ORIGINE DES NERFS
ne sommes plus surpris de trouver des nerfs 1resdéveloppés coïncidant .avec une moelle épinière cl un encéphale liquides. C'est la marche de la nature , l'inverse serait une contradiction à ses lois. Nou9 pouvons maintenant apprécier à sa juste valeur l'opinion de Gall et de 'Spurzheim , sur la nutrition primitive des nerfs par la matière grise de la moelle épinière et de l'encéphale. Cette nutrition est imaginaire, puisque les deux*ordres d'organes ne sont pas primitivement en communication l'un avec l'autre. Si l'existence des nerfs est indépendante de la moelle épinière et de l'enqéphale , qui ne voit de suite que les altérations de ces parties centrales du système nerveux, n'auront aucune influence sur leur développement? Qui ne voit de suite que les embryons privés de moelle épinière ou de l'encéphale ne seront pas pour cela dépourvus de leurs nerfs?- Que de faits de monstruosités animales , inconciliables avèc nos hypothèses présentes , se trouvent expliqués par cette loi générale de l'organisation I Serons-nous surpris maintenant de trouver des nerfs très -bien constitués chez des embryons privés de moelle épinière? Les nerfs des sens très-développés , chez des monstres dépourvus des masses encéphaliques ? L'inverse devrait nous étonner ; mais ces cas de monstruosités sont dans l'ordre du développement de la nature, et servent de confirmation à ses principes (le formation.
C'est à l'jRde de ces mômes principes qu'on parviendra un jour à expliquer le système néïveux
des invertébrés. Puisqu'on supposait que les nerfs étaient une émanation de la moelle épinière et de l'encéphale , et qu!on leur trouvait des nerfs parfaitement bien constitués , la raison indiquait de leur trouver aussi un encéphale et une moelle épinière analogues à ces mêmes organes chez les vertébrés : sans cela leur système nerveux était inexplicable. De là les efforts et les suppositions de toute espèce pour démontrer que les invertébrés avaient , comme les vertébrés , ces parties centrales du système nerveux. Chose étrange ! on avait dénommé ces êtres d'après l'absence des vertèbres dans le centre du tronc , et on avait supposé en même temps que la moelle épinière, que ces os doivent encaisser, était restée à sa place. On ignorait, il est vrai, que l'état primitif de la moelle épinière était liquide , que ce liquide exigeait un canal pour être contenu , et que ce canal manquant chez ces êtres , la moelle épinière devait nécessairement manquer aussi : mais l'absence des. vertèbres ne devait-elle pas indiquer l'absence de la moelle épinière? Sans doute qu'on aurait déduit cette conséquence simple, si l'on n'avait étudié ces êtres sous l'influence d'une hypothèse qui en faisait méconnaître le rapport.
Quoiqu'il en soit, les animaux invertébrés n'ont point de moelle épinière ; et d'après ce que nous venons de voir , leur système nerveux peut être expliqué sans elle ; les nerfs des larves et des chenilles se développent de la circonférence au centre : ils sont d'abord isolés de droite et de gauche .
OHIGINJE DtSS NERFS. 2 55
sans lien moyen entre eux ; ils se rapprochent ensuite, et avant de s'adosser sur la ligne médiane, chez les chenilles, où je les ai suivis avec le plus .grand soin , un renflement ganglionnaire se développe à l'extrémité de chaque nerf, et ordinairement au point de jonction du nerf voisin. La série de ganglions est d'abord double ; mais en se rapprochant sur la ligne médiane, souvent deux ganglions se confondent en un seul , et dans ce cas , un petit sillon médian indique leur séparation primitive. Telle est l'origine de la double chaîne ganglionnaire qui se rencontre sur la ligne médiane des chenilles , de la plupart des insectes , et chez les crustacés , quoique ces organes ayent éprouvé chez ces derniers un singulier déplacement. En comparant ce système nerveux à celui des très-jeunes embryons des vertébrés , on y remarque une analogie frappante ; chez ces derniers ainsi que chez les invertébrés, on trouve des nerfs partant des parties latérales du tronc, convergeant les uns vers les autres sur la ligne médiane ; on trouve une double série de ganglions à la jonction de deux branches nerveuses, de même que dans les classes inférieures; un rameau ascendant ou descendant réunit les uns aux autres les ganglions , et forme une chaîne non interrompue du crâne au sacrum, ainsi qu'on l'observe chez les.invertébrés. Si à ces rapports on ajoute qu'à cette époque les ganglions intervertébraux des classes supérieures sont isolés de la moelle épinière , on concevra comment cet état primitif du système ner-
2 56 ANAïOMIE COMPARÉE DU CERVEAU,
veux est le représentant de celui des invertébrés. Les foetus des vertébrés qui viennent au monde sans moelle épinière, ont donc vécu dans le sein de leur mère sous l'influence d'un système nerveux analogue à celui des invertébrés. Ces êtres monstrueux ne le sont , que parce que leur système nerveux s'est arrêté à l'époque du développement qui constitue l'état permanent des êtres dits invertébrés. Par où et comment le système nerveux des classes supérieures, se distingue-t-il de celui des classes inférieures? Il s'en distingue par un nouvel ordre d'organes , la moelle épinière et l'encéphale , qui viennent occuper l'axe central de ce système , et auxquels viennent aboutir toutes ses radiations excentriques.
Les nerfs ne naissent donc point de la moelle épinière et de l'encéphale ; isolés de ces parties , ils viennent, par suite de leur marche concentrique, se mettre en rapport avec elles par une insertion d'abord très-superficielle , et qui devient de plus en plus intime à mesure que les faisceaux de ces parties les enlacent et les enveloppent. Ce principe reconnu change tout ce qu'on a dit sur la prétendue origine des nerfs , et donne à l'étude de leur mode d'insertion et à leurs rapports généraux , une direction toute nouvelle.
L'insertion des nerfs du tronc sur la moelle épinière est simple ; aussi n'a-t-elle été le sujet d'aucune discussion parmi les anatomisles. Partis des ganglions intervertébraux , les faisceaux nerveux divisés, traversent les trous de conjugaison ,
OïtIGINE DES NÉftFS. 25*7
pénètrent dans le canal vertébral et le canal de la dure-mère, et s'implantent sur les faisceaux antérieurs et postérieurs de la moelle épinièrc: cette insertion se fait primitivement vis-à-vis des trous de conjugaison ; mais à mesure que l'embryon se développe et que l'animal grandit , la moelle épimère devenant plus longue , les racines supérieures s'écartent des inférieures ; les premières deviennent ascendantes , les secondes descendantes ; ce rayonnement des faisceaux d'implantation varie beaucoup selon les classes et les familles d'une même classe; leur point de convergence correspond toujours aux trous de conjugaison.
Si , commel'ont dit GalletSpurzheim, le développement des nerfs était sous l'influence immédiate de la matière grise, il faudrait que cette matière formât les couches extérieures de la moelle épinière, ou que du moins elle fut la première apparente chez les jeunes embryons. Or la matière blanche précède , chez les oiseaux et chez les mammifères-, la formation de la grise; la matière blanche forme les couches excentriques de la moelle épiuière dans toutes les classes sans exception. Le système des anatomisles allemands est donc encore en défaut ; il suppose un ordre de faits directement inverse de celui qui existe. Au moment où les nerfs s'implantent sur la moelle épinière , la couche blanche externe est très-mince ; ils sont à peine adhérons à cette couche; ils lui paraissent comme adossés; mais à mesure que de nouvelles couches
fibreuses se déposent, le nerf est enveloppé de toutes parts ; il paraît enchâssé dans 1 ecarlement de ces fibres. Sur quelques embryons , il m'est arrivé quelquefois de le retirer comme, d'une gaine dans laquelle il aurait été introduit j mais plus tard les nerfs s'identifient tellement avec la moelle épinière , qu'ils semblent faire corps avec elle ; que rien n'indique plus leur isolement primitif ; enfin qu'ils paraissent en naître, ainsi qu'on l'a dit et cru jusqu'à ce jour. 'Cette implantation n'est pas difficile à voir sur les embryons des oiseaux , des reptiles et des mammifères ; elle peut être facilement déduite de leur disposition , même chez les animaux adultes ; ce qui diminue le regret que j'éprouve de ne pouvoir mettre sous les yeux des lecteurs , les dessins qui la rendent évidente.
Mais il n'en est pas de même de quelques nerfs encéphaliques : leur insertion dans certaines classes est quelquefois tellement éloignée du point où ils se dégagent de l'encéphale , les couches fibreuses qui les ont enveloppés sont si nombreuses, si épaisses, que, privé des figures des jeunes embryons, j'aurais pu difficilement en donner une idée juste , si la classe entière des poissons , qui , comme je l'ai si souvent répété, sont des embryons permanehs des classes supérieures , n'était venue à notre secours.
Nerf de l'olfaction. Chez les poissons osseux , on peut suivre l'implantation de ce nerf jusque sur les cuisses cérébrales , ou la sortie des pédon-
cilles des lobes , qui sont les analogues des hémisphères cérébraux des classes supérieures.
Cette implantation est d'autant plus simple, que les lobes dont se compose leur encéphale, sont moins nombreux (1), que les hémisphères cérébraux sont moins développés (2) , ou même manquent presque. complètement (5).
