CHAPITRE in
■TSTiMB «S&rSUX CÉMÉMatO-BiriMAL 9X1 VOIMOVl.^
Dans l'ordre intellectuel^ passer des insectes aux poissons, ce n^est pas monter, c'est' descendre; dans Tordre organique, c'est suivre le perfectionnement du système nerveux. En effet, tout ce que nous savons des mœurs, des habitudes, des instincts propres aux poissons, nous oblige à regarder ces animaux comme généralement inférieurs aux insectes, et à les placer fort au-dessous des fourmis et des abeilles, tandis que leur système nerveux, comihe celui de tous les animaux vertébrés, offre de nombreux caractères qui le rapprochent du système nerveux de l'homme. Est-ce donc qu'entre le système nerveux et l'intelligence, il n'y aurait pas un rapport graduel et nécessaire? Nous verrons, en considérant le système nerveux non dans sa totalité, mais dans ses parties, que le rapport cherché existe, et qu'il est établi sur des preuves irrécusables.
Avant d'entrer en matière, je citerai les auteurs qui se sont particulièrement occupé de l'étude du système nerveux des poissons. CoUins (1), Camper (2), Haller (3), Vicq-d'Azyr (4),
(i) ^ System ofanatomy, reiat'mg of ihe hodyofman^ heasts, èirds, «isectt andplanis» Lond., z685 , i yoU in-fol.
(a) Mémoires de la Société de Harlem, t'j^ .-^ Mémoires de l'Académie des Sciences, savons étrangers, t* vi, X774>
(3) Elementa pkfsiologiœ , 1766, t. rv.
(4) Mémoires de tjcad. Royale des Se,, savons élr,y t. tu, Paris, 1776.
DBS POISSONS. 137
A. Monro (1) , Ebel (2), Scarpa (3), Cuvier (4), Arsaky (5), M. Carus (6), M, Weber (7), M. Fenner (8), G. R. Treviranus(9), £. M. Bailly (10), M. Serres (11), Desmoulins (12), Rolando (13) , M. Gottsche (Ift), M. Swan (1^) , sont les principaux ^ le lecteur fera bien de consulter leurs ouvrages , et après cela d'observer la nature ; car les livresi quelque bons qu'ils soient , ne profitent réellement qu'à ceux qui savent en soumettre la substance au contrôle de l'observation.
(x) The structure and pkjrtlohgf ofJUhes.'Eàhib,, X7S3> iii-fQl.,pl.
(a) Scriptoret neçroiogici minores , éd. Ludwif;, Leipsig, 1793, t. xu, ixH4.
(3) Anatomuœ disquisitiones de auditu et olfactu, Pavie, X789» ia-foLt
pi.
(4) Li^m tPanatomie comparée. Puis, xSoo, t. xi, p. 166.
(^ Commentatio depiscium cerebro et meduUa spinali. Halle, x8x3| iii*4%
(6) Fersuch einer Darsteilung des Nerçensy stems, etc. Leips.» x8x4, in-4*«
(7) Antttomia eomptirata nervi sympalhicL Leip., i8i7,
(8) De anatomia comparata et naturali philosopfûa commentatio, Jena » x8ao. Ib«8.
(9) FermischteSchriflen, GŒitingiie, i8iS-x8ax, 4 voL iii-4o,aYec Sg, pi. (xo) Recherches d'anatomie et de physiologie comparées du système nervea»
dans les quatre classes d'animsutx 'vertébrés, etc. (Aich, {[en. de Méd. Paris, z8a4, t. ZT, p. 45.)
(zi) Op, cit., t. X, p. Z84,
(xa) AnatomU des systèmes nerveux des animaux à vertèbres ^ e/c«,iii*8o. Fuis, z8i5, x*" partie, p. 140.
(i3) Saggio sopra la vera struttura del cervello e sopra lefimzioni del sis" Uma ner¥oso, Torino, z8a8, 3 voi. in-8, fig.
(x4) Fergleichende Jnatomie des Gehims der Grœtenfische, im Archiv.Jwr jinatomie, etc.. Ton J. MttUer, Berlin, i835.
(x5) Illustrations o/the comparative aneUomy ofdte nervous System, part» XX, Lond., i836, in-4°9 ^*
f ^9 DBscaiPTiiMi 99 «vstim inuiviinL
toi$ia98.
