‹ Anatomie comparée du système nerveux (volume 2)Chapitre 24 sur 66 · Poids et volume proportionnels de f encéphale des · texte numérisé non relu

Poids et volume proportionnels de f encéphale des

poissons.

Quand il s'agit de déterminer le poids de l'encéphale des poissons et de le comparer aupoids du corps, il se présente des difficultés que l'on ne peut pas entièrement surmonter, et, sur ce point, on n'est pas encore arrivé à une détermination rigoureuse. Nous savons que le poids comparé du cerveau et du corps des mammifères, varie suivant les àges; et les rapports que nous aurions trouvés vrais pour l'enfant, nous nous garderions bien de les donner comme également \Tais pour l'adulte. Nous pouvons connaître l'âge de l'homme et celui des animaux que l'on élève sous nos yeux , celte clrconsiancc nous permet de multiplier nos observations et de leur

BB li'WeÉ^SiXB BBS »0IB80«8. 151

donner tonte Feiactitnde désirable. Il n'en est pas de même de poissons dont Tftge nons est presque toujours inconnu. Ar^ saky n'a pas osé donner une évaluation, même approximative, du volume relatif de rencéphale des poissons, tant il y voyait d'incertitude ; 11 se borne à dire que f encéphale des poksoni est plus petit que celui de tous les autres vertébrés (l). L*6b* stacle que j'ai signalé et qui est réel, n*est pas le plus grand. L'encéphale des poissons consiste-il seulemetit dans c^ité réunion de ganglions que nous trouvons dail^ leur ct^ne, 011 bien faut-il y Joindre la substance grasse qui achève de rem* pllr la cavité cr&nlenne de plusieurs animaux appartenatit k cette classe ? (2) On ne s'est pas encore (kit cette question que mes recherches microscopiques m'ont conduit à proposer et & examiner. Cest, en effet, une chose bien singulière que Vexi^^ tence d'une quantité ordinairement considérable de substance oléagineuse dans la cavité crânienne. Supposera-t-on que cette substance n'ait d'autre usage que de combler ufi vide, ou bien faudra-t-il admettre qu'elle ait un rapport direct avec la substance cérébrale? Elle est contenue dans un tissu dont la disposition aréolaire est très visible à l'œil nu et qu'un faible grossissement permet de bien étudier. Si oh comprime le tissu dont il s'agit, il s'en échappe des gouttelettes globuleuses qui ^e réunissent les unes aux autres poUr former des gouttelettes plus grosses, puis par des additions

(i) Op, cil. p. II.

(i) I.a substance grasse, huileuse, dont il est ici question, n^éxtstejMis seulement dans la cavité du crAna, mais aussi dans le cëmI vifèliidiail; IIéN«# panse que la présence de celle huile, dan» te crâne, conUibue k donilef »ux poisfODs la faculté d'élover la tête a la surface de Teau ; M. Goltscïie ne partage pas cet avis, il regarde le liquide huileui dont it &*8git, comme Tanafogue du liquide cephalo-vachidieit des antres feftébréi.

162 POIJM ST VOLUME PaOPOaTlOAHILS

successives, de larges plaques huileuses. La substance de plusieurs parties encéphaliques se comporte d'une manière toute semblable, c'est-à-dire qu'elle laisse aussi échapper des gouttelettes huileuses de même aspect que celles dont il vient d'être question. Les deux liquides étant de même appa* ren^ et probablement de môme nature, celui que contient de tissu celluleux intra-crànien serait-U là en réserve pour alimenter l'encéphale? Et devrait-on regarder ce tissu ceW luleux comme une addition aux tubercules encéphaliques? Je n'ai pas de doimées suffisantes pour résoudre cette ques* tion ; on voit pourtant qu'il y a des présomptions pour l'affirmalive et qu'il faut au moins attendre de nouvelles observations, avant de croire qu'en ayant le poids de l'encéphale tel qu'on l'a pesé jusqu'ici, on a réellement le poids total de cet organe.

Une troisième difficulté tient à la différence de dimensions que présentent les nerfs encéphaliques avant leur sortie du crâne : chez les mammifères où le cerveau et le^ cervelet sont considérables, tandis que les nerfs sont très petits, la différence de volume des nerfs peut être négligée, parce qu'elle n'influe pas sensiblement sur le poids de l'encéphale; mais il n'en est pas de même chez les poissons dont les nerfs égalent quelquefois et surpassent l'encéphale en poids et en volume. On conçoit que cette condition influe beaucoup sur les résultats obtenus, surtout si l'on compare ses propres recherches avec celles qui ont été faites par d'autres anatomistes ; car pour établir entre ces recherches une relation exacte, il faudrait qu'elles eussent toutes été faites d'après un mode uniforme de procéder.

Cela dit, pour que l'on ne donne pas aux chiffires qui vont suivre, une signification plus grande qu'ils ne méritent, voici quels sont les rapports trouvés entre le poids de rcncéphale

DS Ii'bncéphalb ras poissoifs. 15S

et celui du corps, chez les poissons, par Redi (1), par Cu* yier (2) et par moi.

Le poids de l'eacëphale, comparé au poids du corps, a été

CheKimecarpey oomme 1 Mt à;* 348

Ches une antre carpe* •••• MO

Chez un brodiet. ...••• 1803 .

