‹ Anatomie comparée du système nerveux considéré dans ses rapports avec l'intelligenceChapitre 109 sur 144 · DES CHATS · texte numérisé non relu

DES CHATS

Dans leur manière de chasser, on trouve plus de prudence que de force, plus de ruse que de courage, Ils sautent ou grimpent beaucoup mieux qu'ils ne coufent, atigsideur arrive=t-il dé se tapir et de guetter une proie au lieu de lui don-

ner la chasse. k

On a établi entre le lionet le tigre” un contra} faucon plus grand qu'il ne l’est en réalité; Ja noblesse du lion a été vantée outre mesure, et la férocité du tigre à été exagérée, Il y a une grande analogie entre le caractère de l’un et de l'autre. Si l'on en croit Pline (1) : « Les lions sont. «glémens envers ceux qui les supplient; ils épargnent ceux qui se prosternent devant eux, et lorsqu'ils sévissent, c’est plutôt contre les hommes que contre les fermes, et is ne se jettent sur les enfans que lorsqu'ils ont bien faim. En Libye, on est persuadé que leur intelligence va jusqu’à comprendre le son des prières qu’on leur adresse. Pline ajoute qu’'il.a entendu raconter à une captive de Gétulie, qu'ayant rencontré un lion dans une forêt, elle l'avait fléchi en lui disant qu’elle était une pauvre femme, infirme, fugitive, et indigne de devenir la proie de celui qui commande aux autres animaux. » C'est*sur des contes de cetté natures qu est indé la réputation de clémence et de, magnanimité que | Jon a faite au lion.

On attribue à cet animal deux faits qui, S ils étaient vrais, obligeraient cependant: à croire non pas qu il comprend les paroles qu on lui adresse, mais qu'il est capable. de reconnaissanée et de souvenir envers ceux qui Jui auraient fait du bien, même au bout d'un temps assez long: Blessé à la patte, el guéri par Andiicies, un lion aurait reconnu cet homme contre lequel on voulait l’exciter à combattre, et au lieu de s’élancer sur lui, il l'aurait comblé de caresses. Un autre lion

{#) Pline, iv. virer, chap. 16, | ”

atteint d'un abcès à la patte, et guéri par les soins d’un homme qu'il aurait rencontré depuis, se serait jeté à ses pieds au lieu dé le dévorer. Il faudrait pour ajouter foi à ces histoires qu’elles fussent racontées par des hommes moins amis du merveilleux, que ne le sont ceux qui nous les ont transmises.

La nature du lion le porte à la férocité, et s’il est adulte, on parvient rarement à l’adoucir. [l faut alors beaucoup d’intelligence.et de tact pour s’en rendre maître et oser l'approcher. Jeune, on peut l'apprivoiser et l’habituer à une certaine obéissance. À cet âge, il est sensible aux caresses , et si on les lui a ménagées de manière à lui en faire un besoin, on peut conserver sur lui une certaine influence, même après la puberté. Nous avons vu à Paris, il y a quelques années, une ménagerie composée de la plupart des grands chats et notamment d’un lion très vigoureux et adulte qui luttaitavec son maître sans jamais lui faire aucun mal. La ménagerie du Jardin des Plantes possède maintenant un jeune lion, de la taille d’un lion adulte, qui bondit de joie quand on approche de sa loge, qui est avide de caresses et avec lequel M. Sénéchal, aide-naturaliste employé au Musée , a joué en se roulant avec lui sur l'herbe, pendant plusieurs heures, sans en avoir éprouvé aucun mauvais traitement.

S'il est douteux que le lion conserve quelque temps de la reconnaissance pour le bien qu’on lui à fait, il est certain qu'il se souvient des coups qu’on lui a donnés ou des menaces qu’il a pu croire dirigées contre lui. L'un des gardiens actuels de la ménagerie du Jardin des Plantes, voulant faire rentrer un tigre dans sa loge, s’'approcha brusquement de lui, armé d’une tige de fer. Le lion placé près de la loge du tigre et qui jusqu'alors avait paru assez inoffensif quand on ne l’approchait pas de trop pres, crut que le gardien voulait l'attaquer, ct de-

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puis lors quand il le voit, il le menace du regard et du geste. C’est du reste ce que font aussi la plupart des animaux féroces envers leurs gardiens, lorsque ceux-ci sont en habit de travail, car c’est en habit de travail que les gardiens les harcellent quelquefois pour les forcer à changer de loge. Habillés proprement, les gardiens sont moins souvent menacés, parce que les animaux dont il s’agit ne les reconnaissent plus.

Les lions sont très ardens en amour, et une lionne est parfois suivie de huit ou dix mâles qui s’entre-déchirent pour la posséder. |

L'amour maternel est vif chez la lionne, elle nourrit et protège ses petits qu’elle cache avec soin pendant les premiers temps de leur naissance; et si elle se voit poursuivie,

elle fait de nombreux détours avant de rentrer au gîte, afin de ne pas mettre ses ennemis sur la trace de ses lionceaux.