Chez l'égrefin (4), il se détache de la partie antérieure des lobes optiques , dont il paraît être la. continuation ; quand on a ouvert ces lobes , on voit les racines (5) descendre du côté interne des petits lobes cérébraux (6), pour se porter sur les pédoncules, à leur sortie immédiate des tubercules quadri jumeaux (7). Chez la baudroie (loph. pisc), dont les hémisphères cérébraux (S) sont beaucoup plus développés, les racines du nerf olfactif (9) sont la continuation du cordon pyramidal (10) ; sitôt , en effet , que ce cordon s'est dégagé des lobes optiques (11) , il se divise en deux bran-
(1) PI. VII, fig. 184, n°3.
(3) Pl. VII, ftg. 180, n'G.
(3) Pl. VII, flg. 181, n- 8.
(4) Pl. VII, fig. 184, n°G.
(5) Pl. VII, fig. 181, n°9.
(G) Pl. VII, fig. i77> n°4.
(7) Pl. VII, fig. 181, n- 9.
(8) Pl. VII, fig. 179, o-5.
(9) PL VII, fig. 189, n°4.
(10) Pl. VII, fig. 189, n" 1.
(h) Pl. VII, fig. 189, n°6.
200 AN ATOMIIi COMPARÉE DU CERVEAU,
ches (i) : l'externe se porte dans la .profondeur du lobe cérébral (2) ; l'interne , qui continue le pédoncule , se porte en avant , le long de la partie interne du même lobe (3) , pour aller se rendre dans la chambre olfactive (4)* Chez la morue (5), ce mode d'insertion est en tout analogue à celui du lophius ; le pédoncule , sorti de la partie interne, du lobe optique (6) , se divise comme chez l'égrefin; le nerf olfactif (7) se place au côté interne , et se porte dans l'organe de l'odorat; il n'est que la continuation des cordons pyramidaux (8) ; une variété assez remarquable se présente chez plusieurs poissons; c'est celle d'une commissure transversale (9) , qui réunit les deux nerfs olfactifs avant leur sortie des hémisphères cérébraux. J'ai représenté cette bande fibreuse transversale chez la tanche (10). Cette commissure serait-elle analogue à la commissure antérieure des hémisphères cérébraux des mammifères? Afin de rendre évidente cette continuation du nerf olfactif,
(1) Pl. VII, fig. 189, n°5 et 4.
(2) Pl. VII, fig. 189, n'5.
(3) Pl. VIÏ, fig. i83, n' 4.
(4) Pl. VII, fig. 179, n' 9.
(5) Pl. VII, fig. i63, n° 10.
(6) Pl. VII, fig. 166. n° 1 et 7.
(7) Pl. VII, fig. 166, n" 8.
(8) Pl. VII, fig. 166, n" 1.
(9) Pl. VII, fig. 187, n»8.
(10) Pl. VII, fig. 187, n'8.
NEUF DE C'OL'Ï U,TI(h\. 261
chez les poissons osseux , avec le cordon pyramidal , j'ai déplissé les lobes de l'encéphale chez le merlan (1) , j'ai séparé la pyramide (2) du cordon olivaire (3) ; on voit que la première , parvenue audevant du lobe optique , se continue immédiatement dans le nerf olfactif (4) ; on aperçoit également bien ce rapport chez la perche (5). Quoique les poissons cartilagineux diffèrent des poissons osseux sous le rapport de la composition de leur encéphale, on peut suivre chez quelques-uns l'insertion du nerf olfactif (6) jusque sur le pédoncule cérébral (7). C'est ce que j'ai fait chez l'esturgeon et la lamproie ; car chez les squales et les raies , les filets du nerf m'ont abandonné dès leur entrée dans l'hémisphère, comme cela arrive chez certains reptiles, notamment la tortue franche.
Dégagé des hémisphères cérébraux , le nerf olfactif se comporte d'une manière bien différente , d'abord chez les poissons osseux comparés les uns aux autres, puis chez les cartilagineux mis en rapport avec les osseux. Chez ces derniers , tantôt ce nerf forme un long pédicule (8) au bout
(1) pi. VI, Cg. «47-
(2) Pl. VI, fig. i47, n'y.
(3) Pl. VI, fig. ,47, n- 8.
(4) Pl. VI, fig. .4-7, n"6.
(5) Pl. VI, fig. i56, n»6.
(6) PL VI, fig. ,49, a- 11
(7) Pl. VI, fig. i4D,n°3.
(8) Pl. VII, fig. 178, n' 1.
duquel se trouve le renflement que nous avons désigné sous le nom de lobule olfactif (i). Tantôt ce lobule cît immédiatement adossé aux hémisphères cérébraux (a) , et le nerf olfactif s'y plonge à sa sortie immédiate des hémisphères cérébraux; le nerf olfactif est pédiculé chez la plupart des poissons osseux , comme nous l'avons représenté chez 1 egrefin (3) , chez le barbeau (4) etl'ésox (5) ; il est non-pédiculé chez tous les poissons dont l'encéphale se compose de six lobes , comme chez l'anguille (6) , le congre (7) , les trigles (8) , etc.
En général, chez les poissons osseux , dont le nerf olfactif est pédiculé, les hémisphères cérébraux sont plus développés (9) que chez ceux où il offre la disposition inverse (10) ; plusieurs poissons font néanmoins exception- à cette règle : j'en ai choisi les exemples les plus remarquables d'abord chez la baudroie ( 1 1 ) , dont les hémisphères sont peu développés , quoique le nerf soit pédiculé ; et
(1) PI. fit, fig. 178, E.
<a) Pl. VII, fig. 190, n° 7.
(3) Pl. VII, fig. 184, n°6.
(4) Pl. VII, fig. i85-, M.
(5) Pl. VII, fig. 178, n° 1.
(6) Pl. VII, fig. 190, n° 5.
(7) PI. VII, fig. 167,0-7.
(8) PI. VII, fig. i55, n- 8.
(9) Pl. VII, fig. 162, n° 9.
(10) Pl. VII, fig. 1G8, n°6.
(u) Pl. VII, fig. 180, n" 7.
ensuite chez l'égrefin ( 1 ) , qui offre le point extrême de cette organisation. Chez ce dernier poisson , les hémisphères cérébraux (2) sont en effet si peu volumineux , que la plupart des anatomistes ne les ont pas rencontrés , et ont douté de leur existence.
Ces variations sont moins prononcées chez les poissons cartilagineux ; chez tous ceux que j'ai anatomiaés, depuis la lamproie jusqu'au requin , j'ai rencontré les nerfs olfactifs pédiculés.
Chez la lamproie (petro. fluvialis) , le pédicule est très-court , et le lobule olfactif peu éloigné des hémisphères (3); chez l'esturgeon, il est un peu plus allongé (4) ; chez les squales (5) , sa longueur augmente : ce lobule est plus écarté des lobes cérébraux , ainsi qu'on le remarque sur le requin (6) ( squalus carcharias ) , dont le pédicule a une grosseur considérable; chez l'ange ( squalus squatina) (7), le pédicule est plus mince, plus allongé, et se rapproche davantage des raies; les aiguillais sont encore plus voisins de ces derniers poissons par l'étendue de ce pédicule , comme
(1) Pl. VII, fig. 181 , n* 6.
{2) Pl. VHj fig. 181, n* 8.
(3) Pl. V, fig. A,n*8.
(4) Pl. XII, fig. 235, L.
(5) Pl. VI, fig. 142.
(6) Pl. VI, fig. 142, n" 16.
(7) Pl. XII, fig. 257, I.
on Le remarque chez le squale acanthias ( i ). Enfin , chez les raies . le pédicule est d'une longueur démesurée (2) , ce qui éloigne considérablement le lobule olfactif (3) des hémisphères cérébraux (4)- Tous les poissons cartilagineux ont donc le lobule olfactif pédicidé ; ils offrent sous ce rapport une fixité d'organisation, qu'on est loin de rencontrer chez les poissons osseux.
Chez les reptiles, comme chez les poissons , le nerf olfactif est pédiculé ou non pédiculé ; mais une particularité très-remarquable et bien digne de l'attention des anatomistes et des physiologistes , c'est que chez les reptiles , le rapport de ce pédicule avec les hémisphères cérébraux est dans une disposition inverse de ce que nous venons de remarquer chez les poissons. Chez ces derniers , nous avons observé en général que les hémisphères cérébraux étaient plus, développés chez ceux dont le nerf olfactif était pédiculé, que chez les autres. Chez les reptiles , c'est le contraire qu'on observe ; plus le pédicule s'allonge , plus il semble que les hémisphères diminuent; quelle peut être la cause de cette opposition?
Quoi qu'il en soit , le pédicule du nerf olfactif
(1) Pl. XII, fig. 236, I. H.
(a) Pl. VI, lig. i38, n° i5.
(3) Pl. VI, fig. i38, n° 12 et 17.
(4) Pl. VI, fig. i58, n° 10, i5ct i/j.
NERF DE LOLFACTION. 265
est si fort chez les ophidiens (1) et les lacerliens (2), qu'il paraît être la continuation immédiate des hémisphères cérébraux (3) , qui se rétrécissent beaucoup au lieu où commence le pédicule (4); du reste, on ne distingue aucune strie blanchâtre sur la base des hémisphères , qu'on puisse considérer comme les racines propres de ce nerf. Chez les embryons des reptiles , la cavité de l'hémisphère se continue en se rétrécissant dans le pédicule, le long duquel elle communique avec la petite cavité creusée au centre du lobule olfactif (5). Chez les adultes, le pédicule n'est plus creusé; il forme un cordon plein dont on ne peut suivre , comme chez les poissons , la liaison immédiate avec les pédoncules du cerveau. La continuation des hémisphères avec le pédicule du nerf olfactif est très-distincte chez l'orvet (6) , la vipère hajé (7) , la couleuvre à collier , la vipère de Fontainebleau (8) , celle à raies parallèles (9) ,
(1) Pl. V, fig. 126, n* 8.
