‹ Anatomie comparée du système nerveux (volume 2)Chapitre 26 sur 66 · Structure de t encéphale deê poùiont · texte numérisé non relu

Structure de t encéphale deê poùiont

La structure de l'encéphale est beaucoup plus compliquée que celle de la moelle épinière; les nombreux ganglions dont il se compose méritent tous une mention spéciale, en raison des dispositions particulières qu'ils présentent. Je les ai examinés isolément et dans leur ensemble, et j'ai vu très nette* ment les tfsposilions que je vais indiquer. Je me suis surtout servi d'ablettes et de goujons pour ce genre de recherches ; Fencéphaie de ces animaux une fois enlevé avec précaution Je le séparais en deux moitiés latérales, et je plaçais une de ces moitiés sur le compresseur, ou bien j'enlevais une portion supérieure que j'examinais d'abord et ensuite j'en faisais autant pour la partie inférieure. Avec un peu d'habitude , ces petites opérations deviennent très faciles et l'instruction que l'on en retire dédommage largement du soin qu'elles exigent.

J'ai dit avec M. Serres, que la moelle épinière des poissons se compose de quatre faisceaux fibreux dont la réunion forme un canal situé dans l'intérieur de cet organe. A l'extrémité céphalique de ia moelle , les deux faisceaux spinaux supérieurs s'écartent les uns des autres et de leur écartement résulte le quatrième ventricule dont le fond est formée par les faisceaux fulcraux. Les faisceaux spinaux qui ne sontauu*e chose qu%les pyramides postérieures, et les corps#estiforAes vont ensemble se rendre dans les ganglions postérieurs de la moelle et dans le cervelet , undis que les faisceaux fulcraux

BBS POISSONS* 18S

se prolongent directement en avant et sans se croiser, jusqu^à la pointe antérieure de l'encéphale : et s'épanouissent dans les lobes optiques , les tubercules quadryumeaux y les lobes inférieurs , les lobes cérébraux et les lobes ol&ctifs. Les ftbre$ qui entrent dans les tubercules postérieurs du cervelet s'y étalent ou se perdent dans la substance granulée dont ces organes sont en partie formés. Il en est de même de la plus grande partie des fibres du corps restiforme qui entrent dans le cervelet ; cependant , quelques-unes de ces dernières dirigées vers la partie médiane de Forgane, s'unissent aux fibres correspondantes du cdté opposé, for^ mant ainsi une sorte de pont au quatrième ventricule. Telle est hiitttrmfaiaison antérieure ou cépbalique des fibres de la moelle épinière qui composent les faisceaux spinaux; les fibres des( faisceaux fulcraux vont aux lames optiques , aux tubercules qnadrijumeaux, aux tubercules cérébrauXi aux tub^cules olfactifs et aux tubercules inférieurs. Commençons par ce qui concerne la lame optique : un gros faisceau se dirige en bas et en dehors de la lame optique , où il s'élai^C un peu , puis rencontre une masse de substance granulée, un véritable ganglion (le corps strié) où ses fibres échappent complètement à l'observateur ; mais au-delà de ce ganglion, on les retrouve suivant la même direction que le faisceau primitif et s'épamouissant en un large éventail dans lequel elles finissent par s'isoler les unes des antres. Cet éventail a été connu de l^racassati, de Haller, de M. Gottsche, etc. qui lui donnent le nom de couronne radiante, ou rayonnée. L'isolement des fibres s'opère à la partie externe et supérieure de la lame optique. Les fibres y sont placées les unes à côté des autres, une lame membraneuse et vasculaire, située au-dessous d'elles, les tient réunies. Arrivées là, presque toutes les fibres de la lame optique convergent vers deux points, l'un inférieur

|8< STRUCTtmB Bl l'ihcéphale

et externe , l'autre supérieur et interne , et y forment deux faisceaux qui se joignent toul-à*fait à la partie antérieure du lobe optique, et de la jonction desquels résulte le nerf optique. Ainsi les nerfs optiques sont en communication avec les fibres de la moelle épinière, et il n'y a d'interruption ap-» parente à cette communication que dans l'intérieur du gan* gUon; je dis interruption apparente, car les fibres qui y sont entrées divergentes , en sortent précisément dans la même direction , seulement plus divergentes. Toutefois , il. m'est démpntré que les fibres qui vont former le nerf optique ne viennent pas toutes de la moelle épinière, car le nerf optique a un volume d'environ le double du faisceau qui émane de la moelle , de façon que le ganglion placé à la partie iniMeure de la lame optique est un ganglion de renfbrcement comme les ganglions spinaux dont il a été précédemment question. Pour bien voir cette disposition , il faut couper l'encéphale d'un goujon, par exemple, sur la ligne médiane, et en placer une moitié sur le compresseur; un grossissement de cin* quante diamètres suffit.

