‹ Anatomie comparée du système nerveux (volume 2)Chapitre 17 sur 66 · SIGNIFICATION DU SYSTÈME NEBYEUX · texte numérisé non relu

SIGNIFICATION DU SYSTÈME NEBYEUX

niquant les uns avec les autres par des filets nerveux, ont, au premier aspect, une parfaite ressemblance avec les ganglions du grand sympathique. D'autres anatomistes, plus préoccupés de la fonction assignée aux ganglions que de leur forme, n*ont pas hésité à donner le nom de cerveau, à celui des ganglions qui , placé au-dessus de Tœsophage , reçoit les nerfs principaux de la vie de relation. D'autres encore ont émis des opinions différentes, dont j'examinerai les principales.

L'analogie de forme ne doit pas , ce me semble , être prise en grande considération $ en effet, les mêmes organes peuvent , suivant les espèces d'animaux où on les observe , affecter des formes très différentes ^ l'estomac d'un gallinacé est très dissemblable de celui d'un camivore j le poumon d'un mammifère est très dissemblable des branchies d'un poisson; le cerveau lui-même, comme on le verra plus loin , privé de ses rapports avec les autres organes . ne serait pas reconnaissable de l'homme à la chauve-souris. La forme ne peut donc être prise que comme un des élémens de détermination, et l'on doit tenir compte de toutes les conditions organiques et fonctionnelles de la partie dont il s'agit d'établir la valeur. Ainsi, pour les ganglions des mollusques, il faut considérer leur situation, leur structure, voir quels nerfs en émanent et à quelles parties se rendent ces nerfs. Les ganglions du grand sympathique fournissent, chez les vertébrés, les nerfs de la vie organique ; que le ganglion céphalique des mollusques lui soit assimilé, le nerf optique cessera d'être un nerf de la vie de relation. Une pareille conséquence montre tout d'abord le vice du raisonnement qui y conduit. Au lieu de prendre le ganglion pour point de départ, que l'on prenne l'œil, le nerf recouvre ses véritables attributions -, mais pour continuer la comparaison avec les vertébrés, le ganglion céphalique devient la couche

DBtf MOLLUSQUES. 33

optique, ou Tun des tubercules quadrijumeaux. Procéder d'après celte méthode, c'est comme si on entreprenait de calquer un objet simple sur un objet multiple; il resterait nécessairement dans l'objet multiple des lignes qui ne trouveraient jamais, dans l'objet simple, de terme de comparaison. Les ganglions et les neris des mollusques ne sont donc pas les analogues du grand sympathique: représentent-ils chez ces animaux le système nerveux cérébro-spinal des vertébrés ? Scarpa (1), Blumenbach (2), Cuvier (3), J.-F. Meckel (ft), Gall (5), MM. Owen (6) et Gamer (7) sont pour l'aiBrma* tive; Cuvier, dans la description qu'il a donnée des ganglions nerveux du poulpe , indique , chez cet animal, non-seulement un cerveau , mais encore un cervelet. Une dépression placée transversalement sur le ganglion sus-oesophagien , sépare ce ganglion en deux parties : dont l'antérieure serait le cerveau, et la postérieure le cervelet. M. Owen appelle ce même ganglion , chez le nautile , cerveau ou commissure centrale , et M. Gamer, beaucoup plus explicite encore , cherche à démontrer qu'il y a une très grande ressemblance entre le système nerveux des mollusques céphalopodes, et celui des poissons. Le cerveau des mollusques est divisé en plusieurs ganglionsplacés autour de l'œsophage ; or, d'après M. Garncr, le ganglion supérieur on susHBsophagien n'est autre que le lobe optique des poissons , et la partie antérieure de ce ganglion est peuu être un rudiment des hémisphères cérébraux. Ce rudiment d'hémisphère donne naissance à un nerf qui va

(x ) ÀniiOt, anatçmieœ , lib. i . De nerwrum gangUit. Pavie 1784» iu-4« p. 3 8. (a) Uaitdbuch der 'verglmehenden ^Aato/m«« GoeUiiigtte» i8o5, p. 3i5.

(3) Op, eit,

(4) Bandh, der mensdilichen Anat, Halle» 181 5. t.I. p. 34 1.

(5) Anat, ei phptùl, du système nerveux» Paris, iSio, îdV, t. i,p. 109.

(6) Op.eU.

(7) Op,cU.

34 SIGNIFICATtOl» Wi sYfffÂtlË ITEIIYBITX

au ganglion labial , lei}uel ganglion labial fournit un grand nombre de nerfs destinés à deux membranes placées antour desm&ohoires, et dont l'externe est analogue à celle que dans le nautile y M. Owen appelle organe olfociif.

M. Garner ne reconnaît pas de cervelet aux céphalopodes', et il fait observer à es sujet, que le cervelet est souvent rudimentaife ohei les reptiles. Les nerfs qui vont aux mâchoires, à là langue , aux glandes salivalrês , aux muscles de la déglutition I sont pour lui lea analogues de la cinquième paire , et de Torigine du nerf grand sympathique ) la partie inférieure du cercle css<4)luigieii qui Ibumii les nerb respiratoire ex-^ terne I neouatiquè ei braacfaio«visGénil , et le ganglion pé^ dieux qui ÉMurnil aux Bbres muscnlaines du pied , sont les analogues de la nuMUe rachidienBe i m pmv quVm ne lui ob^* j^de pas <}M cette moeite Yachidienne serait fort ^ïOMte » M% Garaer fait obaerver que d'après les recherehes d' Arsalqr et de DesoftouIittSi ie io^hms pigfMonimy le Mreden tneta eil^peirùm^à&njûaim ptoàtmgmmu 4^ne exirêmebriè^ veté. M^ G«*ner lyouie qae tes nerb qui émanent du eerde œsophegien des céphalopodes , iraif«reeil, pour se rendre àleurdeetiMtfaiÉ^deatreaspratiquëft 4m» un cartilage^, il auraii ^u dire encore que l'on ereuve <9hei le poulpe , ainsi que la démontra Oivier, une Wricaiiie cavité cfûnienne dans la^peUe est logé in fanglîM oépludî^pBft.