(a) Pl. V, fig. 128, n» 5.
(3) Pl. V, fig. 128, n" 4.
(4) Pl. V, fig. 109, n°8.
(5) Pl. V, fig. 126, n» 9.
(6) Pl. V , fig. 109, n" 8 cl 9.
(7) Pl. V, fig. 127, n" 8.
(8) Pl. V, fig. ,32, n" 9.
(9) PI. V, fig. ,33, n'7.
le lézard vert (1), le lézard gris (2). Chez le crocodile vulgaire (3) et le crocodile à deux arêtes (4), on n'aperçoit pas de pédicule à la partie antérieure de la base des hémisphères. Chez; le caïman (5) , le pédicule est aussi prononcé que chez les ophidiens et les lacertiens ; chez les batraciens , le lobule olfactif vient s'appliquer immédiatement contre les hémisphères (6) . Le pédicule du nerf est si court, qu'il Faut détacher ce lobule pour le distinguer (7). Chez les tortues de terre , un petit pédicule se détache aussi de l'hémisphère (8) , et va rejoindre un très-petit lobule (9) , comme on le remarque chez la tortue grecque (10). Ce n'est plus la même chose chez les tortues de mer (11); chez la tortue franche (testudo mydas) , le lobule olfactif vient se confondre avec la base des hémisphères du cerveau (12) , comme cela arrive chez certains mammifères ; un léger sillon à la face su-
(1) Pl. V, fig. 110, n° 11.
(2) PL V, fig. 128, n° 5.
(5) Pl. V,fig. m7, n»7.
(4) Pl. V, fig. 118, n°6.
(5) PI. Y, fig. »35, n° 7 et 8.
(6) Pl. I, fig. 16, n° 5.
(?) Pl. V, fig. 1S1 ,«n° 16.
(8) Pl. V, fig. ia5, n" 12.
(9) Pl. V, fig. i25, n° 11.
(10) Pl. V, fig. 125, ri0 11 et 12.
(11) Pl. V, fig. 122, n" 1G et 17.
(12) Pl. V, fig. 122, n" i5 et 16.
NERF QE LOLFACTION. 267
périeurc (1) et inférieure (2), le distingue des hémisphères; le même sillon se continue en dehors (3) et en dedans de ceux-ci (/j). Si on déplisse les hémisphères , on observe l'implantation du nerf dans ce lobule par des stries médullaires très-déliées (5) ; mais je n'ai jamais pu les suivre jusqu'aux faisceaux d'épanouissement des pyramides (6) ; celle-ci s'arrête dans le milieu de l'hémisphère (7). Chez les reptiles, les racines du nerf olfactif deviennent donc plus extérieures que chez les poissons osseux ; chez ces derniers , on voit avec la plus grande facilité qu'il est en quelque sorte le point de terminaison des pyramides et des pédoncules du cerveau ; chez les reptiles , il m'a été impossible de découvrir cette liaison. L'implantation du nerf olfactif paraît se faire dans le milieu des feuillets qui forment les hémisphères cérébraux.
Chez les oiseaux , les racines du nerf olfactif deviennent toùt-à-fait extérieures aux hémisphères cérébraux (8) ; ce sont des rubans aplatis de ma-
(1) Pl. V, fig. ug, n° i5.
(2) Pl. V, flg. 122 , n" i5.
(3) Pl. V, fig. 120, n» 8.
(4) PI. V, fig. 120, n° 14.
(5) Pl. V, Cg. izi, n» 9.
(6) PI V, fig. 121, n°f.
(7) PI- V, fig. ,21, n" i5.
(8) Pl. IV, fig. 88, n' 7
tière blanche (1), qui paraissent toucher à peiner» la base des hémisphères (2) ; bien différens desi poissons osseux, dont les racines sont tout-à-fait l profondes , et des reptiles , dont les racines , quoique plu? superficielles que chez ces derniers, ne* sont jamais distinctes par des faisceaux blanchâtres, les tortues de mer exceptées (3). Ce caractère du nerf olfactif des oiseaux les rapprochebeaucoup des mammifères.
C'est à tort, en effet, que JVillis, H aller et lai plupart des anatomistes qui les ont suivis, ont ditl que chez les oiseaux les racines du nerf olfactif I n'étaient pas distinctes de la substance des hémisphères ; que de même que chez les reptiles , ceux-i ci se prolongeaient en s'amincissant dans l'organe de l'olfaction ; ces ornithotomistes célèbres ontl été induits en erreur par l'examen de l'encéphale des poules et des canards domestiques, chez lesquels cette origine est en effet très-confuse. Pour : rendre évidente la disposition du nerf olfactif (/|) à la base de l'encéphale (5) , qu'il me soit permis! de décrire les diverses préparations que j'en ai i faites avec soin , et dont je présente une partie des dessins dans ce Précis.
(1) Pl. IV, fig. 98,n»io.
(2) Pl. IV, fig. 88, 98, n° 7 et 10.
(3) PJ. V, fig. lai, n' 9.
(4) Pl. IV, fig. io3, u° i5.
(5) Pl. IV, fig. 96, n- 9.
NERF DE L'OLFACTION. i>()9
Si on considère la base de l'encéphale de l'autruche de l'ancien continent , on aperçoit sur la partie moyenne de l'hémisphère une bande médullaire d'un blanc nacré ( 1 ) , formant un arc , dont la convexité est en dehors et la concavité en dedans; en arrière, l'extrémité de ce ruban se porte vers un sillon (2) , qui sépare le lobe antérieur (3) d'un autre lobe (4) , dont la saillie est très-marquée ; en devant (5) , ce cordon médullaire vient se rendre dans un bulbe (6) , situé en devant de la >base des hémisphères cérébraux , et qui est l'anaiogue du lobule olfactif des poissons et des reptiles. J'ai trouvé cet arc simple, mais beaucoup unoins prononcé chez le coq vulgaire , chez la poule, «le dindon , le canard domestique , le canard musiqué , l'oie , la bernache , le faisan doré , le faisan argenté , le pinson , le verdier, la mésange , la iliaotte, le chardonneret, l'hirondelle (7), le roitelet (8).
Chez d'autres oiseaux , comme chez la cigogne iblanche (9) , on trouve à la partie postérieure de
(1) Pl. IV, fig. 98, n°io."
(2) Pl. IV, fig. 98, n° 12.
(3) Pl. IV, fig. 98, n° i5.
(4) Pl. IV, fig. 98, n- 9.
(5) Pl. IV, fig. 98, n» i7.
(6) Pl. IV, fig. 98, n» ,..
(7) Pl. IV, fig. 92, n" 6.
(8) Pl. IV, fig. 94, n» 6.
(9) Pl. IV, fig. io3, n° 10.
ce ruban un nouveau faisceau blanchâtre ( 1 ) , formant avec le précédent une figure semblable à celle-ci < ; l'arc inférieur se porte de.dehors en dedans, et va rejoindre , sans s'y confondre , l'entrecroisement des nerfs optiques (2). J'ai rencontrece second ruban chez l'orfraie , la grive , le fou de bass.an , l'aigle royal , le perroquet d'Afrique (5) et sur beaucoup d'autres oiseaux. Enfin une troisième disposition plus rare est celle d'un petit arc 1 médullaire rayonnant, dont la convexité est en dedans et la concavité en dehors (4) , s'élevant dans le milieu de l'espace circonscrit parles deux m précédons ; j'ai fait représenter cette troisième racine chez la bondrée commune (5) ; je l'ai rencontrée sur beaucoup d'oiseaux de proie , le van-, tour, le corbeau , etc.
Ce n'est donc pas , comme on l'a dit , la pointe proprement dite des hémisphères cérébraux qui forme les nerfs olfactifs ; les racines de ce nerf sont produites , comme chez les mammifères , par des faisceaux médullaires appliqués à la base des." lobes antérieurs ; tantôt il n'y a qu'un seul nu ban , comme chez l'autruche (6) ; tantôt deux ,
(1) Pl. IV, fig. io5, n° 11, 10 et 17.
(2) Pl. IV, fig. io3, n° 18.
(3) Pl. III, fig. 82, n°6.
(4) Pl. IV, fig. 88, n°6.
(5) Pl. IV, fig. 88, n* 6 et 7.
(6) Pl. IV, fig. 98, n° 10.
comme chez la cigogne (1) , et plus rarement trois, comme chez la bonclrée (2).
Mais quel que soit le nombre de ces faisceaux blanchâtres , il» appartiennent toujours à la racine externe du nerf olfactif-; la racine interne des mammifères manque constamment chez les oiseaux ; on n'en voit aucun vestige , ni chez le casoar (3), ni chez l'autruche (4) , ni chez la cigogne (5) , ni chez l'hirondelle (6) et le roitelet (7). Je l'ai en vain cherchée chez les poules , les oies , les canards , les faisans , les perdrix , les pigeons ; son absence est un fait constant dans toute cette classe.
La racine externe formant un ruban aplati et lisse comme chez l'autruche (8) et la cigogne blanche (9) , ou dentelé à sa partie interne , ainsi qu'on le remarque chez la bondrée (10) et chez plusieurs oiseaux de proie, décrit un arc plus ou moins convexe (11), selon qu'elle se termine plus
(1) Pl. IV, fig. io3, n° 10 et 18.