La lame optique présente encore un autre ordre de fibres ^ moins nombreuses que la précédente « mais non moins importantes à connaître que faciles à observer. En décrivant les lobes optiques , j'ai dit que celui de droite est uni à celui de gauche par une sorte de raphé. Si Ton enlève ce raphé en même temps que la partie supérieure des lames optiques auxquelles il sert de moyen d'union et qu'on l'examine au moyen du microscope , on y découvre des fibres transverses formant, dans cet endroit, une véritable commissure. De chaque côté , ces fibres se continuent jusqu*au ganglion de la lame optique en croisant la direction des fibres qui vont au nerf optique.

^Ainsi malgré l'autorité de Haller et de Guvier , malgré l'o*

ou vmssoiis. 187

pinion contraire des anatomistes , parmi lesquels on doit excepter Camper, M. Garus et M. Gottsche, il faut admettre que les poissons ne sont pas dénués de corps calleux. M. Gottsche n'a pas connu Torigine des fibres du corps calr leux; j'ai vu très distinctement qu'elles partent de la même source que les racines du nerf optique, c'est-à-dire des pro longemens fulcraux, à l'endroit où ils sortent du corps strié.

Pour récapituler ce que nous présente le lobe optique , je dirai que ce lobe ou plutôt que cette lame est formée,

1* D'un pédoncule venant de la moelle épinière ;

2"* D'un ganglion de renforcement ;

i"* De fibres qui , par leur réunion , constituent le nerf optiqucî

b"* D'une commissure.

Cherchons maintenant les parties correspondantes à ceir lefr*ci dans les grands animaux. L'analogue du pédoncule est tout trouvé, c'est le pédoncule cérébral; l'analogue du ganr glion de renforcement, c'est le corps strié et la couche optique ; l'analogue de la commissure , c'est le corps eaUeux ; enfin, les fibres d'origine du nerf optique sont les mêmes dans les deux^cas.

Au-dessous de la commissure existe une lan^e qui sépare d'avant^en arrière la cavité que laissent au-dessous d'elles les lames optiques, c'est la cloison transparente et la voftte à trois on plutôt à quatre piliers.

Après avoir fourni le faisceau qui va aux tubercules qoadrijumeaux et à la lame optique , le prolongement antérieur de la moelle épinière s'avance et se divise en autant de faisceaux secobdaires qu'il y a de ganglions ; ainsi un faisceau pour le ganglion inférieur, un antre pour le ganglion cérébral, u troisième pour le ganglion olfactif, et un quatrième si ce gaogUoB olfactif est double. Dans chacun de ces gan-

18è ST&UCTUAS DS^L'BNeÉPHiLLE

glionSy le faisceau falcral se perd au milieu de Id âubsUmee granulée dont ils sont en grande partie composés.

A Toccasion des lobes optiques , j*ai parlé de fibres transverses qui forment, pour ces lobes, une yéritable commissure; la plupart des autres ganglions de Tencéphale des poissons sont pourvus de fibres analogues. Toute la partie de la moelle sur laquelle sont implantés les tubercules des nerfs branchial , auditif, facial et trifacial, celle qui correspond à l'insertion du cervelet , sont traversées par des fibres qui vont d'un c6té à l'autre , et qui croisant les fibres venues des corps restiformes et celles des pyramides postérieures, vont se perdre dans la substance de chacun des ganglions. Le croisement que l'on voit dans cec endroit rappelle tout-à-fait celui qui a lieu dans la moelle allongée de l'homme, entre les fibres des pyramides et celles du cervelet. Cette commissure et celle des lobes optiques sont les seules dont les fibres soient isolées ; toutes les antres, au nombre de quatre, sont réunies en cordon, ▲u centre de l'aqueduc de Sylvius, en avant des tubercules quadrijumeaux, est une commissure, la commissure posté- Tîeure, qui va de l'un à l'autre de ces tubercules; en avant de tinfimdibulum , une autre commissure visible comme la précédente, quand on a enlevé les lames optiques. Cette dernière, simple à sa partie moyenne, est double dp chaque côté, c'est-à-dire qu'elle a à-peu-près la forme d'un X; l'une de ses extrémités , la supérieure , va du ganglion de la lame optique au centre du ganglion inférieur, et ainsi pour la seconde , de tell^f açon que cette commissure unit entre eux le ganglion inférieur droit avec la lame optique gauche, et réciproquement. On ne distingue bien la commissure dont il s'agit qu'à l'aide du microscope, au moins pour ce qui regarde cette double origine. Les ganglions inférieurs ont une autre commissure que j'ai déjà décrite et qui existe en arrière de

Teikdroit où se croisent les nerfs optiques. La dernière corn* missure dont j*ai également parlé, unit entre eux les deux ganglions cérébraux.