Je n'adopte pas > «ans MBirietbMi, Toplnion que je "viens d'eiposer.£td'aboni,îe dois Mre remarquer que la t;omparaison de M. Garaer ne se raiiipûrie qu'aux oépiuilopodes et non à tons les moiiuaques) enswiie, )e iiicmi positivement que le ganglion céphalique des mollusques, puisse être désigné sous le nom de cerveau. Le cerveau n'est qu'une partie de l'encéphale des vertébrés ; il y a , en outre , les tubereules quadrijumeaux , le cervelet et la moelle allongée , qui en sont

auisi (tas opgsmos eoq^liuuif^* OV) 9t chez \m inû)li|S|)u^ , {} p'y a qu'une seule iMir|j#^¥i)aqu9llpd^qtt^n*âçlivîsi9i)ii ^^

Teiicapbale la rappopt^raH^w? A 9)}1U q«i \{\i r^m^U^r^ la plus? Mais aucuiie A« lui Fas$^mbl6| w. v^mm quanf » H fbnnei oherc^<m$ doua un wtra «iQyi^ Aë^ ^pu^ dirige, hf préten(ki aarvean (Hi AanUla f poi)^ Qafi^èjp!4 4'4lfft ^m commisauFe plaaaa m da^n/i dM p^^ptiq^af, §1-0^491^)? aaiaaaiiea a^ii Aarf» Uagpaitft M ]N#ll^illAir#A ; d^jou^ ÏP^9&* pbale das «lammîfères » qui rasiaiftb)^ ia pLu^ à 4ia ppmfo^f C'ast la moalla altonféa. En ^ Qai , la moaU^ aUQW^ ^o(um Mi^sanca au, aarfa d« l'aiic^al^. at^ite pta». elj^ ^ ^«4r ment une epauniasiii^, TiMU^fMa» im^ )# samAîPn Ç^S^Uqi» éeê noUasqaaa* il n'y a pi^ çetf^m^ftt W9 S^waiMm*^» Ç'i^tr à^pé daa Qbraanaryieqaea passant 4'uB ^^ à T^Mitrei p^ y décowM an aniv» iin^ s^buanea gFaniléa» g}i^lNil#a^i qt^ li méaia apbfiiauea m trouva 4a9« la iwaU^ bougea df# v^#t tébféa I et d'aiUaora , ja sa vâN^rii^ PM fltte 1 pa dd^fl^t ca ganglion sous la nom da niûaUa aU^iig^^ oi» nvi ^rait lai aapposar das rapppria avan im carvaaq i^K un f^apya^t) wis je lui kûasaraîa la ooai da gaiigH^ oé^WUim « f^H)$ laq^a) il aiifii désigné et q«i oia pajoaU t^ plia aPAvaiaiUf i »aMîa*ii; iièceme«taa cequ'U iodîquia uia ralatte» aym Ta^^pheUi

éasYartébréstouHaniiart af aw f^ym |l«^ ida «a9 BdP4>Mr

Malgré raxempia dûBoa par C«¥|ay» i^ a'apnaUarai ^Qaa Ma 9dr9el0t la fArik po^taifaiipi^ 4ii gaaglim aépbPliqtta da

poulpa , parpe nxx'j^ n'«at paa démontré qy'ell^ §oit m mr\^ lat pijrtAi qu' «tii das lAbaïaiiiea «Midiijiwaftaii ^ w «HiMr diaa cérébral. . . i

IL Caros a^^ um i|léa itbéfMquaâiui la ^y^k^s à^ dilr f évente^ parties 4ii aysiène oanraux , aaaiidéna idaoa te iéne amaiaia^ ec oatt^ idée^ si alla t'asllMia mim Hê^ Ha% de» vérités y eu a« noiiia fort iagéaîeuaa, hp ay^iàia^

S6 SIONIPICATlOlf m dTSDklIB IfBRYlUX

nerveux est divisé , par M. Carus , en deux parties foi*t dis» tinctes,rune destinée aux fonctions de la vie organique» Tautre aux fonctions de la vie animale ; toutes deux sont placées à des pdles âiiférens : la première au côté ventral , au pôle terrestre ; la seconde au côté opposé , au pôle lumineux ott solaire. Le grand sympathique » chez les animaux vertébrés , est au pôle terrestre , la moelle épinière et le cerveau , sont au pôle lumineux ; Tun préside à la nutrition , les autres aux fonctions de relation à ce qui constitue la vie de ranimai. Les mollusques, quoique privés d'un double système nerveux , ne dérogent cependant pas au principe établi par M. Carus ; un de leurs ganglions préside à tous les autres, c*est le ganglion céphalique qui , placé au'-dessus de l'oasophage y occupe véritablement le pôle lumineux $ tandis que les autres ganglions de ces animaux y placés au-dessous du tube alimentaire , occupent le pôle terrestre. Au premier sont dévolues les iiicultés les plus élevées dont sont doués les mollusques , aux autres les facultés secondaires.