Çlieiz Les moUosques inCériem^ » }es ascidiû^i par exampto ^ UD seul ^aAgUoa ^st chargé de priésidcar k Ui^tùs tes foocdoBs do Yéoouom^; ^jx rwiOBtikut parmi les anwaia da ûMb classe , le3 gafîgUoos »e muUifiUM^ et U laur est déparli dei fonctions qui tendent à devenir spéciales : ainsi, la miiUipii' cité d'organes est, pour eux, un élément de perfection. Chez quelques Mrlicjtié&, on trouva llndice d'un noenreau fhietionneneiit de Tappardl nerveux ; c'est un système particulier uniquement destiné aux fonctions nutritives^ un f éritable nerf grand sympathique. Chee lous les venébrés> ce fraction* nement existe et le sfstème principal, celui auquel sont dévolues les sensations et les volitions, prend un caractère par-* ticulier de concentration* Toutefois , cetle concentration est loin d'éire la même dans tous les vertébrés t «Ue «st faftle chez les poissons , elle augmente chez les reptiles, efle augmente encore chez les oiseaux, pour acquérir son plus haut degré chez lesm^mifères, et enfin, ebez Tliomnie.
Le système nerveux principal, le seul dont il s*agira désormais, a reçu le nom de cérébro-spinal, parce qu'il est contenu dans la tête et dans la colonne épinièref il coBfiisie, pôuf les poissons, en un long faisceau médnllafre surmonté^ à I*une de ses extrémités, de plusieurs renflemens ou lobes auxquels viennent aboutir les nerfs des sens et ceux des organes lea plus importans à l'entretien de la vie. Le faisceau, c*est la moelle épinière; la réunion des lobes, c*est Tencéphale.
1. Encéphale > Les lobes, qui composent Tencéphale des poissons, varient
en nombre ec en volume; il ea e&t qui sont taqjaora iiQ(iair9^ d'antres qui le sont quelquefois j nu seul est constamment unique, c'est le ceryelet* Usyarient wssi quant à l^ colora-* tion; la plupart sont d'un gria rosé, les autres #Mat blanchâitre^ ou entièrement blancs. Toutefois, je dois prévenir que cette coloration n'est pas un caractère distinctif des gan^ions^ car» avec les progrès de l'âge, ils fissent par devenir tQus presique aussi blancs les uns que les autres*
En procédant d'avant en arrière^ les ganglions enc^dialiques sont : 1^ les ganglioiis olfactifs ; 2^ les gang^iona cérér* braux) 3^ les ganglions optiques; iP les tubercules quadr^u-. meaux; 5^ le cervelet ; 6® les gauglions du nerf trifacial ; 7^ Ie$ ganglions des nerfs de la septième et de la huitième paire; 8P enfin, il existe à la base de l'encéphale^ en arrière du croisie** ment des nerfe optiques, deux autres ganglions qui sont l#9 ganglions inférieurs.
1^ Gangliam ^Ifaetift. Presque totqours distincts de$ autres, parfois même doubles de chaque cAté, on les vQitaus$i se réunir au ganglion cérébral. Dans ce dernier cas, il n'exista au devant des lobes optiques, lobes toi\jours faciles ^ recon-* nattre puisqu'ils donnent naissance aux neris optiqueSi qu'un seul ganglion, comme cela a lieu dans la baudroie, la mo-^ rue,etc.(y , pi. Il), chezlanguille, lebrocbeti le squale-renard» il y a au contraire une séparation bien tranchée entre le gan^ glion olfactif et le ganglion cérébral, ce sont des organes tout^ à^fait distincts l'un de l'autre. Le ganglion olfactif se sou&divise lui*méme dans certains poissons; le squale-renard (p|. 11) offre nn exemple de cette sous-division, ainsi que le congre ou anguille de mer. La couleur des ganglions olfactifi est d'un gris rosé, cependant j'ai vu ces ganglions entièrement blancs chez une vieille carpe. Lorsqu'ils sont s^arés ceux de droite de ceux de gauche, par un intervalle, ils n'ont enUr« eux
l&O DBSClilPTIOK DE l'eITCÉPHALB
aucune communication directe; lorsqu'on les voit réunis^ ils sont simplement adossés et ne s'envoient aucun filet de communication. En avant, les lobes olfactifs fournissent les nerfe du même nom, en arrière ils sont en contact avec les ganglions cérébraux; en bas ils sont implantés sur les prolongemens antérieurs de la moelle épinière; chez les raies et les squales, ces ganglions sont creusés d'une cavité ainsi que les prolongemensqui les unissent au ganglion cérébral,
2^ Ganglions cérébraux. Placés en arrière des précédens,: ils leur ressemblent souvent pour la coloration et le volume; mais ils en diffèrent parce qu'ils ne donnent naissance ni au nerf olfactif , ni à aucun autre nerf, en ce qu'ils sont réunis, celui de droite à celui de gauche par une commissure; enfioi en ce qu'ils présentent un indice de la scissure de Sylvîus. Pour découvrir leur commissure , il suffit d'écarter l'un de l'autre les lobes ou ganglions cérébraux, la scissure qui sépare ces lobes est traversée par un petit filet blanc très ténu^ qui va se rendre dans le centre de chaque ganglion. De même que le ganglion olfactif, les ganglions cérébraux sont implantés sur le prolongement antérieur de la moelle épinière.