' Le mode d^origine de ces commissures en forme de cordon est parlont le même : au Centre de tou| les ganglions, il existe un point où se rendent les fibres de chaque faisceau ftilcral, c*est de là que ces commissures prennent naissance, par un grand nombre de filets qui marchent parallèlement les uns aux autres ; c'est sous une autre fonfte , ce que j'ai indiqué pour les lames optiques.

Les nerfs encéphaliques naissent pour la plupart des ganglions;on a vu avec quelle facilité j'ai pu suivre les racines du nerf optique ; je n'ai pas réussi de même en recherchant rorigine des autres nerfs; ainsi dans les ganglions postérieurs du cervelet , j'ai vu entrer des fibres spinales et des fibres transverses; j'en ai vu sortir les racines des nerfs, mais je n'ai pu apercevoir de continuation, même indirecte, entre les unes et les antres. J'attachais cependant une grande importance à • connaître la vérité sur ce fait, et l'on comprend la raîscm de l'intérêt tout particulier que j'y prenais , si Ton se rappelle que les filets nerveux des animaux articulés ont une double origine, l'une par des fibres longitudinales, l'autre par des fibres transverses (v. pi. l** le ganglion de la sangsue), tandis que des nerfs racbidiens des poissons viennent presque exclusivement du système des fibres longitudinales. Qu'est-ce qui remplace, poiur les poissons, les fibres transverses des animaux articulés ? Ce ne peut être que les fibres transverses de . la partie céphalique de la moelle ; mais ces fibres vont-elles dans les nerfs et ces nerfs ont-ils des fonctions différentes de ceux qui naissent des fibres longitudinales ?

La réunion de* deux ordres de fibres dans un même nerf ^ent tenir à ce que , chez les articulés, il y a en quelqne sorte

190 STEUCTVmi n L'nCfiPHALE

«ne vie spéciale pour chaque anneau ; et leur séparation elles les poissons, à ce que les nerfs se dédoublent pour pren-dre les uns et les autres , des fonctions d'un ordre différent. Malheureusement , je ne puis faire là-dessus que des suppositions. V . •

M. Gottsche en parlant des commissures de l'encéphale des poissons y ne peut s'empêcher de les comparer , comme ravaitdéjà fait ÂI.Meckel, avec le pont de varole, et leur trouvant une parfaite analogie , car ce sont en effet des parties d'un môme tout, il combat l'opinion des anatomistes qui re^ gardent l'existence du pont de varole comme un des caractères de l'encéphale des mammifères. Si par pont de yarole, il ne faut pas entendre seulement la réunion des fibres transverses qui fait saillie sur les prolongemens céphaliques de la moelle épinîère, l'objection de M. Gottsche n'est pasfondée^ car cette saillie existe chez les mammifères seulement ; si aa contraire il faut y comprendre les fibres transrerses qui s'entrecroisent avec les fibres de la moelle épinîère pour former les lacis intérieurs que l'on voit en coupant ou • mieux encore en raclant les fibres de la moelle allongée , M. Gottsche a raison et Je partage son avis. .

En récapitulant ce qui précède , concernant la structure des ganglions encéphaliques , nous trouvons pour chacun dé ces ganglions un prolongement de la moelle épinière , pour chacun d'eux excepté les ganglions elfàctifs, une commissure) pour les ganglions placés en arrière du cervelet ; pour les lobes optiques et les lobes olfactife, des racines nerveuses ^ pour tous une substance granulée et des fibres. Je n'ai pu sui* . vre de continuité entre les tubercules quadrfjumeaux et les nerfs optiques , c'est pourquoi je n'en fais pas mention 5 Je n'ai pas vunon plus que les ganglions inférieurs fournissent des racines au nerf optique , comme Guvier Fa avancé , mais J'ai

9SB POISSOX8. 191

observé très distioctement et à plusieurs reprises une tratnée de fibres se dirigeant du cervelet aux tubercules quadrijumeaux » disposition qui n'est pas autre chose que le prooei* $HM etrehelli ad tettet.

Une différence importante qui existe entre les ganglions encéphaliques , différence indiquée par M. de BlainviUe (i){ c'est que les uns servent d'origine à des nerfs , tandis que c'est le contraire pour d'autres. En tète de ces derniers , il fiiut placer le ganglion antérieur au lobe oplique et que j'ai appelé ganglion cérébral; ensuite vient le ganglion in* fërieur, puis le cervelet, et peut-être dans la même caté* gorie fautai placer les tubercules quadryumeaux. M. de Slaînville assure que les tubercules quadr y umeaux sont étran** gers aux nerfs optiques t pour ce qui concerne les poissons » je suis dans le doute sur ce point ; pour ce qui concerne les autres vertébrés et notamment les mammifères, il m'est bien démontré qu^ les nerfs optiques étalent en grande partie leurs racines sur les tubercules quadrijumeaux.

