S IT. STRUCTURE DU SYSTÈME NERVEUX CÉRÉBRO-SPINAL DES POISSONS
Plusieurs des parties de l’encéphale ou de la moelle épinière despoissons, que j'ai seulement mentionnées dans le pa-
DES POISSONS. 165 ragraphe précédent, parce qu’on ne les voit qu’en partie sans pénétrer dans la substance de ces organes, seront ici exposées de manière à ce que la description en soit complète.
Les premières données positives que l’on ait obtenues sur la structure du système nerveux, datent de l’époque à laquelle on à appliqué le microscope à l’étude de l’anatomie, et les progrès de la science sur le point qui nous occupe sont dus, en grande partie, au perfectionnement que les physiciens ont apporté dans la construction de cet instrument. Vers la fin du dix-septième siècle, Leeuwenhoeck, ayant soumis la substance cérébrale à ses recherches microscopiques, annonce que la matière corticale ou grise est composée de vaisséaux sanguins, tandis que la matière médullaire est composée de filamens et de globules. (1) En 1717, il va encore plus loin, car il voit que les filamens, dont il a fait précédemment la découverte, sont creux, qu'ils contiennent des globules; il évalue en outre le nombre des canaux contenus dans un filet ayant la grosseur d’un cheveu, et il fixe ce nombre à 1000. Dès l’abord, Leeuvenhoeck est sur la voie de la vérité et ne laisse à ses successeurs que la tâche de perfectionner son œuvre. Della Torre qui vient ensuite, se met en opposition avec Leeuwenhoeck, et c'est tant pis pour la science, car il râconte sur la structure de la substance cérébrale, des choses que l'expérience n’a pas du tout confirmées (2). La substance nerveuse est pour Della Torre, composée de globules disposés en ligne et maintenus réunis par un fluide visqueux. Il dit ces globules de dimensions variables suivant les parties d’où ils proviennent : très grands au cerveau, ils vont en s’amoindrissant par degrés, du cerveau 1) De itructure cerebri, Épistola, 1684. — Trans, philos. année 1654. —
Collect. académ. P. Etrangère. tp 127.
(2) Nuove osservaziont microscopiche, Napoli, 1:76.
au cervelet, de celui-ci à la moelle allongée, à la. moelle épinière et aux nerfs où ils sont les plus-petits de tous. Prochaska admet aussi que la substance nerveuse est formée de globules, et pour lui, ces globules diffèrent én volume, non pas suivant l’organe qui les a fournis, mais dansun même organe : ainsi, dans le cerveau comme dans le cervelet, comme dans les nerfs, on trouve des globules de dimensions. variables (1). Du reste, les globules de Prochaska sont unis les uns aux autres par un fluide visqueux, à la manière se ceux de Della Torre, À. Monro dit avoir vu des fibres serpéntines, entortillées, mais solides ; en cela il se trompemoins que les à deux auteurs précédens , et il est en même temps moins près de la vérité que Leeuwenhoeck (2). Fontana qui vient après, fait un grand pas; il annonce: que la Substance nerveuse est formée de cylindres à parois très minces, remplis, d'un fluide contenant des globules (3). Les frères J. et Ch. Wenzel s’occupent beaucoup du même sujet, et ne sont pas heureux dans leurs recherches. Ces auteurs établissent, « comme conséquences d'observations faites, disent-ils, avec tout le soin. possible, dans des conditions différentes d'âge et dé sexe chez l’homme, les mammifères, les oiseaux et les poissons à
« Que la substance corticale et la substance ELe du cerveau humain ; à
« Que la substance des ganglions qui sont dans l’intérieur du même cerveau ; |
« Que la substance de la glande pinéale, de la moelle épi= nière et des nerfs;
« Enfin, que la masse cérébrale des mammifères, des oiseaux et des poissons, consistent dans la réunion de corpus-
(x) Bes iructura nervorum. Vindebonæ, 1779, in-8, cape IV, P. 67. Obs. on the struct, ofthe nervous syst. tab, 33 et seg. Traité du venin de la vipère. Florence, 1785, in-4.