3® Gangliom optiques. Haller, Vicq-d'Azyr, M. Carus, les ont appelés couches optiques; Camper, hémisphères cérébraux; Scarpa, grands tubercules du cerveau; Tréviranus, hémisphères postérieurs; Cuvier, lobes creux; M. Serres, Desmoulins, M.Gottsche, etc. lobes optiques. Ghezbeaucoup de poissons, les ganglions optiques sont les plus considérables, ils ont toujours l'aspect blanc qui est propre à la substance médullaire. Chez les poissons osseux, ils sont tout-à-fait à découvert; chez les raies et les squales, ilssonten partie cachés par un prolongement du cervelet. A la simple vue et surtout si on les étudie après qu'ils ont séjourné dans l'alcool, leur aspect est partout le même; mais à l'état frais, on peut suivre, sur leur partie
DES poissons. Iftl
interne et supérieure une des racines du nerf opticjne, et à leur partie interne et inférieure, une seconde racine du même nerf. Ils sont en rapport de volume avec les yeux; chez les pleuronecteSy par exemple, ainsi que Ta observé M. Gottsehe, qui ont les yeux d*inégale grosseur , les lobes optiques sont inégalement développés. Si on incise ces lobes, on voit qu'ils ne constituent pas réellement un ganglion , mais qu'ils sont formés par une lame fibreuse assez mince. La lame optique d'un côté est adhérente par sa partie interne , à la lame semblable du côté opposé, et à Tendroit de cette adhérence, il existe des fibrQS^uivont de droite à gauche : ces fibres constituent là une véritable commissure, et représentent le corps calleux , ainsi qu'on le verra tout-à-l'heure. Les lames optiques forment les parois d'un double ventricule , séparé , celui de droite de celnr de gauche, par une petite lame analogue à la lame interventriculaire ou cloison transparente des animaux supérieurs. L'intérieur de ces ventricules offre des objets diffé* rens suivant qu'il s'agit d'un poisson osseux ou d'un poisson cartilagineux. Dans le premier cas, on découvre, en avant, une commissure blanche qui réunit l'une à l'autre, la partie antérieure des deux lobesoptiques; en arrière de cette commissure, les prolongemens antérieurs de la moelle qui régnent au-dessous de tous les ganglions encéphaliques auxquels ils servent de base, laissant entre eux unécartement qui rappelle finfundibulunij ou partie basse du troisième ventricule des mammifères; en arrière de rinfundibulum^ une*autre commissure ou commissure postérieure, analogue à la précé** dente; enfin au-dessus de cette commissure, un tubercule aplati, bilobé, muni de deux longues appendices de substance médullaire d'un gris blanchâtre. Le tubercule biiobé représente les tubercules quadrijumeaux, et au-dessous de lui rè* fjk^ pn aqueduc, l'aqueduc de Sylvius qui établit une com^
lAI DBScauPTiM M t'nciPHiJiE
imiaiicaifoii entre la cavité dês ventrlciilea opûnfM^ «t «n amre ventiicide placée sons le cervelet»
De chaque cdté y le ventricule du lobe optique présente un petit renflement (iori semi^reulares de Haller, bourrelet demt^rculaire de Cuvier , ganglions antérieurs internes de Garus)i qui est l'analogue du corps strié.