(2) Pl. IV, Gg. 88, n°6et7.
(3) PL HI, fig. 79, n" M et 10.
(5) Pl. IV, fig. io3, n° 17.
(6) PL IV, fig.9a,n-6.
• (7) Pl. IV, fig. 94,n° 6.
(8) Pl. IV, ûg. 98, n* 10.
(9) Pl. IV, fig. io3, n* i3.
(10) Pl. IV, fig. 88, n" 7. x (n) Pl. IV, fig. 88, n« 7 et 9.
27'! ANAT0MIE COMrAl'.ÉK DU CERVEAU,
en devant (1) ou plus en arrière de la base du lobe (2). La partie antérieure et interne de cette racine se continue presque immédiatement avec le rayonnement excentrique de l'intérieur de l'hémisphère chez certains oiseaux , comme on le voit sur le casoard (3), et avec l'extrémité antérieure de la lame rayonnante des hémisphères , ainsi que je l'ai représenté chez le perroquet d'Afrique (4)- Par ce moyen, ce nerf est en communication directe avec l'épanouissement des pédoncules du cerveau dans l'hémisphère , ainsi que le montre le déplissement de celui-ci chez la bondrée commune (5).
Cette analogie des racines des nerfs olfactifs des oiseaux et des mammifères est surtout importante pour la détermination des parties qui composent les hémisphères cérébraux des oiseaux. L'arc médullaire- convexe (6), qui en constitue la principale , est sans aucun doute l'analogue de la racine externe du nerf olfactif de l'homme, des singes (7) , du phoque (8) et du faisceau blan-
(1) Pl. IV, fig. 98, n° 12 et 10.
(2) Pl. IV, fig. io5, n° i5.
(3) Pl. III, fig. 83, n° 1:.
(4) PI III, fig. 86, n"9.
(5) Pl. IV, fig. 91, n» 9.
(6) Pl. IV, fig. 88, n" 7; fig. 98, n* 10; fig. io3, iT i5; fig. 96, n8 9; fig. 92 , 11° 6 ; fig. 94 , n' G.
(7) Pl. VIII, fig. .97, X. .
(8) Pl. IX , fig. 208, X.
châtre externe du processus olfactif des mammi^ fères inférieurs (1). Si cela est, nul doute aussi que le sillon où cette racine se termine en arrière (a) ne soit le correspondant de la scissure de Sylvius , chez les mammifères , l'homme, les singes (5), le phoque (4), etc. J'ai déjà indiqué les variétés que présente le lobule olfactif chez les oiseaux; j'ajouterai seulement ici que je n'ai pu découvrir aucune influence de ce lobule sur le développement des hémisphères du cerveau ; il n'en est pas de même chez les mammifères j comme nous le verrons plus bas.
Dans cette dernière classe, le nerf olfactif offre des variétés très -essentielles , dans son volume et ses rapports avec les hémisphères cérébraux. Pour s'en faire une idée juste , et apprécier ses connexions , il faut le considérer d'abord dans ses faisceaux d'insertion , dans le tronc qui résulte de leur union , et dans l'intervalle compris entre ces faisceaux.
Chez les reptiles, on ne voit point de faisceaux distincts sur la base du lobe cérébral (5) ; chez les oiseaux , il n'existe que la bande externe (6), dont nous avons indiqué les variations ;
(i) Pl. IX, fig. 2o3, K .
(a) Pl. tV, fig. 98, n° ia.
(3) PI. VIII, fig. ,94, S.
(4) Pl. IX, fig. 208, S.
(5) Pl. V, fig. 12a, n- iS.
(6) Pl. IV, fig. 98, n° 10
chez l'homme , il existe assez fréquemment trois filets filiformes d'insertion; chez le singe (1), le phoque (a) et le plus grand nombre des mammifères (3), il n'en existe que deux (4) , un externe (5) , l'autre interne (6) ; chez les mammifère» inférieurs , ces faisceaux sont confondus avec le lobe de l'hypocampe (7) , ils semblent faire partie du lobe antérieur (8) ; chez les cétacés , on n'en trouve plus de vestige (9) , ainsi que l'ont démontré M. le baron Guvier et M. le professeur Dumérii.
La racine externe , peu prononcée chez l'homme , est très-grêle chez les quadrumanes , comme on le remarque chez le drill (10) et le mandrill (11); elle augmente tout-à-coup chez le phoque (12); <| elle suit ensuite une progression croissante chez les carnassiers digitigrades , le lion (i3), la lou-
(1) Pl. VIII, flg 194, X, Y.
(2) Pl. IX, fig. 208, X, Y.
(5) Pl. XIII, fig. 249, X, Y. (4) Pl. XV, fig. 275, X, Y.
45) Pl. XIV , flg. 262 , X.
(6) Pl. XIV, fig. 26a, Y.
(7) Pl. IX, fig. an, K.
(8) Pl. IX, flg. 211, E , K.
(9) Pl. XII, fig. 234, L.
(10) Pl. VIII, fig. 197, X.
(11) Pl. VIII, fig. 194, X.
(12) Pl. IX, fig. 208, X.
(13) Pl. XIV, fig. 266, X.
NERF DE LOLFACTION. 2^
lie (i), là marte (â); chez les plantigrades , l'ours (3) , le raton (4) 5 chez les pachydermes , le cheval (5) , le pécari (6) ; chez les f ûmihans , le chameau (7) , le lama (8) ; et chez les rongeurs, le castor (9) , le porc-épic (10) et le kangùroo"(i 1).
Le faisceau interne ne partage pas la progression directe de l'externe , son volume est souiiiis à beaucoup de variations : Foible chez le drill (ia), le mandrill ( 1 3) , il est hors de toute proportion avec l'externe, chez le phoque (i4)> tnez Ie cas tor (i5) . chez le porc-épic (16) , chez le bouc de la HaUte-Egypte ( 1 7) j chez le cheval (18); il augmente chez certains carnassiers pldritigrades et
(1) Pl. X, fig. a53, X.
(2) Pl. XV, fig. 290, X.
(3) Pl. \t, fl<». a3i, X.
(4) Pl. VIII, fig. 300, X.
(5) PI, XV, flg. 275,^X.
(6) Pl. XVI, fig. 5oo', X.
(7) Pl. XIII, flg. 249, X.
(8) PI. XVI, fig. 29.5, X.
(9) Pl. XIV, fig. 258, X.
(10) Pl. XIII, fig. 25i , X.
(11) Pl. XVI, fig. 299, X.
(12) Pl. VIII, fig. ,97, Y.
(13) Pl. VIII, fig. 194, Y.
(1/,) Pl. IX, fig. 208, Y.
(i5) Pl. XIV, fig. 258, Y
• (16) Pl. XIII, fig. *5i,*tî
(17) Pl. XIV, -fig. 262, Y.
(18) Pl. XV , fig. 275, Y.
digitigrades, l'ours (1) , la marte (2), le lion (5); il devient de nouveau plus grêle chez la loutre (4) , J et le raton (5).
Relativement au point où ils s'insèrent, ces fais- I ceaux offrent une semblable variation.
L'externe correspond toujours à la proéminence latérale du lobe de l'hypocampe , dont il est la 1 continuation en dehors (6) : ce rapport est à peine I visible chez l'homme , à cause de l'atrophie du lobe de l'hypocampe, et de la saillie prodigieuse du lobe sphénoïdal; chez les singes, le premier de ces lobes (7) se dégageant un peu de la partie interne du second (8) , cette insertion du faisceau externe est déjà sensible, comme on peut le remarquer chez le mandrill (9) et le drill (10): « chez le phoque, l'affaissement subit du lobe sphénoïdal (11) met à nu le lobe de l'hypocampe ( 1 2) et découvre le rapport du faisceau externe du nerf
(1) Pl. XI, fig. 25i , Y.
(2) Pl. XV, 6g. 290, Y.
(5) Pl. XIV, fig. *66, Y.
(4) Pl. X, fig. 233, Y.
(5) Pl. VIII, fig. 200, Y.
(8) Pl. XIII, fig. 249, H. X.
(7) Pl. VIII, fig. 197, H.
(8) Pl. VIII, fig. 197, D.
(9) Pl. VIII, fig. 194, X. H.
(10) Pl. VIII, fig. 197, X. H.
(n) Pl. IX, fig. «08, D.
(12) Pl. IX, fig. 208, H.
olfactif avec ce lobe ( 1 ) ; un sillon assez marqué sépare encore la racine du lobe (â) ; chez le lion (5), la marte (4) , le raton (5) , la loutre (6) , l'ours (7) , le kanguroo géant (8) , on voit de mieux en mieux l'implantation de ce faisceau sur la face externe du lobe. Ce rapport devient de plus en plus prononcé chez les pachydermes, le cheval (9) , le pécari (10); chez les ruminans , le lama ( 1 1 ) , le chameau ( 1 a) , le bouc de la Haute-Égypte (10); chez les rongeurs , le porc-épic ( 1 4) et le castor ( 1 5) : chez ces derniers il paraît être la continuation du lobe de l'hypocampe.
Si ce rapport est exact, on voit de suite qu'à mesure que le lobe de l'hypocampe se développe et se déjette en dehors , la branche externe du
(I) Pl. IX, fig. 208, H, X.
(a) Pl. IX, fig. 208, K.
(3) Pl. XIV, fig. 266, X, H.
