‹ Anatomie comparée du système nerveux considéré dans ses rapports avec l'intelligenceChapitre 118 sur 144 · ET DES SOLIPÈDES · texte numérisé non relu

ET DES SOLIPÈDES

ne le défend pas, elle ne paraît pas s’en apercevoir. Toutefois, le bélier n’est pas aussi dégénéré que la brebis; il se bat avec les autres béliers, et ne ménage pas toujours le berger. Le mouton.ést le plus stupide des ruminans. '

Fr. Cuvier a fait sur les moufflons quelques expériences qui indiquent chez ces animaux une intelligence supérieure à celle des moutons, mais qui est cependant très bornée. Les moufflons. aiment le pain, et lorsqu'on leur en présente, ils viennent pour le prendre. On se sert de ce moyen pour les attacher avec un collier, afin de pouvoir, sans accident, entrer dans leur parc. Quoiqu’ils soient tourmentés au dernier point lorsqu'ils sont ainsi retenus, quoique le collier qui les attend soit placé devant eux, jamais ils ne se défient du piège; ils viennent constamment se faire prendre sans qu'il se forme d'association dans leur esprit entre le collier et l'appât.

La chèvre, quoique vivant avec l'homme, ne se dégrade pas comme le mouton; elle conserve ses qualités primitives , presque sans altération. Elle est vive, vagabonde, et pourtant très capable d’attachement, reconnaît son maître et se montre sensible aux caresses. On l’a dite capricieuse et inconstante, mais cela est vrai seulement de ses allures, car elle est attachée à celui qui la soigne, et on a vu des chèvres refuser toute nourriture et mourir de chagrin pour avoir perdu leur maître ou leur maîtresse. Il semble'que ce soit par suite d’une inclinas tion naturelle que R chèvre s'attache à l’homme, car même dans les pays inhabités, oh ne devient pas sauvage.

La gazelle, le kevel et les autres ‘antilopes ont beaucoup de rapports avec la chèvre ; ils sont vigilans, reconnaissent lé danger, fuient avec vitesse, mais s’il n’est plus temps de fuir et qu’ils soient surpris , ils se défendent courageusement. On les trouve réunis en famille de cinq ou six individus.

La girafe diffère plutôt des autresruminans par sa taillé et

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ses allures que par ses facultés; elle est douce, se laisse facilement conduire.et vit aussi par petite troupe.

De tous les ruminans, le chevreuil est celui qui présente le plus d'intérêt : je rapporterai textuellement ce qu’en dit Buffon, afin d'éviter le soupçon de partialité que les phrénologistes pourraient être tentés de concevoir contre moi, quand je comparerai les facultés du chevreuil aux circonvolutions du cerveau de cet animal. j

« Le chevreuil a plus de vivacité, plus de courage, plus de finesse, plus de ressources d’instinct que le cerf :ilest plus gai, plus leste; plus docile, plus rusé, plus adroit. Il est très rapide à la course, et s’il est poursuivi, il fait des détours très multipliés avant d'être fatigué, il revient sur ses pas, retourne, revient encore, et lorsqu'il a confondu, par ses-mouvemens opposés, la direction de l'aller avec celle du retour, il se sépare de la terre par un bond, et se jetant de côté, il se met ventre à terre, et laisse, sans bouger, passer près de lui, la troupe de ses ennemis.

« Il demeure en famille; le père, la mère et les petits vont ensemble; on ne les voit jamais s'associer à des étrangers ; ils sont aussi constans dans leurs amours que le cerf l’est peu; comme ils naissent ordinairement au nombre de deux à chaque portée, un mâle et une femelle, les petits prennent l’un pour l’autre un attachement très vif et qui dure toute la vie(1). Si l’un d'eux est pris, l’autrellui survit rarement.

« La femelle du chevreuil cache avec soin ses petits; si elle aperçoit quelque danger, elle se laisse chasser pour détour-

Fe

ner les chasseurs.

(r) Le eut a plus d’intelligence que le cerf et le daim} ‘cependant ce sont toujours les petits d’une même portée qui s’apparient. La‘parenté, dans le mar age, me serait-elle donc pas une cause d'abr utissement intellectuel aussi puissante qu'on l'a prétendu ?

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