M. Serres a soutenu , sur la signification du ganglion céphalique des mollusques , une opinion qui est tout-^-fiait contraire à celle de Cuvier et de MM. Gamer et Carus. Pour cet anatomiste, le ganglion dont il s'agit, est l'analogue du ganglion appartenantau nerf tryumeau des animaux vertébrés. Voici , en abrégé, quel a été, sur ce sii^et, le raisonnement deM. Serres. La taupe est privée du nerf optique , et pourtant elle voit ; les cétacés sont privés du nerf olfactif, et pourtant ils odorent ^ la plupart des poissons manquent du nerf spécial de Taudition , et pourtant ils entendent ; c'est que , dans chacun de ces cas, le nerf de la cinquième paire supplée aux autres Berfe, et remplit leurs fonctions. Ainsi, la vue, l'odorat, l'ouïe, peuvent appartenir à un même nerf, et la cinquième paire peut remplacer les autres nerfs cérébraux. A ce raisonne-

BS8 HOLLVSQimS. 37

ment y M. Serres i^oate : « le ganglion œsophagien n'est pas Tanalogne du cerveau , car le cerveau de l'embryon est liquide j il a besoin d'être contenu dans des enveloppes osseu* ses ou cartilagineuses; or, rien de semblable n'existe i^tour des ganglions des animaux articalës. Les moUusquea i les insectes, les crustacés , n'ont, pour chaque organe des sens» qu'un nerf, et les vertébrés en ont deux; or, chez les premiers, pas de cerveau, donc pas de nerf provenant du cer* veau, mais seulement un nerf de la cinquième paire; priyé& de l'encéphale , les invertébrés doivent aussi être privée des neri^ propres de l'olfuction , de la vision et de l'apâîtioii. Enfin , des organes dissimilaires peuvent remplir une mémo fonction ; la peau et les poumons peuvent concourir à la respiration , donc , chez les invertébrés, le ganglion de h cin« quième paire peut devenir le siège et le point de réunion d^ leurs diverses sensations. »

A cela, je répondrai :

1° Que le nerf optique existe chez la taupe, Treviranus et surtout M. Carus (1) ont mis ce fait hors de doute;

2'' Que les cétacés ne sont pas privés de nerf olfactif. Tre-« viranus a décrit le nerf olfactif du marsouin (2) ; M. Mayer de Bonn l'a vu chez le même animal. Je dois dire pourtant , à ce sujet, que grâce à l'obligeance de M. Jean Muller, ayant pu étudier, à Berlin , le cerveau de la baleine franche , je n'y al pas trouvé de nerf olActif, quoique le sillon, occupé ordi* nairement par ce nerf, y tdt bien tracé ;

3^ Que, sur la question de savoir si l'audition s'opère chez les poissons par le moyen de la cinquième paire , les anatomistes ne sont pas d'accord ; car si, d'un côté Scarpa est pour

(t) ^. cit. Tome i, page io3.

()) Biologie, Goctliogue, i8os*«jSa4« f. 4, in-S.

5S SIGNIFICATION BV SfOTÀira NERVEUX

tMtmiites Gdvier(l)» Treriraiiin etM« Weber obi fccoami qde te Aérf Mâitff ë&istB récUeftieat ohee les {ioifisool , el qu'il «st i6ttleinetit ta ewncxMii très iiittm« avec la tiii-^

b* tnitt j qvé ^es (rots assertianB de Mi Serres ^ fussent-^ eHëè àii^i bte& AéiHWirëes qu'elles te sont peu ^ il an rcsullemit bdttleâiMI que le mfti do la cinquifene paire pcUt présider à tt^ lbilOtU>lËê Irts Vâ^ftéel-, mais nullement que son ganglion Mi nindiOgUe âtt gangUoit téjpbidiqpd des invertébrés ; car éê gari^li&n ^liépliaUqUe est Un organe central, txettateur et séttëîtif $ tàndiê {{Uef 16 ganglion du nerf trijumeau n'est, en qttéiqué ^tté ^ qu'uu accident de )ie nerf, un renflement plaça sût* fcôii ti'ëjët» PiMt* éiaMit* ane wmparalscMi fondée ^ mène dà^ft lHy^tbèdë de Mv Serrée > il faudrait ne pas s'arrêter ali |!iligliOtt dé la eiÉqyièiilë paire , mbis remonter jusqu'au point où ce nerf entre dans la moelle allongée» car c'est là ib seul point où ses filets d'origine puissent se croiser avec cbuK de sbn tmtig^nère 9 %t fbmièr ukie uèmmissure t^i râpi^llé la commissure du gaUglion oé|iliaiique.

^ Le ganglion osiopbagitn» dit encore M. heures, n'est pas l'ànaloguë du cerveau , «ur le eèlroau de l'embryon est U* q«iide , Il a besoiu d'être contenu dans un ci^tiei et il n'existe pias de cràike thet IH InisMiuK articulés. )> Il n'y a pas de crâne chee 4ou8 les animàUK artiealés^ oiAis il y en a chez plusieurs et lieiaÉHueut chet les insectes. L^ moUusqueft étuMnêmeâ, dont M. Serres ne parle pas^ et qui pourtant n'^nraiout pas dà

(t) « La septième judre de nerfs est consacrée à l'ouïe chez les poissons.^ comme chez les autres vertébrés. •» G*est ainsi que s'exprime Cuvier et ailleurs il ajoute : C'est principalement dahs la distribution it la huitième paire que Ton peut admirer la constance avec laquelle chaque nerf s'at lâche, dans toutes les classes , aux mêmes fondons. » Voy. Ouvkr ut Valmict^neSb Uist. nat, des poissons^ Qaris, «Sag^tosi. i* p. 44 1«

IHMX1ISQI7IS. 39

étn oublié», o'eo «ont paa tons dépourvus. Cuvier a décrit H otkiie du poulpe I et M. Garuer fiiitobieiT^r qqe les nerfs du fMglkni ç^iibtliqiie des oépbalopodes , iraveiseiit des trous fidùiieosf pour ^ rondre fers les organes auiiquiris ils sont dMliiiés,(l)

