est sur un plan général et uniforme, c'est par une marche commune que se forment et se développent tous les organes des animaux. Il était , je crois , trèsimportant de rallier à ces principes fondamentaux la formation de l'encéphale dans les quatre classes des animaux vertébrés.
Il ne l'était guère moins , je pense , de considérer cet organe également dans les quatre classes, de son point le plus élevé , et de faire voir comment , de l'encéphale si simple des poissons , dérive un organe aussi complexe que celui des mammifères.
J'ai démontré cette proposition par l'analyse , en remontant des vertébrés les plus simples aux plus élevés ; je vais en prouver la certitude par la synthèse , en descendant des animaux supérieurs aux inférieurs.
Soit un singe, considéré à sa naissance : vous trouvez dans son encéphale toutes les parties qui distinguent les mammi-
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fères des autres vertébrés. Remontez dans la vie utérine, vous voyez d'abord disparaître certains lobes des hémisphères cérébraux , les hémisphères du cervelet , le corps calleux, et la protubérance annulaire.
Ce qui reste correspond à l'encéphale des oiseaux.
Examinez un embryon plus jeune : la voûte disparaît, les hémisphères se contractent en arrière, les tubercules quadrijumeaux sont à découvert sur la face supérieure du cerveau j ce sont alors deux lobes, jumeaux, comme chez les reptiles, dont cet encéphale vous reproduit le type.
Enfin, remontez plus haut encore dans la vie utérine , vous trouvez cet encéphale formé par des lobes alignés symétriquement l'un à côté de l'autre : vous trouvez un cervelet formé de deux parties , l'une droite, l'autre gauche, ou d'une lame mince recouvrant en partie le quatrième ventricule : vous avez enfin l'ensemble de l'encéphale des poissons.
Ainsi en remontant, dans L'échelle animale, des poissons aux singes, vous voyez l'encéphale se compliquer graduellement, comme
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en descendant des mammifères adultes à leurs différentes époques de formation embryonaire, vous apercevez cet organe se décomposer successivement. Vous arrivez par ces deux voies au même résultat , à l'unité de leur formation et de leur composition.
L'encéphale des animaux vertébrés est donc construit sur un type uniforme et avec les mêmes élémens. En remontant des classes inférieures aux supérieures , on voit cet organe, si simple d'abord, s'élever graduellement , chez les reptiles et les oiseaux , jusqu'à cette organisation admirable que nous lui connaissons chez les mammifères , et à cette structure plus admirable encore, qu'il nous présente chez l'homme.
Mais en parcourant cette grande évolution , tous les élémens ne suivent pas dans toutes les classes un développement proportionnel. Chaque classe se fait remarquer par la prédominance d'une ou de plusieurs parties de Fencéphale. Chaque élément fondamental est tour-à-tour dominateur ou dominé ; et selon le développement ou l'atrophie de telle partie , il en résulte telle
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ou telle forme dans l'ensemble général de l'organe.
Ainsi , chez les poissons , le développement prodigieux des lobes optiques paraît s'effectuer aux dépens des hémisphères cérébraux qui restent atrophiés : il résulte de là que ces lobes sont la partie fondamentale de leur encéphale ; ils sonfà cet organe y dans cette classe, ce que sont, chez les mammifères , les hémisphères cérébraux : de là naît leur complication ; de là naît aussi la configuration générale de leur encéphale , sur lequel on voit toujours saillir ces lobes.
Avec le développement des lobes optiques coïncide celui des lobes olfactifs , du lobe médian du cervelet détaché chez beaucoup de poissons, et de la moelle épi— nière. Il y a harmonie de développement entre toutes ces parties.
Les hémisphères cérébraux y les hémisphères du cervelet, sont réduits , au contraire , à zéro d'existence.
Ces dernières parties sont en discordance de dételoppement avec les premières.
Chez les reptiles , une harmonie différente
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s'établit. Le cervelet est l'organe le plus affaibli. Il reste toujours à un état si rudimentaire, qu'il ne forme qu'un feuillet trèsmince couvrant à peine la moitié du quatrième ventricule.
Les lobes optiques sont encore trèssaillanssur la face supérieure de l'encéphale, quoiqu'ils soient beaucoup moins compliqués que chez les poissons.
Ce que ces lobes , et surtout le cervelet, ont perdu 3 est acquis pour les hémisphères cérébraux.
Il y a déjà , sous le rapport de ces hémisphères, une distance immense des poissons aux reptiles. Ces organes ne sont plus isolés l'un de l'autre comme chez les poissons osseux ; ils sont réunis en arrière et au milieu; leur configuration rappelle déjà celle des classes supérieures. La couche optique et le corps strié deviennent distincts , les hémisphères s'élèvent au niveau des lobes optiques, et souvent les dépassent, comme chez les tortues.
