‹ Anatomie comparée du système nerveux considéré dans ses rapports avec l'intelligenceChapitre 112 sur 144 · FACULTÉS DE LA BELETTE · texte numérisé non relu

FACULTÉS DE LA BELETTE

sa poche, et y déchira un petit papier contenant de la viande qu’elle mangea.On a dit de l’homme qu’il est une intelligence servie par des organes; on pourrait dire de la belette qu’elle est un estomac servi par des sens exquis, et même par de l'intelligence. | |

- La belette de Buffon distinguait très bien le ton de Ia menace et celui des caresses, elle. reconnaissait son maître, et jouait avec un chien et un chat. Elle se montrait très ardente en amour, et il Jui est arrivé, dit Buffon, de se satisfaire sur un autre animal mort etempaillé.. |

L'hermine ne diffère de la belette par aucun caractère éssentiel, physique ou psychique. d

La martre et la fouine viennent à la suite des animaux précédens; elles se ressemblent pour les instincts et les mœurs, si ce n’est que la martre habite les bois, tandis que la fouine préfère les greniers. La martre s'empare ordinairement du nid de l’écureuil; elle en agrandit l'ouverture et y fait ses petits. Ni la martre, ni la fouine ne sont susceptibles d'éue apprivoisées. CO |

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> ts WE La martre sibétiill offre cela de particulier À elle habile

de: préférence le bord des fleuves; ‘du reste elle ressemble, sous le rapport psychique, aux animauxtprécédens.

La mouffette a été appelée enfant du diable,à cause de l’odeur insupportable qu'elle répand: Cette odeur qui est d'autant plus forte que l’animal:est effrayé, soustrait les mouffettes. à la poursuite de leurs ennemis, plus :efficacement encore | que l’encre répandu parles sèches ne ÉCRIN Les Que" ques à la voracité des poissons. ul cb Fa 9 À

De même que lés pulois; #les martres, etc., la ioufiette sort surtout la nuit, ce qui indiquerait qu'elle est destinée à épier les animaux et à les surprendre pendant leur sommeil; cepenz. . dant elle est peu vorace, et quand on‘ena féhu à la chaîne

DE LA MOUFFETTE, ETC, 487 ou dans des cages, on. les à vues préférer les végétaux, les in+ sectes et quelques mollusques, à la chair des animaux à sang chaud. La mouffetté: habite 1e fentes des rochers où elle élève quelque temps ses petits. (

Le ravage que le putois fait dans les basses-cours, la foie le fait dans les étangs; ses pattes pourvues de membranes natatoires, et laplatissément de son.corps la: rendent propre à se tenir facilement sur l’eau; elle plonge bien, et quoique les animaux dont elle fait sa nourriture n'aient d'autre moyen de défense que la fuite, cependant elle n’est dépourvue ni de. force, ni de courage; ni d'intelligence; elle évite les chiens, mais elle sait lutter avec eux, et pour la chasser des’ lieüx qu'elle habite, il faut que les eastors se réunissent en grand nombre. Q C MRTULE Nul :

Elle est sauvage et farouche; les efforts tentés pour Papprivoiser ont rarement réussi. On cite un-seul exemple de succès en ce genre : c’est celui d’une loutre apprivoisée par des religieuses, paraissant entendre ce qu’on lui disait, sachant quelquefois obéir et vivant dans une certaine familiarité avec un chat du couvent. Elle satisfaisait à ses besoins sans distinction de lieu et sans que les corrections aient jamais pu lui faire entendre quelles sortes de précautions on aurait voulu qu’elle prit. | Fa Pa ui

Tous les animaux mammifères dontila été question jusqu'ici sont, jusqu'à un certain point, perfectibles: L'expérience léur sert et lxprudence leur vient avec l’âge. La loutre ne fait point exception à cette règle et ons’ ms on moins facilement d’une vieille que d’une ; jeune loutre. : pe vice : Le lit sur lequel elle fait ses petits est construit herbes et de morceaux de bois, elle ne les garde avec elle que le temps nécessaire pour leur apprendre à à chasser. |