« PffMs de rmuîéphale, les mvertAvés doivent aéoessalrameiii $tra privés aussî d^s nerft pn^ires de l'plfceHoii» 4e ieiiiiûDeldfirAnditfeii. d Ce principe et la oouséqueBeequ^eH lire M* Semêoût tipad'étoBwrquand en se rappelle la|oi/Mip d^uhênialâ qu'a posée eei anatomiste^ eepoemaat le dévMoppeautnt efcenlriqne des Offanas (a). Bn «fbty si le dévelepper nsem dm appariais se ^it de la eifconlérence mi centre, eemme le préÉend l|« Séries, leanerCi doivent être en rapport, et pour iew volonie 0t fowt ianr poBri)re , non pas avee t'eneéphato t dent llasome^paids dans le prenier temps de levr foraiation, nsiÎB avec les appnnils organiques f^uanniuiei. «t Tous les neriiy jt répèla les expressions 4a l^aulenr dont Je réftile IV piÉiifln(B)5 «owles nerfase ibmiantde la eiffoeoMrenoe an nenire, leur origine se trouve néeessaireasent dans les organes aarxqnels en snppoee erdînairenent qulle se dlstrlliuenl , et (enr temiinaisoD mileur insertion se Isit «ur f aie oérébro* spinal duquel on les a fait provenir jusqu'à ee jour, a 81 eela est vrai , 1^ neurinre et la grosseur des nerfe doivent être en rapport avee le votanne <et la perC^ctioB des organes qMs aniffent^ or? 1^1 des oéphniopodes est d^à d'une grande

(i) Aristote connaissait déjà le crâne cartilagineux des mollusoiieo* voici ce qu'il en Ait {BisL des anim, 1. iv, chap. a) : « Les parties de la tète sont la bouche, qui a deux dents, et au-dessus des dents deux grands yeux ; entre les yetix est an petit cartBage^ contenant tm peu de oerveHe. «

\i) Serres, Anat, camp, in êerveàu, ^tis. 1827, 1 1, xxnr. (5) lâ, p. xxxviu.

bO SIGNIFICATION DU 8T8TÂME NBRVBUX

perfection, comme on peut s'en convaincre en Usant la description qu'a donnée GuYier, de Tœil dn poulpe , et celle que M. Owen a donnée de Tœil du nautile; ainsi déjà chez les mollusques, on devrait appeler nerf optique, le nerf qui s'épanouit dans la rétine , et ne pas le considérer comme une branche de la cinquième paire ; mais chez les insectes, cette conséquence serait encore plus inattaquable , car ils ont , pour ]a plupart , Torgane de la vue tellen^ent développé, qu'on pourrait presque dire de leur tête qu'elle est tout yeux. L'argument tiré du peu ou si Ton veut du défaut de développement du nerf olfactif des cétacés, où l'odorat parait être très peu développé ; celui que l'on pourrait induire de la petitesse ou même de Tabsence du nerf optique chez la taupe , où Torgane de la vue est presque nul , ne seraient donc pas applicables ici ; car chez les céphalopodes et les insectes , le volume des yeux , loin d'être amoindri , est plus que centuplé , si on le compare à celui des autres animaux. £nfin , une objection dernière et décisive ; le nerf optique des insectes et des mollusques se sépare isolément du ganglion céphalique ; il n'est pas , à son origine, uni à d'autres ner£i , et il va de ce ganglion s'épanouir en emier dans la rétine, absolument comme chez les vertébrés : la seuie particularité qu'il présente, c'est de se renfler dans certaines espèces d'tn* vertébrés , en un ganglion plus ou moins considérable, et placé à une distance variable dn ganglion céphalique , mais qui ne fournit pas de filets que Ton puisse considérer comme ies analogues de la cinquième paire. La détermination faite par M. Serres du système nerveux des invertébrés, est donc tout-à-fait inadmissible.

Le cordon oesophagien double de chaque cêté, et les ganglions auxquels ils vont s'unir , représentent la moelle rachidienne des vertébrés. La forme de ces parties est , à la

DIS MOLLVflQUM. 61

Tenté 9 fbrtdiflërente, ponrtant on peut remonter des unes aux autres par une gradation évidente, et fticile à saisir. Le système nerveux de l'anatife (!) étudié d'abord par Cuvier , puis par M. MartinSt-Ange, vame servir depreuve. Ce système se compose d'une double cbatne, dcmt la partie antérieure re» présente Tanneau œsophagien des autres mollusques, et dont la postérieure rappelle la moelle épinière des vertébrés. liO long de cette chaîne, règne une série de ganglions correspondant au volume et au nombre des cirriies de l'animal ; supposez réunis tous les ganglions latéraux , en une seule masse ganglionaire centrale, et vous aurez le ganglion vi^ céro-pédîeux de l'escargot; rémiissez an contraire les deost colonnes nerveuses le long de laquelle régnent les gan^iims, et vous aurez une moelle analogue à celle des animaux arti-» culés , et de ces derniers à la moelle des vertébrés , la tran^f* tion est facile.

La suMMsilion que je fais, relalivemeat à la réunion en une seule masse des ganglions placés en dehors des cordons oesophagiens , se trouve réalisée dans les crustacés , où l'on prat suivre leur rapprochement successif depuis le talitre qui a une véritable chaîne ganglionaire, jusqu'au maîa qui a seulement deux ganglions , l'un céphidique et l'antre abdô* minai. MM. Audouin et Milne Edwards, qui ont fiiit ce rap* prochement pour les crustacés, en ont établi la justesse sur des preuves qui le mettent hors de toute contestatHm , ainsi qu'on le verra dans le chapitre consacré à la description du système nerveux des crustacés. Comparez (3) l'anatife au

(i) Yoy. PI. Ire où le syMème nerveux de cet animal est ûgaié d'après les qu'en ont rnUiées Cnvier et IL ilarlin-St.~Ange.