Chez les poissons tout est sacrifié aux lobes optiques; toutes les parties paraissent affaiblies chez les reptiles pour concourir au
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développement des hémisphères cérébraux.
De là naît déjà l'atrophie des lobes olfactifs que l'on remarque dans celte classe.
Chez les poissons, le lobule olfactif s'est développé en raison directe de l'atrophie des hémisphères : chez les reptiles l'inverse a lieu ; les hémisphères produisent à leur tour l'atrophie des lobules olfactifs. C'est dans ce balancement comparatifdes élémens de l'encéphale , que se trouve l'explication des formes permanentes de cet organe dans ces deux classes.
Les lobes optiques , qui étaient l'organe dominateur chez les poissons , et qui s'étaient maintenus encore chez les reptiles , sont à leur tour dominés, chez les oiseaux, par le cervelet et les hémisphères cérébraux. Affaissés dans leur partie moyenne, ces lobes disparaissent de la face supérieure de Fencéphale ; le cervelet, prodigieusemen t accru, vient occuper leur place ; il s'élève, chez les oiseaux , de la même manière que les lobes optiques chez les poissons. Le cervelet est donc à l'encéphale des oiseaux, . ce que les lobes optiques sont à l'encéphale des poissons.
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Sous le rapport du cervelet , il n'y a aucun rapprochement à établir entre les oiseaux et les reptiles ; ces deux classes sont à une distance infinie l'une de l'autre, considérées sous ce point de vue.
Il n'en est pas de même des hémisphères cérébraux. Ajoutez aux hémisphères de la tortue la lame rayonnée et ses pédoncules ; renflez un peu leur partie postérieure; faites légèrement saillir leurs couches optiques, et vous aurez les hémisphères cérébraux de tous les oiseaux sans exception. Ces deux classes se touchent presque par leurs hémisphères cérébraux, tandis qu'elles sont si éloignées par leur cervelet.
Quoique dominés chez les oiseaux y les lobes optiques déplacés restent néanmoins visibles sur les côlés et à la base de leur encéphale ; chez les mammifères , ils disparaissent complètement de la face extérieure de cet organe , étouffés en quelque sorte par le développement prodigieux des hémisphères cérébraux.
Ainsi , chez les poissons , les lobes optiques dominent en quelque sorte tout l'encéphale ; chez les reptiles ils partagent avec
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les hémisphères cérébraux l'influence qu'ils exercent sur l'ensemble de tout l'organe , tandis que le cervelet est presque réduit à rien. Chez les oiseaux , le cervelet acquiert une prépondérance qu'il n'avait dans l'une ni dans l'autre de ces classes.
Enfin , chez les mammifères supérieurs, les hémisphères cérébraux débordent tellement les tubercules quadrijumeaux, qu'ils commandent à leur tour la disposition générale de tout l'encéphale.
Chez les oiseaux, le cervelet, en se développant, s'est porté d'arrière en avant pour aller recouvrir les lobes optiques et occuper leur place : les hémisphères cérébraux sont à-peu-près restés stationnaires ; chez les mammifères , ce sont, au contraire , les hémisphères qui , par un mouvement inverse, viennent envahir toute la face supérieure de l'encéphale. Plus les hémisphères se développent, plus ils se portent en arrière.
Ainsi, chez les mammifères inférieurs et chez les didelphes , les hémisphères, peu développés en arrière , laissent encore à nu les tubercules quadrijumeaux sur la
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face supérieure de l'encéphale. Chez certains rongeurs et chez les ruminans, ces tubercules sont complètement cachés ; chez les carnassiers , la progression des hémisphères en arrière continue toujours, les tubercules quadrijumeaux et le bord antérieur du cervelet sont recouverts par les hémisphères ; chez les cétacés, le phoque et les singes , le cervelet paraît s'enfoncer sous les hémisphères cérébraux qui continuent leur développement : enfin, chez l'homme, tout le cervelet est recouvert par eux.
Cet accroissement des hémisphères est produit par le développement d'un lobe particulier., qui vient occuper leur partie moyenne^, et que j'ai nommé, à cause de sa position , lobe sphénoïdal.
Ce lobe manque chez les poissons , les reptiles et les oiseaux, il manque chez les mammifères inférieurs : sa manifestation commence chez les ruminans \ il augmente ensuite de ces animaux aux carnassiers , au phoque , aux cétacés , au singe et à l'homme.
L'accroissement des hémisphères du cervelet suit celui des hémisphères cérébraux ;
PRÉLIMINAIRE. IXXV
il coïncide constamment avec l'atrophie du lobe médian de cet organe.
En se développant, tous les élémens fondamentaux de. l'encéphale se creusent d'un ventricule. Cette cavité semble avoir pour but d'étendre leur superficie.
