‹ Anatomie comparée du système nerveux (volume 2)Chapitre 35 sur 66 · La lame optique est entièrement fibreuse · texte numérisé non relu

La lame optique est entièrement fibreuse

10. La substance du cervelet est fibreuse, analogue à celle des fibres transverses de la moelle épinière.

11. Nulle part les fibres transverses n'existent en aussi grand nombre qu'à la moelle allongée.

12. Les fibres nerveuses des reptiles varient de 0"^, 00083 jusqu'à 0"'"-,02.

13. Les plus grosses fibres sont les fibres longitudinales de la moelle épinière, et les fibres des nerfs; les plus petites sont les fibres transversales de la moelle, les fibres du cerve* let, de la lame optique, du cerveau et des commissures qui unissent entre elles les parties de Tencéphale.

lA. Dans un même nerf, les fibres pleines sont plus grosses que les fibres vides.

S IIL FACULTÉS DBS BBP9ILBS.

L'analogie qui existe entre certaines actions des animaux et les nôtres est une des voies qui nous sont ouvertes pour découvrir quelles sont leurs passions, et pour pénétrer les motifs de leurs déterminati<Mis. Cette voie est insuffisante pour nous initier complètement à leur, état psychique. K l'homme résumait en lui tontes les manières de sentir dont

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les animaux sont poorvos , s'il n'y avait dans les phénomènes de la vie que des degrés d'une même échelle, l'homme, placé le premier dans la série animale , n'aurait qu'à regarder audessous de lui , et se dépouillant d'abord de ses plus nobles attributs , puis successivement de tous les autres , il descen* drait jusqu'à la dégradation la plus infime de l'organisation , jusqu'à ces amas de matière qu'un reste de mouvement spontané distingue à peine de la nature inorganique, et se décomposant ainsi lui-même, il passerait par une suite de transitions qui lui représenteraient successivement les différentes classes d'animaux. Mais quoique au-dessus de tous les êtres vivans « rhommQ ne possède pas tout ce que ces êtres possèdent. Certains sens sont très développés chez plusieurs animaux, qui, chez l'homme, le sont beaucoup moins : or, un sens peu dévetoppé fournit peu de sensations, et partant peu d'idées dépendantes de ces sensations. Ajoutons que les sensations fournies par un même organe ne -diffèrent pas seulement eu intensité; elles varient souvent à tel point que , provenant d*une même source, les unes ne donnent pas du tout la connaissance des autres. Nous pouvons présumer ce qu'il en est, à cet égard , chez les animaux , en comparant ce qui se passe relativement aux qualités de l'oi^ane de l'ouïe considéré chez plusieurs hommes. La finesse de l'ouïe est loin d'être la même pour chacun de nous; l'un entend à peine des sons que l'autre distingue très nettement. Mais celui qui entend le mieux n'est pas nécessairement celui qui apprécie le plus justement quelle est la nature des sons , qui sent le plus vivement ce qu'ils ont de suave ou d'aigre, qui juge le mieux de leur har* monie. La perfection d'un sens ne consiste donc pas seulement à donner une sensation déterminée avec facilité et

précision , mais aussi à donner une grande variété de sensations.

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Ce que je dis pour Toaie de Thomme, doit s'appliquer à l'odorat des animaux : d'après le volume et l'organisation du nerf affecté à ce sens, chea les animaux, nous avons tout lieu de penser qu'il leur fournit des sensations qui nous sont in* connues, et nous jugeons, en effet, parles actes auxquels ils se livrent^ en conséquence de la mise en jeu de cet organe, qu'ils sont sollicités et entraînés par des influences extérieure , dont nos sens ne nous transmettent souvent aucune perception.

De là, pour nous, une cause d'ignorance de ce qnt se passe dans les animaux, quant à leurs phénomènes psychiques.

Une autre cause d'ignorance non moins puissante que celle-ci, c'est la difficulté d'interpréter les actions des animaux, de comprendre la valeur des manifestations de leurs instincts et de leur volonté. Ils ont un langage mimique, nous n'en pouvons douter; beaucoup d'entre eux ont de la voix; quelquesruns même, c'est au moins l'opinion de plusieurs naturalistes, opinion que je partage et dont j'expose* rai les preuves en parlant des oiseaux, quelques-uns, di^-j^i ont un langage articulé. Mais de ces manifestations, nous ne comprenons que celles qui sont analogues aux nÂlres, le reste nous échappe; nous y apercevons quelquefois une intention; souvent, rien.