La civette et la genette tiennent, chi la coter site et

les instincts, du chatet du renard. Je n'ai vu qu'une civette vivante ; elle est à la ménagerie du Jardin des Plantes; on ne peut approcher de sa cage sans qu ‘elle menace de mordre comme un chat en colère. Elle s’ést fait uné large blessure au flanc gauche, en se mordant elle-même, et les gardiens n’ose- | raient +. os ouvrir sa cage pour la panser. Il est vrai-que sa cage est petite et que le malaise qu’elle en éprouve, peut contribuer à augmenter la férocité qui lui est naturelle. Buffon dit que la civette saute comme les chats et court comme les chiens ; qu’elle cherche, comme les renards à entrer dans les basses-cours, qu'elle ressemble à cet animal , surtout par la tête, et qu'elle voit dans M tsourités C’est donc un animal de transition pour les instinctset la conformation extérieure, entre les renards et les chats. J’ai dit en parlant de. son cerveau qu'on y trouve des caractères du cerveau du | renard et des caractères du cerveau de la fouine : j'aurai à parler des rapports qui lient le cerveau de la fouine à celui du chat : c’est ce queje ferai dans l’article suivant. La civette vit de chasse , et à défaut d'animaux, elle mange des racines et. des fruits. On peut l'apprivoiser. La genette est dans le méme cas, elle a dé plus, comme les chats, l’art d'épier et de prendre-les souris. L'hiver elle se tient dans un terrier, à la manière des lapins.

Un animal qui est domestique en Egypte, comme le chat l'est chez nous , mais qui est encore plus vif et plus courageux que le chat, c'est la mangouste. Non-seulement elle mange les rats et les souris, mais elle attaque les sérpens et lespetits crocodiles: elle est avide d'œufs;et prend également ceux de poule et d'oiseaux. Elle recherche aussi ceux de crocodile; dont elle s'empare avec beaucoup Nid * ce qui l'a rendue chère aux Egyptiens: À f

On a comparé la mangouste au blaireau, au tué, a la be-

DE LA CIVETTE: 489 lette, à la loutre. Elte. à des rapports avec ces animaux, mais ses “habitudes né V'identifient : avec aucun d'eux, pas plus qu la conforination de ses organes-extérieurs , pas plus que N | cerveau. © ï : |

Ici se termine la série des animaux € carnivores. Ce ne sont pas les plus nombreux, ni même les plus forts ; leur. apparition sur la terre est nécessairement postériéure à celle des autres animaux, et s'ils ne se faisaient pas la guerre entre eux, sile père et la mèreeux-mêmes ne maugeaient pas leurs petits, les autres animaux , plus faibles qu eux et souvent dépourvus de moyens de. défense + auraient bientôt cessé d'exister. Mais les carnivoresssont privés de ce qui fait la. füree des herbivores : ils ne s'unissent pas entre eux pour la | défense commune, et s’il en est qui attaquent de concert et

s'entendent pour la chasse, c'est le plus petit nombre, et ceux-là trouvent dans l'homme ‘un ennemi qui les combat presque toujours avec avantage. Dans les groupes qui vont suivre, plusieurs animaux sont omnivores, aussitbien que l'ours, le coati, le blaireau ; mais is née d’autres caractères qui les rapprochent des herbivores. Pr

Au reste, tous les naturalistes l'ont dit, il nya pas de dé- - marcation absolue à établir entre les animaux : on trouve entre ceux dont l’organisation et les instincts sont les plus opposés, des transitions nombreuses et variées, ‘des êtres intermédiaires, qui forment le passage des uns aux autres; et qui ne se groupent naturellement avec aucun d'entre eux. Ce qui m'importe ici, c’est donc moins de faire une elassification exacte des mammifères, que de Savoir si les transitions d'organisation qui existent entre eux, sont en rapport Constant et nécessaire avec les éradations de l'instinct et de l’intelli-

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490 :. FACULTÉS ’ $ ; Le : ds di , | j : Er 4 F5 ! “ Le LA ik ” À + nu GROUrs. = Ciauree-souris, dotssetie:

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J'ai éprouvé un gras embarras quand j'ai voulu coordonner les chéiroptères, te insectivores, les marsupiaux, lesrongeurs et les édentés, d'après la natüre de leurs instincts. Si je pa, À le.genre de: nourriture pour base de ma classification, j 'éloignais les uns des autres dés animaux d'une valeur psychique à à-peu-près égale, et j'en rapprochais d'autres qui différaient beaucoup entré eux. Ainsi la chauve-souris était séparée de la roussette,” et le castor se trouvait à côté de lu

nau ei de l'ai. Devais-je m’enstenir à quelqu une des, classifications adoptées par les naturalistes ? Non; car les naturalistés ont réuni dans un même ordre ; des animaux dissen -. blables par les. instincts, , : surtout en ce qui concerne les mammifères inférieurs qu ñl S 'agissait de diviser, *