La substance blanche des ganglions, comme celle de la moelle rachidienne , est Abreuse ; la substance grise ou gris* rosé est en grande partie vasculaire :'cetie dernière contient en outre, et c'est là son caractère spécial , des granules en très grand nombre , granules qui dans le cervelet , ont une apparence particulière. Je reviendrai ailleurs sur ces granu* les , jei vais maintenant parler des filSrea.

3« Diamètre et nature dee fibres du eystème nerpetm

cérébro-spinal des poissons,

tes fibres composant la substance blanche du système nerveux des poissons présentent des différences suivant

(i) r. Hollardy Préàs d'anatomie comparée ou TtMeou tU Vwgmun^

192 hatueb bbs pibkes kerveusbs

qu'elles appartiennent aux ganglions, à la moelle ëpinière ou aux nerfs ; elles ne sont pas même parfaitement semblables dans tous les nerfs. Plusieurs auteurs ont parlé du volume des fibres nerveuses, et ils en ont déterminé le diamètre : parmi les plus exacts, je citerai MM. Ehrenbei^ (1), Yalentin (2), et Langenbeck (3). Des observations faites par ces anatomistes, il résulte que le diamètre des fibres nerveuses vatrie beaucoup, non-seulement d'une partie à l'autre, mais aussi

dans la même partie. J*ai constaté ce fait et j'en ai cherché la cause. Pour examiner la substance nerveuse, on l'écrase entre deux verres; j'ai dit précédemment que, dans cette expérience, les fibres étaient tiraillées, aplaties, dilacérées, et par conséquent déformées. Quant aux nerfe, le procédé employé pour en étudier les fibres est sujet à moins d'inconvéniens. On place un petit filet nerveux sur une lame de verre, on cherche à en isoler les fibres au moyen de la pointé d'instrnmens très acérés ; on ajoute une goutte d'eau, et ayant recouvert le tout avec une petite lame de verre, on le place sous la lentille du microscope. Il y a bien encore là une compression exercée sur les fibres nerveuses, mais elle est légère et d'ailleurs le névrilème s'oppose à ce que la substance neiv veuse s'élargisse beaucoup. Aussi, les fibres des nerfs parais*» sent-elles plus régulières que celles de l'encéphale ou de la moelle rachidienne.

Observées de cette manière, il arrive que les fibres de Tintérieur ^e& ganglions encéphaliques et les fibres transverses de la partie supérieure de la moelle, sont toijours très pe-

tion 'considérée dans tensembie de la série animale , in-8o. Paris x837 p. 567/

(i) Op. eit.

(à) MuUer's, ^fv^. i834.

(3) C^. cit, p. 6o.

tites et presque rectilîgnes; que les fibres des commissures

qui unissent les ganglions cérébraux, sont un peu plus grosses

que les précédentes et quelquefois variqueuses ; que les fibres

du nerf olfactif et du nerf optique, très petites aussi, sont

quelquefois variqueuses; que les fibres de la moelle rachîdienne, généralement plus grosses que toutes les précé-

denteSy sont variqueuses aussi, tandis que celles des nerfs encéphaliques, autres que Topiique et l'olfactif (je n'ai pas examiné l'auditif), que celles des nerfs rachidiens, plus volu-

mineuses que toutes les précédentes, né sont jamais variqueuses.

Pour déterminer le volume des fibres nerveuses, je n'aurai pas recours aux mensurations publiées par mes prédécesseurs, non que je ne les estime pas, mais parce que, dans une opération aussi délicate, outre qu'il faut être bien sûr de l'exactitude de ses instrumens (1), il est nécessaire que toutes les observations soient faites de la même manière.^ J*émettrai aussi un vœu à cette occasion, c'est que l'on veuille bien se servir toujours d'une mesure uniforme, afin de renàre les opérations comparables entre elles. A Berlin, on fait usage d'une mesure prussienne, à Londres d'une mesure anglaise, pourquoi, au lieu de cela, n'adopterait-^on pas la mesure métrique? Outre que, par ce moyen, on abrégerait le travail, on préviendrait aussi les chances d'erreur qui résultent de la conversion d'une mesure en une autre, car lorsqu'il s'agit, comme ici, d'objets infiniment petits, toutes les chances d'erreur sont à considérer.

Le tableau suivant indique le diamètre. des fibres de l'eiH

(i) Toutes mes observations microscopiques ont été Eûtes à Taide de Fexoellent microscope de M. Charles Chevallier , ingénieur-Opticien , au Palais» Royal. . i

104 NATURE MU F19US ^ffXRYEUSBS

céphale, de la moelle épiuière et des nerfs de quelques poisjsons : j'ai dispose ce tableau suivant le volume des fibres nerveuses, en commençant par les plus ténues. '

Diamètre des fibres nerveuses des poissons.

