‹ Anatomie comparée du système nerveux (volume 2)Chapitre 22 sur 66 · DES ANIMAUX ARTICULÉS · texte numérisé non relu

DES ANIMAUX ARTICULÉS

ne sont pas là des actes purement physiques et placé dans les mêmes conditions, poussé par les mêmes besoins, l'homme faisant usage de son intelligence n'agirait pas autrement que les animaux.

L'éducation n'est pas nécessaire aux animaux, qui en naissant, sont propres à toutes les actions qu'on leur voit exécuter et qu'ils exécutent en effet, sans jamais les avoir apprises; l'homme au contraire apprend une partie de ce qu'il doit savoir ou faire par la suite, il est éducable. Sous ce rapport» l'avantage serait aux animaux, puisque avec moins de peine» ils font dès le commencement de leur vie, plus que ne fait l'homme au commencement de la sienne : toutefois, je dois foire observer que cela n'est pas aussi généralement vrai qu'on le dit, car plusieurs animaux ont besoin d'éducation, et la différence qui existe entre eux, àcet égard, tient à des conditions qu'il est facile d'apprécier : elle dépend du développement de leurs organes, au moment de la naissance. Les uns, en entrant dans la vie, sont déjà parfaits, les autres n'arrivent à ce point que peu-à-peu et par degrés. Le poulet va chercher le grain» le canard se dirige vers l'eau plus vite et plus sûrement que l'enfant ne dirige les bras et la bouche vers le sein de sa nourrice : comparez l'état de leur développement, et vous y troa-> verez la raison de cette différence. Si l'homme naissait avec des organes capables d'agir, il n'aurait assurément pas besoin d'éducation pour un grand nombre des actes qu'il exécute.

Je ne veux aucunement soutenir le paradoxe de ceux qui estiment l'intelligenco des animaux à l'égal de celle de l'homme; je ne puis cependant m'empêcher de faire remarquer combien l'on a exagéré l'infériorité des animaux et la prééminence de notre espèce. Que l'on considère l'homme sous le point de vue moral, ou sous le point de vue intellectuel, on verra qu'il est soumis à certaines lois desquelles il s'écarte peu* I. 9

fW WAtCVJPÈB

Pour on snroir unexesple, jetés les yeoxsiirlee Campiêg-renr^ dus de Iftjuhiee criminelle en Franee, ou arien encore sur les (WTrages dans tesQoels MM. Goenry (!) et Qoételet (2) ont établi, d'après ces comptes-rendus, quel est le nombre profuortioinel des crimes et des délits suivant les âges, les sexes, les saisons, les heures dn jotfr, vous serez snrpris ef ratm^ éSrvt^é de la régnlar tté qtA s'y trouve. Gbaqfue année; dans M même département, «n méoss nombre de crfnïes ex^ ctMés par des bommes du même âge et de' la même condition sociale que les années précédentes. Gm^ âU l'trn des aritenrsf ^e je viens de citer, M< Quételel, «ne sorte de bndget dont m peat, k Pavonce^ établir la quotité. Pour agir d'une «ns*^ Mlère aossi emstante, il faut que les causes de ccftte répétittift sietit bien de la forcer pottr n'y pas résister plus eflBca-^ 0masu%^ Il fatit quel' bodime dit bien de la faiblesse! et Sirhomine o^t tellement faible (}iie, dans certaines conditioms, il cède ton» jottfti 6 ttne Ittipnlsion capable de Itti fhlre dommettre des (frimesf ôiiésc sa liberté? L'homme est libre, potirtaiit, j'at hftte delerecotanaUré, tnais trop rarement, mais quand Ses pàssiotiS M ratettglent pas, ^uand, par une bonne éducation, il s'est eiereé à faire prédominer le sens moral qui est en lui. Autre-' ment il obëit, moins fatalement, siins dadte (|ue les snlmaui, Mis il ëbétt, ti s'il ne s'agitait pas dails tme Sphère plds grande qllë éétix^<t^ Oh sehiit tenté dé dire sussi de lui qu'il est linè nMShih'é;

Quftht àtri^ i)H)dul(s dé i'ihtelligence huinaine, si tm Xtt aâaly«ë éVeé sdth et que l'on remonte à leur èource immédiate, du ne tarde pas à se cëntainere ttu'iis sont une manifôstatioti de l'homme tmeme) aussi souvent qu'un résultât de l'éduca^