(9) Toy. PL 1'* o& se Ivoirrent les figures représentant le syslène nerveux f éa talitre et du maîa.

m SIGNIFIGATIOP DU ST8TJaU ITBRVEUX

laliiro, ils onl, anire eux, una trè^ grande analogie ponr la dîaposition des gangUona nerveni ^ compare^ égalemenc r<00oargoi i|u mala ^ voiA verrez qa'il en est de même ) eh! bkfùf da maïa aa tatiti^e, ie paasaga a'ûpèire par une Bérie df «ruitaoée , donl Je ayatàme na*vttux ta prograsenrenie^i en se rapiHroobant de Tun on de Tauire.

Inea ganglions fepiaant sont considérés par M. E. H. W^ bw (l)f fxmme les analognes des ganglions des inveriébréSk fc Leâ nerfe spinaux , dit M* Weber^ <mt on 'volume iafvarsa dfi oelai de la nraslie éplnièrti chea l'homme , hi moetie épt» nière €At ooQsidëiahia oomparaiivemenl k ses ns^i le fo^ imam deâ nerfii augmente progressivameiit chez les oiseaux > dms las am|khsbiei et ehez les poiieoas ^ tandis que œlai de la moelle diminae; enfin cbni les aéphal<HN>des , la moelle B^eststeplus^ les nerfe «enls pevsiàteat afoc leura gangUottS« Les filets qui , chez les vertébrés , partent des gatgUois poi^ aHer A lamodlt, ctcMsUcaent les raainea des narfli apiaaiix» steMBoat ttei Ûm meHinqlips^ ceux d'« cAté a? ee eaux d« oAté opposé, sans l'iatermédlaiffède in moelle^ et fbUBMnt la aammisslim «ofenne qui Joiat anure attea tes deux parties t»*léraïas^ dsKi aa oemposent las gangifans des tatetaébrés. w Cette maniéi^a de vair SQ raf9n>clfee de oeHe que M. Senm a adoptée nstativemi^t i la Tatear da gAngKan dé la oinqaMme paire qui serait y d^»^ oet aaatomtote^ l^naiogoe du gain gIsÉB oépfaalîqne des iUvertébrés i od peut Aiveè l^ne et k VtuÊn les mânes objections. Je ne népdteMd pas Ml ee qaa j'ai dit pins haut i oe sujet , j'aurai d'ailleurs occasion dY ^ivenir encore en parlant de la structure du cordon médullaire désarticulés*

Treviranus (i) comparait les gangltons des invertébrés a«it

(1) Anert. ewttp, nervi sywpuâUet. lelps. iti^ , m.8o.

(2) Journ. compi. des se, mcê, t. 18. p. â9o.

gangllOM splnattt de» vertébréB et i V* moelto ëpiniàrei it ne 0'tnrétaii pas, tommt nous avons vu que Ta Mt M. Sem», h une feriue organique déterminée , et il avait grandemeal raison^ oar, dana la ipieation donc il s'agit, ce n'est pas oè Mmie qae Toti veut trouver, tnais «itirgaiift reknpUsaaHtUM faaction spéciale. Or, les gangiioDs apioasi. ecmt^ils bieii l'organe que nous dRrelions? onlhils par easHaAmes une vMeuf indëpèndaote? ffùBemeat* Cmpn les roeiaes énl^ rieires et les radies postérîeum ée la moelle, et vd«b àteà Wàié aetieu au& gangUons ipinaux. La moelle est forgane eetttral pour les venébrés , oomme las ganglioM I0 seat ^tir les invertébrés/ et e'eat en eux que résiileiit iee phéiKH gièMS vitaux dmit nous étudions les oosAitims «t les causes organiques.

Tkà Mtt quil a ilécauvurts eonœraant lu etmctsM miero** seopique du e$«iàmi^ nerveux , M. Ehrenberg oendut que Iee invertébrés n'ont pas l'anaiogoe de renoéphale on de la tnoellu racbMiemie. La aubatkmae du cerveau et celle de ia nuelie sont itetuées> dit^il> de Uàbei aHiiMés, ie(quéls SdIm ne contienneut umoune useeHe nerveuse, mais seulement un fluid» dense, transparent, komogène^ fuHl propose de désiguer sous le nom de fluide Mrveux. Or, M» Eht^euberg, aei«iniuvunt fieu de seaiblalUe à des tobus articulési ui duoe tesfan^ gifonS) ni dans tes oardeos, ni dans les Mets nerveux dei iiivertAféS) ceuidut «que oel smimaux sont dépourvus de oep« verni «t de moelle épinièns. Il ne sera pus dMMe de irfM voir conl^ieu cmte uonstueion tst peu Awiée.

Xa moelle épiuière et le« œrveau ne uout pas les eeulea purdes du ^yiaèsae nerveux dei vertébiiés qui cotiaiiMU un «nu agglotsémito» d^ oe iqaps M. IbNmbnt^ appuHe des libes aatimilés) d^iprts <ut uawuimiste , les nerh oiÉwxifc » epilqucs ^uudftlfl»«hiOotot4'orttésëgalemeni; or> sifon^stAMMléànier

A& siGKinciTioN m hywrimE iteeybux

rexistence d'un encéphale et d'une moelle rachidienne ches les invertébrés , par la seule raison qu'on ne trouve pas datfs le système nerveux de ces animaux de tubes articulés, U fiMidra également leur refuser des nerfs olfoctifs , des nerfii optiques et des nerfs auditifs. Il n*y a nulle raison , en effet, pour que le principe posé ne s*appHque pas aux nerfs sensoriaux tout aussi bien qu'aux centres nerveux. Il est douteux que les mollusques aient un nerf olfactif, mais il ne l'est nullement que beaucoup d'entre eux n'aient des yeux, que plusieurs n'aient des oreilles , et qu'il existe pour chacun de ces organes des nerfis spéciaux. Niera-t-on l'existence des Mifll»optiques du poulpe , par exemple, parce que le nerf qui va s'épanouir dans rœil de cet animal et qui sert à le vivifier, n'est pas formé de tubes articulés? Ce serait, il faut l'avouer , un singulier raisonnement; car, pour être conséquent, on devrait nier aussi que la vision s'opère chez cet animal, puisr que, toigours d'apm M. Ehrenberg, les nerfs des sens, et même ceux de la sensibilité , sont exclusivement formés de tubes articulés. La théorie de M. Ehrenberg ayant pour conséquence de refoser aux invertébrés toute sensation , toute sensibilité, est, par cela seul , inadmissible.

