‹ Anatomie comparée du système nerveux considéré dans ses rapports avec l'intelligenceChapitre 106 sur 144 · DU CHIEN ET DU LOUP · texte numérisé non relu

DU CHIEN ET DU LOUP

creuse un terrier ; d’autres fois il $ empare du terrier d’un blaireau ou de celui qu'habite une famille de lapins. « Si l'on a mis un piège à l'entrée de, son terrier , il resterait 15 j jours sans manger, plutôt que À SOrLir ; mais si par fortune , un lapin qui était resté caché dans.ce terrier, en cest sorti et È est laissé prendre au piège, le renard ne craignant plus le piège, sort aussitôt. » (1) M

Il n'y a pas d’attachement durable entre 1e mâle et la femelle ; celle-ci, lorsqu'elle est prête à, mettre bas, prépare : dans son terrier, un lit de feuilles destiné à 5% petits: Devenue mère, elle brave des dangers qu’en tout autre temps ;- . elle aurait fui. Quoique entourée de pièges , "elle sort pour” chercher des’ provisions et si elle est trop souvent poursuivie elle déloge emportant sa famille avec elle. |

- On r’apprivoise le renard que dificilement et incomplètement ; on à essayé de l'accoupler avec le chien, maison n’y a pas réussi.

D’après Buffon, il ny a rien de bon dans le oies que sa peau: nous ne pouvons guère, en effet, retirer autre chose des cet animal, mais les facultés qu'il possède ne le rendent pas moins digne de notre attention. Ses sens sou} exquis, il ne manque pas de courage et il a beaucoup d'adresse à la chasse, S'agit-il d'enlever un mouton, deux loups se réunis ile l’un.se se dirige vers le chien { qui garde le troupeau, se fait poursui : vre par ce chien qu’il éloigne ainsi des SE et le second loup profite de l'éloignement du chien pour enlever. sa:proie 4 s'agit-il, pour un loup et une louve d'attaquer une bête fauve? le loup se met en quête, poursuit l'animal et le met hors d’haleine ; la louve, qui d'avance, s’est placée à quelque défilé, le. reprend avec des forces fraiches etla bête PaNruine est vain-

sé Lit | +

(x) Leroy, op, cit., p. 30 et 31.

eue (1). C'est de la même manière que le loup attaque les

cerfs, les bœufs, ets les chiens.(2)

Ainsi que. Je renard, le loup fait des provisions, en cachant dans la terre les débris RAR qu’il n'a pu, manger ; le chien Sauvage a la même habitude, et parmi les ‘chiens domestiques, ceux qui Fe peu dans la société de l'homme, l'ont également. o#

Le loup n’a pas de terrier, il entre en amour une fois l'an, on présume. que le mâle reste avec la même femelle pendant

toute sa vie, cependant à l’époque du rut, le même mâle cher-

‘ che successivement plusieurs femelles ; celles-ci élèvent sou-

vent seules leurs petits, qu’elles retiennent environ deux mois au liteau , puis elles les conduisent à la chasse, et les gardent j jusqu’à l'époque où elles entrent en amour. Alors elles abandonnent leurs petits capables désormais de se procurer la nourriture dont ils ont besoin.

Il y a une antipathie naturelle entre le loup et le chien ; ces deux animaux ne peuvent pas se rencontrer ‘Sans se fuir ou se battre : cependant on est parvenu à faire couvrir une louve par un chien, mais ila fallu faire bien des tentatives avant de réussir (3). Pendant les premiers mois de leur vie, les loups sont moins féroces qu'ils ne le deviendront plus tard, mais presque jamais on ne parvient à adoucir leur caractère. La familiarité, l'apprivoisement dont ils: sont susceptibles , n’approchent pas de ce que nous observons, sous ce rapport, chez le chien. Ils ont beau être repris, ils n’en sont pas moins disposés à égorger les animaux plus faibles qu eux. Il y a une circonstance as laquelle ils se montrent timides et inoffen-

Ce |

(x) Leroy, op. cit., p.24.

(2) Buffon,sart, loup, {3) Buffon, art, loup et chien,

DU CHIEN ET DU LOUP. PIC) sifs, c’est quand ils sont pris dans un piège. Alors on peut les tuer sans qu'ils se défendent.

