‹ Anatomie comparée du système nerveux (volume 2)Chapitre 38 sur 66 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

L'étude des vertébrés inférieurs pous a appris qu'avec des ganglions encéphaliques très petits correspondaient des facuhés peu nombreuses et applicables seulement à des objets matériels. En avançant, nous allons voir se développer le gangli(m cérébral, et, dans une progression analogue, s'étendre les instincts, et se révéler des facultés d'un ordre supérieur. £st-ce le hasard qui fait marcher ainsi de concert, deux ordres de phénomènes si différens les uns des autres quant à leur nature, ou bien y a-t-il entre eux une relation nécessaire ? Peu de matière nerveuse, et des instincts bornés à l'alimentation, à la reproduction ; quantité plus considérable de cette matière, et aux instincts viennent se joindre la cruauté et la ruse ; plus encore, et de la sociabilité, des passions fortes, de l'intelligence, des facultés morales, etc. Alliance bizarre ! Enigme éternelle que chaque gjénération veut expliquer, et que, malgré ses efforts, elle laisse à la génération qui suit, aussi incompiréhensible qu'elle l'a reçue !

Un seul point de cette question est abordable, c'est l'examen des conditions de développement, de forme et de structure du système nerveux qui coïncident avec telles ou telles facultés instinctives, intellectuelles et morales. Ce problème résolu, le fait principal restera tout aussi impénétrable qu'auparavant } on n'en saura pas mieux comment l'organe produit

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teUigence et la notion de matière, il y a tout un abtoie. Que la matière »oit cause et que rintelligence soit Teffel, on peut le dire, mais non l'expliquer, ni le prouver.

Nous voici arrivés à une classe d'animaux de beaucoup supérieure pour l'organisation et les facultés aux poissons et aux reptiles. Les oiseaux n'ont pas seulement une vie de nu** triiion et de reproduction, comme la plupart des vertébré» dont il a été question jusqu'ici ; ils vivent ensemble, construisent leurs babiiationst se concertent pour agir, s'unissent dans un intérêt commun, se connaissent entre eux $ quelquesuns même connaissent Tbomme, et ressentent pour tel ou tel homme en particulier , de l'affection ou de la haine.

Ampère a comparé les oiseaux aux insectes : il y a en effet beaucoup de rapports entre ces deux classes d'animaux. Linné a dit du perroquet quïl est le singe des oiseaux (!)• Cette comparaison n*est pas non plus sans fondement} le perroquet imite l'homme autant que la différence de son orga^ nisation lui permet de le faire, et nous trouverons entre l'or* ganisation du cerveau du perroquet et celle du singe, un point d'analogie dont il sera important d'examiner la valeur,

Coiter (2) a le premier donné une description succincte de l'encéphale des oiseaux; il a signalé la non-existence d0 circonvolutions sur les lobes cérébraux de ces animaux, et le développement considérable du proeeêstu vermiforme de leur cervelet. Th. WilIis(S) est entré dans de plus grands détails; il a signalé l'absence de corps calleux, de voûte et de corps strié, décrit la commissure antérieure et la commissure pos-

(i) M. Virej adopte sur ce point Topiaion de Liimé. Vojez Histoire des maurs etdçs instincU des onimaux^ a ¥oU îihS. Paris, lyaa .

(a) Extemarum et int, partium princ, corporis humani tabulm* Norainb, 1573, in^fol.

(3) Cerelri anatome, cap. t, Lond.; 1664.

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térienre, Vmfundihulwn^ et les lobes optiques, dont il a dé-* couvert la cavité. Valentin (1), Ck>lliDs(2)ont sjouté quelques détails à la description donnée par Willis. Haller (3) admet Teiistence des corps striés ; il a découvert dans le cerveau des oiseaux une partie restée inconnue à ses prédécesseurs, et il donne à cette partie le noQ[i de corps strié. Cest un petit tubercule gris qui est un véritable rudiment de la couche op* tique des mammifères. Le même auteur signale le volume considérable du cervelet comparé au cerveau, et il explique ce fait par la situation des couches optiques, qui dans Thomme et les quadrupèdes font partie du cerveau, tandis qu'elles sont placées en arrière de cet organe chez les oiseaux. D'après Yicq d'Azyr (4), Fencéphale des oiseaux manque de circonvolutions cérébrales, ou même des hémisphères cérébraux» de corps calleux, de voûte à trois piliers, de corne d'Ammon, de corps bordés, de bandelette demi circulaire, de tubercules quadrijumeaux, de glande pinéale , de masses latérales da cervelet, d*éminences mamiliaires, de corps oUvaires et de pyramides. Il regarde le lobe antérieur de l'encéphale des oiseaux comme l'analogue des corps striés. Sœmmering (6) appelle couches optiques les lobes optiques , ainsi que Uar« v?ood (6) et les frères Wenzel (7). Ebel(8) a comparé le volume du cerveau des oiseaux à celui des quadrupèdes. L'opi-