Le ganglion céphalique , par sa contexture , ses relations et ses usages, rq)résente, chez les mollusques, l'encéphale des animaux vertébrés ; ce que j'ai dit , ai parlant de son vohime, comparé à celui des nerfc, donne nne nouvelle cer* titttde à la légitimité de cette détermination. En effet, le volume du ganglion céphalique de l'escargot que j*ai pris pour exemple , est aux nerb qui en partent, comme 1 est i 0,IM , tandis que le ganglion vi8céroi>édiettx est à ses nerfs comme i à(^,97i, ce qui établit en fiiveur du ganglion céphalique une prééminence marquée sur le ganglion pédieux , et répète la loi déjà citée de SaBmmering , qui donne à l'encéphale un

hUS MOLLUSQUES. M

Tolame d'autant plus considérable prûportionnetlement aux nerfe qui en partent , que ranioial a des facultés plus développées. Cette loi , que Ssemmering a posée pour rencéphale, s'applique aussi aux ganglions dont la sphère d'action s'étend en raison directe de leur développement comparatif.

La moelle rachidienne est représentée par les deux doubles cordons qui ferment Tanneau oesophagien et les ganglions qui interrompent la continuité de ces cordons ou qui les terminent rappellent la chaîne ganglionaire des articulés, chaîne qui 9 chez les vertébrés, convertie en moelle rachidienne, laisse pourtant encore des traces de son existence chat les anguilles.

1. Le système nerveux des mollusques n'est pas f^nalogue du système ganglionaire des vertébrés.

2. Le double ganglion céphalique n'est pas l'analogue des lobes cérébraux.

5. Ce ganglion est toiyours situé au cAlé lumineux de l'animal , tandis que les autres sont généralement du cAté ter* restre.

6. Le ganglion céphalique n'est pas l'analogue du gan^^ion appartenant au nerf trgumeau des vertébrés.

5. Le ganglion céphalique des mollusques représente chez ces animaux l'encéphale des vertébrés ; il a plus d'analogie avec la moelle allongée qu'avec le cervelet , les tubercules qnadrijumeaux ou le cerveau.

6. Il existe, chez beaucoup de mollusques, des ner& spéciaux pour la vision et l'audition , p0n|g&tre en existe*t-il aussi pour l'olfaction.

7. Le cordon œsophagien et les ganglions que ces cordons réunissent, sont les analogues de la moelle rachidienne.

FACtUF)^ BBS 9U>LI.I}fM2VES.

S. Toiiiefirâ, w m peut pas dira que to ay^tàme ncarvem dQ« moUnaquei soif seulement Taiialogue du sy^tèoie cérét^ror racbîdien , il (ieat par ^a structurB , psir #es usager ei par a^ fokrsie* du ayttème cérébriHspinal 6t du ^yaièmis gapi^lto^ naire des mwau vertébrés. ,

S Vf. fhtVLl!to 151S MOLLVSQmSS.

•La tie se borne , chee les motlusques , à ee qu'elle a de pim élémentaire : «e nourrir et engendrer; la plupart des Ihollusques ne vent pas au*deA. Il ea est même quf semblent n'avoir jamais que Texistence des fœtus, talé sont les biphores qui restant long-temps unis ensemble, comme ils Tétaient dans Tovaire , et qui nagent liés les uns a« aufres. Les agrégés , animavK appartenant , aiiiai que les biphores, à la classe des aeéphalessanseoqiiitles , a|»rèa être refilés ^elque tenq)s séparés , se réanUsent et adhèrent ensemble tant que dure leur vie. Les botrylles «ont réunts en fbrme d'éloHê ; al Pou pique un des itiyons de féKâle , il se contracte sedl ; al l'on en pique le centre , tous se contrat tent. Les pyrosomes se réunissent aussi par un de teiira boutai le bout resté Hbre «et an dehars , il porté IWlfiee baccal ; l'autre , adhérent a« aairea pyroaomes , «at Porffl oa anal. Se «ette agrégation résulte un grand eyUodve qnl , par les «ontracttoBS et les dilatations coniblnées de ehaque 4ndi«* vidu , se ment et nage dans la mer.

A quoi servent-ils ? Il y a des anittMtnx quf s'en nourrisseaUp etfon^ctft qnelqnefr'nns tf entre eux briller dans la mer de tont Védat dn phospluir^. La nature se pare de la beauté qu'elle leur donne ; elle les réserve comme aliBMns à des ani* mau&fpkis parfelts ? <^eat là tout ce que nous savons <iu but de leur^sHtenoe.