Chez un chien de mer 1844

Chei un second chien de mer.. • • 4888

Chez une aniuîUe 1886

Chez un lilore (^i/oam) 1887

Chez un requin • • 2486

Chez un thon .87440

Ce qui donne pour moyenne 1 à 5668.

De nouyeiles objections contre les conséquences que Ton pourrait vouloir tirer de la comparaison du poids de Tencéphale avec le poids du corps , chez les poissons , résultent de ce tableau. Les proportions sont tellement variables que chez deux carpes , la différence est du double et que de la carpe au thon , il n*y a absolument aucune comparaison à établir. Notons seulement que le rapport moyen est comme 1 à 5668 et rappelons-nous que cette proportion serait nécessairement très différente si les observations étaient plus nombreuses.

On ne peut pas compter sur plus de précision quand on veut déterminer le volume comparatif de l'encéphale des poissons avec le volume des nerfs encéphaliques des mêmes animaux. Par voie directe , on ne saurait obtenir la mesure des diamètres de l'encéphale , parce que la forme de cet organe est trop irrégulière pour ne pas offrir des difficultés insurmontables à une pareille mensuration; par voie indirecte,

(i) DegUammaUnegUanimoR, p. zx4. — 'EMajiUm.pfyi. lanianiM, i766yL XT. p« 5.

(a) Leçons d'wtat. comp, Paris i8oo, t. ii, p. i5a.

1 M POIM » VOLUm PBOPOftTIOHHBLS

on Fobtient facilement, on la calcule d'après le poids spécifique de Forgane ; mais pour les nerfs , c'est à peine si Ton peut ayoir des données approximatives» Le diamètre, de la plupart des nerfs (car c'est à cette mesure que Ton est obligé de s'en tenir pour calculer le volume des nerfs) varie suivant le point du nerf que l'on examina. Choisira-t-on, pour prendre le diamètre, l'endroit le plus large, ou le plus étroit, ou celui qui est intermédiaire ? La forme des nerfs varie à l'infini, il en est de circulaires, de triangulaires, d'aplatis, de coniques, etc., et presque tous changent de forme comme de dimension dans les différens points de leur étendue. Enfin, plusieurs d'entre eux sont divisés en de nombreux filamens qu'envefoppe un névrilème, tels que les racines du nerf pneumo-gastrique; d'autres divisés aussi en filamens sont dé^ pourvus de névrilemme, tels que les nerfs olfactifs des raies et des squales; comment réunir entre eux ces filets pour en déterminer le diamètre? comment, si l'on parvient à les réunir, faire la séparation des fibres nerveuses et celle de leurs enveloppes? Cette séparation serait pourtant nécessaire, car ce qui constitue le nerf, c'est la fibre nerveuse, et le nombre des fibre s nerveuses, ne peut pas se déduire a priori du volume du nerf, car il y a des nerfs dont le névrilème double et triple le diamètre, tandis que d'autres en sont presque entièrement dépourvus. Ainsi, on ne doit pas compter sur l'exactitude de l'opération qui consisterait à additionner le diamètre de tous les nerfs, pour en comparer le total au volume de fencéphalej parce que, quant aux nerfs, ce serait réunir des imites de nature dissemblable. Toutefois, on peut comparer un même nerf dans les animaux de toutes les classes; on peut éf atoment comparer chaque nerf (je parle de ceux que l'on parvient à mesurer exactement) au volume de l'encéphale et, de celte manière, obtenir des données appliquables à la ques-

M L^OÉf SAIS BBS MIMOm. lU

lîôîi dont H s'âgtt tel. Cest ce que j*al essayé de faire pouf le squale-renard et pour le brochet, deux animaux très diaseiiH blables pour Tencéphale est néanmoins très analogues pou* les instincts et les mœurs. (1)

Squale-nnarJ, L'encéphale pèse: 9 A gram-

Son poids spécifique est de. « • 1,030

Donc Mm Tolume 9st » . * i t .0,1311 lailkoAeS)

Le diamètre de la section des nerfe suiTans qui sont elr^ culaires, est,

Pour le nerf optique, de d,Û0

Le moteur Gommun des yeux . . 1,5

Ii« p«lbétiqiie • • • Ot^

L*abductear 0,1

Donc, le rapport entre chacun de ces nerfli et l'encéphale est :

Pour le nerf optique, le rapport de. 1 à 1,291

La moteur aHDmm loi ]wa« I à Me4

Le pathétique là 18,166

L'abducteur 1 à 1,161,966

Je ne parle pas des autres nerfe dont la fimne est trop irré- (piUère pour que j'aie pu les mesurer.

Soit que Ton considère la moelle épinière comme une production de l'encéphale, soit que l'on admette que l'encéphale est produit par elle, soit enfin que Von ne reconnaisse de l'une à l'autre ces deux parties aucun rapport générateur, il n'en est pas moins fort intéressant de les comparer entre elles, aflii d'établir leur volume relatif. Sœmnerlng et Tiedemann l'ont fak pour l'homme et quelques mammifères, et les conclnsions qu'ils en ont tirées offrent trop d'intérêt pour que l'on ne

(1) Poureiderer rmcéphale^ j'ai coupé \m B«r& i^ l'endroit o6 ils pénétrant dans les trous crâniens, et la moelle épinière au niveau de la première paire de» nerfs cervicaux.

