‹ Anatomie comparée du système nerveux (volume 2)Chapitre 27 sur 66 · A l'exoepiioD du ganglion cérébral et du cervelet · texte numérisé non relu

A l'exoepiioD du ganglion cérébral et du cervelet

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tous les ganglions encéphaliques donnent naissance à des nerfs.

12. Les fibres nerveuses des poissons varient depuis 0 mill. 00083, jusqu'à 0 mill. 02988; celles des nerfs sont plus volumi-neuses que celles de la moelle et celles-ci plus que celles de Tencéphale; les plus petites de toutes sont les fibres trans* verses.

13. Les fibres nerveuses sont creuses, canaliculées, toute* fois ce fait n'est pas encore démontré pour les fibres transverses de la moelle allongée et pour celles des ganglions encéphaliques.

1&. Les fibres canaliculées contiennent un liquide blanc, huileux, que Ton en peut faire sortir par expression.

§ III. FACULTÉS DBS POISSOITS.

ce Nous ne pouvons écrire aucune page de l'histoire des poissons, dit Lacépède (1) , sans parler d'attaques et de défenses , de proie et de dévastateurs , d'actions et de réactions redoutables, d'armes, de sang, de carnage et de mort. Triste •et horrible condition de tant de milliers d'espèces condamnées à ne subsister que par la destruction, à ne vivre que pour être immolées ou prévenir leurs tyrans, à n'exister qu'au milieu des angoisses du faible, des agitations du plus fort, des embarras de la fuite , des fatigues de la recherche, des troubles des combats , de la douleur des blessures , des inquiétudes de la victoire, des tourmens de la défaite ! » Cette peinture des passions et de la vie des poissons, trop vive pour être vraie, a pourtant un fondement réel. En effet , il n'est aucun poisson qui ne soit destinée nourrir d'autres poissons ou à s'en

(ï) Histoire naturelle des poissons, art. Soombme vaqverbau.

DBS poissons. 205

Doarrir lui-même- Les plas gros mangent les plus petits : les plus petits à leur tour, mangent les œufs ou les jeunes des plus gros. Aucune retraite n'est tellement sûre qu*ils ne soient exposés à y trouver un ennemi, et souvent leur stupidité .est telle, qu'ils vont d'eux-mêmes se présenter au danger. Un'est pas rare que parmi ces myriades de poissons dpnt les phalanges se réunissent dans certaines saisons de Tannée, pour aller déposer leur ft*ai sur les côtes de la mer ou sur la rive des fleuves, il ne se trouve d'autres poissons excessivement voraces qui les accompagnent uniquement afin d'en faire leur pâture. Tous marchent de concert, et les petits ne paraissent en aucune maniQpe redouter les plus gros: c'est le cas des harengs : un poisson tellement bizarre dans sa forme qu'il a servi de type à la chimère des anciens, si pléiade contorsions dans ses gestes, qu'on l'a comparé au singe faisant des grimaces, les accompagne souvent sous les glaces du pôle arctique , et s'en nour^ l^t comme d'un bétail : les pécheurs, sans doute par ironie, ont donné à ce vilain animal le nom (Je roi des harengs.

Puisque la fonction principale des poissons est de manger, leurs facultés doivent surtout avoir pour but de leur en procurer les moyens et, comme ils vivent de proie, 'ces moyens sont des armes qui servent à l'attaque et à la défense. Leurs dents sont généralement nombreuses et fortes, leur queue est, pour plusieurs, une arme terrible, des prolongemens osseux que l'on a coniparés les uns à une scie, les autres à ui^ espadon, rendent ceux qui les portent redoutables à tous les autres poissons. La forme de serpent que possèdent plusieurs d'entre eux , leur permet d'enlacer et de comprimer leur proie. Il en est qui, peu agiles, sont doués du pouvoir d'engourdir, par de véritables commotions électriques, tous les animaux qu'ils touchent. Quelques-uns , c'est le plus petit nombre , ont rer eeurs à la mse.