(4) Pl. XV, &g. 290, H, X.
(5) Pl. VIII, fig. 900, H, X.
(6) Pl. X, fig. a33, H, X.
(7) PI. XI, fig. a3i, X, H.
(8) Pl. XVI, fig. 299, X, n° 17.
(9) Pl. XV, fig. 275, H. X.
(10) Pl. XVI, fig. 3oo, X, n° 17,
(II) Pl. XVI, fig. 295 ,X, H. '
(12) Pl. XIII, fig. 24g, X , H.
(13) Pl. XIV, fig. 262, X, S, H.
(14) Pl. XIII, fig. 25i,H, X.
(15) Pl. XIV, fig. ?,58, H, S, X.
2r]& ANATOMIE COMPAREE DU CERVEAU ,
nerf olfactif doit suivre son mouvement et se porter en dehors, aussi. C'est en effet ce qui existe : à mesure que vous descendez du singe (1) au phoque (2) , aux carnassiers plantigrades (3) , aux digitigrades (4) , aux pachydermes (5) , aux runiinans (6) et aux rongeurs (7) , vous voyez cette racine se porter de plus en plus sur la face externe de la base de l'encéphale ; vous voyez l'arc qu'elle décrit s'agrandir de même , en suivant rigoureusement la même progression.
La racine interne suit un autre rapport dans son insertion ; chacun sait qu'elle s'implante chez l'homme à la partie interne de la base du lobe antérieur , un peu au-devant de la jonction des nerfs, optiques. Son insertion se fait de la même manière chez les singes (8) , le phoque (9) , les carnassiers (10), les ruminans ( 1 1 ) et les rongeurs (12); mais à mesure qu'on s'éloigne des pre-
(.) Pl. VIII, fig. i97, X.
(a) Pl. IX, fig. 208, X. K,
(3) Pl. XI, fig..23i, X.
(4) pi. xv,fig. 29o, x.
(5) Pl. XVI, fig. 5oo, X.
(6) Pl. XVI, fig. a95, X.
(7) Pl. XVI, fig. *58,X.
(8) Pl. VIII, fig. 194, Y.
(9) Pl. IX, fig. 208, Y.
(10) PI. XV, fig. ego, Y,,
(n) pi. xiii, fig. 249,^:.
(12) Pl. XIV, fig. 308, Y.
{niera et qu'on se rapproche des derniers , \c point de son implantation" s'écarte de la jonction des nerfs optiques , dont la position est en quelque sorte fixe. On peut suivre cet écartement , dont nous allons apprécier bientôt l'effet, chez le mandrill (1) , le driM' (2) , le raton (3) , la loutre (4) , ta marte (5) , le cheval (6) , le pécari (7), le chameau (8) , le lama (9) , le porcépic (10) et le castor (1 1).
En s'écartant l'un de l'autre pour se rendre à leur point d'insertion , ces deux faisceaux circonscrivent un espace plus ou moins étendu sur la base du lobe antérieur ; cet espace est borné en dehors par le faisceau externe (12); en dedans, par le faisceau interne ( 1 3) ; en arrière , par la jonction des nerfs optiques (i/j.) et la partie anté-
(1) Pl. VIII, fig. j94, Y, n" a.
(2) Pl. VIII, fig. ig?,T,n°à.
(3) Pl. VIII, fig. aoo, Y, n" 2.
(43 Pl. X, fig. 223, Y, n" a.
(5) Pl. XV, fig. a9o, Y, n" 2.
(6) Pl. XV , fig. 275 , Y, n" 2.
(7) Pl. XVI, fig. 3oo, Y, n" 2.
(8) PL XIII, fig. 249, Y, n° 2.
(9) PI, XVI, fig. 295, Y, rr2.
(10) Pl. XIII, fig. 261 , Y, n" 2
(11) Pl. XIV, fig. 258, Y, n"2.
(12) Pl. XIV, fig. 262, X. •
(13) Pl. XIV, fig. 262, Y.
04) Pl. XIV, fig. a6ï, n* 2.
zSo ANATOMIE COMPAllÉE DU CERVEAU ,
rieure du lobe de l'hypocampe (1) ; en avant y par la réunion des deux faisceaux du nerf olfactif (a). Je nomme cette partie de la base du lobe antérieur, champ olfactif (3) ,
Si les rapports que nous avons donnés sur les diverses parties qui bornent le champ olfactif, sont vrais, nous voyons de suite que ce champ devra s'étendre à mësure que la racine externe des nerfs se portera en dehors , et que la racine interne se portera en devant en s'éloignant des nerfs optiques. C'est en effet ce qui est. Ce champ, très -étroit chez l'homme, très -étroit chez les singes, le drill (4) et le mandrill (5) , ^augmente d'étendue chez le phoque (6) ; chez les carnassiers plantigrades, l'ours (7) , le raton (8) ; les digitigrades , le lion (9) , la loutre (10), la marte (11); chez les pachydermes , le cheval (12), le pécari ( 1 3) ; chez les ruminans , le
(1) Pl. XIV, fig. 26a, H.
(a) Pl. XIV, fig. 262, n° 1.
(3) Pl. XIV, fig. 262, R.
(4) Pl. VIII, fig. 197, X, n» a.
(5) Pl. VIII, fig. 194, Y, n" a.
• (6) Pl. IX, fig. 208, R.
(7) Pl. XI, fig. 23 1 , R.
(8) Pl. VIII, fig. 200, R.
(9) Pl. XIV, fig. 266, R.
(10) PI. X, fig. a35, R.
(m) Pl. XV, fig. 290, R.
(i'a) Pl. XV, flg. 275, R.
(i3) Pl. XVI, fig. 5oo, R.
lama (r), le bouc de la Haute-Égypte (2), le chameau (3) ; et chez les rongeurs, le porcépic (4) et le castor (5). Il manque complètement chez les cétacés (6).
Chez les oiseaux , la racioe interne du nerf olfactif n'existant pas, le champ olfactif est circonscrit par la racine externe. L'arc que forme cette racine vient se terminer en devant , à la partie interne du lobe ; il résulte de là que chez les oiseaux le champ olfactif est circonscrit à peu près de la même manière que chez les mammifères , ainsi qu'on le remarque chez la poule , la perdrix , le faisan, le difidon, l'oie, labernache, le corbeau, l'autruche' (7) , la bondrée (8) , l'hirondelle (9) 3 le roitelet (10) , la cigogne blanche (11).
Chez les mammifères , le champ olfactif va donc en s'étendant à mesure qu'on descend de l'homme aux rongeurs; cette progression est la même que celle que suivent dans cette classe le développement
(1) PI. XVI, fig. 295, R, S.
(a) Pl. XIV, fig. 262, R.
(3) Pl. XIII, fig. 249, R.
(4) PI. XIII, fig. »5i, R, n" 2.
(5) Pl. XIV, fig. a58, R, S.
(6) Pl. XII, fig. 234, L, n' 2.
(7) Pl. IV, fig. 98, n- 16.
(8) PI. IV, fig. 88, n" 6 et 7.
(9) PL IV, fig. 92, n"6et6.
(10) Pl. IV, fig. 94, n"5 et 8.
(u) Pl. IV, fig. io3, n' 17.
des fosses nasales et la projection de la face en avant ; on pourrai t en quelque sorte en déterminer l'étendue, d'après les belles recherches de M. le baron Cuvier, sur la mesure de l'angle facial.
Les deux racines du nerf olfactif et les trois chez l'homme (i) , forment en se réunissant un tr©>nc unique (2) , situé sur la partie interne de la base du; lobe antérieur et interposé entre le lobe de l'iiypocampe (3),, le champ olfactif (4) etLelmlbe olfactif (5). On a nommé ce faisceau, tronc du nerf olfactif chez l'homme; processus olfactif chez les mammifères : je substitue à ces dénominations celle de pédicule du nerf olfèuetif ',. parce que seule elle convient à cette partie elxez les mahimifères , les reptiles et les poissons ; les oiseaux en sont dépourvus , par la raison que noua allons indiquer.
Le pédicule olfactif résultant de la réunion des deux faisceaux d'insertion, on voit que son existence est assujettie à celle de ces deux racines d'implantation. Or nous avons vu que tous les oiseaux sans exception sont, dépourvus de la racine interne; ils ne sauraient donc avoir le pédicule olfactif ; on n'en aperçoit en effet aucune trace sur la base de l'encéphale des oiseaux. C'est peul-
(1) La troisième- racine de l'homme prend son insertion ur le tiers externe environ du champ olfactif.
(2) Pl. VIII, fig. 194, n* 1.; Pl. IX,fig. 208 , n° 1. (5) Pl. IX, ûg. 208, H.
(4) Pl. IX , flg. 208 ,-R.
(5) Pl. IX, fig. 208, E,
NERF DE L'OLFACTION. s83
être ce qui a induit en erreur les ornitholomistes, et leur a fait croire que le nerf olfactif procédait de la partie antérieure des hémisphères cérébraux.
Quoi qu'il en soit, il résulte de la disposition des faisceaux qui forment ce pédicule chez les mammifères , que son volume devra être proportionné à celui de ses racines;. Or ces racines , suivant d'une manière générale une progression croissante de l'homme aux quadrumanes, aux carnassiers, aux ruminans et aux rongeurs , le pédicule olfactif devra donc suivre le même rapport. Il le suit, en effet , à une exception près.