Millim.

Carpe, Fibre du nerf olfactit 0^00083 Eenfl. d'une

lâ. Id.^ 0,001 66 fibre variq.

Goujoa. PUire de la kiae opti^ue^ • . » . 0,00 1 M 0^00664.

id. Id, 0,00332

Id. Fibre de la moelle épinière, . . 0,00581

Carpe. Id , 0,01000

Anguille de mer. Fibre du trifacial 0,0 1494

id. Fibre duAHOt. commun des yeux. 0,01 49 f

Carpe. Fibre du trifacial 0,01 660 *

Le même animal. Fibre du même nerf. 0,01 992

Carpe. Fibre du nerf muscnlaire dorsal. 0,02 506

Riie bouclée. Id, 0,02822

CiM-pe. Fibre du nerf branchial 0,02988

Il y a des diCFéreiiGes très grandes entre les fibres d*ua même nerf<; pour le nerf olfactif, par exemple, la différenoe eat du double ; U en est de même poiu* la moelle épinière. Cependant, jamais Je n'ai vu Tune des fibres de la lame optique ou de celles qui croisent la moeUe épinière au-dessous du cervelet, avoir un volume approchant de celui des fibres appartenant aux iierfo. Les fibres de la lame opUque et les filtres traaBversas de la moelle sont toutes excessivement fin^ et <m me les djAiingue bi^ i^plées, qu'à Taide d'jm gvossissement 'de 600 diavièUfes; ja«»ais, non plus, elles ne présentent ces renflemens que M. Ehrenberg appelle vari'^ q«eux ou ardeidés.

Les fibres nerveuses des poissons sont-elles creuses ou pleines ? doit-on leur laisser le nom de fibres ou faut-il leur donn^ celui ;de canaux ? J'ai déjà dit que ce sont des canaux: il faut le démontrer. Mais avant de parler des expérienoM

DES VOIMOSt. 196

que j'ai faites k ce 6ujei» je \m citer deux passages extraita, run de M. Elircnberg, L'autre de M. Lattgenbeck. Le pre*mier de ces anatomistes conclut des faits qu'il a découyeits sur la structure diss fibres nerveuses, q[u'elles sont des véri^ tables tubes contenant un liquide d'une nature particulière. Yoici le passage en question, a Dans les tubes atticulés dt cerveau, de la moelle ëpiuière et des nerfs de la sensibilité, se trouve un fluide dense, parfaitement transparent; jama& distinctement granulaire : c'esl le suc nerveux, la litfu^ ner^ veitse qui diffère de la moelle des nerfs, comme le chyle diffère du sang. Le suc nerveux n*a pas encore été vu en mouvement, mais n est probable qu'il circule.

m Tous les autres troncs nerveux ne sont pas formés de tubes articulés, mais de fascicules cylindriques entourés de prolongemens fibreux ou ligamenteux et de filets vascutàires; lepr élément consiste en tubes cylindriques qui se continuent directement aveo les lubes articulés: Les tiibes cylindriques contiennent une substance granulée que l'on en peut faire sortir à T^ide d'une pression convenable. » (1)

Et M. Langenbeck ajoute : « C'est à peine si j'ai pu ob* server quelque chose de certain touchant la liqueur contenue dans les tubules nerveux ; car elle est transparente comme le verre* Seulement, j'ai aperçu, dans Kntérieuf de quelques tubvles, comme de légers nuages. Lauth (2) a été plus heureux; car H a distingué dans ces tubules ime quantité innombrable de globules. M. Valentin (3) nie Texistence des globules dont parle Lauth; il les attribue à un commencement de putréfaction. Moi aussi j'ai vti des globules ; mais je ne saî6 {kis s'ils étaient en dehors ou en de-

(i) Op, cit, Ck)nclusioni, 5 et 6.

(a) L'institut, n** 73.

P) Of. cit.

i^^ ICATURE DBS FIBKSS KtRTEUSES

.dstns des tubes. £n examinant au microscope 'u/ne portion

de êuhstanee prise a%ix masses du cerveau de la carpe et serrée fortement entre deux lames de verre, fai vu des tubes articulés de l'intérieur desquels s'échappait une ma*- Hère romn^ gélatineuse et très limpide. Cette moelle, si toiUefois je puis l'appeler aiosi, était pliis ténue que celle qui s^écoule des tubes nerveux cylindriques, et elle contenait quelqiies globules semblables à ceux que Ton trouve aussi d,aus les nerfs. Je n'ai jamais rien vu de semblable dans la substance médullaire de thomme, du bœuf ou cPauires animaux; c'est pourquoi je suis en doute sur ce que contiennent réellement I&9 tubes nerveux. Le docteur Yalenlîn a va s'échapper des tubes nerveux formant la substance cérébrale, une liqueur limpide, lactescente, et comme huileuse. )>(1) Je passe à pies expériences.