Vaatres «oUoBqneB me t'onisMiit pas entre em, mais se fiiient k la pierre ou à la terre : les ascidies , les htittres sont privées de tonie looemotien ; les premières ont ud petit oriftoe par lequel elles absorbent et rejettent alteraatiTement l'ean dans laquelle eOes restent plongées : lenr fie ne nous offre rien de plus manifeste $ les entras entr^onf rent leurs taWes et reçoivent la nourriture que leur apporte Tean de la mer. Les moules sont déjA mien pourmes ; eHes peufent se mouvoir et ehanf er de place. Pour avancer , dles se creusent un sillon et marcbent sur le iranclmnt de lemps eoquilles. Ârfsioie dît qu'il 9 adies OKmles qui votent; Poupert (1) a vu la grande espèœ de moule d'étang voler à la suHhee de Peau; U n vu imssi lAnsieursindivMns frapper renu, de leurs valves y evee beaumq» de vitesse. Quand il feft froid , les moules sfenter** rentdam^lesaUe*

Piusismrs mollusqves sont parasites t les gastrodK^ies vl'>> WBi dsins Hnitriaor des oiadrépores qu'elles percent ; les étions vivent mv les iAadèmes> et eeuK-ei sur les baleines. Les buiefaies^ dont ta peau sert ainsi de donrfette ft une double série de moHnsqnes , ee nourrit elle-même d'nne autre espèce de cim «niiMiK qui se trouvent en quantité innombrable dans In mers du nord t e^est le ciio herealh. La baleine ne peut pas euvrir la boeclie sans en «^gloutit des milliers , aussi a«^ ott nommé le «lie pdliM «f# ^ ftoMm. (9)

Les mollusques se nourrissent des matières orgunisées qui se tiMiraat «n snpension éans l'ean, eu de végétaux ou d'antres aoilasques , ^«aAme de poissons. Les llmaoes«t les kéiiceaffeelmrelieot teMe ou tçlie plante, attifas par Fodeur au milieu de la plus profonde obscurité (8). On sait peu de

il) £em, sur les coquilfog^ à fimt eaguil/^*<^\\* 4«a4. fu Ar^ t «i* y. Mfi • (a) O.Cwierj Mémoirag^rJ^mftliusqua.V'émovemtU<i^* (3) BbioTille, Manuel de malacologie, Paris, xSaS^ ni-8) %

^ WACCVSàB DBS HOLLU8QUBS.

diose sur les fiicidcés qui ont pour but de concourir à TalimenUiioD chez les mollusques , si ce n'est cependant chez les céphalopodes; ceux-ci , les mieux partagés sous le rapport du système nerveux , sont aussi les plus élevés pour leur instinct. Âristote en parle dans plusieurs passages de son Histoire deê animaujf. «c Le plus rusé des mollusques, dit Aristote (1), est la seiche. Elle se sert de sa liqueur noire seulement pour se cacher » et elle ne la jette pas seulement lorsqu'elle a peur, comme font le polype et le calmar. Au reste , ces différens animaux ne jettent point en une seule fois tout ce qu'ils ont de liqueur, et quand ils l'ont jetée, elle se reproduit. La seiche se sert souvent de sa liqueur noire pour se cacher i on la voit sortir du nuage qu'elle forme et y rentrer. Elle attrape les poissons à l'aide de ses longues appendices , et ce ne sont pas seulement des petits poissons qu'elle prend ainsi , mais sonvent jusqu'à des muges. Elle rassemble tout, péle-méle, dans le domicile qu'elle habite , et après avoir mangé ce qu'il y a de bon , elle jette dehors les écailles des coquillages , les enveloppes des cancres et les arêtes des poissons. » Cette fa-* culte de changer de couleur, dont parle Aristote, est com-^ mune à tous les céphalopodes ; elle est bien supérieure , dit Cuvier, à celle du caméléon (2); tous également jettent une liqueur noire pour se cacher quand ils sont poursuivis ; c'est au point que la mer en est quelquefois presque noire, dans certains endroits.

La nourriture ordinaire des céphalopodes consiste en co« quillages, écrevisses, crabes, etc., qu'ils saisissent avec leurs longs bras et qu'ils écrasât , malgré la dureté des en-

f i) LÎY. iz. 59;

(a) Cuner» Règne «mi. t 3. p. to; Carus. Nop, acta cuttùs, m. part t« p. 3ao; Sao Giovaniiî » ^mi. dette, nat» xvi. p. 3o8.

FA.CULTÉS DBS MOLLUSQUES. UO

veloppes dont leur proie est couverte. Ils font une chasse si destructive des homards et des crevettes , que les pécheurs n'en trouvent plus que de mutilés. Les hommes eux-mêmes ont été plus d'une fois victimes des céphalopodes, non pas^ comme on le dit , qu'il y ait des céphalopodes assez grands pour manger des hommes, mais parce que, en enlaçant les pieds des nageurs , ils empêchent leurs mouvemens et les font périr.

Après Talimentation , qui entretient la vie de l'individu, vient la reproduction , qui entretient la vie de l'espèce. Toutes les manières connues de se reproduire , excepté celle par bouture , se retrouvent chez les mollusques. Les acéphales se fécondent eux-mêmes , et les petits s^ournent dans Tépais-r seur des branchies de plusieurs acéphales testacés avant de nattre. Les scntibranches et les tubulibranches n'ont pas non plus besoin du rapprochement de deux individus. Les limaces et les hélices sont hermaphrodites, mais seuls ils ne peuvent procréer; il faut que deux de ces animaux se rencontrent et se réunissent : c'est le premier et le plus infime degré de ce que, dans l'espèce humaine, nous appelons amour. Chez les colimaçons, à l'époque ou la chaleur du printemps les a dégourdis , il se forme une double sécrétion , l'une dans l'ovaire, l'autre dans le testicule : alors des rapprochemens , des caresses, des essais, puis l'union intime de deux individus. Il existe d'autres manières encore pour d'autres mollusques qui s'enlacent les uns dans les autres de telle façon qu'ils forment des cordons procréateurs, dont on peut lire la description dans les ouvrages des naturalistes (1). Quant aux céphalopodes, ils ont des sexes séparés , et en cela ils s'élèvent audessus des précédens; ils auraient même, si l'on en croit

(i) T. de BlainviUe , Manuel th malacologie^ p. iSa.