Ainsi chez l'homme , les singes , les carnassiers 5 la moelle épinière est solide ; elle se^ creuse d'une petite cavité chez les rongeurs ; cette cavité intérieure augmente chez les reptiles et les poissons à mesure que la moelle épinière se développe.
Il en est de même des tubercules quadrijumeaux; ils sont solides chez les mammifères, et creux dans les trois classes inférieures.
Il en est de même du lobe médian du cervelet ; une cavité interne s'y manifeste chez les oiseaux , où ce lobe est porté à son maximum. Les rudimens de cette cavité paraissent chez les rongeurs , et disparaissent chez les ruminans et les carnassiers.
Il en est de même des hémisphères cérébraux j ils sont solides chez tous les poissons , comme les tubercules quadriju-
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meaux et la moelle épinière des mammifères. Ils sont presque solides chez les reptiles, une cavité à peine perceptible s'y développe. Cette cavité augmente chez les oiseaux ; elle se développe beaucoup chez les rongeurs ; et en la suivant des ruminans aux carnassiers , aux singes et à l'homme , on voit se déployer dans l'intérieur des hémisphères les vastes ventricules que l'on y remarque.
Il en est de même du lobule olfactif : ce lobule est solide chez l'homme , les singes , le phoque et les carnassiers , où. il est peu développé , de même que chez les oiseaux; il se creuse, chez les ruminans, les rongeurs , les reptiles et les poissons , en raison de son accroissement.
Ce développement des cavités, à mesure que les élémens de l'encéphale se développent , est donc un caractère général de l'organisation de cet organe. Le rapport du volume des organes donne donc le rapport de capacité de leurs ventricules. Il est constamment le même chez les embryons et chez les animaux parfaits. Ainsi , pour en donner un exemple , le lobule olfactif cl les tu-
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hercules quadrijumeaux sont creuses d'une cavité interne chez tous les embryons des mammifères supérieurs. Cette cavité diminue et s'oblitère complètement à mesure que ces organes s'affaissent et qu'ils sont dominés par les parties qui les environnent.
A mesure aussi qu'un élément devient dominateur dans une classe , ou éprouve une modification qui lui est spéciale , des parties nouvelles se développent , et deviennent les caractères classiques de leur encéphale.
Ainsi, chez les poissons, la structure des lobes optiques offre une complication qu'on ne retrouve ensuite dans aucune autre classe. On voit dans leur intérieur des parties nouvelles , qui ne se reproduisent ni chez les reptiles ni chez les oiseaux, ni chez les mammifères ; ce sont ces parties que l'on a sans aucun fondement assimilées au corps calleux, à la voûte, à la corne d'Ammon, au corps strié, à la couche optique des mammifères.
Chez les oiseaux , la transposition des lobes optiques donne naissance à la forma-
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lion d'une commissure rayonnée qu'on ne retrouve plus nulle part; il se développe en même temps dans leur intérieur des tubercules particuliers , que l'on a si improprement comparés aux tubercules quadri jumeaux des mammifères.
Observons à ce sujet avec quelle incertitude procédaient, et procèdent encore quelques anatomistes dans la détermination de l'encépbale. Les tubercules qui se montrent dans les lobes optiques des poissons, sont comparés aux'corps striés et à la couche optique; ces mêmes parties, chez les oiseaux, sont assimilées aux tubercules quadrijumeaux. Une si mauvaise méthode pouvait-elle produire autre chose que le vague et l'incohérence que Ton remarque dans cette partie de la science?
Les hémisphères continuent , chez les oiseaux, le développement qu'ils avaient commencé chez les reptiles; on voit naître entre eux une lame rayonnante pelliculée , qui n'existe ni chez les poissons , ni chez le» reptiles, et qui correspond à la voûte chez les mammifères.
Le lobe médian du cervelet étant, chez
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les oiseaux, l'organe dominateur, on voit se développer, dans sa profondeur^ un second ventricule , qui ne se retrouve ni chez les mammifères, ni chez les reptiles, ni chez les poissons.
Enfin , chez les mammifères , le prodigieux accroissement des hémisphères cérébraux et le développement transversal du cervelet donnent naissance à la formation de parties nouvelles qui manquent dans toutes les autres classes.
Ainsi l'on voit des lobes particuliers compliquer le cervelet et les hémisphères cérébraux. On voit naître dans ces derniers, leur voûte très-complexe, leur corps calleux , qui est à leurs hémisphères ce que la commissure rayonnée est aux lobes optiques des oiseaux. On voit se former la protubérance annulaire , qui est aux hémisphères du cervelet ce que le corps calleux est aux hémisphères cérébraux.
Les formes permanentes de l'encéphale , dans les quatre classes des animaux vertébrés , sont donc produites par le balancement respectif de ses diverses parties , et par l'influence réciproque que ces