1*^" expérience, — Nerf musculaire du dos. Les fibres de ce nerf se présentent sous deux aspects différens : les uaes sont comme granulées , elles paraissent de couleur jaune paille ; Jos autres sont blanches. Serrées par lé com^ prcsseur, ces dernières laissent écouler la matière blanche qu'elles contieunent, et se vident, soit complètement, soit en partie. Tous les points qu'a laissés la matière blanche sont d*un jaune paille et ont un aspect granulé ; toutefois leur vo* lume reste le même qu'avant la compression.

2'' expérience. — Baie. Nerf musculaire du dos. Ces fibres presque les plus grosses que j'aie vues chez les poissons , sont blanches dans certains endroits et obscures dans d'au* très. Je soupçonne que les endroits blancs sont pleins, tandis les autres sont vides. Je fais agir la vis du compresseur et je vois avancer les taches blanches qui sortent du tube en forme

(i) Op, ctt,^ p. 6a.

BBS V01S80NS. 197

de gouuelettes huileuses. Je comprends alors que les nerfs sont des tubes pleins d'an liquide huileux, et que les portions obscures de ces tubes doivent Tobscurité qu'elles présentent, au plissement de leurs parois ; et je pense que si des nerfs, en apparence semblables, peuvent être ou pleins ou vides de fluide nerveux, ce doit être un sujet fort intéressant pour la pathologie de rechercher à Taide du microscope, quel est Tétat de ces tubes, dans les maladies dites nerveuses. Autour du nerf étaient, en grand nombre , des globules huileux , semblables, à ceux que j*ai dit exister dans le crâne de la carpe, et d'autres globules isolés beaucoup plus petits. Si je ne parle pas des uns et des autres dans chacune de nies expériences, ce n'est pas qu'ils aientmanqué, mais c'est seulement pour éviter desi répétitions.

3» expérience. — Anguille de mer* NerftriCaksîal.et liéff branchial. En comprimant les fibres du nerf trifacial, |e vois des corps blancs s'avancer vers l'onvertufe de leurs tubes nerveux, et s'amasser au dehors. Tous les tubes pleins sont blancs ; les autres un peu sombres, mais conservant leur forme rectiligne et leur diamètre. Je vois une fibre -du nerf branchial j[>ien distincte, parfaitement isolëe, mais recourbée en divers sens. Sous l'influence de la compression^ les globules huileux en parcourent toute la longueur , en suivent les sinuosités jusqu'à ce qu'ils en soient sords. Ces gtebules s'amassent près de l'orifice du tube et ne se confondent pas les uns dans les autres comme les globules huileux du cr&ne; ou bien encore ceux de la moelle épinière. Ainsi, malgré leur apparence, ils ne sont pas simplement huileux. Dans le tube, ils n'affectent aucune forme régulière ; ils en occupent toujours le diamètre et bien au-delà. Ce ne sont psis, à propre^ ment parler, des globules , mais des portions de substance molle, lactescente et oléagineuse.

19S NATVIUS DM PIIIBBS IQULYEIJSBS

&• expArienoe. — Carpe. Nerf branchial. Tubes nerreux très larges et entièrement vides; la matière qu'ils contenaient est comme agglutinée à leur orifice. Ils ont été comprimés

9vant d'être placés sous la lentille.

Résultats analogues dans toutes les expériences pratiquées de la même manière sur les nerls , autres que l'optique et VolfocUf.

5* e^pperience. — Anguille. Nerf optique. A Taide du scapel on parvient bellement' à diviser ce nerf en fibrilles; en comprimant légèrement , je vois une multitude de tubes vec* tilignes et pas un seul tube articulé ou variqueux. Des glo-bules huileux s'échappent en grand nombre et se réunissent les uns aux autres pour se confondre en masses communes , comme font les globules huileux.

6* expéiienct. -^ Anguilles de mer. Nerf optique. Pas d'apparence de fibres, ni rectilignes , ni articulées; la sub-^ stance du nerf laisse échapper une infinité de globules huile«x. lia moelle épinière du même animal m'a présenté, sous la compresseur, une multitude de fibres articulées. Je ferai observer ici que l'animal n'était pas mort tout récemment oomme l'anguille Ide rivière de la 5« earpérienee, qui était presque vivante quand j'ai enlevé son nerf optique; ainsi, on peut attribuer lemanque d'apparence fibreuse , à ladécompoution commençante du nerf. La même expérience, répétée sur une autre anguille de mer , m'a donné un semblable résultat c'est-à-dire , absence de fibres.

TexpérUnce. —Goujon. Nerf optique. J'y découvre beaucoup de fibres rectilignes et quelques fibres articulés.

