‹ Anatomie comparée du système nerveux considéré dans ses rapports avec l'intelligenceChapitre 115 sur 144 · C. Tatou, oryctérope, fourmilier, pangolin, ornithorinque · texte numérisé non relu

C. Tatou, oryctérope, fourmilier, pangolin, ornithorinque

Des substances végétales, des oiseaux et des insectes forment la nourriture du tatou qui loge dans un terrier creusé par lui, et dont il ne sort qu'après la chute du jour. IL n'attaque-jamais les grands animaux; mais il se défend à l’aide du test écailleux qui l'enveloppe; il se roule en boule, et présente ainsi de toutes parts, à ceux qui lui font la guerre, un bouclier impénétrable. |

L'oryctérope vit de fourmis et se tient dans un terrier; il en est de même des fourmiliers, du tamanoir et du tamandua. Ces trois dérniers plongent leur langue.dans une fourmilière et la retirent chargée de fourmis; ils mangent aussi quelques autres insectes. Le jour, ils se tiennent cachés dans leur terrier, et ne sortent que le soir : on parvient à les apprivoiser; ils sont courageux, quoique faibles, mais peu intelligens.

Il y à une grande analogie entre le pangolin et le tatou, même nourriture, même moyen de se défendre, même habitation, Le pangolin foriie, par son organisation et le test

écailleux dont il est revêtu, une sorte de trangition entre les

quadrupèdes et les reptiles. | wi

L'ornithorinque, comme la musaraigne d’eau et les desmans, se retire dans.des terriers communiquant à à des marais pleins d’eau; il se forme’aussi un nid sur les roseaux, avec des débris de plantes aquatiques. T1 se nourrit; à ce qu il parait, d'herbes et de grains. (1)

D. Sarigque, cayopollin, thylacine, phascogale, dasyure, péramèle, plalanger, potoroos, kanguroo, koala, phascolome.

Un caractère important sous le rapport de l’organisation et sous celui du soin des petits, réunit tous ces animaux dans un même groupe, plus encore que leurs instincts et leurs facultés. Les femelles ont une poche dans laquelle les petits, à peine formés, viennent se nicher et grandissent comme les fœtus des autres animaux grandissent dans le ventre de leur mère : les petits, quand ils sont devenus assez forts poursortir de cette poche, s’y réfugient lorsqu'ils se croient menacés.

Le sarigue ou opossum, le cayopollin vivent de racines, de fruits, de poissons, d'écrevisses, d'oiseaux, etc., ce sont de véritables omnivores. Le sarigue. est habile à attraper les poules; il mange des œufs, ce qui Le rapproche un peu de la fouine, de la marte, ete. Le thylacine est plus avide de chair que le sarigue et doit ressembler au loup par ses mœurs; le phascogale au contraire recherche surtout les insectes.

Le phascolome vit d'hérbe, il habite un terrier; ses habi-

tudes qui sont douces le rapprochent du lapin et du lièvre.

(r) V. Ann, des sci nat, février, 183753 Isid. Geoffroy-Saint-Hilaire , Dicr. elassique d'hist, nat, et Anthologie de Florence, L'xx\v, 1824.

DU SARIGUEÉ, ETC. 503

D’autres animaux, le dasyure (1), le péramèle, le phalanger, le potoroos et le kanguroo, pourvus comme le sarigue de la poche destinée à loger les petits, diffèrent trop du sarigue et des autres animaux dont il vient d'être parlé, pour trouver place ici. Aucun d'eux, excepté peut-être le péramèle, ne loge dans un terrier; le dasyure est tout-à-fait carnivore, le phalanger se tient sur les arbres où il se nourrit de fruits et d'insectes, le potoroos est seulement frugivore, ainsi que le kanguroo dont le caractère est très doux. |

E. Ecureuil, polatouche, muscardin.

Ces trois espèces d'animaux nichent sur les arbrés, les muscardins sur les branches les plus basses, le polatouche

(x) Le dictionnaire classique d'histoire naturelle, tome v, page 339, con= tient le passage suivant sur le dasyure à pinceau :