156 90ÏÏÙS R TOIillU P&OFOaTIOmiBIiS

•ente pas la nécessité de voir jusqu'à quel point elle s'applique aux poissons. Chez le squale*renard, la section de la

moelle épinière mesurée au-dessous du point d'insertion de la paire yague, ou nerf branchialy est,

En largeur de. ••••••• 7 mill.

KteaépuaMnrde 5

Ce qui donnoi pour le rapport de la section de la moelle épinièroi au volume de l'encéphale, le rapport de 1 à 360.

Brochet» L'encéphale pèce 1,S

Son pokb^écifiipieeitde. • . 1|080

Donc ton volume eit lt3S2 milL cnbei.

Le nerfoptique est aplati, la plus longue dimension de sa section est,

De xs

La plus petite de 3

Donc um diamètre moyen est de 2,286

Les nerfs suiyans qui sont circulaires , ont pour diamètre ,

Le nerf moteur eonmiim des yeux • 1,0

Le pathétique. • 0,6

L'ahdncteor. 0,6

Ce qui donne, pour le rapport de ces nerfs avec l'encéphale,

Pour le nerf optique, le rapport de. . là 831

Le moteur commun des yeux • • 1 à 1,607

liO pathétique 14 6,436

L*abducteur là 17,866

Quant à la moelle épinière, sa section mesurée, comme celle du squale-renard, au-dessous de l'insertion de la paire des nerfs branchiaux, est.

En largeur, de, 6,6

En épaisseur, de 3,0

Donc, elle est, avec le volume de l'encéphale, dans le rapport de là 120.

»B L'nCiPHAU BBS FOI880HS. 157

Ponr les raisons qae j'ai déduites précëdeminent, Je ne voudrais pas , je le répète, que l'on considérât ces chiffres comme exprimant des rapports vrais; ces rapports sont seulement approximatifs et rien de plus. La différence générale qui résulte de ces deux séries de faits, c'est que, chez le bnn diet, la moelle épinière et les nerb encéphaliques, comparées à l'encéphale, l'emportent du double et même plus, sur la moelle épinière et les nerb du squale-renard qui a par conséquent une masse relative de substance encéphalique plus que double de celle du brochet. Je n'ai pas tenté de peser séparément chacun des ganglions encéphaliques, parce que la démarcation entre ces ganglions n'est pas assez nette, ponr que l'on puisse les enlever en entier, et n'milever qu^eux : quand il s'agit d'objets qui ont un volume considéraUe, comme l'encéphale de l'homme ou des grands mammifères, une erreur de quelques décigrammes, ne tire pas à conséquence, cette erreur fausserait tous les résultats quand fl s'agit des poissons.

h. MoeUe épinière deê paiêioni.

Je dois dire, ea commençant la description de la moelle épinière des poissons, qu'ayant à comparer cet organe chez l'homme et chez les animaux, j'ai créé un mot qui m'a paru nécessaire pour rendre cette comparaison exacte et facile. En pariant de la face antérieure de la moelle de l'homme, il m'aurait fiUu jouter, si j'avais voulu la comparer à celle des animaux, que c'est chez ceux-ci, la face inférieure et pour la fiice postérieure de celle de l'homme, qu'elle devient chez eux, la ftce supérieure. La nlème répétition eût été nécessaire en par* tant des racines nerveuses de la moelle, qui sont antérieures

tM «MUA ÉHirc^

et paatririeuM dftiift r«ipèce homainei iofériem^ et «u|iérienresdaBB kh» les animaju:!. C'était un emb^rra» et de« loun gueuTB sans coMe resouveléa. J'ai choisi le nom de spinal pour tout ce qui concerne le cAlé de la moelle vertébrale qui regarde les apopbyaea épineuses du c^al rachidieni et j'ai eréé celui de fuleral, pour tout ce qui est placé du côté du eerpa des Tertèbres^ Le corps des vertèbre^ est l'appui, le soutien de la colonne épinièrci le mot fiilerum des latins exprime ridée de soutien^ c'est celui qu'il me fallait; j'en ai faif fuicFal atlijeotif • Ainsi| je dia : c6té Ailcral et càté spinal de la moelle ^inièrei racines spinales et racines fulcralesi etc.f J'évite par là des périphrases» et je donna de la elar|é k m^ description.

La moelle épinîAre varie beaucoup chez les poissonsi e( dans aucune autre classe d'animaux, elle n'ofire de différenr ces aussi tranchées* Je vais d'abord décrire ses dispositions Ifénéndes^ Je parlerai ensuite des différences qu'elle présente, Elle est constituée par un long cordon médullaire qui s'étepd depuis l'encéphale jusqu'à la partie extrême du rachis. Dans la plus grande partie de son étendue, elle ne diminue pas sensiblement; elle n'offre pas non plus, à très peu d'exceptions prèS) de renflemens marqués. Son aspect est blanc, on y dé-* couvre plusieurs sillons qui en parcourent la loagueur^etâes racines nerveuses situées parallèlement de chaque (Aiiy IfS unes sur la face fulcrale, les autres sur la fa<^ spinale^ Bllé se trouve comme divisée en deux moitiés latérales par uu sfl«« Ion médian fulcral et un autre sMlon médian spinal, ce der^ nier plus profond que Fanure, et s'ouvrunt larj^ettienl du celé de l'encéphale où, par fécartement de ses bords, il eenceurt à former une cavité qut n'est autre que le qoafrièaieventflf' cule. Si Ton écarte les bords du sillon spinal, on découvre UÉ canal qiu règne dans toute l'étendue de la moelle, et qui colii*

DM MISlOKt. IM

au quatrième vwtrietde. Par oetie prépaMiiM qui n'a deohirë anctuie partie nervenie, oar entre les bords du sillM dooi il s'agit jusqu'aa canal central, il n'y a aucune commU'nicaiÂon directe^ ainsi que l'a démontré Desmonlins (1), oa arrive directement dans le canal de la moelle.