Ce pédicule filiforme , chez l'homme , chez les singes, le mandrill (1) , le drill (2) , devient d'un volume si considérable .chez les carnassiers digitigrades, le lion (3) , la loutre (4) , la marte (5) , s ur tou t chez les plantigrades , le raton ( 6) , 1' 0 urs ( 7 ) , qu'on lui a donné le nom de proeess-m; if accroît encore chez les. pachydermes (S) , le cheval (9) , le pécari (10) ; chez les ruminans, le houe (11.) , le
(0 Pl. vin, fig. 194, n° 1.
(2) Pl. VIII, fig. 197, n°i.
(5) Pl. XIV, fig. 266, n° h
(4) Pl. X, fig. 223, n»,.
(5) PI XV, fig. 290, ii° 1.
(6) Pl. VIII, fig. 200, n* 1.
(7) Pl. XI, fig. 23i, n° 1.
(8) Pl. XV, fig. 275, n" 1.
(9) nid.
(10) .Pl. XVI, fig. 5oo, n' 1.
(n) Pl. \IV, fig. 262, u-i
2 8/| ANA'i'OMIE COMPARÉE DU CKttVEAU ,
lama (1), le chameau (2) ; et chez les rongeurs r le porc-épic (3) et le castor (4). Son développement est donc proportionnel à celui de ses racines, principalement de l'externe. Ce principe trouve dans le phoque une singulière exception. Le pédicule est en effet très-délié chez ce dernier animal (5) , quoique les faisceaux qui le constituent soient très- volumineux (6). Je n'ai pu m'expliquer cette anomalie, que j'ai vérifiée sur quatre phoques.
L'appareil olfactif, considéré à la base de l'encéphale , se compose donc , dans ces familles de mammifères , de quatre parties distinctes , non compris le lobule olfactif: i° du pédicule olfactif (7) ; 2° de ses racines interne (8) et externe (9) ; 3° du champ olfactif (io)'; 4° du lobe de l'hypocampe (11).
Chez les mam mifères inférieurs , toutes ces parties se fondent les unes dans- lés autres; les racines,
(1) Pl. XVI, fig. a95, n° 1.
(2) Pl. XIII, fig. 2Z19, n° 1.
(3) Pl. XIII, fig. a5i,n° 1.
(4) Pl. XIV, fig. a 58, 11" 1.
(5) Pl. IX, fig. 208, n° 1.
(6) Pl. IX, fig. 208, X, Y.
(7) Pl. XVI, fig. 299,11-1.
(8) Pl. XVI, fig. 299, Y.
(9) Pl. XVI, fig. 299, X.
(10) pi. xvi;fig. 399,11/
(11) Pl. XVI, fig. 299, n° 17
NJJRF DE L'OLFACTION. 285
le pédicule, ne sont plus distincts du champ olfactif et du lobe de l'hypocampe : elles forment par leur réunion, un lobe considérable , ayant la forme d'un cône aplati en dedans , occupant presque toute la base de l'encéphale (1). Cette réunion, déjà effectuée chez le coati, le blaireau, la fouine , est encore ; plus marquée chez l'agouti (2)- et le tatou (3). Chez les premiers, le lobe est distinct en avant de la base du lobe antérieur; chez les derniers , tout le lobe est envahi , à une petite "bande près (4) , qui se remarque encore en dehors (5) ; chez le hérisson (6) , la taupe (7) , l'écureuil , les musaraignes, la chrysoclore, les rats, le zemni (8) , les chauve-souris (9) ; toute la base des hémisphères cérébraux est formée par le lobe del'hypocampe (10) etlechamp olfactifréunis (11); le lobule olfactif est rejeté en avant des hémi-
(I) Pl. IX, fig. 211 , H, K.
(a) Ibid.
(3) Pl. IX, fig ao3, H, K.
(4) Pl. IX, fig. an, G, I.
(5) Pl. IX, fig. a63, G, F.
, (6) Pl. XVI , fig. 297 , H , G.
(7) Pl. XIV, fig. 260, H , C, II.
(8) Pl. XV, fig. 272 , G , H, C, H.
(9) Pl. IX, fig 204, S, F, E ; fig. 2 1 4 , G, F, E.
(10) Pl. IX, fig. 214, G ; Pl. XIV, fig. 260 , II ; Pl. XV, fig. 272 , H , Ç , H.
(I I) Pl. XV, fig. 27a , C , H ; Pl. XIV, fig. 260 , C , H ; Pl. XVI, fig. 297, L , G; Pl. IX, fig. 204, L, F; fig. 214, L, F.
286 ANÀTOMIE COMPAIiÉE DU CÈRVEAU ,
sphères ( 1 ) ; le nerf de l'olfaction acquiert donc une prédominance de plus en plus marquée, à mesure qu'on descend de l'homme aux quadrumanes , au phoque , aux carnassiers , aux ruminans et aux rongeurs. Celte progression croissante du nerf, quoiqu'en rapport avec l'étendue des fosses nasales dans ces différentes familles , a néanmoins été méconnue , par la raison que quelques anatomistes n'ont considéré comme racines du nerf ^ que les faisceaux blanchâtres qui rampent le long du pédicule olfactif; la matière grise qui constitue ces derniers leur paraissait étrangère au nerf même; elle était, selon eux, destinée à soutenir les faisceaux blanchâtres , dans leur marche de la scissure de Sylvius au lobule olfactif. Ce soutien des faisceaux blanchâtres leur paraissait nécessité par la diminution des lobes antérieurs, qui vont en décroissant de l'homme aux quadrumanes , aux carnassiers ; aux ruminans et aux rongeurs. Mais cette opinion tombe d'elle-même par la considération du nerf olfactif des oiseaux ; dans toute cette classe le lobe antérieur est plus atrophié encore que chez les derniers mammifères ; la matière grise du processus olfactif a complètement disparu; néanmoins les faisceaux blanchâtres suivent leur mar-
(1) Pl. L\, fig. 204, L, E; fig. 206, Lt E; fig 214 > D , E ; fig. m5, L, E; Pl. XVI, fig. 296, h, E; Pl. XTV, fig. 256, L, E; Pl. XV, fig. >;o, L, E; fig. 291 , L, É.
MiRF DE L'OLFACTION. 287
flfae ordinaire de la scissure de Sylvius ( 1 ) à la partie antérieure de l'hémisphère (y), où se trouve ordinairement le lobule olfactif, ainsi qu'on peut lo voir chez la bondrée (5) , l'hirondelle (/j) , le roitelet (5), l'autruche (6), la cigogne (7) , le perroquet (8) , la poule {9) , et chez tous les oiseaux sans exception.
Chez les derniers mammifères , où le pédicule et le champ olfactif sont réunis , le pédicule est creux ; il existe au centre un petit canal qui pénètre en arrière dans la partie antérieure du grand ventricule des hémisphères, et en avant, dans une cavité située au milieu du lobule olfactif. Cette disposition chez ces animaux est l'état embryonnaire permanent des mammifères supérieurs; chez les embryons des carnassiers, des pachydermes et des ruminans, le pédicule et le lobule olfactif sont creux ; leur cavité communique également avec le ventricule latéral des hé misphères. Chez le mouton , j'ai observé cette eommunication jusqu'à la fin du troisième mois;
(1) Pl. IV, fig. 96, n° 9.
(a) Pl. IV, fig. 96, n° i 5.
(5) Pl. IV, fig. 88, n"6et7.
(4) Pl. IV, fig. 92, n° 5 et fi.
(5) Pl. IV, fig. 94, n- 5 el G.
(6) Pl. IV, Gg. 98,,r,o.
(7) Pl. IV, fig. io3, n' Ï3 et 18.
(8) Pl. III, Ûg. 86, n» 9.
(9) PL III, fig. 4«, a* 8.
288 ANATOJtflE COMPARÉE DU CERVEAU,
chez le veau , jusqu'au milieu du quatrième. Je remarque chez un embryon de cheval de cette époque de formation , une fente en arrière,' qui met en rapport le ventrioule avec l'intérieur du champ et du lobule olfactif. Les jeunes embryons des singes sont dans la même condition; elle existq chez l'embryon humain pendant le cours du deuxième mois ; le célèbre Tiedemann l'a constatée comme moi. Chez les embryons hydrocéphales , ces cavités sont beaucoup plus larges , la sérosité s'étend des ventricules latéraux dans la cavité du lobule olfactif, par l'intermède du canal du. champ et du pédicule olfactif. J'ai observé ce fait sur deux embryons humains , sur un lapin , sur un embryon de renard et de veau. C'est même d'après ce fait pathologique que j'ai été conduit à la connaissance de cette disposition dans les embryons bien conformés.
Ces rapports ne sont pas les seuls qui rapprochent les embryons des singes et de l'homme des mammifères inférieurs : le champ olfactif, le pédicule olfactif et le lobe de l'hypocampe se rapprochent d'autant plus chez les embryons des quadrumanes et de l'homme, de l'état où on observe ces parties chez les rongeurs, qu'on remonte davantage dans la vie utérine : il est très-curieux de considérer l'étendue du nerf de l'olfaction chez l'embryon humain du troisième au quatrième mois , et chez les singes vers le tiers de leur gestation. A quoi lient le développement prodigieux de
NERF DS LOLFACTION. 289
ce nerf? Le sens de l'odorat serait-il exercé dans l'intérieur de l'utérus? on l'ignore, et probablement on l'ignorera toujours , par la difficulté d'acquérir sur ce sujet des notions précises. Une remarque que nous devons ajouter ici , c'est que chez les embryons, l'étendue des fosses nasales n'est pas proportionnelle au volume du nerf de l'olfaction. Ainsi plus on descend vers les mammifères inférieurs, plus les nerfs de l'olfaction sont développés ; plus on remonte dans la vie utérine des mammifères supérieurs , plus ils se rapprochent , sous ce rapport , des dernières familles de celte classe.