Le loup chasse la nuit plus souvent que cle; jobs ; le voisinage de l’homme le rend très prudent : jeune on le prend sans beaucoup de peine , vieux il est défiant et se tient toujours sur ses gardes. (1)

Le chien, tel que nousle connaissons en Europe et dans tous les pays civilisés, est pour le caractère et pour les mœurs, presque l'opposé du loup; mais, à l’état de nature, ces deux animaux se comportent presque absolument de la même manière. Dans les pays dé$erts, où sesont multipliés des chiens sauvages, ces animaux se réunissent en troupes qui se composent quelquefois de deux cents individus; ils chassent tous ensemble et ne

«craignent pas d'attaquer les sangliers, les taureaux, et même les lions et les tigres. Dans les pays barbares, ils se sont déjà rapprochés de l'homme et réflètent quelques-unes de ses qualités. Les voyageurs qui ont visité la Nouvelle-Hollande, disent qu'ils y ont rencontré des chiens attachés à leur maître à mais à leur maître seulement; du reste, hargneux , voleurs et incorrigibles, se jetant sur l’honime et sur les animaux avec la férocité du loup (2). Ces chiens ont la plus grande ressemblance avec les loups ; comme eux, ils mangent presque exclusivement de la chair crue et fraiche.

Le chien de berger et le chien-loup sont ceux qui, chez les peuples civilisés, se rapprochent le plus du chien sauvage que l’on à appelé aussi chien marron. « Ils lui ressemblent beaucoup, dit F. Cuvier, par les formes générales et par la délicatesse des sens ; mais le besoin de la société de l’homme

à (x) Leroy;rop. cit., p. 23: 4 x (2) The voyage of gover nor Philip to Botany-Ba.,in-%° Lond., 1 780, et Fréd. Cuvier, Observ, sur le chien des hakitags de la Nouvelle-Hollande,

Ann, du Musée, txt, p.

Fr 30

cest déjà très marqué en eux ; c’est l’ homme qui fait leur famille, et tous.les individus de leur propre espèce auxquels ils ne Sont pas habitués, sont traités en étrangers, dès qu’ils se présentent. Cependant ils ne portent d'affection qu'aux seules personnes qui les protègent; ils s’attachent exclusivement à celles qui les nourrissent; toutes les autres ne leur sont rien; leur dépéndancé ne va pas jusqu’à les Soumettre à tous les hommes en général, comme quelques autres races. Aussi leur fidélité est- cle sans bornes, quoiqu ils soient très peu caressans,

« Ïls ne supportent lés corrections que jusqu’à un certain point; au-delà duquel ils fuient ou se défendent. Tous les objets | qui sont la propriété deleur maître et sa personne surtout, sont défendus par'eux, avec un dévoiment sans bornes. La faim ne suffit plus pour les déterminer à s'emparer d’une proié. * Ïls ont très peu de voix, comparativement à d’autres races, et leur activité est extrême. Chargés d’une surveillance, continuelle, leur repos est rare et léger, et quel que soit l'abondance de leür nourriture ils consérvent l'habitude de cacher les restes de leur répas, en les enfouissant. (1)

Les chiens dogues, ceux que loi commet à a garde des fermes et qui n’ont pour maîtres que des paysans mal faconnés, ont, dans le Caractère, une rusticité, une sauvagerie que l'on ne retrouve plus chez les chiens habitans des Villés.

Les formes du chien, son Organisation se modifient d’une manière très marquée par le genré de vie auquel on le Stnét, ét les qualités physiques ou morales que l’homme ést parventt À lui donner, sé transmettent, jusqu à un certain point, par Ja génération. Aucun animal n ’6st aussi modifiable" TE léchien, aucunne présente plus de variétés. Îl est de tous les animaux lé meilleur élève de l’homme, et souvent il en. estle meilleur : ami.

LR à NE " | à k (x) Fr, Cuvier, op7 cit, p. 460. di

| DU CHIEN ET DU LOUP. 467 Ce serait une chose incroyable, si elle n'était vulgaire, que la facilité avec -laquelle les chiens entrent en communauté d'idées et de sentimens avec l’homme. Ils comprennent, nonseulement les choses qui-sont à leur usage, mais celles qui y paraîtraient les plus étrangères, et l'éducation qû ils reçoivent n'a pas seulement pour résultat de perfectionner LUS qualités i innées,, mais aussi de leur en. donner de nouvelle 1 " IL n’est personne qui n’ait eu occaëion de voir quelques uns de ces chiens, appelés chiens savadns, et qui n'ait été frappé de leur intelligence. ‘Les plus remarquables en ce. genre que l’on ait montrés à Paris, depuis un certain nombre d'années, élevés par dés ftaliens, avaient chacun reçu un nom; c’étaient Munito, Fido et Bianco. Le premier faisait, disaiton, des choses incroyables; mais comme jé ne l'ai pas vu, j'aime mieux parler seulement des deux autres que jai observés avec autant de surprise que de plaisir. , Fido et-Pianco appartenaient au même maître, M °F arima, qui les montrait au public. L’affiche portait : à “4

« 1° Fido composera tous les mots dela Jangue italienne ( qu on lui dictera, répondra à toutes. les demandes qui lui seront faites et traduira les mots suivans, en dictant seulement les nombres correspondans et en désignant s'ils doivent être traduits en français, en italien, ‘en latin, en anglais, en allemand : ou en grec. ÿ

Cinquante mots étaient écrits se ces six langues, et numérotés ainsi : Red | #

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