Le sillon fulcral est bien moins profend que le sillon spinal, et il ne s'ouvre pas dans le canal médullaire. En écartant les bords de ce sillon pour en découvrir le fond> on voit une sub^ stance médollaire qui, par le fiiit même de l'écartement^ épreuve une le^e traction d'un côté à l'autre. Le résultat de aette traction est de donner, au fond du sillon, Papparenee de liÉéamebs transverses^ ce qui a fait croire à quelques anato^ mistes qnUl y avait là une commissure» Il n'y a là ni commis*ture, ni liaéamens transverses, ainsi que je m'en suis assuré en m'aidaat du microscope*

Trois autres sillens^ moins profonds que les premiers, régnent le long de la moelle , et divisent ainsi oet organe en ^■atre faisoeaux latéraux. Le déiàut de profondeur de ces sillons est à remarquer, car on aurait tort de croire qu'ils cii^ (Sonserivent des parties bien distinctes les unes des autres, ebaque Isisceau étant réuni aux faisceaux voisins dans la plus «fsnde partie de son ^isseuri exoepté louieibis les fhieceaui spiMux mddiaaB qui sont simplement réunis par un tissu fila* lamiteux pénétrant du dehors de la moelle dans le canal een* tral de cet organe* Ces fbisceaux spinaux médians existem daas Ions les peiasens, tnéme les plus petits : à rextrémité eneépiudique de la moelle, au niveau du calamuê sûriptoriu»^ an te voit de chaque cdté se séparer l'un de Tantre en for<aiaat une sorte d'éperon, pour se porter au^lessoQs des tu* teicttias de la paire des nerlii branchiaux ou pneumo-gastri"^

(l) Op. cit. p. 140.

160 MOBLLB tvimteB

qaes. Les antres faisceaux n'existent pas anssi oonstamment, et M. Serres qui, autant que je sache, en a parié le premier, a peut-être eu le tort de les trop généraliser; car malgré le soin que j'aie mis à les chercher, il m'est arrivé de ne pas les apercevoir chez de très petits poissons.

Les racines des nerfs qui naissent de la moelle épinière, sont doubles chez les poissons cmoume chez l'homme : dlc^ viennent Tune de la 6ce fulcrale, l'autre de la face spinale : chacune de ces racines a quelquefois des sous^^visi^ns, mais en petit nombre ; le plus souvent elles restent simples à l'en* droit de leur insertion à la moelle. Assez communément, on les suit jusqu'auprès du sillon médian, les racines ftalcrales étdées sur le faisceau médullaire, les racines spinales péné* trant directement dans un sillon. On verra la raison de cette diflérence quand je parlerai de la structure de la moelle.

La forme de la moelle de l'anguille diflère de celle des autres poissons ; elle présente des renflemens (1) successift qui l'ont fait comparer à la chaîne ganglionaire des animaux articulés. Si l'on s'en rapportait à la simple vue, l'ana^logie que l'on a voulu établir paraîtrait fondée; mais si l'on étudie la structure comparée des parties dont il s'agit, on y découvre une différence complète. Dans les ganglions des articulés, il existe, des fibres longitudinales, des fibres titasverses, et une substance granulée propre aux ganglions. Dans les renflemens de la moelle de l'anguille, aucune fibre Iransverse et pas de substance granulée en plus grande pro«portion qu'ailleurs. L'apparence ganglionaire de la moelle de l'anguille est, comme celle du lombric de terre, le résultai d'ime sorte de froncement de cet organe. La col<mne rachi* dienne de l'anguille est très flexible; pour que la moelle rra*

(l) V, pi. it.

fermée dans cette colonne en suive les mouvemens sans se rompre , U fallait ou que la moelle fût extensible, élastique, ou qu'elle fùtplissée. Or, la substance nerveuse n'est rien moins qu'élastique; molle et fragile, elle se déchire à la moindre traction : elle ne pouvait qu'être plissée, et elle l'est en effet.

L'extrémité caudale de la moelle rachidienne est, en général, très longue chez lés poissons ; chez l'homme au contraire, elle se termine au niveau des premières vertèbres lombaires. Mais, pour l'homme, il n'en a pas été ainsi à tous les âges de sa vie : le fœtus humain a la moelle beaucoup plus descendue que l'adulte; elle remonte, comme je l'ai déjà dit ailleurs (1), au fur et à mesure que le fœtus se développe. Certains anatomistes qui se qualifient de transeendan* ont va dans ce rapport une preuve à l'appui du système en vertu daquel ils prétendent établir que l'homme, avant d'arriver à son état parfait, a été successivement poisson, puis reptile, puis oiseau, puis mammifère. D'après ce système, le germe, de tous les animaux serait semblable et se développerait d'une manière uniforme; mais suivant qu'il appartiendrait à telle ou telle classe, il s'arrêterait plus tôt ou plus tard. Les poissons conserveraient d'une manière permanente une des formes transitoires de l'homme ; les reptiles, une forme également transitoire, mais plus avancée, et ainsi progressiveflftent pour les oiseaux et les mammifères. On est même des^ œndu jusqu'aux mollusques , et on en a fait des élémens d'embryons humains. Pour arriver là , on a procédé d'une manière assez nouvelle : on a saisi toutes les analogies que l'on a pu rencontrer , souvent même on les a forcées, et l'on a négligé toutes les différences. Quant à ce qui concerne les

(i) y. p. 87 de ce volume.