Une des observations les plus curieuses de ces derniers temps est celle <le l'absence du nerf olfactif chez les cétacés (i). M. le baron Cuvier est le premier à qui elle est due ; M. le professeur Duméril en a donné la véritable explication , en montrant qu'elle coïncidait avec l'atrophie de l'organe de l'olfaction chez ces animaux ; j'en assigne la cause en déduisant ce fait de la.loi générale , que les nerfs ne naissent pas de l'encéphale pour se rendre aux organes; mais qu'ils suivent une disposition inverse. Les fœtus monstrueux à trompe sont dans le cas des cétacés: chacun sait, depuis les derniers travaux de M. Geoffroy-Sain t-Hilairc, que cette monstruosité est formée par le déplacement de l'ethmoïde et des os nasaux , et par l'ab-
(•) Pl. XII, fig. a3/j, I.
sence du sens de l'odorat. Or avec la destruction \ de ce sens coïncide la non-formation du nerf olfac- j tif : j'ai Constaté ce rapport chez un fœtus de mouton , sur un de veau , sur un embryon humain , et j'ai en ce moment sous les yeux l'encéphale d'un embryon de cochon appartenant à cette espèce de monstruosité ; comme chez les cétacés , on ne découvre pas le moindre vestige de nerf olfactif. Le sens de l'odorat serait-il remplacé chez les cétacés par la cinquième paire ? nous examinerons plus bas cette question.
Voilà les différences principales que j'ai remarquées sur le rapport de ce nerf avec les lobes cérébraux dans les quatre classes ; en les présentant , j'ai voulu dégager les faits des conjectures aux- 1 quelles ils ont donné lieu ; voici néanmoins ces I conjectures. On a supposé que les nerfs de l'olfac- I tion prenaient leur insertion dans le corps strié; I mais aucun anatomisten'a pu montrer ce rapport , I qui est , du reste , en opposition avec le développe- -I ment de ces corps chez les mammifères , ainsi que I l'ont montré Soemmering, Gall et M. le baroml Cuvier. M. Cuvier a même détruit pour toujours; cette hypothèse, en faisant voir que les cétacés ; privés de nerfs olfactifs avaient conservé leurs ; corps striés. Je pourrais ajouter que ce rapport est détruit également par la considération 1 de cet organe chez les oiseaux ; plus encore parcelle des reptiles, dont le corps strié est sii atrophié en comparaison du développement du>
OïERF DE L'OLFACTION. 29 1
nerf olfactif. Enfin , je ne sais comment on pourrait montrer cette connexion chez les poissons où le corps strié manque, et qui possèdent néanmoins (surtout les poissons cartilagineux) des pédicules olfactifs si volumineux.
Une opinion qui chez les mammifères paraît plus probable , est celle qui considère les liaisons du nerf olfactif avec la radiation externe de la commissure antérieure. Malacarne est le premier qui l'ait émise, Rolando L'a adoptée, M. de Blainville l'a reproduite depuis peu ; Wicq-d'Azyr l'avait lui-même entrevue. Chez l'homme, on voit la racine externe du nerf olfactif s'insérer par l'un de ses faisceaux sur les rayons externes de la commissure antérieure. Chez les singes et le phoque , on suit cette racine jusque sur le faisceau de terminaison de la commissure; je l'ai surtout bien vue, et soigneusement représentée , dans mon grand ouvrage, chez le drill , le mandrill, le papion. Chez certains ruminans , comme le bouc , la chèvre, le chameau , ce rapport est plus évident encore ; mais il m'a semblé que celte connexion chez ces mammifères , appartenait plutôt au lobe de l'hypocampe qu'à la racine externe du nerf olfactif. Chez les oiseaux , cette racine est évidemment en rapport avec la lame rayonnante des hémisphères ( i ) ; mais je n'ai jamais pu découvrir de liaison immédiate avec la commissure antérieure. Je n'ai pas
(1) Pl. IV, fig. 5i, n"6.
-g2 ANATOMIE COMPARÉE DU CERVEAU,
été plus heureux chez les reptiles. Chez certains poissons, les nerfs olfactifs communiquent l'un avec l'autre par une commissure transversale , qui leur paraît exclusivement destinée (i) ; je n'ai rien trouvé de semblable chez les poissons cartilagineux. On voit donc que sous ce rapport encore , l'anatomie comparée des quatre classes est loin de donner une solution générale de cette proposition.
Enfin MM. Gall et Spurzheim, après avoir annoncé que tous les nerfs se rendaient à la moelle allongée , n'ont pas même tenté de le prouver pour le nerf olfactif; ils ont seulement cherché à établir ses connexions avec le faisceau rayonnant des pédoncules , qui passe à la base des corps striés ; connexion qui devient d'autant plus sensible qu'on . s'éloigne davantage de l'homme pour se rapprocher des rongeurs.
Chez les oiseaux , j'ai remarqué que la partie postérieure de la racine externe se joignait d'une part avec la racine de la lame rayonnante des hémisphères (2) , etqu'elle communiquait ensuiteavec le faisceau des pyramides (3) , en passant au-dessus du prolongement des lobes optiques (4). J'ai fait représenter ce rapport chez le perroquet (5); je l'ai suivi avec soin chez la poule , les faisans ,
(1) Pl. VII, fig. 187, 11° 9.
(2) Pl. III, fig. 82, n' 5 et 6.
(3) Pl. III, fig. 82, n° 6 et 4.
(4) Pl. III, fig. 82, iT io.
(5) Pl. III, fig. 82, n'4, 5, 6 et 10
l'oie, le cygne, la cigogne blanche, l'autruche et le casoar.
Je n'ai rien aperçu d'analogue chez les reptiles ; chez la tortue franche , les faisceaux du nerf olfactif disparaissent dans l'épaisseur de fhémisphère (i) , avant d'avoir rejoint le rayonnement des pédoncules cérébraux (2) ; chez la grenouille, le tupinambis, les lézards, les serpens, les crocodiles , on ne peut les suivre aussi loin que chez la tortue.
Chez les poissons osseux, on voit, en déplissant avec soin les lobes de l'encéphale, le nerf olfactif s'étendre jusque sur le prolongement des pédoncules (3). J'ai montré cette communication immédiate chez la morue (4) , chez l'égrefin (5) , la baudroie (6), la perche (7) et le merlan (8). Je n'ai jamais réussi à la suivre chez les poissons cartilagineux ; chez eux, le pédicide olfactif paraît être la continuation des hémisphères cérébraux (9).
Voilà les différences fondamentales que présente le nerf de l'odorat chez les vertébrés ; au-
(1) PI. V, fig. 12i,n'9.
(2) Pl. V, fig. 121,11' 7.
(3) Pl. VII, fig. 166, n* 7 et 8.
(4) Pl. VII, fig. 166, n° 7.
(5) Pl. VII, fig. 181 , n°6.
(6) Pl. VII, fig. 189, n° 4 et 6.
(y) Pl. VI, fig. i36, n°3 c* 6.
(8) Pl. VI, fig. i47 , n°6ct3.
(9) PL VI, fig. i38, n" i5cl 16.
tour d'elles se rattachent les modifications qu'il présente dans les familles d'une même classe , ou les espèces d'une même famille. Ces différences essentielles pour apprécier le développement de ce nerf et celui du sens auquel il se rattache , deviennent surtout importantes par les modifications qu'elles font subir aux hémisphères cérébraux, soit dans les classes inférieures, soit chez les mammifères. C'est principalement à cause de cette dernière circonstance, que nous chercherons à apprécier ailleurs , que nous nous sommes un peu appesantis sur ses variations.
Ces données générales de l'anatomie comparative sont confirmées par la pathologie et la physiologie expérimentale.
Si une maladie affecte matériellement le champ olfactif de l'homme, l'odorat de ce côté est perdu à des degrés qui coïncident avec l'étendue de la désorganisation.
Si le champ olfactif est détruit en totalité , l'odorat est entièrement anéanti : la membrane pituitaire du côté correspondant est insensible aux odeurs les plus fortes , aux irritans les plus actifs ; le malade ne sentira pas l'ammoniaque liquide.
Si le champ olfactif est altéré des deux côtés en même temps, et par des maladies successives, le malade est entièrement insensible aux odeurs.
Si les deux champs olfactifs sont affectés à des degrés différons , il peut avoir complètement perdu
NERF DE LOLFACTION. 20,5
l'odorat d'un côté, et conserver encore faiblement l'impression des odeurs du côté le moins malade.
Le même résultat se remarque , mais à des degrés moins marqués , s'il n'y a qu'une des racines du nerf qui soit atteinte par l'altération organique. Chez les malades que j'ai observés, l'altération matérielle de la racine externe a paralysé l'olfaction d'une manière beaucoup plus prononcée que l'interne. Dix -neuf ouvertures de sujets ayant succombé à des paralysies ont confirmé ces résultats.