906 TAGUIiTiS

L'orgfl^ 4ui leur est le plus uiiia i>oiir trouver la nourriture dont ils ont besoin , est celui de Tolfaction ; aussi, chez tous y cet organe est<-il très développé. Les molécules odorantes exhalées du coq>s des animaux et combinées à Teau ou seulement suspendues dans ce liquide , se répandent ati loin et deviennent un guide pour ces chercîieurs de proie. L'œil les sert moins ^ car la lumière ne pàiètre paâ dans^ les abî^ mes de Tocéap^ ni même jusqu'à la^rofondeur du lit des fleur ves) il les ayertit quelquefois du danger et d'autres fois il les trompelourdement.Oa avu des bandes innombrables de thons, effrayées à l'aspect d'un rocher dont le soleil éclairait la surface, se détourner de leur route habituelle et se pr^ipiter vers des rivages inaccoutumés. Pline rapporte que ce fait a été observé plusieurs fois aupsès de<^halcédoine, sur le rivage d^Asie, et que les thons fuyant vers la rive opposée, nageaieiitt en grande hâte dans la direction de Bysance. Aussi les Bysaatiens avatent*-il6 donné à ce rocher de Ghalcédoîne, pour eujL si profitable , le nom décerne d'or. On sait que généralement les poissons se dirigent vers la lumière, et qu'un des pièges qui réussissent très bien aux pécheurs, c'est d'approcher des terches ailAmées de la surface de l'eau ; les poissons y vien* Qèitf en foule et sont facilement pris. L'ouïe est pour les pois^ «ons un organe important , le bruit effi*aie ces animam et les met en fuite. On peut cependant en apprivoiser quelques-^uni ifài s'approchent en entendant prononcer le nom auquel on les a hâbUiiés. Lacépède a consiaié ce fait sur les cyprins 4pie Ton Gooserve dans les bassins du jardin des Tuileries j les Rom^ûBS Tavaieni également observé daps leurs vir viers t Im laiurèiies et autres poissons accouraient à la vqi^ 4a leur maître qui les Appelait par leur nom. Le.goA/t n'eat pas dévelopiité chez les animaux gloutons, ;wsi les pfH»r sons en sont-ils presque dépourvus et mangentrib àrpeu^^rifi*

BBS foissons. 3jp7

loiiice qui au k leur portée^ on en exjcepte cependant les tiirboisqui ne vivent, dit-on, que de poissons frais. Le toucher i^'est pas aussi obtus que les écailles dont la peau est couverte pourraient le faire soupçonner; il parait êire plus délicat sous le yentre, que partout pilleurs.

Parlons des mœurs des poissons, et comme parmi les anim^ux'qui Vivent de proie, les plus féroces doivent marcher les

{tf^emiers, comme9.çons par le requin.

Bequin ! ce nom lui vient de requiem^ c'est-à-dire : mort ^ repos éternel. L'effroi qu'il inspire aux navigateurs ne justifie que trop un pareil nom. Le requin attaque tous les ailîmaux qu'il rencontre; il s'attache à la suite des vaisseaux pour dévorer les cadavres que l'on jette à la mer. Pendant une tempête il viej^t guetter la proie que lui prépare un nTiufrage; s'il rencontre des baigneurs , il fond sur eux, les déchire et en avale les lambeaux. On en a vu un qui , pour s'emparer du cadavre d'un nègre que l'on tenait suspendu à la hauteur dé vingt pieds, a pu s'élancer jusqu'à ce cadavre^ s'y accrocher et le dépecer. Lorsqu'il trouve dans un même lieu des nègres et des blancs , il se précipite de préférence sur les premiers qu'il sent à ce qu'il parait d'assez loin, à cause de l'odeur qu'ils répandent. On raconte , et cela est ihalbeureusemcnt vrai, que des hommes appartenant à la racebfanche, quand il^se baignaient , avaient soin d'amener toujours des nègres ayec eux , pour faire , comme ils disaient , la part du requin : atroce prévoyance qui rendait ces hommes complices de la cruauté du plus insatiable des poissons! Le courage et l'adresse des pêcheurs ont cependant plus d'une fois triompha de la fureur d,u requin, en le combattant corps à corps : des nègres armés de coutelas se sont précipités à la rencontre de cet animal et ont profité du moment où il se retournait, pour lui ouvrir le ventre. Mais ce n'est pas ainsi que l'on parvient

ordiDairement à s'emparer de lui. On lui présente un appât accroché à un hameçon placé au bout d'une longue chaîne : si le requin est affamé , il se jette sur Tappât qu'il engloutit dans son estomac avec l'hameçon ; sipon, il flaire, s'approche, puis s'éloigne et paraît hésiter. Alors que l'on feigne de retirer l'app&t , le requin cède à sa gloutonnerie , court dessus et l'avale. Dès-lors il est pris, mais avant de le retirer de l'eau', on a grand soin d'jittQpdre qu'il soit épuisé et mourant.