Dans les poissons cartilagineux, la cavité formée par les la* mes optiques ne présentç pas de commissure, ni de tubercules quadrijumeaux bien distincts, mais seulement un infunditm* ium et rentrée de l^aqueduc de Sylvius.
4^ Tubere%deê quadtifumeaux. Ainsi que je viens de la dire, les tubercules quadrijumeaux existent chez les poissons osseux $ ils sont en communication directe, par leur partie postérieure, avec le cerveleti et il y a là un véritable proeei^ êus e&rêh^Ui ad iêstesi par leur partie antérieure, ils se coB« tiauent en un longue lame plissée qui se recourbe sur euX| et les recouvre en grande partie. Quand on examine l'encé* phale de la carpe, on voit en arrière et en dedans des gan** glions optiques, deux corps oblongs qiû ne sont autre chose que l'extrémité repliée des lames dont il s'agit.
B^ ÙMiOet. Le cervelet est celui des tubercules enCépha<« Itques te plus focile à reconnaître 9 chez la plupart dès poissons : en Jetant un coupHl^toeil sur la figure de Tencéphalô . du squale^renard (pi. 11), on y retrouvera les ^lUotis trans' verses propres au cervelet^ ces sillons existent seulement chez un certain nombre de poissons cartilagineux; le cervelet est parfois réduit à une exiguïté extrême, il forme alors une simple lame placée en travers de la moelle, derrière leil lobes optiques; mais le plus ordinairement, il consiste en utté sorte d'appendice allongée, implantée latéralement sur la moelle épintère, et formant la parot supérieure d'une cavltrf
M» junmom. l/kl
tdfitriMlaiiVf «t rwmlraBt en totalité os eii iMUtiâ» d^âMfM tttbér(^l€«i
6^ Ganglions du nerftnfounaL Lobtu posterior^ poHê inéh mittatis de Hallei*. Ces ganglions n'entstent pas à befsiucoiip près th&t toa$ les poissons^ ils t!(sûi pas Inéme de rapport dé VoluDde ave<î ta einqdiètne paire; cependant comme on ne leâ rencontre JàMais làâns voir une partie dn nerf de la cinquième paire sV implantef , on ne saurait douter qulls n'appartiennent â ce nerf, ils soût àdhérens aUx délit eôtés externes et supérieurs dé là moelle 9 en arrière du cervelet. Celui du cÔt^ droit est presque tôt^ourà uni à celui du côté gauche , sans qùli existé & la partie médiane àuCUiie trace de division. Ce ganglion à été conàidéfé à tôft par quelques ànatomistes comme ùuë dépendance dtt cervelet.
7^ ùahgtiôné des herfs pneumo- gastriques. Èolus vagi, tohus striàtus de fiallér. tout-à-feit en arrière des ganglions préoédeiis et Odncourant & former le$ parois du. ventricule c^rébetlent ou quatrième ventricule y sont d'autres ganglions dé lâ partie extérieure desquels naissent les nerfs pneumogastriques. Ceâ ganglions n'existent pas constamment, et (lUand ils eilâtent, ilià affectent des formes très différentes ainsi qu'où peut le voir (pi. li)> en éompàrant le squale-rénârd àu rouget. Parfois les nerfl^ facial et lâbyrinthique ont aussi un ganglion à leur point d'origine , maià plus rarement que les nerfe pneumo-gastriques.
â^ GdngUtyns infMèurê. Les derniers ganglions dont il me reste à parler sont, cbe^ certaitts poissons, aussi volumi-» neut que )e^ ganglions Cérébràni; on les trouve, après àVôir enlevé l^ëficéphàle de la cavité crânienne, en arrière du croi-
seiiient des Ueri^ optiques; ils sont implantés à là p&rtie inférieure des prolongemens antérieurs de la moelle, et sont pourvus d'une commissure que Ton découvre d'autant pitis
Ihk DESCRIPTION DB L*BNCÉPHALE
facUementy qu'elle suit la direction des nerfs optiqueSi dont elle est séparée seulement par un intervalle de deux ou trois
millimètres.