(i) Essai sur la statmtique morale de la France^ Paris, x833, in-4% arec

planches, (a) kïMûépf^sh(ùé 'rcdatè, J^arîs, tési, a voL îh-S,

BIS Ainvftini àOÊfticxTuis. ll|

lim. Dam toutceqtefkiic lIiomiDli) ily ades oboifès qui itei« Dent à S9 nature, d'antres qui ddpoideBl daa eircQBstèneii an milieu desquelles ii se trouve, nais le nombre des pre* mières est au moins aussi considëralile que oelui des secondes. M. Henri Ritter a parfaitement exposé ce fait, lorsqu'il a dit à l'occasion de la marche et des progrès de la oivilisatioli t « La raison pour laquelle on a voulu fieiire découler de Vlaé^ la civiUsadon de presque tods les peu{rtes de l'Asie, de l'Afli-i» que et de l'Europe, a sa source dans l'cqilinion très aocréditétf maintenant^ mais fausse cependant^ qui a'eflbree de substiiMh un ordre externe à l'ordre interne, dans l'histoire de l'inn manitë. Si dans l'Inde, en Egjrpte, en Phénteie^ en Cblne^ em Grèce^ nous trouvons les mêmes vices et les mêmes erreurs^ ce n*est pas une preuve que l'un de ces peuples les tiehne de l'antre par la tradition ; pas plus que les mêmee vertus et les mêmes vices, chez diffé^ens peuples, ne sont une preuve dee rapports historiques de ees peuples entre eux. Les élémeas de la pensée humaine sont partout tes mêmes et l'unité intetne de l'espèce humaine lie plus étroitement les peuples entoé eux, que leur voisinage et tous les autres rapports extérieuiUi On ne peut présumer un rapport historique entre plusieurs peuples, d'apfès»lB similitude des opinions^ des cfoyaMesi que lorsqu'il ne s'agît pas Seulement de quelques élément de là pensée ou de leur union naturelle et slmple^mals ioitiqtt'M retrouve des séries entières de ces liaisons de pensées^ et d't* dées, et tonjoui^ dans tin ordre arbitraire ^^ (i)

L'étude delà folie (2) m'avait conduit A une ei^ilcinsioniotrt^ à^it analogue à celle de M; Ritter. On tttit qu'teDe â M autrefois rinfluencé des prophèteil, des inspirés^ dès vision»

(i) Henri &itter» BiOoire (U la phUosophitp tnd. parTuMt, Parii, xS35, tome X y p. 55.

(a) Jttagnutis psfehôtogîqOiu sûi* là iMe; VftHl, 1^)4» IA'^*

naires sar Tesprit des peuples : presque tout ce qui était an-^ nonce par ces malades, on le regardait ordinairement comme certain, et Ton agissait en conséquence de cette persuasion. Or, les visions, ies inspirations, les prophéties étaient réoé- Ubs par des hommes hallucinés, c'est-à-dire par des hommes qui, atteints de sensations délirantes, racontaient de bonne foi et avec une entière conviction, ce qu'ils avaient senti, vu, entendu, flairé ou goûté. Les hallucinations adoptées comme faits positifs, ont eu des résultats qui, partout se sont repro-^ dttits presque identiques, elles ont fait nattre la croyance aux apparitions, aux incubes, aux légions de diables, aux possédés. Cette croyance a été établie chez tous les peuples, elle fidt partie de toutes les religions; on n*a pas découvert un coin de terre habitée quelque isolé qu'il fût resté jttsqu^alors du reste du monde, sans que Ton y ait trouvé répandu l'intime conviction qu'il existe des êtres surnaturels dont le corps a été vu ou la voix entendue par quelqu'un du pays. Et chez nous, à chaque instant, nous trouvons des individus qui, frappés de la même maladie, ont des sensations et par suite des convictions semblables à celles de nos anciens visionnaires, sans que la plupart d'entre eux aient pu connaître, par la tradition ou autrement, qi^ de telles sensations aient jamais été éprouvées. Si nos visionnaires rencontraient un assez grand nombre d'hommes ignorans et crédules, nul doute qu'ils ne devinssent chefs de sectes, et nous verrions se reproduire des erreurs semblables à celles dont l'histoire fait mention, erreurs qui ont long-temps servi de règle à la conduite des hommes et de base à leurs institutions sociales. Beaucoup d'idées absurdes et de superstitions n'ont donc pas eu besoin d'être transmises pour se propager de nation à nation; elles ont pu natti^ dans chaque pays, comme dans un m^e pays, elles se reproduisent accidentellement

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de temps à autre. L'éducation les traDsmety cela est vrai, mais si elles sont acquises pour un certain nombre d'hommes, elles sont spontanées pour ceux qui les ont proclamées; ces derniers ne les doivent qu'à eux-mêmes ou plutât qu'à une aberration de leur entendement. Ainsi , là encore, c'est l'homme interne, et non pas les influences extérieures, qu'il fiiut placer en première ligne.