(t) Amphiiheutmm zùotomicum , Gîssae, i^so^io-foL («) A sjrsiem o/ aruUomijr, relatin^ ofthe body oj mam, heast, hirds, î/uects and plants, Lond., i6SS, a vol. io-fol.

(3) Op. cit.

(4) Mût. Je tAead.desSc, de Paris, ami; 178$, et a^xm, PirîS) i8o5. (5] Fom Gehim und Rûekenmark, Mainz, 175a.

(6) System der verg^hichenden Anat. und Phfsiologie^tXc^'MGxkt <79d*

(7) Prodromus eines Werkes ùher dos Sim derÊfenschen und Thiere^ TQb* i3o6, in-4*.

(8) Observât, nevroiogicas ex anatome comparata ; script, ncprologîci mî« norciy Lips. 1793.

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nioii de Vicq d*Azyr sur la nature lu premier ganglion encëphaiîque est partagée par Cttvier(l), qui regarde le corps cannelé ou strié comme formant à lui seul presque tout rtiémi-' sphère. Cuvier appelle couches optiques les lobes optiques; it dit que, entre les couches optiques et les corps cannelés, sont des éminences arrondies, qui se voient mieux dans Vantruche que dans les autres animaux. Ces tubercules sont de petits renflemens placés sur le trajet des pédoncules cérébraux, en avant des lobes optiques. On les voit très bien sur le pigeon , kl pie, le geai, le perroquet, et même chez le vanneau, le pluvier, le combattant: ils forment par leur adossement le troisième ventricule. Ce sont en réalité (es couches optiques, ou' plutôt un rudiment des couches optiques. Le corps calleux, reAisë aux oiseaux par tous les auteurs, est admis par Mala* carne, qui regarde comme tel ce que ses devanciers considé'raient comme étant la commissure antérieure. M. Tiedemann combat cette opinion ; il indique sur les lobes cévébiiàax un aeul sillon : c'est la scissure de Sylvius. Il consute Fexistence de la glande pinéale, décrit uae large commissure qui rémii les lobes optiques; il admet l'existence des corps striés, et nie. celle des tubercules qnadrijumeaux; il compte au cervelet 15 lamelles dans le corbeau, 1& dans le faucon, et 13 dans l'oie. Gall ne parle qu'en passant de l'encéphale des oiseaux ; il regarde conune étant les analogues de la paire antérieure destur bercttles quadrqumeaux, les éminences qui donnent naissance aux nerb optiques, Fr* Franke décrit la forme du cerveau ; a Les oies, dit-il , ont le cerveau de forme pyramidale, tandis que les gallinacés , les corbeaux et les passereaux l'ont de forme ovalaire. » Il trouve chez eux l'analogue de la voûte et du sepium lueiéam, des corps mamlllaires, des corps striés»