M. Gottsche qui les a disséqués sur un très grand nombre de poissons, les a toujours trouvés creux; le même auteur fait remarquer qu'ils sont constamment doubles , chez tous les poissons, contrairement à l'opinion de M. Serres, qui prétend les avoir souvent vus réunis en formant un seul ganglion. « Dans mes recherches sur le système nerveux des poissons, dit à cette occasion M. Gottsche, je me suis si fréquemment trouvé en opposition avec M. Serres , que je serais tenté de croire que les poissons de Paris, sont conformés d'une manière différente de ceux que l'on trouve ailleurs d. (1)
Tous les anatomistes ne sont pas d'accord sur la détermination, ni même sur l'existence de chacun des ganglions dont je Tiens de parler. Le ganglion cérébral a été confondu avec les ganglions olfactifs; j'ai dit qu'il s'en distinguait par la présence d'une commissure dont il est pourvu, tandis que les ganglions olfactifs n'en ont jamais. On a nié l'existence de la voûte à trois piliers, des tubercules quadrijumeaux, de Nnfundibulum^ des commissures antérieure et postérieure, de l'aqueduc de Sylvius, et certains auteurs n'ont pas craint de regarder comme imaginaire, la description qu'avaient donnée de la plupart de ces organes, Haller, Guvier, M. Carus, Bailly, Arsaky, Desmoulins et d'autres anatomistes. L'un des opposans, M. Serres, s'exprime ainsi à ce sujet : «On n'a pas voulu dépouiller les poissons d'une seule des parties de l'encéphale des mammifères ; on leur a trouvé une voûte à trois piliers, un corps calleux, des éminences mamillaires ; pour en venir là, on a choqué toutes les vraisemblances, inter-
(i) Op eit, p. A89.
verli tous les rapports anatomiqnes , on a fait un véritable monstre de rencëphale des poissons (1). -» Les objets que j'ai décrits et qui existent réellement se voient pourtant sans beaucoup de peine; ils ne font pas de Teneéphale un véritable monstrcy ils en font un encéphale comme il a plu à la nature de le ftiirei et qui ne choque rien autre chose que les raisonnemens à Taide desquels M. Serres prétend établir qu'il ne doit pas en être ainsi. Les tubercules inférieurs ont été regardés par Camper, Yicq-d'Âzyr, Ârsaky, Tréviranus, Desmoulins, etc., comme étant les analogues des tubercules mamillaires : Guvier a contesté la vraisemblance de cette détermination qui n'a en réalité aucun fondement. Les tubercules mamillaires du cerveau de l'homme sont la continuation directe des piliers antérieurs de la voûte, piliers qui s'infléchissent dans cet endroit, et se recourbent pour monter ensuite dans la couche optique où ils se divisent en plusieurs filamens, ainsi que Gall et Spurzheim l'ont parfaitement démontré; tandis que les gaulons Inférieurs de l'encéphale des poissons, sont des ganglions implantés sur les prolongeijpens de la moelle épiniëre, et donnant eux-mêmes naissance à une commissure située en arrière des nerfs optiques. L'analogue de la substance grise formant ces tubercules, se retrouve dans la substance grise située précisément à l'endrdit correspondant du cerveau de l'homme, où à la vérité elle ne forme aucune saillie; mais où tfle d(mne comme chez les poissons une commissure décrite par Haller, M.Carus, et qui, suivant E. M. Bailly,va se confondre dans le chiasma des nevk optiques.
Au-dessus des tubercules quadrqumeaux, en arrière dés lobes optiques, Q existe un petit corps analogue à là glande pinéale ; et sous l'encéphale, entre les ganglions inférieurs, on trouve un corps pituitaire.
(i) Op.eit,^Ui. p. 186.
IftC DESCRIPTION BX» IfK&fS WCÉPHALIQUVS
£. N^ê encéphaUqueê.
Ia d^scripUon de Vencéphale ne serait pas complète^ si J'omettais de parler des paires de nerfs qu'il fournit; ces nerfs soqt presque aussi multipliés et, proportion gardée, beaucoup plus gros que ceux de l'encéphale de rbomme.