cules adhérens entre eux, arrondis et semblables à ceux des muscles, du foie, de la rate et des reins:
€ Or, continuent les frères Wenzel, comme toute la ii des parties organisées est celluleuse, les corpuscules nerveux ont la forme des. cellules où ils sont logés: d'ou il suit que la structure du cerveau ne diffère pas essentiellement, quant à sa forme, de la structure des muscles ; mais qu’elle en diffère seulement par {a substance remplissant la forme (substantié formam implente) (4).» L'objection que j'opposeraià des conclusions en apparence si positives, c’est qu'aujourd'hui on voil toute autre chose que les globules dont parlent Les frères Wenzel et qu’on le voit bien clairement, constamment, et à laide de microscopes infiniment plus parfaits que ceux dont ils faisaient usage. J'ajoute que la plupart des micographes vivans, s'ils ne s'accordent pas sur l'interprétation des faits qu'ils découvrent, ne diffèrent pas entre eux quant aux apparencés, quant. aux formes de la substance nerveuse, tandis quelles frères Wenzel sont les seuls qui aient observé ce qu'ils racontent,
J'en dirai autant des 2 re publiés par sir Everard Home au sujet des recherches de M. Bauer. « Si l'on met, dit-il, une portion de substance cérébrale dans l’eau, et qu'après l’y avoirlaissée pendant quarante-huit heures, on en coupe une très petite tranche que l’on place sur une lame de verre préalablement mouillée, et qu’on laisse tomber une goutte d’eau sur celte tranche de cerveau, en tenant la lame de verre un peu obliquement et de manière à ce que l’eau cote sur la surface du verre, on voit, entraînées par l’eau, des portions de substance médullaire qui consistent en une quantité in-
(x) De penitiori structuré cerebri hominis et brutorum, Tubingæ, 1812, In-fol. p. 36.
nombrable de globules, et en fragmens de fibres formées par la réunion linéaire d’un certain nombre de ces globules. » (1) C’est encore la reproduction des fibres de Prochaska. Pour apercevoir la structure de la substance cérébrale, pourquoi recommander de faire macérer cette substance pendant quarante-huit heures? Est-ce donc qu’on n’y peut rien voir à l'état frais ? Et si l’on n’a aucun moyen de contrôle, comment décider si ce qu’on a vu n’est pas le résultat de la macération ? Quelque vicieux que m’ait paru tout d’abord le procédé de M. Bauer, je l’ai mis en usage, afin de savoir ce qu’ilme donnerait. J'ai fait macérer dans l’eau, pendant quarante-huit heures, un cerveau de dindon et un cerveau de perdrix ; j'ai suivi à la lettre les recommandations de M. Bauer, et je n’ai rien vu de ce qu’il a annoncé. Des débris de substance cérébrale, affectant des formes très irrégulières, quelques globules elliptiques sanguins, et des fibres qui n'étaient autre chose que des vaisseaux sanguins très facilement reconnaissables ; aucune fibre formée par la réunion linéaire de molécules : voilà ce que m'a donné cette expérience que j'ai répétée plusieurs fois, et qu’un de mes amis, M. Hélie, jeune médecin fort instruit, à répétée également et sans plus de succès. ;
Un anatomiste dont les travaux sont ordinairement empreints d’une grande exactitude, M. Milne Edwards, est tombé dans la même erreur que M. Bauer. 41 n’a pas fait macérer la substance cérébrale avant de l’examiner, il s’est au contrdire servi d'animaux récemment tués, et après avoir enlevé une tranche très mince de la substance nerveuse, il l'a placée aussitôt sur une lame de verre que, de temps en
(1) Lectures on comparative anatomy, in which are explained the preparations in the Hunterian collection, by sir Everard Home. Lond. 1825, t. 111, in-4°, p. 37 et suivs
DES POISSONS. 169 temps, il avait ‘Soin d'humeeter légèrement, l'expérience lui ayant prouvé, dit-il ,' que cette préparation réunit les: conditions les plus desirables pour ce genre de recherches: A l'aide de ce moyen, il dit avoir vu qu’en effet la substance cérébrale est composée de globules, et il a fixé le diamètre de ces globules à 1/300 de millimètre. Comme M. Bauer, c’est avec ces globules réunis en séries parallèles, qu'il a vu formées les fibres nerveuses de la substance blanche et de la substance grise du cerveau, et celles de la moelle épinière, chez les mammifères, les oiseaux, les reptiles et les poissons: Toutes les parties du système nerveux sont, d’après M. Milne Edwards, composées de globules identiques entre eux et dont l’arrangement est toujours semblable (1). Le mode de procéder, dont s’est servi M. Milne Edwards est vicieux. Cet auteur à eu raison de faire choix de cerveaux frais , mais une lame de substance cérébrale, quelque mince qu’on la coupe, est toujours opaque. Or si l’objet que M. Milne Edwards a examiné n’était pas transparent, il n’a pu en apercevoir distinctement la Structure et nous ne saurions compter sur la certitude de ses résultats. Nous y compterons d'autant moins que ces résultats sont contredits par les observations de M. Ehrenberg, observations dont j'ai, en partie; fait connaître la substance; et celle d’un autre anatomiste allemand, M. Langenbeck, dont je parlerai tomtrà-l'heure.
