SI. DESCRIPTION DU SYSTÈME NERVEUX CÉRÉBRO-SPINAL DES MAMMIFÈRES
Il sera ici peu question de l’homme, mais presque uniquement des animaux que les naturalistes ont placé dans la même classe que lui.
La moelle épinière nd à se subordonner de plus en plus
à l'encéphale, au fur et à mesure que l’on s'élève dans la classe des mammifères; la moelle allongée se perfectionne par l'augmentation considérable du volume de sa commissure; un lobe nouveau se développe dans le -cervelet; le cerveau acquiert une supériorité incontestable sur tout leweste du système nerveux; ses parties accessoires, telles que les couches optiques et les:corps Striés l’emportent de beaucoup sur les lobes optiques, et sa surface est sillonnée par des.ondulations plus ou moins nombreuses nommées circonvolutions, parce qu ’on a cru leur trouver de la ressemblance avec les circonvolutions intestinales. #4. *
ÿ r {. Encéphale. Li
Les lobès optiques ne nous occuperont plus que comme un des organes secondaires de l’encéphale, ils sont liés à l'exercice d'une sensation. qui est relativement moins importante dans les mammifères que dans les autres classes de vertébrés. La moelle allongée, le cervelet et surtout le cerveau exigent au
contraire une étude de plus en plus attentivé, en raison des changemens qui s’y sont opérés, changemens qui he portent pas seulement sur leur volume, mais Sur leur configuration et sur leur structure,
4. Cerveau. On à dit que le cerveau des animaux mammifères est pourvu de circonvolutions; à quelques exceptions près, cela est vrai; on a dit aussi qué les circonvolutions varient suivant les espèces d'animaux, cela est vrai aussi; on a ajouté qu’elles sont en plus grand nombre chez les niarmmifères intelligens que chez ceux qui sont stupides, mais on n’a pas du tout prouvé cette dernière proposition, Erasistrate écrivait t Les circonvolutions sont plus nombreuses dans l’homme que dans les animaux, parce que l’homme l'emporte sur les animaux par l'esprit et par le raisonnement, et Galien lui répondait ::Je ne partage pas votre aÿis, car, d’après cette règle, les ânes étapt des animaux abrutis et stupides, ils devraient avoir uh cerfeau tout-à-fait simple, sans aucun sillon ou sinuosité, tandis qu'ils ont beaucoup de eirconvolittions. (1) |
Erasistrate et Galien n'avaient envisagé les circonvolutions que d’une manière générale, sans même entreprendre de lés décrire ni de les rapporter à quelque type particulier Willis a entrevu qu'il y avait une certaine.régularité dans leur développement. Chez les quadrupèdes, dit-il, les circonvolütions sont en plus petit nombre que chez l'homme, et chez le chat, par exemple, elles ont une forme particulière (2) El ajoute ailleurs : :« Les anfractuosités du cerveau ont plus d’étendue dans les singes que dans le renard et le chien. » Perrault décrivant les circonvolutions cérébrales du singe, dit qu ‘elles sont assez semblables ? à celles de l’'homnie, mais
Las
(1) De usu partium, lib. 8, chäp. 13. 4 (2) Ebrebri anatome, Can XX.
360 CIRCON VOLUTIONS CÉRÉBRALES
sans décrire ni les unes ni les autres. Vicq d’Azyr (1) entre dans de plus grands détails que ses prédécesseurs ; il fait remarquer que, dans lessinges, comme dans les quadrupèdes en général, les circonvolutions cérébrales sont peu nombreuses, symétriques des deux côtés, et semblables dans tous les individus du même genre; tandis que, dans l’homme, il assure qu’elles ne sont ni symétriques des deux côtés, ni semblables dans les différens sujets. Tyson (2) cité par Vicq d’Azyr, avait cependant assimilé le cerveau de l’orang-outang à celui de l’homme, et Vicq d'Azyr l’'approuvait, mais ni l’un ni l’autre n’attachaient un sens précis à cette assimilation, car pour admettre que deux objets se ressemblent, il faut que chacun d’eux,-pris séparément, soit toujours Conformé de la même manière. Or si, comme le prétend Vicq d’Azyr « dans le cerveau de l’homme, ies circonvolutions ne sont ni symétriques des deux côtés, ni semblables dans les différens sujets, » comment dira-t-on qu’elles"sont les mêmes que celles de l’orang-outang ? | L'idéetqu’elles varient en effet beaucoup ou plutôt qu’elles ne présentent, chez l’homme, rien de constant, se retrouve dans les planches gravées de l'ouvrage de Vicq d’Azyr qui le cèdent à peine, quant à linfidélité, à celles que M. Serres (3) a publiées depuis pour les animaux, et M. Vimont (4) pour l'homme. , . Soemmering à été plus exact dans la reproduction de quelques-unes des circonvolutions cérébrales de l’homme, mais la double preuve qu’il ne les à pas connues, c’est d’abord qu’ilne
(x) Encyclopédie méthod. Sysx. Anar. QuanrurÈDEs, t..11.
(2) The anatomy of a Pymy, compared with that of a monkey;, an ape and a man. Lond., 1751,in-4°. :
(3) Op.wité |
(4) Traité de phrénologie humaine et comparée, pl, Lxxxut de l'Atlas.
DES MAMMIFÈRES. a 301
les à pas décrites, c’est ensuite l'éloge qu'il fait des planches de Vicq d’Azyr, qu'il appelle fidas naturæ imagines: (1)
Malacarne, décrivant l’encéphale du chevreau, parle d’une circonvolution placée à la partie interne du corps calleux, et qui entoure cet organe de l’un et de l’autre côté, comme une ellipse; c’est la seule circonvolution à laquelle il attribue une forme régulière. (2)
L'observation de Willis et celle de Malacarne, touchant la régularité des circonvolutions cérébrales, a été fécondée par Cuvier, en ce qui concerne les animaux. « Les singes, d’après Cuvier, ont beaucoup moins de circonvolutions que l’homme, et surtout les sapajous : le lobe postérieur n’en a même presque aucune. Dans les carnassiers, les sillons sont assez Hoinbreux, et ils observent un certain ordre qui se retrouve le même dans la plupart des espèces. Les rongeurs n’ont presque aucune circonvolution sensible, tandis que les animaux à sabots, et surtout les ruminans et les chevaux en ont beaucoup. Le dauphin en a également qui sont nombreuses et profondes. »
Quant aux circonvolutions du cerveau de l’homme, Cuvier se contente de dire qu’elles sont les plus profondes de toutes, mais sans leur reconnaître aucune régularité. Lauth parle tout-à-fait dans le même sens (4), et les frères Wenzel, loin de faire avancer la question, contribuent au contraire à la rendre de plus en plus obscure. Suivant eux, « chez l’homme, les circonvolutions cérébrales d’un côté diffèrent de celles du côté
(1) De basi encephali. Scriptores nevrologici minores, 1, 11,p. 25.
(2) Encefalotomia di aleuni quadrupedi, ete. Mantoue, 179b, in-fol. de 43 pages, p. 22.
(3) Leçons d’anat. comp. t. tr, p. 137.
(4) Sur la structure du cerveau. Journal complément., 1, ri Paris, 1819;
* pe 117.