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Rarement les chiens retombent dans les fautes pour lesquels ont les a plis; ils savent par des gestes et des cris sur la signification desquels on ne peut pas se tromper, demander pardon à leurs maîtres; ils ont même le sentiment du juste et de injuste, ainsi que l'on peut s’en convainere par le récit
à (x) Dureau dé Lamalle, Mémoire sur le développement des facultés intellec-
tuelles des animaux sauvages el rt Lu à l’Institut, le 2 mai 1830. Ann, des Sciences naturelles, t, xxxr, 1831.
L72 FACULTÉS DU RENARD, du fait suivant qui s’est passé sous les yeux de M. Arago :
« M. Arago se trouva arrêté p?r un orage, dans une mauvaise auberge, ? à quatre lieues de Montpellier. Il n’y avait qu'un poulet à lui donner pour dîner, il commanda qu'on mit ce poulet à Ia broche. La broche était munie d’un tambour où l'on faisait entrer des chiens qui donnaient le mouvement. L'un de ces chiens était dans la cuisine. L’aubergiste voulut le prendre, le chien se cacha, montra les dents, se refusa obstinément aux injonctions de son maître. M. Arago surpris, en demanda la cause. On lui répondit que le chien résistait, parce que c'était le tour de son camarade. M. Arago demanda qu’on alt chercher son camarade. Celui-ci arriva et, au premier
signe du cuisinier, il entra dans le tambour et tourna la broche pendant dix minutes. M. Arago, pour rendre l’expérience décisive, fit arrêter la broche et sortir le chien, puis ordonna qu'on appelât le chien. qui s'était montré si rétif. L'ordre fut exécuté. L'animal, dont le refus avait été si obstiné, convaincu que son tour de corvée était venu, èntra de lui-même dans le tambour et se mit à tourner. »
M. Dureau de Lamalle (1), auquel j'emprunte ce récit, ajoute que quatre gros mâtins noirs tournaient la brochegau collège de la Flèche, dirigé alors par des jésuites. Ces ln conhaissaient parfaitement leur tour de service et se révoltaient constamment, comme contre une injustice évidente, lorsqu'on voulait les contraindre à une corvée qui devait être Ste par un de leurs camarades. 1e
Fréville (2) à fait un livre de plus de trois cents pages sur l'attachement, la reconnaissance, l'adresse des chiens les plus célèbres dont il ait été fait mention, et l’on regrette que ce livre soitsi court, car on pourrait entreprendre de faire de
(+) Op. cit, fa} Les chiens célébres, 3° édit, Paris, in=8 de 3352 pages,
DU CHIEN ET DULOUP. 473 nombreux volumes sur ce sujet, et la matière ne manquerait pas. Là, ce sont les chiéns du mont Saint-Bernard qui vont à la découverte des voyageurs haletans et couverts de neige, pour les conduire au couvent; là, ce sont d’autres chiens exercés à retirer de l’eau les hommes en danger de se noyer; dans les bergeries, des chiens souvent plus soigneux des intérêts du troupeau que le berger lui-même; dans toutes les fermes, des chiens qui gardent les propriétés de leur maître. Combien de fois des voyageurs attaqués en chemin v’ont-ils pas dû leur salut au courage et au dévoûment de leur chien? Et des hommes qui seraient restés enfouis dans des carrières sileur chien ne les en avaient délivrés, soit en allant chercher du secours, soit en Creusant eux-mêmes une issue pour délivrer leur maitre. |
Le nombre des crimes que les chiens ont aidé à découvrir est maintenant assez grand pour que, les cas échéant, les juges ne manquent pas de tenir compte des indications fournies par le chien dont le maitre aurait disparu, soit pour déterrer son corps, soit pour désigner l'assassin.
Enfin, il n’est pas rare que des chiens se laissent mourir d’inanition, sur la tombe de leur maître, tant'ils sentent vivement la perte qu'ils ont faite, tant la vie sociale a affaibli en eux l'instinct de la conservation.
Je ne parle pas des ruses que les chiens emploient dans la poursuite du gibier, et de la docilité avec laquelle ils attendent qu'on leur abandonne une faible portion d’une proie à la conquête de laquelle ils ônt souvent lasplus grande part; la chasse est un talent qu’ils partagent avec les loups et les renards, et leur sobriété dans le cas dont il s’agit est une qualité qu’on leur à imposée par des traitémens sévères. À la chasse, ils sont animaux carnassiers; dans les-maisons, ils sont les compagnons et les amis de l'homme.
L74 F ACULTÉS
On a vu quelques exemples d amitié entre un chien et un cheval, un chien et un “bœuf, et même celui d’une passion violente d'un chien pour une truie; mais ces exemples sont rares; € "est. à l'homme que le chien s’est donné, ‘il aime son maitre plus que les chiens, plus même que sa propre famille.
Le chacal tient du “oup par sa férocité, et du chien par la facilité avec laquelle il se laisse approcher de l’homme; il vit avec.les animaux de son’ espèce, et ne chasse jamais seul. À défaut de proie récente, il fouille dans la terre, comme Vayène, pour y chercherides cadavres.
2° GROUPE. — Lion, tigre royal, jaguar ou tigre d'Amérique, panthère, léopard, once, cougouard, chat-cervier, caracal, ocelot, chat, queépard, hyène.
Tous ces animaux vivent de proie, et géné aiement il leur faut une proie vivante; ils ont moins d'intelligence que ceux du groupe précédent;.ils ne vivent pas en troupe, ni en famille; ils ne deviennent jamais domestiques, ne s’attachent pas à l'homme, et si quelques-uns d'entre eux consentent à vivre dans nos habitâtions, c’est parce qu is y trouvent une vie facil, abondante et douce, et non ous mous rendre des services. Dans les pays chauds et à l’état de liberté, ils sont tous au moins aussi féroces que le loup; en captivité et dans les climats tempérés, leur caractère paraît s’adoucir, on peut en RP QIREr -quelques-uns et se faire craindre des autres. je sh
Ils ne font pas de pr OVISIOn, et. tuent seulement pour salisfaire leur appétit du moment, et sans aucun instinct de prévoyance pour l'avenir. |
Ils ont moins d’odorat que le chien, le chacal; le loup et le renard; leur vue est faible pendant le jour, et s'accommode du crépuscule ou de la nuit.