J'ai déjà mentionné les faits principaux publiés par M. Ehrenberg, j'ai dit que cet anatomiste admet que la substance blanche de l’encéphale et-des nerfs est entièrement composée de fibres canaliculées; qu’il distingue ces fibres en fibres rectilignes et en fibres articulées; que les unes et les autres sont remplies d’une matière liquide, d’une fluide nerveux ;
(x) Archives géncrales de médecine, Paris, 1823, t, ur, p. 185.
enfin, que la substance grise. contient en outre des globules arrondis, distincts de là matière nerveuse, En ce qui concerne les mollusques et les articulés, j'ai été présque toujours d'accord avec M. Ehrenberg'; mais, parvenu au point où j'en suis maintenant, j'ai à discuter une question que je ‘n'ai pas encore abordée, celle de savoir s’il existe réellement, dans le système nerveux, deux.ordres de fibres canaliculées, les unes rectilignes , les autres Yariqueuses ou articulées, Les/invertébrés, n'ayant, d'après M. Ehrenberg que des fibres rectilignes et mes observations sur ce point s’accordant avee les siennes, je n’ai pas eu jusqu’à présent, à m'occuper de ce qui concerne les fibres dites yariqueuses, et j'ai attendu, pour cela, que j'eusse à-exposer la structure du système nerveux cérébro-spinal desvertébrés ° Les résultats obtenus par M. Langenbeck (1)ont beauéoup d’analogie avec ceux de M.Ehrenberg, ce qui semble assurer aux Uns et aux autres un haut degré de certitude..M. Lan: genbeck ayant placé de la substance cérébrale entre deux lames de verre, y a trouve des fibres pourvues d'élargissemens. D’après la grosseur des fibres ét le mode des élargissemens, il à distingué ces fibres en fibres noueuses ou en tubes variqueux. Les fibres noueuses sont des: filamens-bien ténus, bien fins, qui unissent entre eux des globules comme les grains d’un chapelet; les tubes articulés sont des fibres creuses, présentant de distance en distance des renflemens vésiculaires. M. Langenbeck doute si les fibres noueuses sont canaliculées , il regarde comme démontré que les fibres articulées sont canaliculées et contiennent une matière particulière sur la nature de laquelle son opinion n’est pas encore
(x) De retina observationes ; anatomico=pathologicæ : accedunt ‘tabule quatuor. Gœtting, 1836, in-4°.
arrêtée. Il à vu, dit-il} qu 'ayant comprimé, entre deux lames * de-verre, une portion de substance cérébrale prise aux cuisses du cerveau de la carpe commune, il s’est écoulé, des tubes articulés composant cette substance, une matière gélatineusé très limpide; mais qu'ayant répété cetté expérience sur l'honme, le bœuf et d’autres anne il n'a pu apercevoir rien de semblable. Les fibres variqueuses sont les mêmes pour M. Langenbeck et pour M. Ehrenberg; les fibres nouëuses dont M. Langenbeck seul à parlé, sont très variables entre elles; les intervalles qui séparent les nodosités sont inégaux ; la forme des nodosités ou globules diffèrent les uns des autres, pour la jme et pour le volume. « F ormamagnopere varians , à modo rotundiuscula ; modo ovflia magis , modo. an cirouitu ôbtuse angulata reperitur ; plerumque non omnino sphærica, sed superne compressa apparet. Etiam magnitudo globulorum, non eadem ubivis exis- CIA » (1) Re.