14S MOBI.LS <;pi]fii&B

mollusques, par exemple, ou a comparé les enveloppes de leur corps auK enveloppes du fœtus; et de la coquille , on a fait la membrane caduque, sans considérer que la membrane caduque appartient à la matrice, qu'elle n*est pas du fœtus ^ mais de sa mère , tandis que la coquille appartient exclusivement au mollusque qu'elle recouvre. On n*a pas eu égard iU)D plus à la diflërence des fonctions, 4ifférence qui exclue nécossairament la similitude d'organisation. Ai^si, voye^ qu^U^S SWt l^s foQctipns qui prédominant cbez les mollusques : ce sont la digestion et la génératio^. Or, j6 le demandu à quel degré existent ces fonctions chez le fœtus 7 Nous verron/s tout-*$i-rbeure que Ton n'a pas été plus beu^eux d^ns ç« qu'i^ a avjtucé toucbant la moelle épin^ère.

Pw?( fi»iu signalés d'abord par Arsaky, vérifiés par Dea- Qioul^nf, et dont j'ai constaté rei^aciiuide, fpnt uu^ grande €4t<2epUon ^ la règle concernant la longueur de la qioeUi éjiiiniàre des poissons. D'après Arsaky, cbex la baudroie (&i» phim fHCQtoHw)^ la moelle épinière se rétrécit tout-à-*coup aa^Qiveau de la troisième paire cervicale , comme elle dimin nue chez les musfimifères à la bauteui* de la région lombaire^ et avani la huitième vertèbre, elle a complètement disparu. J'aidifiséqoé une baudroie chez laquelle la moelle avaii disparu, eoiisore.plus prompcement \ au niveau du trou ociûpiinl, elle étail d^àréiféçie, et au niveau de la deuxième vertèbre eervi-*' cale,oa ^m y^yail à peine quelque trace (1). Dans lepoîssoftr luA^ iféitroàvn mola)f sur deux individus dont le canal vertébré) ^nM eifi<pia&te-quatr& centimètres de longueur, Des^ moulina a vu les filets nerveux qui forment la queue de cheval,

{f) K rencéphitle de la baudroie, pi. i x. J^ léte de Tanimal, qui a fourni ce très petit cerveau, élait large de 38o mil).; rintervalie entre les àeun yeux, était de 89 rnill., et la longueur de la tête, mesurée depuis la bouche jusqu'au trou occipital , était de 3iomiIi.

nattre de la moelle, immédiatemeiit a4-dessou3 A\\ quatrième ventricule, et ces filets au ppmbre dç soixante-quatre paires, tous, d'une grande ténuité, étaient réunis en un faisceau logé dans le canal rachidien(l). Le fe/roc/on que j'ai examiné n'avait pas moins de 1 mètre 18 centîm. de circonférence 3 la longueur du rachis était de 0, 87, et la moelle épinîère était tout aussi nulle que dans le cas précédent, Au niveau de chaque trou dç conjugaison, deux nerfs depuis long-temps séparés des autres sortaient du canal et allaient sq confondre en un gangliog commun. De ces deux nerfs, l'un venait du côtéfulçraL et l'autre, du côté spinal.

L'isolement des filets nerveux chez la baudroie et le ppi^r son-lune nUndique pas entre le prolongement racbidien i^ ces animaux et celui des autres poissons., une difi'érence aussi grande qu*on le croirait au premier abord. La structure d^ cet organe nous montrera qu'il y a au contraire une 1res grande analogie, sur ce point, entre tous les poissons, et que le poisson-lune et la baudroie présentent, d'une manière manifeste, une disposition qui existe déjà chez tous lea aatrç^ ^imaux de la même classe. (2)

1. L'encéphale des poissons se compose de ganglions distincts, implantés sur les prolongemens antërieum de la moelle épinière. 9

2. Outre les ganglions, il existe chez les poissons et no<tamment chez les poissons osseux , un corps calleux , une

(i) Op. eit, p. 144.

glioju /f»ij)^ dlc* PM999P9 «( ^^ ^ filtres /hùiqauy Te|%é])ré9«

16& STRUCTURE BV SYSTEMS NBRTEYJX

voûte, des ventricules latéraux et moyens, un infundibulunt^ des commissures, un aqueduc de Sylvius.

3. Presque tous les nerfs encéphaliques qui existent chez Thomme , se retrouvent chez les poissons.

A. Parmi ces nerfs, les uns appartiennent aux fibres Iongitudinâles , les autres aux fibres transversales dont se compose le système nerveux encéphalo-rachidien.

5. La comparaison du poids de l'encéphale des poissons, au poids du corps de ces animaux a donné pour rapport 1 à 5668.

6. Les nerfs optique, moteur commun des yeux, pathétique et abducteur, comparés à Tencéphale, sont plus volumineux chez le brochet que chez le sqale-renard : une différence analogue exista, quant aux rapports de Tencéphale avec la moelle épinière des mêmes animaux.