Veitperience.-^CSiv^, Nerf optique. Tissu linéaire, dense et serré ; je nepais, avec lescapel, le séparer en fibrilles ; la compre^aioû n'y Caît pas développer de fibres articulées ; elle donne lieu à l'écoulement de globutos graisseux en nombre infini.

DBS POIMOm. iM

Je n'ai pas, à beMconp près, rescoim^ eoBsunument des fibres Tariotteoses, dms les nerfe optiques des poissons : la varicosiié est un phénomène accidentel et assez pe« Ln* portant^ puisqu'il résulte, oomne on Fa vu pins haut, du degré de consistance de Fenveloppe de chaque tnbiil^ ner^ ▼eux.

9« expérience. -^ Carpe. Nerf olfactif. À l'œil nn^ M pàratc fibreux ; au microscope , on découvre une i»tmtë de fibre» rectilignes, et, malgré une forte compression, Fapparence fi^ breuse persiste et quelques fibres deviennent variqueuses ^ ressemblant assez aux fibres en chapelet de M. Lanjfsnbeekv Il s*est échappé pendant la compression , des globutes graisseux en très grand nombre. G*est la même carpe qui a servf à la 8« expérience et stn* laquelle f ai vainement cherché des fibres variqueuses dans le nerf optique.

10* expérience. — Moelle épinière. Anguille de mer. La substance blanche de cette moelle aplatie par le compresseur, présente des fibres en très grand nombre , de diamètre variable et ayant, pour la plupart, de nombreux renflemens; H y a , en outre, des taches blanches , irrégulières. Cette substance délayée dans un peu d'eau, comprimée, est placée de nouveau sous la lentille; je vois que toutes les fibres ont dis^ paru, il ne reste plus autre chose que des taches blanches , îrrégulières. Ces taches sont réellement des débris de fibres.

11* expérience. — Anguille de mer. Moelle éplnîère. La portion que j'examine , prise à la surface de la moelle , est toute fibreuse ; les fibres ont un diamètre variable entre elles , et variable même , quant aux dîffcVens point de Téiendne d'une même fibre : elles sont, surtout les plus larges, pourvues de renflemens ou nodosités.

12" expérience. — Anguille de rivière. Moelle épînlère. Au moment de la compression , la moelle a laissé échapper

200 NATU&B DBS FIBRBS NBBTBUSBS

une quantité innombfable de i;lobiiles huileux ; il est resté , pressées entre les lames de verre, des fibres variqueuses presque toutes de volume très différent.

15* eaepérienoe. — Anguille de mer. Moelle épinière. Pendant que je comprime une petite portion de cet oi^ne , je vois se former un renflement le long d'une fibre liralllée ; ce renflement augmente peu-à-^peu de volume et se détache de la fibre. C'est une substance lactescente, huileuse, analogue à celle que Ton trouve dans les fibres pourvues de névrilème , analogue à ces innombrables nubécules blanchâtres que Ton voit toutes les fois qu'on a écrasé quelques fibres nerveuses.

14* expérience. — Goujon. Les fibres du cervelet, celles qui croisent la moelle au niveau du cervelet et des ganglions cérébraux postérieurs , celles qui forment Tadmirable lascis que l'on découvre dans les lames optiques, ne sont pas articulées; quelque pression que je leur fasse subir, je ne réussis pas. à y faire nattre la moindre nodosité, et cela nonseulement dans l'expérience dont je parle ici, mais dans un grand nombre d'autres, entreprises soit sur des goujons , soit sur des ableiies, des anguilles, des carpes, eic.

Résulle-t-il de ces expériences que les fibres nerveuses spient canaliculées ?

l"" Pour les fibres des nerfs , cela est hors de doute ; on voit la matière homogène qui les remplit en être expulsée par la compression , et couler dans ces fibres, absolument comme un liquide dans un canal.

2" Pour les fibres dépourvues de névrilème , cela est moins évident, mais cela est également vrai. Le fluide qui les remplit, s'il est lout-à-fait huileux, s'écoule après que leurs parois ont été déchirées par la compression. Pleines, ces fibres sont bien distinctes parce qu'elles se trouvent distendues; vidées et déchirées , elles perdent jusqu'à Icurappa-

SES POISSOtfS. 201

rence fibreuse, en raison de la ténuité de la membrane qui les forme. Lorsque le fluide qui les remplit a un peu de cousis* tance , alors Tapparence fibreuse persiste et lorsque leurs parois se déchirent , c'est pour donner passage au fluide lactescent, à la substance grasse qu'elles contiennent. La substance blanche contenue dans les fibres dites variqueuses et dans le fibres rectilignes est tout-à^fait la même; Tobservation la plus attentive n'y fait pas apercevoir de différence.