Je puis dire i ich à l'avance que les varices ou renflemens des fibres variqueuses! ne présentent rien de plus constant que les nodosités; elles sont dépourvues les unes et les autres de ce caractère de régularité que la nature met dans ses œuvres, ce qui déjà doit nous faire pressentir qu'elles pourraient bien être le résultat de la préparation que l’on fait subir à la matière cérébrale, avant de la soumettre à l'examen microscopique. Mais avant d'entrer en matière, je ne puis m’empêcher de faire observer combien est incomplet le mode de procéder que l’on a suivi jusqu'à présent, dans l'étude de la structure du système nerveux.
On n’a jamais examiné que des portions séparées de la substance nerveuse, etilne paraît pas que l’on ait songé à pla-
(1) Op. cit,, p, 58,
cer en même temps tout un encéphale, sous la‘lentille du microscope. Par cette omission, on s’est privé de la connaissance des rapports que les différentes parties de l'encéphale ont entre elles. Pourtant cette expérience loin d’être impossible, comme on serait tenté de le croire au premier abord, n’est pas même difficile; il suffit, pour réussir à l’exécuter; de faire choix d’un petit encéphale, et de n’employer d'abord qu’un faible grossissement. Dans toutes les classes d’animaux, on trouve des encéphales assez petits pour cette opérätion; et si l'on veut ne pas borner là ses recherches, on doit, quand il s’agit de grands animaux, descendre j jusqu’ au fœtus, et même à }mDEQQ et de même pour la moelle allongée et la moelle épinière. Sans l'inspection de l'ensemble, on s'expose à Chaque instant à donner ce que l’on croit exister, Pi ce qui existe réellement.
Je commencerai l’exposition de la structure du système nerveux cérébro-spinal des poissons, en parlant de çe qui con cerne la moelle épinière, parce que c’est êlle, comme on l’a déjà dit et Comme je le dirai encore, en appuyant cette vérité sur des observations nouvelles, qui forme la base de tout ce système.
J'ai enlevé deux centimètres environ de la moelle épinière d’une anguille tout récemment tuée, je les ai placés sur le compresseur (1), puis, par le sillon spinal, j'ai pénétré jusque dans le canal central, et renversant à droite et à gauche les
(x) Le compresseur est un instrument qui se compose de deux lames de verre superposées, attachées à une monture métallique, et que l’on peut rap-
bords du sillon, j'ai étalé cette moelle comme un ruban. Alors, j'ai simplement rapproché les deux plaques de verre. du compresseur, de manière à maintenir entre elles le ruban étalé, mais non écrasé. A-laide d'un grossissement de seulement cinquante fois, j'ai vu des fibres, des granules et des vaisseaux sanguins, partout où la substance examinée était transparente ou demi transparente. Les fibres étaient parallèles à la longueur de la moelle, les granules confus, les vaisseaux sanguins bien visibles. Le sillon fulcral très facilement reconnaissable, était formé par l’adossement des fibres parallèles, aucune fibre ne le traversait pour aller d’un‘côté au côté opposé. En serrant la vis destinée à rapprocher l’un de l’autre les deux plaques du compresseur, la moelle mieux étalée et déjà écrasée ‘dans quelques endroits, n’a plus eu d'opacité nulle part, et j ai pu voir partout la même structure que celle dont je viens de parler. Du moment où j'ai exercé la pression, jusqu'à la fin de l'expérience , il s'est échappé de tous les points de la moëlle des globules très fins, homogènes, transparens, qui se réunissaient plusieurs’ à-la-fois, et se confondaient les uns dans les autres, comme le font plusieurs gouttes d’eau au moment où elles se touchent. Voilà donc un nouvel élément ajouté aux autres, par le fait de la compression. J'ai de nouveau serré la vis du compresseur, sans cesser un instant de regarder quels changemens s’opéreraient dans la moelle, et j'ai vu toute la substance devenir plus transparente, les fibres s'étaler davantage, s’allonger en s’effilant dans certains endroits, tandis que dans d’autres elles blanchissaient et s'élargissaient en formant comme des nodosités ou des varices. Toutes les fibres ne S'élargissaient pas, et les distances procher l’une de l’autre à volonté; au moyen d’une vis; l'objet que l'on veut examiner se. place entre les deux lames. On doit l'invention de cet instrument à M, Purkinje,
auxquelles S ’opéraient ces éltigiesemns étaient 2 SR constamment inégales-: Je diamètre des fibres écrasées. dans les endroits non élargis; n’était pas non plus le même partout.