J'ai cherché alors Si queue, action commune à ‘tous ces animaux ne m'ofrirait pas : uné mesure de Jeur intelligence, et j'ai trouvé qué 3 Lu manière dont ils se logené : serait pour moi un guide assez sûr. En adoptant cette base, je plais au dérnier degré de l’é ‘chellé les chauve-souris et les roussettés, l'unau etl'aï; au plus haut degré, . le rat musqué et. le castor. Ce mode était préférable au premier. Il est mai qu'il. place à ! côté les uns des autres des rONgEUrS; ; des édentés el des mar- SUpiAUx ; qu il divise les rongeurs en fractions. qui.se Lrouvent disséminés dans les! autres ordres, et réciproquement ; mais qu’ importe! s'il établit une gradation entre les intelligencés. Ce que je cherche, en effet. c'est de sayoir si cetie gradation existe, et quels en sont les caraëtèrés ; or, pour arriver. là, il faut, après avoir groupé les. cerveaux, grouper les inteHigences, afin de découvrir quellesorte de corrélation existe entré les faits matériels et les faits psychiques.

DE LA CHAUVE-SOURIS. À 491 Les chauve-souris sont au. plus bas degré, pour les facul- Les instinctives, dans la classe des mammifères : ‘elles habitent des cavernes, de vieilles masures, Sous Îes toits des grands édifices. Elles mangent des insectes et de la chair fraîche ou pourrie, Pendant l'hiver, elles sont engourdies ebne sortent pas de leur demeure ; aussi. ne font-elles pas de provisions. L'été et pendant le jour elles ne sortent pas non plus ; Mais le, soir et la nuit elles vont .à la chasse aux insectes. Réunies quelquefois en nombre infini, , on ne ‘peut pasdire cepehdant l qu'elles vivent en société, parce qu’elles ne se rendent. mutuellement aucun service,.et qu'elles n ont pas besoin les unes des autres. Il est difficile de croire que le male conserve quelque femps la femelle qu la fécondée ; quant à la mère, elle allaite.ses petits qui se cramponnent après elle, ds ce qu’ils soient en état de voler. *

: in)

Il paraît que toutes les localités entire lesquelles nous n 'a-

percevons pas de différences notables, ne sont pas les mêmes. | pour eux. À Paris, par exemple, c’està peine si on en trouve ; quelques-unes dans les combles -de l'église Notre-Dame ; il n'y en apas à St.-Sulpice, ni dans la plupart des autres églises, Fr tandis RE combles de l’église St- Gervais en “contiennent | dire qu qui sont disposés en croix. Pendant l'été, de chauvesouris se mettent toutes sous le’ comble qui répond au : midi ; et les troisautres quarts de l’année, elles se tiennent du côté du levant. Chaque année elles font la ème | migration. vi

La vétusté de la: charpente du toit de St. -Gervais ayant exigé, il y a quelque temps, que cette charpente fût entière- |

ment renouvelée, les chauve-souris furent obligées de cher cher un refuge aligné? mais, le toit rétabli, elles sont revenues s’accrocher. aux poutres neuves, en aussi grand nombre qu'elles l'avaient fait aux vieilles. - ÿ

492 FACULTÉS | La cause de leur migration ‘d’une partie de la toiture à V autres, pourrait être la différence dans l'intensité de la lumière qui y pénètre ; le lieu de leur séjour ordinaire est le plus obscur, 184 moins largement en contact avec l'air extérieur, et, par conséquent, celui où la chaleur se conserve davantage. Les chauve-souris ne voient que dans l'obscurité ; le tact Ainpiéet jusqu'à un certain point à cette imperféction ; car une.chauve-souris à à laquelle on a arraché les yeux, peut encore voler et éviter les obstacles placés sur son passage. ‘Il y à des chauve-souris qui sé nourrissent principalement de Chair; d’autres, de fruits seulement. Le vampire est » une chauve-souris d'Amérique qui s'attache aux animaux et se nourrit de leur sang : la roussette, au contraire, appendue aux arbres pendant le jour, vit de bananes, de pêches, de goyaves, de baies de guy êt du suc des plantes ombellifères. Je n'ai pas vu le cerveau du vampire ; mais j'ai vu le moule “de celui de la roussette : il sera curieux, en raison de la nature de l'instinct de cet animal ,:de comparer son cerveau avec celui de la chauve-souris Wainaiteé he

5° GROUPE. — ÜUnau, aï.»