3^ Pour les fibres de la commissure diffuse du cervelet, des ganglions postérieurs; pour les fibres de la lame optique et la plupart de celles qu# Ton trouve dans l'encéphale des pois*sons, j'ignore complètement si elles contiennent ou non quelque liquide. Elles sont si ténues qu'avec un grossissement de 600 diamètres , je n'ai pu que les voir , et non les étudier suffisamment. Un grossissement plus considérable me les a montrées plus élargies , mais tellement obscures , que mes yeux se fatiguaient inutilement à les observer.

Sur quelques points je suis d'accord , sur d'autres je diffère d'opinion avec MM. Ehrenberg et Langeubeck.

J'admets avec M. Ehrenberg que les fibres nerveuses des poissons sont canaiiculées , et je dis qu'elles contieqnent un fluide dense et transparent. M. Ehrenberg veut que le liquide soit différent dans les nerfs et dans les tubes de la moelle et de l'encéphale ; en cela , je ne pense pas comme lui. La liqueur que j'ai trouvée dans les tubes nerveux de l'encéphale , de la moelle épinière et des nerfs des poissons , est parfaitement semblable partout. J'attribue au procédé employé par M. Ehrenberg, les dilatations qu'il a décrites comme servant à caractériser un ordre particulier de fibres nerveuses.

J'ai vu, ainsi que M. Langeubeck, une matière d'apparence gélatineuse s'échapper des tubes nerveux de la carpe ; j'en ai conclu que ce sont bien des tubes et n'eussé-je r»&n vu de sem-

htahlê dafiÈ la êubstance méâullaîre de Thonvine , Au hmif etiTautres animaux, je ne croirais pas deTofrrenoneer à cette opioion, comme paratt être tenté de le faire, M. Langenbeek. En effet , qae f!smt-il pour que le liquide nerveux puisse s'é-couler des nerfs de la carpe, et qu'il ne s'éeoulepasde la même manière des nerfs de Thomme on du boeuf? Il faut que, ches^ là carpe, il ait peu de cohésion, et que chez l'homme ou te bœuf, il soit dense. G*est précisément ce qui a lien: le liquide nerveux de la carpe se comporte presque comme de l'huile; il n'en est pas ainsi chez leshaat-veriébrés. Les fibres ncrtenses des poissons sorti donc de véritables tubeJ et s'il reste quelque doute à cet égard, c'est relativement aux fibres transverses et à celles qui se trouvent dans l'intérieur des ganglions céphSH liques.

Je dois, on terminant, faire remarquer qu'il existe une ncF table différence entre la matière contenue dans lés tubes ner^ veux des vertébrés et celle des invertébrés; chez ces dcr-^ niers, la matière nerveuse consiste en un liquide séreux dans lequel se trouvent des globules ; chez les autres, c'est une substance homogène, blanche et qui , chez les poissons, a la consistance d'une huile un peu épaisse.

1. La moelle épinière des poissons est formée de fibres nerveuses longitudinales, de granulations et de vaisseaux sanguins.

2. Des granulations composent la substance grise, des fibres composent la substance blanche.

Z. Toutes les fibres nerveuses, celles des nerfs, comme celles de la moelle épinière et de Fcncéphale, sont rec-

DES I^OISSOKS. MS

dlignes , il n'existe pas réellement de fibres noueuses ou articulées.

&. Il y a la pl»8 grande analogie , malgré rapparence contraire, entre la moelle épinière divisée du poisson-lnne et de la baudroie, et la moelle épiniôre fascicalée des autres poissons.

5. Les fibres nerveuses de la moelle épinière se continuent directement du faisceau fùlcral de cette moelle dans les nerfs qui en émanent; du côté spinal, il y a chee la carpe entre les fibres des nerfs et les fibres de !à moelle, l'imermédialre d'un ganglion.

6. Il n'y a aucun entrecroisement des Oeiisceaux médullaires, fulcraux ou spinaux, chez les poissons.

7. L'extrémité céphalique de la moelle é^nière va se terminer dans les ganglions cérébraux ; aux ganglions du nerf vague et du nerftrifacial et au cervelet, vont se rendre les pyramides postérieures et les corps restiformes; aux tubercules quadrijumeaux, aux lobes optiques, aux lobes Inférieurs, aux ganglions cérébraux et aux ganglions olfactifs, vont se rendre les faisceaux fulcraux de la moelle. On voit les fibres du fbi^ ceau ftticral qui se rendent au lobe optique, se continuer à travers la lame optique, dans le corps oalleux et dans le nerf optique.

8. Les ganglions sont composés de substance fibreuse et de substance granulée ; ils reçoivent tous un prolongement de la moelle épinière qui vient s'y épanouir.

9. C'est de l'endroit où s'opère l'épanouissement des fibres de la moelle, que naissent les commissures.

10. Pour tous les ganglions céphaliqnes, le ganglion oifaotif excepté, il existe des fibres transverses qui forment leur commissure.

Page 1