Tandis que ces phénomènes se passaient, des globules nombreux s'échappaient de toutes parts, s'unissaient lès uns aux autres, et finissaient par former non plus des globules, mais de larges plaques qui ressemblaïent tout-à-fait à de l'huile pressée entre deux lames de verre, et qui, en effet, n étaient autre chose qu’une substance grasse , fluide , provenant de. la moelle. Quant aux granules etaux vaisseaux sanguins dbéèr. vés avant la compression, je n’y apercevais aucun changement, si ce n’est qu'au fur et à mesuré que la moelle augmen: tait de transparence, par le fait de son amincissement, les granules et les vaisseaux devenaient de plus en plus visibles.
D'unefibre d'abord rectiligne qui s’est élargie sous le compresseur, j'ai vu surgir une espèce de nodosité qui s’en est détachéé complètement. Une compression trés forte à fait cesser tout mouvement, et les fibres, aussi bien que : les granules, les plaques graisseuses et les vaisseaux Mrs sont restés dans le même état. |
La substance de la moelle ainsi étalée et rendue transparente, j'ai pu faire usage d'un fort grossissement ; les objets sus-mentionnés Sont deventis encore DRE distincts, mais je n'ai rien aperçu de nouveau.
NOuire les fibres, les granules, les plaques graisseuses formées par la. réunion.des globules 02 que la compres= sion a fait sortir de la moelle, et les vaisseaux sanguins, ob jets sur lesquels mon Gpinion est arrêtée, j'ai aperçu deux espèces de tubes, un à droite et l'autre à à gauche, appartenant gi chacun. des faisceaux latéraux de la moelle: Le diamètre de ces tubes est. à celui des fibres de la 0 NE comme quinze : à un. Dans des expériences subséquentes, je les ai vus s'arrêter
à la moelle allongée, et je les ai suivis. jusqu’ à l'extrémité cata de la moelle épinière. Tout gros qu ‘ils soient, ,et malgré. que j'en aie è rès distinctement distingué; Les parois, je n en ai vu sortir ni matière graisseuse, ni molécules sanguüis nes, et je n ai pu rien apercevoir dans leur iftériedi Tout à à côté d'eux et.les croisant quelquefois, j'ai vu des vaisseaux contenant des molécules sanguines, mais qui n'avaient aucune communicationvisible avec ces tubes. J ignore complètement leurs usages, ce que je puis affirmer, c’est qu'ils nd” tent toujours, car je n'ai pas manqué ‘de.les voir chez tous les poissons dont jai CRRRAEE la moelle à à l’aide du microscope.. » à “ Be : tu
Revenons aux fibres et aux molécules, Les fibres non coMprimées sont toutes rectilignes; comprimées, elles 8 S'élargissent par intervalle en formant des nodôsités, des articula® tions absolument semblables à celles:que M. Ehrenberg à fait. représenter. On voit les articulations se former sous les yeux et, dans une multitudé de points à-la-fois. Sérait-ce là les fibres variqueuses.de l'anatomiste allemand ? Ce sont elles, sans aucün doute. Comment donc: se fait que M. Ehrenberg ait regardé cet état variqueux comme étant la conformation naturelle des fibres. de la moelle? Cela dépend de la manière dont M. «Ehrenberg a opéré. Pour, étudier la sub= stance nérveuse, M. Ehrenberg l’écrase d'abord entre deux verres,) et il l'observe. ensuite; il voit des fibres écrasées et ne voit que cela; tandis qu'en opérant comme je l'ai fait, 4 voit ces fibres avant et après l'écrasement; Or; avant l écrasement «elles sont toutes et toujours rectilignes. Il n’y a: donc qu'un . seul ordre de fibres, des fibrés rectilignes; car, jee dis ici , par avance, la moelle allongéeide l'encéphale, les parties dans lesquelles on a trouvé dés fibres variqueuses) doivent leurs
Le Des varices à la préparation qu bus eur faits subir. Dés anatomistes
4 r x 476 STRUCTURE DE LA MOELLE EPINIÈRE