7. La moelle épinière des poissons se compose de huit fkisceaux , quatre de chaque côté.

8. EHe est creusée par un canal qui s'étend dans toute sa longueur. .

9. Les racines des nerfs spinaux sont doubles comme chez les hauts vertébrés.

10. Les renflemens qui paraissent sur la moelle épinière de l'anguille , n'indiquent ps|s la trace de ganglions.

. 11. Chez quelques poissons, la moelle épinière est excessivement courte.

S IL STRUCTURE BU STSTilCB mCRVXUX GÉRiBlO-SPIlTAL HBS.

POISSOlfS.

Plusieurs des parties de l'encéphale on de la moelle épinière des poissons, que j'ai seulement mentionnées dans le pa*

ras POISSONS. 165

ragrapbe précédent , parce qu'on ne les voit qu'en partie sans pénétrer dans la substance de ces organes, seront ici exposées de manière à ce que la description en soit complète. Les premières données positives que Ton ait obtenues sur la structure du système nerveux, datent de Tépoque à laquelle on a appliqué le microscope à l'étude de Tanatomie, et les progrès de la science sur le point qui nous occupe sont dus, en grande partie, au perfectionnement que les pbysiciens ont apporté dans la construction de cet instrument. Vers la fin du dix-septième siècle, Leeuwenhoeck , ayant soumis la substance cérébrale à ses recberches microscopiques , an* nonce que la matière corticale ou grise est composée de vaisseaux sanguins, tandis que la matière médullaire est composée de filamens et de globules. (1) En 1717, il va encore plus loin, car il voit que les filamens, dont il a fait précédemment la découverte, sont creux, qu'ils contieunent des globules; il évalue en outre le nombre des canaux contenus dans un filet ayant la grosseur d'un cbeveu, et il fixe ce nombre à 1000. Dès l'abord, Leenvenhoeck est sur la voie de la vérité et ne laisse à ses successeurs que la tâche de perfectionner son œuvre. Délia Torre qui vient ensuite, se met en opposition avec Leeuwenhoeck, et c'est tant pis pour la science, car il raconte sur la structure de la substance cérébrale, des choses que l'expérience n'a pas du tout confirmées (2). La substance nerveuse est pour Délia Torre, composée de globules disposés en ligne et maintenus réunis par un fluide visqueux. Il dit ces globules de dimensions variablés suivant les parties d'où ils proviennent : très grands au cerveau , ils vont en s'amoindrissnnt par degrés, du cerveau

i) De itnteiun cerehri, Ëpifttola. 16S4. — TYons^phUos^unnée 1674. — Cohect, académ, P. Etrangère, t. n , p. 127.

(9) Nuo99 ottervaiioM microscopîcke, Napoli^ X77S.

166 STAUCTUUfi M S¥dTittÈ mRYEUX

au cervelet, de celai-ci à la moelle allongée, à la moelle épinière et aux nerfs où ils sont les plus petits de tous. Procbaska admet aussi que la substance nerveuse est formée de globules , et pour lui , ces globules diffèrent en volume , non pas suivant Torgane qui les a fournis, mais dans un même organe : ainsi, dans le cerveau comme dans le cervelet, comme dans les nerfs , on trouve des globules de dimensions va*' riables (1). Du reste, les globules de Prochaska sont unis les uns aux autres par un fluide visqueux, à la manière de ceux de Délia Torre. A. Monro dît avoir vu des fibres serpentines, entortillées, mais solides ,- en cela il se trompe moins que les deux auteurs précédons , et il est en même temps moins près de la vérité que LeeuNvenhoeck (2). Fontana qui vient après, fait un grand pas; il annonce que la substance nerveuse esc formée de cylindres à parois très minces, remplis, d'un fluide contenant des globules (3). Les frères J. et Ch. Wenzel s'occupent beaucoup du même suyet, et ne sont pas heureux dans leurs recherches. Ces auteurs établissent, «comme conséquences d'observations faites , disent-ils , avec tout le soin possible, dans des conditions diflerentes d'âge et de sexe chez rbomme, les mammifères, les oiseaux et les poissons :

(c Que la substance corticale et la substance médullaire du cerveau humain ;

ce Que la substance des ganglions qui sont dans Tintérieur du même cerveau;

(c Que la substance de la glande pinéale, de la moelle épi* nière et des nerfs;

(c Enfin, que la masse cérébrale des mammifères , des oiseaux et des poissons, consistent dans la réunion de corpus- Ce) Dettructuranavorum. YindeboiuB, 17^9» in-8, cap, iv, p, 67. Obs, on Me ttmci* ofihe navout syst, tab, ^3 et seq. JY-aitédu venin de (^ vipère, Florence, 1781, in-4.

etdeft adhéreâ» entre emc^ arrônâls et sembUible» à «an deî

muscles, da foie, de la riite et des reins.