1"" Pair^p nerfi olfactifs. Plusieurs apatomlstes ont co&r fondu les ner& olfactifs» UYee les prolongemeus méduUairei qui établissent une communication entre les ganglions olfaotîis çtlesgangiionseérébrauxi et c'est ce qui a fait dire à quelques^ uns d'entre eux , que les nerfs olfactifs sont creusés d'âne cai Yité) car en effet, les prolongemens médullaires dont ils par^ ICcQif présentent uue cavité dans leur intérieur; mais cesprolong^meus ne sont paslesnerfs olCactifr. Ceux-^ciontleur origiw a<ji-*4elà du ganglion dont ils portent le nom , et Yont directe* ment aux narines où ils arriyent, les uns immédiatementi les aytres après un trajet plus ou moins long« On peut yoir (pL %Xi ceux du broctiet, de la morue, de la baudroiet se pnK liQnger beaucoup^ tandis que ceux du squale-renard excessir yement tenus et ceujrts, mais très multipliés, pénètrent aus^ ^itOt dans la lac^rane à laquelle ils sont destinéa«
2* JPair^, mrf$ optiques. Ils naissent 4e la partie inCérleure at an^rieure des ganglions optiques^ par deux racines doni l'nn^ s'étale sur la partie interne et supérieure du gangUw çonr^pondanty et l'autre sur la partie inférieure et aisterM du même ganglion* Qesn^& sont généralement Orès groSi ils »^ porfesnt PbUqueqient e^ avant, celui de droite se dirigeant Y^rs l'œil gauçbei et celui du gauche vers l'œil droit» A l'ea*^ droit ou ces nep& se reAContrentj ils se croisent» en se p)n^ çant l'un au-dessus de l'autre, chex les ppissons osseux, et en s'untssant intimement ensemble, dans les ppissons cartilagi-
»«s FO1990HB. 1A7
neux où Us forment une coinmisiure analogue à celle que Toa rencontre chez les vertébrés des classes supérieures. Cette transition qui s'opère dans une même classe d'animaux, est un fait anatomique fort remarquable; j'indiquerai comment elle s'opère en parlant de la structure des nerfs optiques des reptiles.
y Paire, nerfi moteun commune des yeux. On les voit à la base de Fencéphaie, en ddiors et un peu en arrière des ganglions inférieurs; ils sortent des prolongemens de la moelle dans lesquels on peut suivre une partie de leurs fibres; ainsi ces nerfs appartiennent directement à la moelle de laquelle ils émanent sans l'intermédiaire d'aucun ganglion.
4* Paire, nerfs patMUques, Ces nerfs si grêles qu'on serait tenté de les dire imperceptibles chez les grands animaux, existent cependant chez les poissons, même les plus petits; ils naissent dans un sillon profond qui se trouve entre le cervelet et la portion de substance cérébrale lobulée chez les poissons osseux^ non lobuiée'chez les poissons cartilagineux : et que j'ai dit être Téquivalent des tubercules quadrijumeaux; ainsi c'est le même point d'origine que dans les mammifères les plus élevés. Ces nerfs partent du même endroit, leurs filets d'origine se continuent de l'un à l'autre , différons en cela des nerfs dà la troisième paire, qui sont la continuation des fibres longiftiidUialeB de la moelle. Les nerfs pathétiques ap* ^artiennent donc à un système de fibres, dont je n'ai pas en^ eore parlé, à celui des fibres transversales.
5f Paire, nerfs trifumeaum. Ces nerfo sont très eonsîdën^ btes chez tous les poissons; ils ont deux racines dlstinetes, i'tee dans le ganglion (pli est situé immédiatement derrière le cervelet, Vautre sur la moelle elle^-même. On sait cette dernière racine de chaque côté de la partie inférieure de la moelle, dans une étendue variable, suivant les poissonsi éten<*
1A8 DESC&IPTIOir DBS IfBEFS BHCBPHALIQUBS
dae que j'ai trouvée de huit à dix millimètres chez le congre; après ce trsyet, la racine dont il s'agit se rapproche de celle du côté opposé; Tune et l'autre arrivent au niveau du sillon médian inférieur de lamoelle, et s'unissent en formant là une sorte de commissure ou d'anse qui, chez le congre, n'a pas moins de trois millimètres de largeur. L'endroit où se trouve cette commissure répond précisément à celui où se fait, chez les mammifères, l'entrecroisement des pyramides. La cinquième paire de nerfs encéphaliques de l'homme, a aussi deux origines; mais ces origines y sont en partie cachées par les fibres du pont de varole.