Aristote , des caractère^ différens suivant les se:tes, 14 seicbe mâle serait courageuse et viendrait au secours de la seiche femelle ; tandis que celles;! , timide et faible , fuirait toiyours à rapproche du moipdre danger. (1)

Uq des céphalopodes I celui auquel Aristote a donné I^ nom de polype nautije et qui , aujourd*h]ii| | est plus ordinaireoiejit désigné sous le nom d^rgQn^u^te , a été To.bjet de Fattention des observateurs, oc Le polype nautile , dît Aris^otOi s'éjèvp df) fond de la mer ^t rogae à sa suf face ; qu^nd il veut monter 9 il reoyerse $a coquille , tant afin de faciliter sa sortie de Te^u , qu'afin de vider son vaisseau ; arrivé sur Teau y \\ vide sa CQquille* Entre ses bras est une espèce de tissu qui s'étendjusqu*àleur ei^trémité, et ressemble à la membrane qui joint les doij^ts des Qiseaux palpipèdes ; la seule différence consiste en ce que la piembrane de ces oiseaux est plus épaisse » au lieu que celle du nautile est mince cojnme une toile d'araignée. Lorsqu'il fait un peu de vent y le nautile se sert de cette membrane comme d'une voile ; pour ramer il se sert de ses bras qui sont dpns l'eau. Survient-il quelque sujet de crainte, il se plonge dans la mer en remplissant sa coquille (2). » Pline; Elien^ Oppien, etc.; partagent l'opinion d'AristQte^ qui se retrouve presque entièrement reproduite dans le Règne animal de Cuvier. M. Laurillard Qi'a donné^ sur la natation de l'argonaute, des repseignemens qui la rendent moins poétique. Il si vu l'argonaute avancer sans rame et san^ voile , joaais bien à l'aide de l'entonnoir avec lequel il aspire et repousse alternativement une certaine quantité d'eau. Cette ean qu'il projette devant lui ; éprouve une résistance qui se transmet à l'animal et le fait avancer à reculons.

Les nudibranches offrent quelque chose d'analogue à cfi

(i) Histoire des animaux ^ 1. ix, ch. I. (a) Ibld. Ut. ix. ch. xxxvii.

FACULTÉS OIES |IOL|«D49179«. H

qu'oïl disait de Targonauie : il» se rei»vei«eat'poiir l^g^i^^ ^ le mauieaa ainsi que les ^otaci|les dont jib iwpt pojorvvft l^ur tiennent lieu de rames.

Je ne dois pas omettre , d$ins Tbistoire nécessairement si bornée des facultés des mollusques, un fait propre à une espèce de gastéropode pectinibranct^e. J^ fripière, p'^st le nom que Ton a donné à ce mollusque , est remarquable pat l'habitude qu'elle ^ de poUer à s^ coqoille des corps étjNingar^, tels que des petits cailloux et même d'^tr^ coquilles; ell0 s'affuble ainsi d'une espèce de yétemont b^arve que l'on n comparé k une friperie.

L'intelligence des mollusques i exoppté pourtant celle des céphalopodes, est, on p^^t le dire, entièrement nulle; leurs sens sont en petit nombre. Ils ont la sensibilité générale , ou le sens du toucher, qui papatt s'exercer par tonte la surface de leur corps, non recouverte par une coquille, et en particulier par les tentacules; )e goût, sHl existe, est probablement très faible; l'odorat s'exerce cj^rtainemeiit chez plu*sieurs, ainsi que Is^ visioQ , et cbefi un plus petii nombre, on ne peut mettre en doute l'organe et la faculté de l'audition.

Dira-tHon que les moUuMues yiYea t en société, panée qu'ils se trouvent ^asemb}e, dans i^ mêmes fieux 7 Pour Içs cépbalop^ desicel^ gérait tout au plus présumaUe ; mais poup les aulret» s'ils se trouvent réunis , c'est parce qu'ils sont nés ensemble ^t qu'|.i^ tTQUY^pt eMsembLe la noiirritiire dont lie ont besoin. Du reste, il ft'e^$|e entre eux aucun lieo ; le rapproehemetit des individus pour la fécondation n'existe même que oh^ les céphalopodes et les gastéropodes. M. de Blainville , dans son Jdanuel de malqeoiçffi^, a i^onsacré un chapitre à l'exposé des rapports des mollusques entre eux ; un autre, au rapport des parent avec le produit de la génération ; un troisième , au rapport des mollusques avec l'espèce humaine. Ces cha*

5e FACULTÉS DKS MOLLUSQUES.

pitres j comme on le pense bien , soni fort courts ; il n*y avait pas matière à discourir longuement sur de pareils siyets. J'y ajouterai cependant un mot. M. Chamisso a vu que, parmi les biphores , les individus sortis d'un ovaire multiple n'ont pas d'ovaire, et produisent des individus isolés, tandis que ces derniers donnent naissance à des individus pourvus d'ovaires , et par conséquent semblables à ceux dont leur mère est sortie ; en sorte qu'il y a alternativement une génération d'individus isolés , et une génération d'individus agrégés (1). Ce fait en rappelle un autre que l'on retrouve quelquefois chez l'homme ; je veux paiier de la ressemblance des traits , des facultés et des maladies qui se transmettent aux enfans , moins fréquemment du père que de l'aïeul.

RlftSUKÉ.

1. Les mollusques n'ont pas de facultés que l'on puisse comparer aux facultés de l'entendement.

2. Deux fonctions principales existent chez eux, Talimcntation et la génération.

3. Parmi les mollusques, les plus élevés sous le rapport des facultés, sont les céphalopodes, c'est-à-dire ceux des mollusques qui ont le ganglion céphalique le plus considérable.

6. Tous les mollusques Jouissent de la sensation du toucher ^ hdancoup de la vue et peut-être de l'odorat; qnelquessns Jouissent aussi de l'audition.

(i) Gttvier, êU^m ûHimaL I. 3. p. i6$, et Ghamisâo, Dfssert, de Salpa, Hcriin, 1819.

STSTAhE IfXAVBUX DBS AlflMAUX ARTICULÉS. 53

Page 1