(i) 0/9, ri/., U a,p, 16^,1

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formant la plus grande pfttie da lobe cërébral, une glande pinéale et une glande pituitaire j enfin, il comptflf an corvelet 13 lamelles chez Foie, 1& chez les gallinacés, 15 chez le cor* beau, et 17 chez les passereaux. Suivant Meckel, il y a un rudiment du corps calleux chez les oiseaux. M. Ganis (1) adopte cette opinion , et il compare Torgane dont U s'agit, aa genou du corps calleux des mammiières. Il appelle couches optiques les petits ganglions placés en avant des lobes op« tiques; il indique des ganglions placés à roriginedes nerb acoustiques, et compte au cenrdet de 16 à 30 lamelles. Des-" moulins, qui a donné une description plus complète que ses prédécesseurs de toutes les parties composant l'encéphale des oiseaux, parait regarder les lobes cérébraux comme les analogues des corps striés^ quant aux lobes qui dcmnem naissance aux nerfs optiques, il les appelle Idies optiques:!! ne fait aucune mention des tubercules quadrifnmeaux. . Une grande confusion règne, oomms on le voit, dans la plupart de ces déterminations : cette CMittasion tient surtout à ce que l'on a voulu calquer, ainsi que j'en ai déjà Mi la remarque , des objets simples sur des objets multiples. Esk voici un exemple* Le nerf optique naît, chez les p<ri8Soas , d'une hne très mince qui est un épanouissement des co^* dons fulcraux de la moelle, lequel épanouissement Ibrme une sorte d'enveloppe, de eahKte à des oifanes sous^acens : cbes les reptiles, oe n'est plus une simple calotte, mais nn petit lobe crenx) chez les oiseanx , e^est un lobe plus épais que dans les deux cas précédens, et il eqtre dans sa composithm une quantité très notable de substance grise ; chez les mam-* mifères et chez l'homme , le nerf optique natt à4a-fois d'une triple éminence, savoir, les deux tubercules qoadrijimieaux

i) Op, cit.

»!• Oindra. S7I

•I IM MMliê» optkpieft. Si la détermiaaiion àê om iuterculafl esifoite d'après le mode d'îMertion do nerf optique i il eal évident qoe l'on ne pourra pas dire , dans le cas où un seul de ces tubercules existera i si c'est la couche optique f le tubercule Uêieê ou le tubercule fêoies. Ce n'est pas une addition de parties nouvelles, plutôt qu'une division de la même partie. Ceux qui souti^Hient l'une ou l'autre opinion n'ont ni eomplàtement tort, ux complètement raison : il y a du vntf et du (aux dans les deux manières de voir. Ce qu'elles ont de mauvais, c'est d'être exclusives. M. Serres a combattu , par des ar|{umens très justes , ceux de ses devanciers qui ont appelé tubercules mamillaires les tubercules optiques s il a également pronvé que ces tubercules ne sont pas les coaches optiques. Mais il a été moins heureux qmmd il a voulu dé* montrer que ce sont les tubercules quadrîjumeaux. Il n'y a pas identité entre ces tubercules considérés dans les mammifères, et les lobes optiques des oiseaux t par exemple : Il y a seulement analogie , et cette analogie n'exclut pas les couches optiques de toute participation à la production du nerf optique. C'est pour n'avoir pas fait cette distinction , que Gall a été porté à regarder les tubercules qtiadry nmeaux de l'homme comme étant l'unique origine du nerf optique. Il s'est dit {« Le nerf optique tire son ori^e, chéx les vertâlmh inférieurs et même chez les oiseaux , des lobes placés en avant du cervelet ^ ces lobes ne sont autre chose que les représentans des tubercules quadr^umeaux des mammifères : donc, ce sont les tubercules quadrqumeaux qui donnent naissance au nerf optique. 9 Mais un <»rgane à peine apereevable chez quelques reptiles , rudimentaire chez les oiseaux^ développé chez les mammifères et considérable chez l'homme , la couche optique , ne concourt-elle pas aussi à donner naissance au nerf <q[^tique? L'inspection dit : oui ^ le

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raisonnement de Gall dit : non. Non , car le nerf optique est forme par les tubercules quadrijumeaux , et le nouvel organe surajouté aux autres, la couche optique a un autre usage , c*est d*être un ganglion de renforcement pour les pédoncules céi^ébraux. A celte assertion de Gall , j'opposerai d'abord le IMt anatomique suivant : c'est que les fibres de la racine du nerf optique vont en partie s'épanouir à la surface postérieure de la couche optique , et que les raisonnemens ne peuvent rien pour empêcher cette disposition d'exister ; je dirai en* suite que celte insertion ne s'oppose nullement à ce que fa couche optique ne soit en même temps , pour les pédoncules cérébraux, un organe de renforcement. Les couches optiques ont une double destination, et se montrer exclusif pour l'une ou pour Tautre, c'est être également loin de la vérité.

§ I. DESCRIPTION DU STSTin HB&VBUX CiRiBRO-^PUfAL DM

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