Au même degré que la Movsonriss ou MÊME encore audessous, se trouvent les deux tardigrades Ou paresseux que l'on nomme l’unau et Vaï. La nature en a fait des plus lents, les plus lourds des animaux, et elle leur a donné pour nourriture des feuilles d’arbre et des fruits sauvages ! ! Il faut donc que ces pauvres bêtes, qui parcourent tout au plus une toise

"en une heure, grimpent Sur un arbre pour y trouver de quoi se nourrir. Ils y grimpent; mais avec des efforts: inouis, et quand ils y sont arrivés, quand ils ont mangé feuilles et fruits ( et que l’arbre n’a plus que du bois, , ‘comme il faudrait ? pe descéndre des efforts dont la plupart da temps ils ne sont pa

DE L'UNAU. d 498 capables, ils se laissent tomber par terre, et s'ils $e remettent de leur ch , ils se traînent vers un autre arbre.

Ces animaux n° ont aucune défense; ils ont l'air morne, le regard sans” vie. « Ils représentent, dit Buffon, le defbiier terme de l'existence, dans l’ordre des animaux qui ont de la chair et du sang. »

Je dirai'en quoi le cerveau de l’unau et de l'aï ressemble à celui du castor. ÿ

Tous les animaux compris dans le groupe suivant, rongeurs, insectivores, ‘édentés ou marsupiaux, ont cela de commun qui 4 se construisent une habitation souterraine. 6° GROUPE. — A. M vai marmotte, loir, leérot, mulot,

echimys, mérion, rat, souris, muscardin, rat d’eau, géo-

mys, hamster, campagnol, lemming, gerboïse, hélamys, oryctère, porc-epic, lapin, lagomys, cabiai, agouti, paca,

cochon-d'Inde. | bé LS s h On ne sait que peu de chose de l'aye-aye.. Il vit dans un ter-

rier, ne sort que la nuit; on le dit paresseux et d'humeur L® douce. Fr. ; La Hirmotle est mieux connue (1); elle est en grand nombre sur les montagnes de Ja Savoie, dont les. habitans l'apprivoisent pourla conduire» dans les pays voisins, où ils en font un objet de curiosité et de spéculation. Elle. se nourrit de viande, de pain, de fruit yde racines, d'insectes ; ; elle aime. le lait et le beurre. FACE Plusieurs marmottes se réunissent pour faire en commun l'habitation dans laquelle elles passent toute la mauvaise saison, à l’abri.du froid et de l'humidité, dans un état, de torpeu et d’engourdissement. Cet engourdissement nt est.

( 1) V, Gesner, Aldrovande, Buffon, ele.

49h ” FACUÉTÉS #

commun avec beaucoup d'autres 1 rongeurs ; l ours lui-même ; y tombe aussi, ét on ne doit pas attribuer ce phénomène seulement à l'influence du froid, car dans les pays chauds, on à observé qu'il avait également lieu» ©

Les marmottes, puisqu'elles sont engourdies dans leur ter- “ rier, n’ont pas besoin de faire de provisions ; dre: sie fontelles; jamais. Le terrain qW’elles : se construisent est fait en F, dont les deux branches ont chacune une ouvertüre qu’elles ferment pour le mauvais temps. C’est au fond du terrier qu'elles ‘déposent leurs: ‘excrémens. Tout l’intérieur de leur habitation est tapissé de’ “mousse et d’ herbe desséchée. Shox elles sortent pour chércher dela nourriture ou pour S ’ébâttre NY a toujours des sentinelles qui veillent pour les autres, et qui, à l'approche d’un ennemi, font entendre un sifflement qui est le spnat de là retraite. Au rapport de Gesner , la sentinelle est la dernière à rentrer; elle sait qu'elle est chargée de veiller ‘àla sûreté de ses compagnes.

On apprivoise facilement la marmotte ; ete ici prespt aussi docile que nos animaux domestiques. Elle éprouve dr les chiehs la même antipathie que pour les chats, et

se jette sur eux po. les mordre, surtout, assure- ton, si elle croit être soutenue par son maitre. 6

Aucun mammifère ne s élève sur ‘les PRHENÉE autant que . A marmotte, si.ce n’est le lagomys.

Le loir, le, érot, l'échimys ‘demeurent autant dans des fentes de rochers, dans des trous dé muraille que sous la terre; ils sont engourdis pendant une partie de l'hiver ; ils.se nourrissent de fruits, d'insectes, et font quelquefois ET guerre aux petits oiseaux ; ilen est de même du mérion, ;

e rat et la souris, analogues aux précédens quant ! à l'or- ‘ganisation, en diffèrent par les habitudes, en ce qu'ils sont

les parasites de l'homme dans l'habitation duquel ils se lo-

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