allemagds, parmi lesquels je puis citer. MM. S. Valentin et Jean Müller, ont déjà contesté l’état variqueux des fibres de la moelle; l'expérience, dont je viens de dénner: les dés, fait voir que leur opposition est parfaitéhient fondéé:"
Eniré la. moelle épinière et les nerfs spinaux, M: Ehrenberg établit unegrande différence” quant à la nature des fibres; les nerfs auraient, des fibres FéStilignes, la moelle épinière des fibres articulées. L'observation, telle que l’a faite M. Ehrenberg, a dû, en effet, le conduire à cette conclusion; car les nerfs tout comprimés qu'ils soient après leur extrême division, ne présenLent pas de fibres variqueuses, tandis que la moelle épinière ‘en présente toujours; mais pour expliquer cette différente, il n est nullement besoin d'admettre une nature différente dans les fibres nerveuses, il suffit de donner aux unes une: enveloppé dense et serrée, et d'en priver les autres. C’est ce que la nature a fait. Dans les nerfs, la fibre est enveloppée d'un névtilènie solide; dans la moelle;! elle en
est dépourvue. à vai >" : HT
Il n’y.a donc pas de fibres variqueuses dans da moelle épinière de. l'anguille; et comme l'inspection de la moelle épinière des autres poissons mr” a donné. le même-résultat, je puis dire qu'il n’ y à pas ( de fibre variqueuse dans la moelle épinière des poissons.
Ce premier point établi, voyons si la ‘disposition longitudinale de toutes les Apres de la moelle épinière des poissons, ne nous servira ‘pas’ à expliquer l’apparente bizarrerie que
présente la. moelle. épinière du poisson-lune et déa bau-
NE du
droie, .* x
\J'art dit, avec plusieurs anatomistes déjà mentionnés, que dèssa naissance, la moelle épinière du poisson-lune est dans ses nerfs, et qu il en est presque de même pour la baudroie (V. pl. 11), tandis que pee tous les autres poissons, elle se
prolonge fort loin dans le canal vertébral. Cette différence, qui paraît capitale à beaucoup d’anatomistes, me semble à moi très secondaire. En effet, si les fibres existent et se continent tout le long de la moelle épinière, çune chose si importante qu’elles soient ou non séparées ies unes des autres par un névrilème ? Un fait beaucoup plus important, c’est la présence; dans la moelle épinière, de fibres transversales; or ces dernières fibres existent chez les reptiles, les oiseaux et les mammifères, tandis qu'elles manquent chez les poissons. Les poissons ont donc tous une moelle épinière beaucoup moins dissemblable qu’on ne le croit, et le poisson-lune, aussi bien que la baudroïie, tout exceptionnels qu'ils paraissent sur ce point, ne font que répéter d’une manière exagérée, ce qui constitue l’état normal des autres poissons.
Toutefois, je dois mentionner ici une disposition particulière que j'ai rencontrée chez la carpe, et que l’on retrouvera sans doute aussi sur d’autres animaux de leur classe. C’est un ganglion qui existe dans l'épaisseur de la moelle, à la naissance des racines spinales; la présence de ce ganglion ôte à la moelle. épinière de la carpe, la Simplicité qu'elle à chez le poisson-lune, la baudroie, l’anguille, etc. Je reviendrai toutà-l'héure sur ce sujet, et je continue ce qui concerne la moelle épinière de l’anguille. J'ai dit qu’elle n’a pas de fibre transverse ; je me suis assuré dans l'expérience mentionnée tout-àl'heure, qu'aucune fibre ne passait d’un côté à l’autre au niveau du sillon fulcral; j'ai constaté la même absence de fibre transverse du côté spinal. Dans ce cas, l'expérience n’était même pas nécessaire, puisque le sillon spinal est formé par le simple adossement des cordons spinaux. Ainsi, dans la moelle épinière de l’anguille, j'ajoute comme dans Ia moelle épinière des autres poissons, il n’y a, dans la moelle, pas d’autres fibres que des fibres longitudinales.