«c Or, contifittent les flores Wenzel, eoinme loote ta tnmé des paHies m^anisées est ceifttletise, les corpusciiles nervevï oat la forme des ceDuies on Us sont logés t d'où il suit que la strnctnre da oerveau ne dif ère pas essentiellemenf, ^ant à M forme, de la stractare des muscles; maisqn'elle en dMère seulement par la suhgtanee rempUêsani la f&rMe {tiêhitM^ Hà formant implente)(X), » L'objection ({He)'o[^osertiàdeÀ Conchistons en apparence si positives, c'est qa'aujûurdrftili M tott tonte autre cihjse que les globnies dont parlent 1m frdrëil Wenzel et qu'on le tort bien clairement, eonsiMiflientf ec it l'aide de mieroscopes infiniment plus parfiSHts qae cèax dMt Ib faisaient usage. J'ajoute que I» plupart des mieogràpiveft Vrrans, slls ne s'accordent pas sur Iluterprétaffoo des faits qu'ifs découvrent, ne diffèrent pas entre eui qvant aux ap-» parences, quant aux formes de la substance nerveuse, taA<fis que les frères Wenzel sont les seuls qui aient observé ce qu'Hé racontent.

J'en dirai autant des résultats puMiés par sir Everard Home au sujet des recherches de M. Bauer. « Si Fon ttiet, diMI, une portion de substance cérébrale dans l'eau, et qu'après fy avoir laissée pendanl quapMte-liuit heures, ott eu coop» une très petite tranche que Ton place sur une lame de verre préâh lablement mouillée, et qu'on laisse tomber me go«lfe d'esftf sur cette tranche de cerveafu, en tenant la lame de verre «M peu oMiquement et dé manière à ce que Teau coule sur I» surface du y^rre^ ofr voit, entraînées pur Tcaïf, des> porftoïKP destibstance méduiralre qui consistent en une quaulMé ia-

(i) De pemtiari straetard eerf^i homlnU et ^rafdrWfi. TtHàaptr, r$tt, In-fol. p. 3S.

168 STUCTUEE DU SYSTÂMB ITEEVEUX

nombrable de globiiles , et en fragmens de fibres formées par la réunion linéaire d*un certain nombre de ces globules. » (1) Cest encore la reproduction des fibres de Prochaska. Pour apercevoir la structure de la substance cérébrale, pourquoi recommander de faire macérer cette substance pendant quarante-huit heures? Est-ce donc qu'on n'y peut rien voir à fétat frais? Et si l'on n'a aucun moyen de contrôle , comment décider si ce qu'on a vu n'est pas le résultat de la macération? Quelque vicieux que m'ait paru tout d'abord le procédé de M. Baner, je l'ai mis en usage, afin de savoir ce qu'il me donnerait. J'ai fait macérer dans l'eau, pendant quarante^uit heures, un cerveau de dindon et un cerveau de perdrix; j*ai suivi à la lettre les recommandations de M. Bauer , et je n'ai riea vu de ce qu'il a annoncé. Des débris de substance cérébrale, afi'ectant des formes très irrégulières, quelques globules elliptiques sanguins , et des fibreM qui n'étaient autre chose que des vaisseaux sanguins très facilement reconnaissablés ; aucune fibre formée par la réunion linéaire de molécules : voilà ce que m'a donné cette expérience que j'ai répétée plusieurs fois, et qu'un de mes amis, M. Hélie, jeune médecin fort instruit, a répétée également et sans plus de succès.

Un anatomiste dont les travaux sont ordinairement empreints d'une grande exactitude, M. Milne Edwards, est tombé dans la même erreur que M. Bauer. Il n'a pas fait macérer la substance cérébrale avant de l'examiner, il s'est au contraire servi d*animaux récemment tués, et après avoir enlevé une tranche très mince de la substance nerveuse , il l'a placée aussitôt sur une lame de verre que , de temps en

(i) Lectures on eon^arative anaton^, inwhichare eaplained the prépara^' tions m titê hwUerlan coUectwn^ by sir ETerardHome. Lond. i8i3, t. hi, xn-4% p. 37 et iuiv;

SBS POI$8p98. 169

temps , il avait soin d'humecter légèrement , Texpérience lui ayant prouvé , dil-il 9* que cette préparation réunit les èonditions les plus désirables pour ce genre de recherches. A Taide.de ce moyen, il dit avoir vu qu'en effet la substance cérébrale est composée de globules, et il a fixé le diamètre de ces globules à i/300 de millimètre. Comme M. Bauer, c'est avec ces globules réunis en séries parallèles, qu'il a vu formées les fibres nerveuses de la substance blanche et de la substance grise du cerveau , et celles de la moelle épmière» chez les mammifères, les oiseaux , les reptiles et les poissons. Toutes les parties du; système nerveux sont, d'après M. Milne Edwards , composées de globules identiques entre eux et dont l'arrangement est toujours semblable Cl). Le mode de procéder dont s'est servi M. Milne Edwards est vicieux. Cet auteur a eu raison de faire choix de cerveaux frais , mais une lame de substance cérébrale , quelque mince qu'on la coupe, est toiyours opaque. Or si l'objet que M. Milne Edwards a examiné n'était pas transparent , il n'a pu en apercevoir distinctement la structure et nous ne saurions compter sur la certitude de ses résultats. Nous y compterons d'autant moins que ces résultats sont contredits par les observations de M. Ehrenberg, observations dont j'ai, en partie ; fait connaître la substance ; et celle d'un autre anatomiste allemand, M. Langenbeck, dont je parlerai tout-à-l'heure.