La physiologie expérimentale vient encore appuyer cette vérité. Saucerotte est l'auteur de cette découverte; voici son expérience (1 ) : Ayant enlevé sur un chien la partie antérieure des hémisphères cérébraux jusqu'à la commissure antérieure, il remarqua entre autres accidens , que l'odorat était complètement détruit : car (dit-il) je lui versai dans les narines de l'eau vulnéraire très- forte, lui mis sous le nez un flacon de sel d'Angleterre très- pénétrant > lui brûlai des allumettes soufrées, sans qu'il parût en rien sentir. Le champ olfactif avait été détruit des deux côtés.
Sur des chiens où ce champ n'a été enlevé que d'un côté , la narine correspondante a été frappée d'insensibilité complète ; on peut enlever la membrane pituilaire avec un bistouri sans que l'animal paraisse en avoir la conscience. Chez les mammi-
(1) Prix de l'Académie royale de Chirurgie, tom. IV, in-8 , png. 3i4«
fères , le siège de l'olfaction paraît se porter de plus en plus en arrière, à mesure qu'on descend de l'homme aux rongeurs. Chez les lapins et les cochons d'inde, l'altération artificielle du lobe de l'hypocampe détruit aussi l'odorat. Chez l'homme cet accident se remarque aussi , mais à des degrés beaucoup plus faibles.
Si chez les cétacés l'olfaction se fait par l'intermède des nerfs trijumeaux , le siège de l'olfaction est porté sur la moelle allongée en arrière du pont. Nous observerons des résultats analogues pour le sens de la vue.
Chez les oiseaux , le professeur Rolando a constaté la perte de l'odorat , après l'ablation des hémisphères cérébraux. On obtient le même résultat en n'enlevant de ces hémisphères que le tiers postérieur; ce qui correspond à l'insertion de la racine principale du nerf olfactif dans cette classe. Chez les grenouilles , la masse entière des hémisphères paraît destinée au sens de l'olfaction.
Ainsi les résultats fournis par la pathologie et par la physiologie expérimentale sont expliqués par ceux de l'anatomie comparée ; ces trois sciences se prêtent un mutuel secours: les données de l'une confirment les données de l'autre et en donnent l'explication. Je m'efforcerai de démontrer ce triple rapport toutes les fois que mes observations médicales et les expériences physiologiques me permettront de le faire avec avantage.
TABLEAU C OM l'A 11 AT IF
Des Dimensions du nerf olfactif chez les Mammifères.
Homme.
NOMS DES ANIMAUX
Patas (Simia rubra)
Magot (S. sylvanas)
Macaque (S. cynocephaltis)
Maimon (S. nemestrina)
Rhésus (S. rhésus)
Papion (S. spkjnx)
Mandrill (S. maimon)
Drill (S. leucophea. Fr. C.)
Sajou (S. apell'a)
Maki (Lemur macaco)
Rhinolophe uni-fer (Rhinolophus uni-
hastalus. G. S. H.)
Vespertilion (Vespertilio murinus). .
Hérisson (Erinaceus europœus). . . .
Taupe (Talpa europœa) •
Ours brun ( Ursus arctos)
Ours noir d'Amérique (17. amcricanus)
Raton ( U. lotor)
Blaireau ( U. mêles)
Coati brun ( V iverra narica)
Coati roux ( V. nasua)
Fouine (Mustela foina)
Loutre ( M. lutra)
Chien (Canis familiaris)
Loup, jeune {C. lupus).. .....
Renard (C. vulpes)
Hyène rayée (C hyœna)
Mangouste du Cap ( V iverra cafra) .
Lion ( Felis leo)
Tigre royal (F. tigris). ......
Jaguar (F. onça)
MESURES DU NERF
mètre.
MESURES DU NEUF
mètre.
o,oo3oo o,ooi53 o,oo233 0,00200 0,00280
o,oo35o
o,oo5oo
0,00200 0,00400 o,oo35o
0,00900 0,00000 0,00600 0,00700 0,00750 0,00600 o,oo3oo 0,00700 0,00600 o,oo5oo
o,oo3oo o,oo85o 0,01 1 5o o,ooy5o
Suite du Tableau comparatif des Dimensions du ner olfactif chez les Mammifères.
NOMS DES ANIMAUX
Panthère (F. par dus)
Couguar (F. discolor) . .
Lynx (F. lynx)
Phoque commun (Phoca vitulina) . .
Kanguroo géant ( Macropus major.
Phascolome (Phascolomys. G. S. H.)
Castor (Castor fiber).
Lérot (Mus nitela)
Zemni (M. Typklus)
Marmotte (M. alpinus)
Ecureuil (Sciurus vulgaris )
Agouti (Cavia acati) - .
Tatou ( Dasypus sexcinctus )
Pécari (Sus tajassu)
Daman (Hyrax capensis)
Cheval (Equus caballus)
Ane (22. asinus)
Zèbre ( E. zébra)
Chameau à une bosse ( Camelus dro-
medarius)
Lama (C. llacma)
Cerf (Cervus elaphus). „
Bouc commun (Capra hircus). . .
Bouc de la Haute-Egypte
Taureau (Bos taurus). .......
Mouton ordinaire
Dauphin ( Delphinus delphis ). . . .
Marsouin (D. phocœna)
MESURES DU NEUF
mètre.
0,00700 o,oo55o o,oo5oo
o,oo3oo o,oo55o 0,00400 o,oo55o o,ooa5o 0,00900 0,00200 0,01400 0,00700 0,00900
0,01000 0,00600 o,oo5oo o,oo5oo 0,00600 0,01 100 0,00600 0,00000 0,00000
TABLEAU COMPARATIF Des Dimensions du nerf olfactif chez les Oiseaux (1).
NOMS DES ANIMAUX
Aigle royal (Falco ckrysaëtos). . . .
Pygargue (F. ossifragus) ,
Bondrée commune (F. apivorus). . .
Buse commune (F. buteo)
Roitelet (Motacilla regalas)
Hirondelle (Hirando urbica)
Alouette (Alaada arvensis)
Moineau [Fring'dla domestica). . . .
Pinçon (F. cœlebs). ........
Linotte (F. tinaria) >
Serin (F. canaria)
Chardonneret (F. carduelis)
Verdier (Loxia clitoris)
Corbeau (Corvus corax)
Pie (C pica)
Perroquet amazone
Perroquet d'Afrique
Poule (Phasianas gallus)
Faisan argenté (P. nycthemerus). . .
Faisan doré (P. pictas)
Pigeon (Columba palumbus)
Perdrix [Tetrao cinereas)
Autruche du continent (Strut/iio ca-
melus.)
Casoar (S. casuarius)
Cigogne blanche (Ardea clconia). . .
Cigogne ncire (A. 7iigra)
Fou de Bassan (Pclccanus bassanus.)
Oie (Anos anser)
Cravant [A. bernicla)
Canard musqué [A. moschata). . . .
Canard ordinaire {A. bosclias). . . .
MESUfiES DU NEUF.
mètre.
o,ooa5o 0,00253 o,oo3oo o,ooi5o o,ooo5o 0,00075 0,00100 0,00075 0,00100 0,00075 0,00075 0,00075 0,00100 0,00200 o,ooi33 o,oo3oo 0,00200 0,00 i5o o,eoi 5o 0,00 i5o o,ooi53
o,oo35o o,oo3oo o,oo5oo
. 0,00200 o,oo235
o,oo233
(1) Nous avons vu que le pédicule olfactif n'existe pas chez les oiseaux; »c nerf est formé par le faisceau externe des mammifères; c'est donc Io diamètre de ce faisceau dont ce tableau contient les dimensions.
TABLEAU COMPARATIF Des Dimensions du nerf olfactif chez les Reptiles.
NOMS DES ANIMAUX
Tortue grecque (Testudo grœca). . .
Tortue couï (T. radiata)
Tortue franche (T. mydas)
Crocodile vulgaire (Crocodilus nilo-
ticus. G. S. H.)
Crocodile à deux arêtes (G. biporcatus).
Caïman
Monitor à taches vertes (Tupinambis
maculatus)
Lézard vert [Lacertaviridis)
Lézard gris (L. agilis).
Caméléon vulgaire (L. africana). . .
Orvet (Anguis fragilis)
Couleuvre à collier (Coluber natrix).
Vipère hajé (C. haje)
Vipère à raies parallèles
Grenouille commune (Rana esculenta.)
MESURES DU NERF
mùtre.
o,ooo5o 0,00175
0,00075 0,0007a o,ooo5o 0,00075 0,00066 o,ooo5o o,ooo4o 0,00100 0,00066 0,00075 0,00075
Nerf di l'olfaction. 3oi
tableau comparatif Des Dimensions du nerf olfactif chez les Poissons.
NOMS DES ANIMAUX
Lamproie de rivière (Petromyson fluviales) - . .
Requin (Squalus carcharias)
Aiguillât (S. acanthias)
Ange (S. squatina)
Raie bouclée (Raya davata)
Raie ronce (R. rubus)
Raie (R. bâtis.)
Esturgeon ( Jcipenser sturio)
Brochet (Èsox lucius)
Carpe (Cyprinus carpio).
Tanche (G. tinca)
Morue (Gadus morrkua)
Egrefin (G. eglefinus)
Merlan (G. merlangus)
Turbot (Pleuronectes maximus). . . .
Anguille (Murœna anguitla)
Congre (M.conger)
Gronau (Trigla lyra)
Baudroye (Loohius piscatorius). . . .
MESURES DU NERF
mètre.
o,oo5oo 0,00200»
o,ooi5o o,oo335
o,ooi33 o,ooi33
0,00066 o,ooi33 0,00100 0,00075 0,00100 o,ooo33 0,00100 0,00066 0,00066