Le requin est du petit nombre des poissons chez lesquels l'accouplement a lieu; c'est pendant l'été qu'il entre en amour. Lorsque plusieurs mâles suivent la même femelle, ils selivreqtde sanglans combats ; celui qui est resté vainqueur approche de la femelle et la féconde. Aussitôt après , il la quitte; et s'il la rencontre, c'est pour la féconder de nouveau gu pour se batti^e avec elle, suivant l'impulsion qui le domine.

D'après Arlstote (1) et Pline (2), lorsque le squale-renard, qui est une espèce de requin, a avalé un hameçon, il cherche à se faire vomir, e^'il n'y parvient pas, il essaie d'avaler aussi la chaîne , pour arriver au pieu de bois où les marins * ont coutume de l'accrocher. Arrivé à ce pieu, il le brise et se délivre. On dit aussi de lui que pour saisir plus sûrement les nageurs-qui descendent â la mer, il se met en embuscade sous les vaisseaux et se montre seulement quand il est temps de saisir la proie qu'il convoite. Mais ce piège n'est pas propre au squale-renard^ les autres requins agissent de la même manière. Le squale-glauque est encore plus à craindre que les précédens, à cause de sa couleur qui, se confondant avec

(i) Liv. n, chap. 37.

[1) Li¥. n, chap. 43.

la teinte des e^ux de la mer, ne permet de distinguer cet animal que quand il n'est plus temps de fuir son approche. Tous les autres squales diffèrent entre eux par le volume ou par quelque caractère extérieur; mais leurs instincts senties mêmes ; ils font tous autant de mal qu'ils en peuvent faire. Il y a pourtant une exception pour le squale tigré qui, dit-on, se nourrit surtout de mollusques.

Le brochet n'est pas moins féroce que les squales; il met à mort tout ce qu'il trouve ; il attaque ses semblables et mange ses petits : c'est le requin des fleuves et des rivières. On dirait que sa faim est insatiable , car elle ne paratt pas satisfaite par la grande quantité de poissons qu'il avale, et il n'est dégoûté d'aucune proie, fût-elle en putréfaction. Il est au moins aussi rusé que le requin, et quant à la reproduction, il est comme la grande majorité des poissons ; c'est-à-dire que, dans la saison chaude, mâles et femelles s'approchent du rivage, se frottent le ventre contre le sol, la femelle pour exprimer les œufs, et les mâles pour exprimer la laite qui doit féconder les œufs. Après les requins et les brochets, se moiH trent parmi les poissons qui ont le plus de cruauté, l'anarrhique loup, le maquereau, la perche, les pleuronectes et les murenophis. Les murenophis, murènes des anciens, nous rappellent encore autre chose que la cruauté des animaux : auurefois, dans un siècle corrompu, quand l'empire romain tombait en pourriture, on leur donnait des hommes à manger!

Parmi les poissons doués d'astuce ou d'adresse, je citerai les snivans : la raie, la baudroie, le congre, l'uranoscope, le gade lote, le spare insidiateur, le chétodon et le zée. La raie et le squale offrent au naturaliste beaucoup de caractères communs. Us appartiennent à la classe des chondroptérigiens à branchies fixes, et il y a chez eux une véritable union