J'ai d^à mentionné les faits principaux publiés par M. Ehrenberg , j'ai dit que cet anatomiste admet que la substance blanche de l'encéphale et des nerfs est entièrement composée de fibres canaliculées ; qu'il distingue ces fibres en fibres rectilignes et en fibres articulées; que les unes et les antres sont remplies d'une matière liquide , d'ime fluide nerveux ;

(i) Jrehwu générdêt êé médeeine, Parist xSaS. \, zu, p. x83;

i7A STRUCTUBS ntj ssrsi'Aitt neeveux

ea&û , que la substance grise contient en outre des ^tobutei arrondis y distincts de la matière nerveuse. En ce qui conr cerne les mollusques et les articulés, j'ai été presque i(m^ jours d'accord avec M. Ebrenberg i mais, parvenu au pomt eu J'en suis maintenant , j'ai à discuter une question que je n'ai pas encore abordée , celle de savoir s'il existe réelle* llient , dans le système nerveux , deux ordres de fibres caniK

licttlées , les unes rectiiignes , les autres variqueuses ou arti* «niées. Les invertébrés, n'ayant^ d'après M. Ebrenberg que des fibres rectiiignes et mes observations sur ce point s'ue» cordant avec les siennes, je n'ai pas eu Jusqu'à présent, i m'occnper de ce qui concerne les fibres dites variqueuses, et j'ai attendu, pour cela, que j'eusse à exposer la structure du système nerveux cérébro-spinal des vertébrés.

Les résultats obtenus par M. Langenbeek (l)ont beaucoup d'analogie avec ceux de M. Ebrenberg, ce qui semble assu* rer aux uns et aux autres un haut degré de certitude. M. Lan genbeck ayant placé de la substance cérébrale entre deux lames de verre , y a trouve des fibres pourvue» dfélargîsse* men^. D'après la grosseur des fibres et le mode des élargis*semens, il a distingué ces fibres en fibres noueuses otf en tubes variqueux. Les fibres noueuses sont des filamene bie« ténus, bien fins, qui unissent entre eux des globales coma» les grains d'un chapelet } les tubes artieékés s€<^l des fibres creuses, présentant de distance en distance dea renfiémens résicalalres. M. Langenbeek doute si les fibres noueuses sovt eanatlailées , il regarde comme démontré ^ue les fibres- ar* ticuiées sont canaliculées et contiennent une matière partie esllère sur la nalurai de laqiielle son opinion n'est pas encote

(i) De retîna obiêrvationes , anatomîco^patkologicœ : accédant iahulœ quatuor. C«tting, laae, iaf*4*.

arrfitëe. Il h vu, diMl» qu'ayant eomprimé, entre deux Iame« de verre, une portion de substance eérâ^rale prise aux cuisses Au cerveau de la carpe commune, 11 s'est écoulé , des iube« articulés composant cette substance ^ une matière gélatiT lieuse très limpide; mais qu'ayant répété cette expérience sur l'homme, le bœuf et d'autres animaux, il n'a pu aperce*voir rien de semblable. Les fibres variqueuses sont les mè^ mes pour M. Langenbeck et pour M. Ehrenbergj les fibres noueuses dont M. Langenbeck seul a parlé, sont très varia* blés entre elles; les intervalles qui séparent les nodosités sont Inégaux ; la forme des nodosités ou globules diffèrent les uns des autres, pour la forme et pour le volume, n Forma magno* père i>arlani, modo roiundiuseuia , modo ovafa magie,, modo in oircttitu ohime angulaia reperiiurs plerumque non om^nino sphcmca, sed supeme compressa appareil EHam magfntudo glohulorum, non oadom ubitns osoism. » (1)

Je puis dire ici à l'avance que les varices ou renflement des fibres variqueuses ne présentent rien de plus constant que les nodosités ; elles sont dépourvues les unes et les autres de ce caractère de régularité que la nature met dans ses œuvres, ce qui déjà doit nous faire pressentir qu'elles pourraient bien être le résultat de la préparation que l'on fait subir à la matière cérébrale, avant de la soumettre à l'examen microscopique. Mais avant d*entrer en matière, je ne puis m'empécber de faire observer combien est incomplet le mode de procéda que l'on a suivi jusqu'à présent, dans l'étude de la structure du système nerveux.

On n'a jamais examiné que des portions séparées de la substance nerveuse, et il ne paraît pas que l'on ait songé à pla-

(i) Op. eii,, p, s$.

17S STftDCTUBX D« LA IffOSLLB SPIKliRB

cer en même temps font un encéphale, sous la lentille du microscope. Par cette omission, on s*est privé de la connaissance des rapports que les différentes parties de Tencéphale ont entre elles. Pourtant cette expérience loin d'être impossible^ comme on serait tenté de le croire au premier abord, n'est pas même difficile; il suffit, pour réussir à Texécuter, de faire choix d'un petit encéphale, et de n'employer d'abord qu'un feible grossissement. Dans toutes les cl^es d'animaux, on trouve des encéphales assez petits pour cette opération; et si l'on vent ne pas borner là ses recherches, on doit, quand il s'agit de grands animaux, descendre jusqu'au fœtus, et même à l'embryon : et de même pour la moelle allongée et la moelle épinière. Sans l'inspection de Tensemble, on s'expose à chaque instant à donner ce que l'on croit exister, pour ce qui existe réellement.

Je commencerai l'exposition de la structure du système ner^ veux cérébro-spinal des poissons, en parlant de ce qui concerne la moelle épinière, parce que c'est elle, comme on l'a déjà dit et comme je le dirai encore, en appuyant cette vérité sur des observations nouvelles, qui forme la base de tout ce système.

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