Dans les déserts où il ne peut connaître la puissance de l’homme , le lion ne craint pas d'attaquer une nombreuse caravane ; près des lieux habités, il est plus timide, ne s’avance : au’avec précaution, et l’on raconte que des enfans lui ont fait Jàcher prise. | |

Ni le lion, ni le tigre, ni aucun animal sauvage ne sont bien connus tant qu'ils sont à l’état de liberté ; en esclavage on ne les connaît qu’esclaves, mais si on ne peut, dans ce dernier cas, observer toutes leurs actions, on peut au moins étudier quelques-unes de leurs inclinations. Or, ce que l’on a été à même de juger, relativement au tigre, c’est qu'il n’est pas plus cruel que le lion, mais qu’il l'est autant; et qu'il faut également se tenir en garde contre l’un et l’autre.

Le jaguar est le tigre du Nouveau-Monde ; on le dit moins féroce que le léopard et la panthère, mais on à dit la panthère.plus féroce qu’elle ne l’est en réalité: Il se pourrait que | l'en eût conclu d’un individu observé pendant peu de temps,

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à tous les individus du même genre. Ce qui me portérait à croire qu'il en est ainsi, c’est que le jaguar qui est mainténant à la ménagerie du Musée, est presque toujours menaçant, et ne se sé jamais approcher. |

Pline assez crédule pour êtré riche en histoires sur les mœurs des animaux sauvages (4); parle, d’après le physicien Démétrius, de la rencontre qu’un homme aurait faite d’une paänthère, et du service qu il Jui aurait rendu. ;

« La panthère était conchée’an mitieu du chemin ,‘‘attendant qu’il passât quelquetvoyageur, lorsqu'elle fut tout-à-coup aperçue par le père du philosophe Philinus. Saisi d’effroi, le père de Philinus veut retourner sur ses pas, mais l'animal se roule devant lui, joignant aux caresses les plus pressantes , des signes de tristesse et de douleurs très intéiligibles, méme | dans une panthère. Elle était mère, et ses petits étaient tonibés dans une fosse d’où elle ne pouvait les tirer. Le père de Philitus fitée . la panthère désirait, il lui rendit ses petits, et celle-ci, Dônaissant de joie, l’'accompagna quelque temps pour lui témoigner sa réconnaissance. »

Quoi qu ‘ilen soit de la véracité de Démétrius, on peut assurer que les panthères sont plus douces que les jaguars, elles se laissent volontiers caresser. L'une de celles qui sont actuellement à la ménagerie, naturellement “méchante , se Haïsse approcher quand elle est en amour et cherche à être flattée. C'estau reste ce qui arrive à la plupart des autres animaux féroces. Des besoins vivement sentis donnent prise sur eux; ceux qui sont très avides de nourriture s'apprivoisent souvent par la nourriture; ceux auxquels on peut donner le besoin des caresses, finissent par ‘en éprouver tant de dd qu'ils en désirent toujours

. léopard ‘a les mêmes instincts tte la panthère, il sé

( 1) ne Hist,, vs vai, ch, xvrx,

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tient, dit-on, dans le voisinage des lieux où les autres animaux viennent s’abreuver ; là il les guette et saute dessus quand il les aperçoit à sa portée: flmonte sur les arbres comme la plupart des autres chats.

L'once se’laisse apprivoiser, et quand on 'a pris ar peut le dresser à la chasse.

Le cougouard ne s’attaqué pas seulement aux animaux sang chaud, comme font en général Jes individus appartenant à la famille des chats ; il se nourrit aussi de caïmans, de lézards, de poissons: et même de Hourgéons de palétuviers. C'estlui qu’on a surnommé le tigre-poltron, parce que, dit-on, quand il est repu, il fuit à la moindre apparence de danger.

Le lynx ou loup cervier est avide du sang et du cerveau des Animaux dont il s'empare, il abandonne le reste du cadavre pour Chércher une nouvelle proie.

Le caracal, faible quoique vorace, n ’osant pas Ut attaquer les animaux capables de se défendre, s attaché aux pas du lion pour manger, après lui, les restes de ses repas.

L ocelot, comme le Iynx, aïme mieux le sang que la chair; aussi détruit-il un grand nombre d'animaux : on prit un jour deux petits servals et on les donna à une chiénné qui avait du lait; ils dévorèrent leur nourrice. Le serval se tient presque toujours sur les arbres, et fait la chasse aux oiseaux plutôt qu'aux mammifères. Les autres chats diffèrent des précédens en des choses trop peu importantes pour mériter üne HSQUOR “spéciale, à l'exception SRE a di: du | guépard et du chat domestique. bd 1 4

L'aspect dé l’hyène est Foie, celui du NE a dé x majesté ; lés historiens de ces deux Mt ont écrit d’après

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