Cette difficulté que nous trouvons à étudier les actions des animaux et par leur interprétation, à remonter aux causes dont elles émanent, nous empêchera toujours d'obtenir une solution du problème qui nous occupe : heureusement que, pour nous guider, nous avons un moyen qui peut servir utilement à contrôler les données fournies par le précédent, c'est l'analogie des besoins. Les besoins indiquent les facultés d'une manière tout aussi certaine que les actions. Otez à l'homme le besoin de se vêtir, en couvrant sa peau d'écaillés ou de poils

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nombfWK^ et vous sapprimez, en même tempe, tous les arts qai ont pour objet rhabillement et la panure. Otea-lui la déii* eateiae de son goèt, tous sapprimex to|is les artscuUnaires; et de même pour les autres besoins : or, entre les besoins et les lietioBf se trouvent les fiicultés. Ces trois fkils sont dëpendans les ans des autres^ ils doivent être et ils sent, en eifet, dans une complète harmonie.

Les besoins se reconnaissent, an moins les besoins matériels, par rorganiaatien. L'estomao a besoin d'alimens, le poumon a besoin d'air, Pœil a besoin de Inpiière, ^oreille a besoin de vibrations sonores) enlefrei nn de ees organes, ses besofatdispmpaisseaiyet^nméme temps ses iiieultéa et ses ao^ tieDs. Les aiiiman dont les organes sont le moins multipliés sent donc eeia qui ont aqssi le moins de besoins, qui eiécu«lent le moins d'aetiona, qui jouissent de moins de facultés. Ainsi, l'espèoe de nqrstàre qui enveloppe les opérations psy* calquée des animaux, n'est pas aqssi impénétrable qu'il le parait an premier abord; sur ce sqjet nous nous regarderons comme prévenus que nous ne saurons jamais le dernier mol, mais ce qu'une complète analogie nous aura servi à étiiblir, nous serons autorisés à le regarder comme suffisamment dé^ montré. Nous avons donc eu raison d'élever les insectes au-dessus des mollusques et des poissons i les reptiles euir mêmes, quoique supérieurs à ces derniers, n'égalent ni les abeilles, ni les araignées, ni les fourmis, car leurs besoins sont en plus pAU^omtM'e que ceux de ces insectes, leurs actions sont peu variées, et il ne se manifeste, chez la plupart d'entre eux, que des facultés d'un ordre inférieur.

Les sens des reptiles sont très inégalement développés. Leur toucher est obtus, l'odorat faible, le goût presque nul ; leur oreille, dépourvue de conque, n'admet qu'unipetit nombre de rayons sonores ; en revanche, Us ont la vue perçante et l'or-

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gane affecté à celle sensation, généralement très gros, est mani, dans plusieurs espèces, d*une sorte de voile ou membrane clignotanie, qui le protège contre Téclat d'une lumière trop vive.

Les plus stupides, parmi les reptiles, sont les crapauds, les grenouilles et les salamandres, au-dessus viennent les tortues, puis les- lézards et enfin les serpens.

Les crapauds, les grenouilles et les salamandres vivent sur la terre ou dans Teau, il est même des grenouilles, la raine verte, par exemple, qui se tiennent ordinairement sur les arbres. Ces animaux restent engourdis pendant la saison du froid, cachés sous la vase, et sans prendre aucune nourriture. On a dit que les crapauds peuvent se passer d'air pendant des années entières, parce qu'on en a quelqueftHS découverts dans des troncs d'arbre, dans des murailles où ils s'étaient trouvés enfermés depuis un long eâpace de temps. On s'est assuré par des expériences.directes que les crapauds ont besoin d'air, mais qu'il ne leur en faut qu'une très petite quantité, et on ne doute pas, que dans les cas allégués, cette petite quantité n'ait pénétré jusqu'à l'animal par des pores ou des fissures qu*on n'a pas su découvrir. J'ai, moi-même, enfermé des crapauds dans des boules déplâtre gâché qui s'est solidifié autour de ces animaux, et je les ai conservés vivans pendant plusieurs mois. A travers les pores de la couche calcaire qui les* enveloppait de tous côtés , il pénétrait sans doute un peu d'air, car maintenus sous l'eau, de n^ttre à ne pouvoir venir respirer à la surface de ce liquide, ils périssent en quelques heures.