sexuelle, union qui s'opère également chez les chimères, les syngnates, les blennies, les silures et les anguilles. Toutefois, leurs instincts sont differens. Elles chassent aussi, mais rare* ment; d'ordinaire elles se plongent, aplaties qu'elles sont, sur la vase de la mer qu'elles agitent d'abord autour d'elles afin de s'en couvrir, et attendent ainsi blotties , qu'une proie vienne à leur portée; alors elles s'élancent dessus^; et l'engloutissent dans leur estomac. L'une d'elles, la raie torpille , a de plus une puissance électrique qui, au premier contact, stupé* fie les animaux dont le corps touche le sien. Cette puissance électrique est commune à la raie torpille, à un tétrodon, à la gymnote , au trichiure , au silure , et au maloptérure } elle a chez les uns et chez les autres, des efiets absolument semblables. Gomment, avec une aussi singulière propriété, peut s'opérer }'union entre le mâle et la femelle? c'est ce que les observateurs n'ont pas dit , et ne sauront probablement jamais. La plupart des peintres qui ont donné le portrait du diable, ont pris pour modèle la baudroie. C'est une tête volumineusoi s^jklatie, coupée en avant par une bouche largement ouverte^ et se prolongeant par derrière en une queue longue et rà^ pense -, pois sur les c6tés de la téie des nageoires en éventail ^ M-dessus, des y eux énormes, et une rangée de crochets longs et pointus. Tout autour de sa bouche sont des filamens sem- Uaddea à de petits vers, et que l'on appelle barbillons. Cet batf^bUlons aewent d'appât aux poissons dont la baudroie se nourrit; sans eux, elle mourrait de faim; à moins toutefois qm^lesaUmeos ne vinssent d'eux-mêmes dans sa bouche, ce ^i du reste n'est pas très rare dans jdusieurs familles de p(H»* SMt. Gomme la raie, elle remue la vase, et quand elle en esl cachée, elle agite ses barbillons. Les poissons qui cherchent de» vers^ s'y trompent, croknt en avoir trouvé , et se jettent éauHs. fca baudsoîe, donila bovche eaouverte^ happe k»

DBS l^OtSdOtCS. 211

Ghercheora dé ters^ et se met de notlveâti en eiDbuscadé. L'nrànoscope tend les mêmes pièges à Tdide d'un seul petit filament dont est munie sa mâchoire inférieure, de même

que le gadelote, et tous les autres poissons pourvus de baN biUons vermifoirmes!

Quant auspare trompeur ou insidiatenr, ft un genre de chétodon et au zëe, ils vivent d'insectes qui voltigent au-dessus de l'eau ; à l'aide de leur museau dont la forme est allongée, ils lancent de Teau sur ces Insectes pour les faire tomber, et ils les avalent.

J'ai placé le congre au rang des poissons astucieux; ce n'est pas cependant qu'il le soit beaucoup ^ mais dans ts classe si hébétée des poissons , il ne faut omettre aucuu de ceux qui témoignent un instinct particulier, quelque faible que soit cet instinct. L'astuce du congre consiste à se placer en embuscade à l'entrée des fleuves et des rivières, pour épier et saisir au passage les autres poissons. Le congre n'est pas le seul qui agisse de la sorte; il y en a plusieurs qui suivent son exemple, ou plutôt qui font la même chose que lui.

Tous les poissons , ainsi que je l'ai dit plus haut, ne sont pas également cruels ; il en est même dont les habitudes sont très douces. Toutefois, 11 n'est pas difficile de voir à quoi tient cette douceur; c'est qu'ils vivent seulement de petits poissons toujours plus faibles qu'eux : or, n'éprouvant Jamais aucune résistance , ils n'ont pas l'occasion de paraître cruels , et quand les gros poissons viennent les manger, ils se laissent feire sans comprendre de quoi it s'agit. Au nombre des poissons qui se trouvent dans ce cas ^ ou cite la ballste, Testurgeon, la morne, le scorpène, le goajou. Tel n'est pas le iipbias espadon. Ce poisson, Fun des {féans de la mer, a la mâchoire supérieure armée d^nne tîge ossettsé longue et solide ; M force est prodigteuse , et ^ous cer f^ppott, (1 surpasse

tous les poissons osseux, de même que le squale-requin sur • passe tous les poissons cartilagineux; il lutte sans crainte et même avec avantage contre les squales, «les crocodiles et les grands cétacés qui n*ont pas acquis tout leuf développement. Cependant, il est doux; il se défend, mais il n'attaque pas, et aux poissons il préfère, pour sa nourriture, les algueset autres plantes marines. Rarement on le rencontre seul; ordinairement on en trouve deux ensemble, tantôt un mâle avec une femelle, tantôt deux m&les ou deux femelles réunis. Il ne craint pas les grands animaux, et pourtant il est quelquefois victime d'un insecte. On en a vu qui, piqués par des insectes aquatiques dont ils n'avaient pu se débarrasser, en se frottant contre le fond de la mer, entraient en fureur et s'élançaient sur le rivage, ou- même sur les barques de pécheurs. On ne présume pas qu'il y ait aucune union sexuelle entre la femelle et le mâle.