6* Paire, nerfê abdueieurê. En dedans des racines du nerf de la cinquième paire, on voit de chaque côté un petit filet 0 nerveux qui s'implante à la partie inférieure de la moelle, et qui va se rendre au muscle abducteur de l'œil auquel il est destiné. Ce nerf, ainsi que les autres nerfs encéphaliques, a été exactement figuré par Cuvier, Rolando, M. Sv?an, M« Martin-St-Ânge, etc. M. Serres, a eu l'intention de le faire représenter aussi; mais par une inadvertance extraordinaire, il Ta placé en arrière du nerf auditif, et Fa dirigé presque perpendiculairement à la moelle épinière, du côté de la queue. (1)
T Paire, nerfê faeiaux. Tout joignant tonerf de hi cinquième paire, et en arrière de ce nerf, on trouve deux nerfli qui, par les uns, sont regardés conune des nerfs distmcls de la cinquième paire, et par d'autres comme émanant de cette paire. Les nerfs, dont il s'agit, sont de chaque côté un nerf facial, et un nerf labyrinthique. M. Carus n'admet pas l'existence du nerf facial chez les poissons, M. Swan ne Findique ni pour la raie, ni pour la morue dont il a décrit l'encéphale»
(x) Op. CiV. pi. TI, fig. i43«
DBS poissons. 169
M. Martin- St-Aoge regarde comme tel un filet qui, né en ar^ rière de la cinquième paire, va se rendre aux premières branchies, M. Serres non-seulement affirme l'avoir vu, mais il Ta Eût représenter sur un encéphale de morue, et il a donné les dimensions de ce nerf, chez vingt poissons. Si je ne savais combien M. Serres est sujet à se tromper, des assertions positives comme les siennes, entratneraient ma conviction; mais les recherches que j'ai faites pour m'assurer si le nerf facial est un nerf indépendant de la cinquième paire, m'obligent à rester dans le doute. Je n'ai pu suivre assez distinctement l'origine du nerf facial, pour décider la question.
8* Paire, nerft auàiiift. J'hésite moins à me prononcer au siqet du nerf auditif, et en cela, je me trouve d'accord avec la plupart des anatomistes. Ce nerf a une existence isolée, une origine que l'on peut apercevoir dans le court espace qui sépare à leur naissance, le nerf de la cinquième paire du nerf pneumo-gastrique. Les fibres ne viennent pas des prolonge-* mens longitudinaux de la moelle; mais comme celles du nerf pathétique, elles appartiennent à un système de fibres transverses que l'on ne trouve, chez les poissons, que dans la moelle allongée. Je reviendrai sur ce qui concerne ces fibres en parlant de la structure du système cérébro-spinal dont, ici, je fais seulement la description.
9* Paire, netfs gioeso-pharf/ngiem. Mêmes difficultés pour ces nerfs, que pour les nerfs faciaux; ils sont, chez les poissons, assez intimement liés aux nerfis pneumo-gastriques, pour que leur existence, comme nerfs distintes, soit au moins douteuse.
10* Paire, nerf* branchiaux. Us égalent presque en volume les nerfs de la cinquième paire, et ont presque toujours, à leur origine, un ganglion plus ou moins considérable. Le ganglion, situé à la partie supérieure de la moelle, en ar-
150 POIDS ET VOLtJBtE PROPORTIONNELS
rière du cervelet, est, comme on l*a vu plus haut, tantôt simple de chaque côté, tantdt multiple ; jamais on ne les trouve soudes ceux du côte droit à ceux du côté gauche. La place précise qu'ils occupent est la fin du quatrième ventricule, on Toltles nerfs pneumo-gastriques s'y porter presque eh totalité; ils appartiennent au même système de fibres que les nerft auditift et pathétiques.
11* Paire, nerfi hypoglosses, M. Weber admet leur existence et Rolande les a figurés dans Tencéphale du squale glauque ; beaucoup de [poissons n'en ont que des rudi* mens, en sorte que l'on ne doit pas s'étonner ai beaucoup d'ànatomistes les ont niés. Ils sont implantés à la partie inférieure de la moelle, près du sillon médian. M. Serres assure les avoir mesurés sur vingt poissons : je vais dire ce qtie je pense de la mensuration des nerfs, et Je ferai voir avec quelle réserve il faut adopter les résultats qu'elle donne.