Les crapauds, les grenouilles et les salamandres ont besoin d'eau, d'air et d'un peu de chaleur, ils ont peu d'efforts à faire pour s'en procurer. Ils ont besoin de nourriture, mais ce besoin n'est jamais chez eux très pressant. Il leur faut une

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proie vivante^ ainsi, les grenouilles, par exemple, qui vivent d'insectes, devers, et même de souris et d'oiseaux, ne s'empareraient jamais d'aucun de ces animaux sans l'avoir vu remuer. Les serpens sont dans le même cas, et comme il en est qui se nourrissent de crapauds, ceux-ci quand ils se voient auaqttés, restent souvent immobiles et comme morts , afin sans dpute, que les croyant réellement morts, leur agresseur les abandonne. Nous devons donc admettre chez ces animaux un sentiment de conservation assez prononcé. C'est à ce même sentiment ^'il faut attribuer leur fuite dès qu'ils^entendent quelque bruit.

Un besoin qui paraît être, chez eux, plus impérieux qu'aucun autre, est celui de faire l'amour. Au printemps, lorsque le soleil les a réchauffés, les mâles s'emparent chacun d'une femelle et la tiennent étroitement embrassée pendant un nombre de jours , qui varie de cinq à vingt. On les harcelle, on les blesse, et cependant ils ne quittent pas leur femelle; on peut même les décapiter sans qu'ils s*en détachent. . L'accouplement, chez les salamandres, est souvent précédé de jeux et d'agaceries ; la femelle ne cède pas tout de suite ; quelque temps elle a l'air de se défendre et de fuir, comme pour exciter les désirs du mâle. Les crapauds et les grenouilles n'ont pas de ces préludes amoureux; ils font entendre un coassement un peu modifié , par lequel on suppose qu'ils expriment leurs désirs. On croit qu'ils éprouvent une sorte de jalousie, mais de mâle contre m&Ie seulement, et que, sans se disputer la possession d'une femelle, celui qui est accouplé ne voit pas sans colère qu'un autre mâle s'en approche. Ce qui est plus certain , c'est que mâle et femelle s'occupent des œufs, le mâle en favorisant leur expulsion , la femelle en ayant soin de les déposer dans un lieu convenable pour qu'ils éclosent. Laçépède cite un cas de domesticité

Uh wktetrU

d*uli crâimud qui a vécu 36 ûm : ce crapAUd M miaH oHK * nairement sous un escalier ; il se laissait prendre , et parais sait Diéme attendre qu*on le prit pour le placer sur une table où Ton avait soin d'apporter des petits animant dont il llii** sait sa nourriture.

Quoiqu'ils habitent ensemble, les animaux dont il vient d*é(fe question ne sauraient être regardés comme vivant en sociéW t excepté à Tépoqne de leurs amours, ils n'Ont aucune relatiOÉ entre eux. Jamais ils ne se rendent aucun service et ne M concertent pas pour agir. Ils n'ont nucun besoin les uns des autres ; leurs facultés sont des facultés égoïstes j celtes dé ralimentaticm , de la conservatioil et de la reproduction. Le coassement des crapauds et des grenouilles indiquerait uAê sorte de relation entre chacune de ces espèces , mais non entre les individus qui les composent.

Les tortues , très semblables les unes aux autres sou^ une fbule de rapports , diffèrent cependant en plusieurs poittlA essentiels. On en trouve dans la mer, dans les eaux douces et sur des montagnes élevées ; la plupart se nourrissent de végétaux , tandis qu'il en est qui vivent presque exclusivement de poissons , de lézards et de Jeunes crocodiles. Nous auront à établir , et ceci est un point de phrénologie fort essentiel à examiner , si la différence dans le choix de leur habitatiôii coïncide avec une forme particulière de leur cerveau. En at»* tendant, disons que celles qui vivent dans Feau ont des mem^ branes interdigitales analogues à celles des grenouilles et de& canards, tandis que celles qui Vivent sur la terre et qui grimpent sur les montagnes, ont des doigts séparés. La tortue de mer ou tortue franche se nourrit d'algues et d'autres planter marines ; la tortue bourbeuse , de poissons et d*insectes ; ta tortue caouane , de poissons , de buccins et même de crocodiles. La tortue commune tient le milieu entre les unes et