Si on se rappelle ce Que j'ai dit des animaux articulés, ces derniers seraientsous ce rapport mieux pourvus que les poissons, Car au niveau des nerfs lätéraux du cordon ganglionaire, On voit, outre 1 es lôngitudinales du cordon, des fibres transverses qui les ,croisentà angle droit, pour aller d’un côté à l'autre (V. pl. 4, lê, ganglion de la sangsue). Ne nous laissons pas arrêter par La objection;-dans les articulés, chaque ganglion constituer un Lout, les ganglions sont semblables entre eux owau moins très analogues, il n'ont pas une prééminence marquée les uns sur les autres excepté toutefois le ganglion céphalique; chez les poissons, au contraire, la moelle épinière est seulement ühe partie du système cérébro-spinal, elle ne constitue pas un organe indépendant, mais elle concourt à former un organe. La partie que je viens de décrire n’a, ilest vrai, que des fibres longitudinales; mais ailleurs, dans la moelle allongée, on trouve des fibres transverses en grand nombre; c’est là qu'il
faut Les chercher. La comparaison que je viens d'établir entre la structure de
la moelle épinière des poissons, et celle.de la chaîne ganglionaire:des articulés, nous conduit à réfuter une opinion émise par. M. Carus (1) touchant la valeur, lasignification de$ renflemens de la moelle de l'anguille. M. Carus compare ces renflemens aux ganglions des invertébrés; mais il n’a pour étayer cette opinion qu'une analogie de forme, et encore une analogie fort éloignée. On a déjà vu que les renflemens de, la moelle de l’anguiile résultent d'une “sorte de plissement que l'on peut faire disparaitre à volonté. L'étude de la structure comparée de la moelle de l’anguille et des ganglions de la sangsue par exemple, fait parfaitement juger de la différence qu'il y à entre ces parties. Dans les ganglions de la sangsue,
{+) 1 (1) Op. cit,
DES POISSONS. id ‘479
toujours des fibres transyerses ; Sas les renflemens de la sangsue, jamais. | :
La grande simplicité d'organisation de la moelle épinière des poissons, tendrait à faire regarder cette partie comme in= diquant un.état transitoire entre les autres classes. de. vertébrés et les mollusques. Chez ces derniers, les nerfs sont épars et vont isolément se rendre aux organes qu’ils animent ; chez le poisson-lune et chez la baudroié, ces filets également isolés sont réunis en faisceaux, et de même que pour les mollus= ques, il y à un névrilème à chaque fibre nerveuse. Ce névrilème manque chez des autres poissons, et alors le faisceau formant la moelle éplhière est constitué, non plus par des filets nerveux, mais par des fibres nerveuses. Ainsi, pour citer des exemples, chez l’anguille, les fibres nerveuses sont réunies; chez le poisson-lune, les filets nerveux résultant de la fibre nerveuse et de son névrilème, sont rapprochés et marchent parallèlement les uns aux autres dans le canalrachidien, tandis que chez les mollusques les nerfs rayonnent vers les OF ganes auxquels ils sont destinés, au moment où ils se spa rent du ganglion dont ils émanent. ”
La matière granulée, dont j'ai parlé plus haut, constitue la matière-grise qui se trouve à l’intérieur de la moelle épinière, le long du canal spinal; sa quantité est moindre chez Les poissons.que chez les autres vertébrés; et c'est sans doute pour ne l'avoir pas aperçue, que plusieurs anatoristes ont mis eri doute et même nié son existence. Je dois, à cette occasion, faire remarquer avec quelle facilité se font parfois les théories : Gall et Spurzheim admettent que la substance grise de la moelle, est la matrice, l'organe générateur de la substance nee (1), etl’un des Nm quel’ on Dre à cette théo-