« Cet élégant petit animal était très franc, et ne cherchait point à mordre, quelques tracasseries qu'on lui fit, Fuyant la lumière un peu trop vite et recherchant l’obscurité , il se plaisait beaucoup dans la niche étroite qu’on lui avait préparée : lorsque, en doublant le cap Horn, on voulut la lui rendre plus chaude pour le préserver du froid, il arracha et jeta au-dehors toutes les fourrures qui la tapissaient. Il n’était pas méchant; mais on ne remarquait pas qu'il fût susceptible d’attachement pour la personne qui le nourrissait et le caressait, Chaque fois qu’on le prenait, il paraissait effrayé et se eremponnait partout à l’aide de ses ongles assez aigus. L’instant de ses repas était une scène toujours curieuse pour nous; ne vivant que de viande crue ou cuite, il en saisissait les lambeaux avec voracité, et lorsqu'il en tenait un dans sa gueule, il le faisait quelquefois sauter en l'air et l’attrapait adroitement , apparemment pour lui donner une direction plus convenable, Il s'aidait aussi avec ses pattes de devant; et quand il avait achevé son repas , il s’asseyait sur le train de derrière et frottait longuement et avec prestesse ses deux pattes l’une contre l’autre (absolument comme lorsque nous nous frottons les mains), les passant sans cesse sur l'extrémité de son museau, toujours très lisse, très humecté et couleur de laque; quelquefois sur les oreilles et le sommet de la tête, comme pour en enlever les parcelles d’alimens qui auraient pu s’y attacher. Ces soins d’une excessive propreté ne manquaient jamais d’avoir lieu après qu'il avait fini de manger, »

04 FACULYTÉS DU RAT .MUSQ UÉ et l’écureuil sur les branches élevées. Les deux derniers sautent et grimpent si facilement-qu' on dirait qu'ils volent; le polatouche, à cause de son agilité, a même été appelé ratvolant et écureuil-volant, |

Le polatouche et l’écureuil vivent de fruits et de graines; ils sont très doux, on les apprivoise sans peine, mais dès qu’ils peuvent recouvrer leur liberté et grimper sur un arbre, il est fort difficile de les décider à revenir. Ils dorment une grande partie du jour et ne sortent guère que le soir. En parlant de la chouette j'ai dit que, pour se cacher, elle se contente souvent de cacher sa tête, croyant n’être pas vue parce qu'elle ne voit pas; l’écureuil est mieux avisé, il se place toujours derrière l'arbre, et une forêt serait remplie de ces animaux, chaque arbre en aurait un ou plusieurs, qu'il serait difficile d’en apercevoir aucun, Leur industrie se montre bien dans la manière dont ils construisent leur nid; ce nid est impénétrable à la pluie, un couvercle en abrite l'ouverture, et l’intérieur en est d’une grande propreté.

Le polatouche et l’écureuil font des provisions qu'ils accumulent dans les troncs d'arbres.

F. Hat musque ou ondatra, castor.

Les meilleurs constructeurs, parmi les mammifères, sont l'ondatra et le castor. « Ils ont entre eux beaucoup d’analogie, ils vivent en société au moins pendant l'hiver, ils se bâLissent des cabanes habitées par une ou plusieurs familles ; et se placent toujours près des lieux qui peuvent leur fournir de l’eau et des racines. Si le lieu qu'ils ont choisi est bas, ils l’élevent; S’ilest trop élevé, ils le creusent et disposent l’intérieur par gradins où ils puissent se retirer au fur et à mesure que l'eau monte,

ET DU CASTÜR. 90

HA

« Leur habitation est très artistement construite, elle. est faite de joncs entrelacés, sa forme est celle d’un dôme; et, à l’intérieur, elle est enduite d’une glaise bien détrempée et recouverte d'une couche de jones secs.

« Ils se creusent des puits pour boireet se baigner, ils ont une fosse pour les excrémens et des galeries Eau aller chercher dés racines. » (1) | F:

Les constructions des castors, plus: considérables que celles du rat musqué, exigent des travaux qui feraient honneur à des ouvriers, surtout si l’on considère que, pour les exquter, les castors n’ont que leurs dents-et leur queue...» +

Réunis au nombre de plusieurs centaines au bord de lar rivière où ils veulent s'établir, ils s'occupent d’abord de maintenir l’eau constamment à. une égale hauteur ; pour cela, ïl leur faut une digue, ils la construisent de toutes pièces. Les uns coupent un arbre en ayant soin de faire la coupure. de manière à ce que l'arbre tombe dans l'eau et non du côté opposé. L'arbre tombé, ils en abattent.les branches, dont ils : font des pieux qu'ils enfoncent perpendiculairement dans le lit de la rivière. Ces pieux, rangés. en pilotis, so tous égaux en hauteur et placés Les uns contre les autres, de. manière que leurs interstices puissent être remplis avec de la terre. Des ouvertures sont pratiquées pour le passage de l'eauexcédant le niveau ; le nombreetle diamètre de ces trous varient sui- . vant l’ abondance” de l’eau.

Céla fait, Les castors se construisent de cabanes sur le bord de l’eau àun ou à plusieurs étages, ils S'Y1 logent par paires un mâle et une femelle, et chaque paire se réunit à d’autres pour

(x) Extrait de divers mémoires de M. Sarrasin, médecin du roi à Québec, sur le rat musqué, par Régumur : dans l’4#ôrègé des mémoires de l’Académie U :

des sciences , pour 1235; PF, t. v, p. 199.

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