Les xiphias vivent en société, il en est de même des thons des saumons et des coregones-Iavarets. Ces derniers se rassemblent pour remonter ou pour descendre le coui*s des fleuves, et ils avancent, un individu très fort placé en téic , les autres rangés sur deux lignes qui se réunissent à angle aigu au premier de la troupe ; les saumons se placent au contraire sur deux lignes parallèles, une femelle en tête et la première moitié des lignes composée également de femelles; en arrière sont les mâles louyours plus faibles que celles-ci ; et ensuite les petits. Le thons marchent en formant des légions qui représentent un grand parallélogramme et font de cette manière de longs voyages et des courses rapides. Quant aux autres poissons que Ton trouve réunis en nombre quelquefois infini, la plupart poussés par les mêmes besoins marchent ensemble, mais sans avoir entre eux aucune relation apparente. Les anguilles méritent unemendon spéciale; de même

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que les raies, les squales, etc., elles s'unissent pour Tacte de la fécondation , mais de plus, elles se creusent àes terriers qui leur servent de retraite et sortent quelquefois de Teau en rampant sur le rivage, pour aller chercher des vers ou des pois nouvellement semés : elles vivent d'œufs de poissons , d'annelides , de jeunes canards -, et servent de nourriture aux loutres et aux oiseaux d*eau. Les esturgeons les avalent parfois sans même les blesser; il est arrivé qu'en pareil cas, Tan- *^ille suivait toute la longueur du canal intestinal de l'esturgeon, et sortait vivante par fanus. n

Tous les poissons nagent, Tanguille nage et rampe , il y a un poisson grimpeur et des poissons volans. Le grimpeur est une espèce de lutjan qui a été vu dans une fente du palmier éventail, à deux mètres environ au-dessus de la surface d'un étang et s'aidant pour aller encore plus haut, de la dentelure de ses opercules qui lui servait à s'accrocher , et de sa queue dont il s'aidait comme d'un levier. Les poissons qui volent sont le pégase appelé volant, le blennie sauteur, lascorpène volante, la trigle milan, les exocets métorien, sauteur et commersonnien , enfin le dactyloptère pyrapède : placés par leur organisation entre les oiseaux et les poissons, ces animaux sont les plii^ malheureux de tous ; trop faibles pour se défendre et ne sachant que fuir , ils trouvent partout des ennemis. J'emprunte à Lacépède ce qu'il dit de l'exocet volant €t qui peut s'appliquer à la plupart des poissons disgraciés comme lui. <c L'exocet volant est l'un des plus misérables des habiians des eaux ; continuellement inquiété , agité, poursuivi par des scombres ou des coryphènes , s'il abandonne , pour leur échapper, l'élément dans lequel il est né ; s'il s'élève dans l'atmosphère , s'il décrit dans l'air une courbe plus ou moins prolongée , il trouve en retombant dans la mer un nouvel ennemi dont la dent meurtrière le saisit, le déchire et le dévore ^

2Jl& TAGULTÉS

9U pendit 1^ durée de son court trajet, il devient la proie 4es frégates et*des autres oiseaux carnassiers qui infectent la surface de l'Océan, le découvrent du haut des nues et tombent 9ur lui avec la rapidité de Téclair. i>

La manière dont certains poissons passent Thiver est fort ^epiargqable ; les barengs et les maquereaux , par exemple , yont au fopd de la mer et placés parallèlement les uns aux autres I la queue en haut , ils s'enfoncent dans la terre , ja tête la première , jusqu'à la moitié du corps. On en a retiré qui étaient ainsi enfoncés et dont les sens paraissaient entièremept émoussés ; ils ne voyaient ni n'entendaient rien. Ce n'est qu'après un certain laps de temps, qu'ils recouvrent l'usage de leurs sens.

Cet exposé des f£(cultés dont sont doués les poissons , tout çoxjffi qu'il ^oit, résume cependant ce que l'on sait d'essentiel ç^r ce ^ujet : la difficulté d'observer des animaux qui , pour la (dup^rt , habitent des lieux où l'homme ne pénètre jamais , limite le champ de no.s recherches ; et les pécheurs , ces hommes pratiques qui dans leurs courses ont tani d'occasions d'obserrer les mœu)$ et les habitudes des poissons, ignorans ou peu zélés I racontant trop rarement ce qu'ils ont vu et ne le

aÉsnMÉ.

i, liea poissons se noi^rtssent en mangeant d'autres pokfon^i 4^ m^Uusqi]^, des articulés, des oiseaux, et de» mammfère&Ktrès peu sont herbivores.

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