Quelques philosophes ont dit que les facultés innées constituent Tinstinct, et les facultés de réflexion, l'intelligepce; mais la faculté de réfléchir est innée chez l'homme, car l'homme réfléchit sans qu'il soit besoin de le lui enseigner, et d'autre part, comment nier que parfois certains animaux, les abeilles par exemple, ne réfléchissent aussi? La difiérence intellectuelle entre l'homme et les animaux n'est donc pas là; die existe, sans aucun doute, elle est immense; mais comme l'ont avancé plusieurs théologiens, elle porte plutôt sur la quantité, que sur la qualité.

Cependant les animaux ne perfectionnent pas leurs œuvres; ils agissent maintenant comme on les a toujours vus agir; les abeilles, du temps d'Aristote, faisaient ce que font les nôtres, rien de plus, rien de moins; l'espèce humaine, au contraire, amasse toujours, elle perd quelquefois, mais en somme ses richesses intellectuelles vont croissant sans cesse et dans une progression indéfinie : c'est là un des caractères propres à riatelligence de l'homme : cette intelligence n'est pas bornée àl'individu, comme dans Thuttre, elle ne reste pas stationnaire cans l'espèce, comme dans l'abeille, elle s*accrott au contraire a/ec les générations ; aussi l'homme a-t-il une vie passée et uie vie à venir, taudis que les animaux les p)u^ parfaits n'ont qi'une vie présente, et les animaux inférieurs, qu'un moment.

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t. Lflf anBelidfi» ont le Ben» du tonoher» pauMtro eeloi Al goùtf ils ont la bculté de rechercher leur uourrUure, maïs pour la trouvai il fiiut que cette nourriture soit près d'eux.

9. Lee erustacéa ont plusieurs organes des sens généralement bien dëveloppési ils attaquent, se défendenti se cachenti vivent ensemblei ils sont oamassiers et voraces. Leur ardeur pour la génération est extrême.

I. Les arachnides sont des animaux carnassiers» cruels» astucieux; ils sont domiciliés, les uns dans des terriers qu'ils construisent, les antres sur des toiles qu'Us tissent; ils ny^Oit de chasse, élèvent leurs petits et les mangent souvent z ils se mangent aussi entre eux. Dans leurs amours, le mâle est fréquemment victime de la femelle. Beaucoup d'araignées em* polsonnent leur proie. On en a vu qui aimaient la musique. Leur vie est solitaire. Ils ont des organes des sen», celui de la vue ea particulier, très développés.

&. Les fourmis vivent en société, eUes travaillent en com* mun et dans le même but, elles sont domidllées dans des terriers ou dans des loges de bois qu'elles ont elles-mêmes formées; elles s'entr'aident, se font comprendre les unes des autres à l'aide de langage antennal; elles ont ure espèce de bétail qui leuriournit une grande partie de la ncurriture dont elles ont besoin. On trouve dans une même foarmilière des mâles, des femelles et des ouvrières t les ouvières sont des femelles qui n'ont aucune part à la généraion, elles sont chargées de fa construction des habitations, de l'éducation des petits, et de ralimentation de toute la rqi>ublique. Les femelles font des œufs; les mâles servent à h fécondation seu<

lement. Les fourmis se livrent, de fourmilière à fourmi** lière, des guerres très acharnées; il est une espèce de four* mis quiy impropre ai| trav^ili |^a$sèll94^ esclaves.

5. Les abeilles vivent aussi en société, qui se compose de reines, de mâles ou faux bourdons et d'ouvrières. Les reines occupent des alvéoles très spacieuses; elles ont une nourri*

gUure choisie; elles ne travaillent jamj^iç^ le^PJJtynèjce^l^.ejLr tourent de respect. Leurs fonctions sont de faire des œufs , et de conduire les essaims. Les mâles sont uniquement destinés à ia fécondation des femelles ; ceux qxû ont servi à cet acte perdent leurs organes génitaux, et meurent ; les autres on les tue comme inutiles. Les ouvrières, qui sont des femelles non destinées à la génération, sont divisées en deux séries, les unes chargées de la construction des alvéoles, 4es autres de ^approvisionnement de la ruche. i)ans le gouvernement des abeilles, tout concourt à Tavanlage de la société commune : logement, provisions, défense delà place, éducation des petits, formation des essaims, naissance et détermination du nombre des reines; chacune de ces choses est si bien établie, qiffl est impossMe de n'y pas voir la preuve d'une véritafMe intelligence. ^

6. Dans la séné des animaux articulés, les facultés se développent en suivant ia progression suivante :

a) Quelques sensations et des instincts bornés àia rediercbe de la nourriture et àia génération ;

V) Sensations plus étendues et plus nombreuses, ardeur extrême pour 'la génération, voracité, cruauté ayeugle;

c) Sensations encore plu^ étendues, construction d'ui^doipi* cile, voracité, cruauté, ruse., astuce;

d) Sensations très étendues, construction d'im domieile^ yne de relation, services mutuels,rapprovisionnement, |[uerre «t défense communes, en un mot sociabilité.

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