BW RBPTILES. 2U

les aatrea : habitimte des bois , elle maage des berbesi des fruits, des insectes et des vers. Plusieurs d'entre elles peu- Tent rester très long^-temps sans manger ; ainsi le besoin de prendre de la nourriture est loin d'être très impérieux, chez elles. On les trouve réunies 9 surtout les tortues de mer, en nombre parfois très considérable. Mais elles ne paraissent pas se i*endre des secours mutuels ^ elles ont le sentiment du danger; elles se montrent attentives à l'éviter, soit parla lltiite , soit en se retirant sous leur carapace. La caouane , celle qui mange des crocodiles , n^est dépourvue ni de ruse ni de courage. Quelquefois elle se jette sur ces animaux et les mutile àtant de les mang^. D'autres fois, elle attend au fond d'un trou les Jeunes crocodiles et les prend à reculons^ par la QUeue, sans qu'ils puissent pouvoir ai seretotimer ni se défendre. La tortue bourbeuse passe l'hiver dans un trou qu'elle se creuse elle-même et que , vu sa lenteur à tout faire , elle met plus d'un mois à achever.

L'amour est la seule passioti qu'elles paraissent vivement ressentir; ia tortue Jaune, muette en tout autre temps comme sont les tortues , Jette avant de s'accoupler un petit cri d'amour; la tortue commune, ordinairement si douce 1 change d'humeur et devient belliqueuse ; les mâles de cette espèce se battent entre eux pour la possession d'une femelle» Elles ne connaissent et ne voient même pas leurs petits; mais elles ont grand soin de leurs œufs, qu'elles déposent dans le sable et que le soleil Ihit éclore. Les tortues de mer parcourent quelquefois tm espace de deux cents lieues, pour trouver un rivage favorable à la ponte»

De la ruse, à un fhible degré , est d<mc ce qui distingue les tortues et les place au-dessus des grenouilles , des crapauds et des salamandres.

Les institicts sont plus variés et plus nombreux chez les

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lézards que chez les reptiles précédeus; il y a même dans

quelques-uns d'entre eux quelque chose qui Jes attire vers

l'homme. L'iguane, le basilic, le porte-crète , le caméléon , le

roquet, le goîtreux, et surtout le lézard gris et le lézard vert,

sont doux et familiers ; ils se laissent toucher volontiers et les

enfans jouent avec eux. On peut leur mettre le doigt dans la

bouche, sans qu'ils essaient de mordre. Ils vivent d'insectes et de vers de terre. Leur adresse à attraper des mouches esc

très grande : quand ils ont aperçu un de ces insectes , ils s'efk

approchent doucement; puis, quand ils sont à portée de

s'emparer de lui , ils s*élancent dessus et le saisissent. Entre

eux, les lézards semblent jouer; quelquefois ils se battent, et

la cause de la guerre qu'ils se font est la possession d'une proie. Ils sont très ardens en amour; mais chez eux, l'amour n'a pas uniquement l'accouplement pourobjet. Ainsi, l'iguane mâle est le protecteur de sa femelle; il la défend avec une sorte de rage , et , différant en cela de presque tous les animaux, il ne l'abandonne pas tout de suite après la jouissance.

Les femelles vont déposer leurs œufs dans un endroit propre à en favoriser l'éclosion : elles ne prennent ai^cun soin de leiurs petits.

Les crocodiles sont aussi des lézards, mais bien différons de tous les autres : ils ont toujours faim d'animaux, et la force dont ils sont doués, les ruses auxquelles ils ont recours, les rendent extrêmement dangereux, même à leur propre espèce, car s'ils ne trouvent pas de proie, ils s'attaquent les uns les autres, se tuent et se mangent: ils mangent aussi leurs petits. Yivans sur la terre et dans l'eau, ils se tiennent le plus souvent le long des rivages des grands fleuves , se cachant sous l'eau, ou élevant seulement la tête un peu au-dessus de la surface de ce liquide, pour guetter et saisir les animaux qui viennent s'y abreuver ou s'y baigner. Si l'un d'eux aperçoit

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