‹ Anatomie comparée du système nerveux (volume 2)Chapitre 53 sur 66 · Nerf$ encéphaliquet · texte numérisé non relu

Nerf$ encéphaliquet

Les nerfs encéphaliques des mammifères ont avec ceux de rhomme des caractères communs si nombreux, que je crois devoir réunir dans un même article tont ce qui concerne les uns et les autres, pour en parler seulement dans le volume suivant} ici je me bornerai à noter quelques-nnes des différences que les animaux mammifères présentent sous ce rapport.

Les nerfs olfactifs naissent chez presque tous les mammifères, de deux grosses éminences appelées éminences mamillaires, creusées d'un ventricule qui s'ouvre dans le ventricule latéral, en avant de la grosse extrémité du corps strié. Cette disposition est la règle pour les mammifères, la disposition contraire est une exception. Le phoque et les singes n'ont de l'éminence mamillaire que la traînée de fibres blanches que l'on voit à sa face inférieure chez les autres roam-^ mifères (Voy. la base de l'encéphale du mouion, du chien, du bœuf, etc.), encore le volume en est-il excessivement réduit, et il ne s'y tnmve aucune cavité; le marsouin, le dauphin et

la \^m» iw^i^ 4^iu*VM& d« nfrf pif^etif d'âpre V^r

raieol ^^lemeut ces perfs trèspetit3< Quoique ]*aie y^ioemeafti cherché le nerf olfactif chez la baleine et chez plusieurs maiCT. souins, je me range cependant à l'opiaioi]) de^ antepr? (}ui ^ admettent l'exisience, tels qui^ ]^M- *fftPo))SQ9f d^ Blaii^vUlf) et Mayer de Bonn, parce qu^ 1^^ Ï9^}ts pomtf ^res ^ Içpr çjj^^ uion sont s^ulemei^t ie% fait« négatifs qvi p{î FPH^'f^f ^'^ i autre cbo&p, sinon que pour voir les mri^ dont U s'9gUt |^ faut les chercher dans des circonstances favorables; et e(t-r suite par cette raison, que l'osethmoîde 4^^ cétacés ^tfxqDe^ on refuse des nerfs olfactifs, a cepepdaut les iroifs n^mbreja]^ q^i chef tous les animaux sont destipés au pa^af^e ^ C|f}i nerfs.

On a contesté Texistenef^ des nerfs optiques chef; la tappjç^ Cjes nprf^ f^e manquent pi^s cependant c^ez cef a» W^l^ je 1^ ai vus à Tœil nu, et j'en ai déterminé le dia^nèire ^ yf{\i^ d^ n^icroscope; ce diamètre est de 0, 1 mill.

S. P(nd4 et polume de F encéphale de» n^tnmifh'e^ ; T^Pforf que les différentes parités de cet organe ont entre ellef^

Je vais m'attacher à (fjirp ressortir les dipirepcQS quf existent dans Teneéphale des mammifères, sons la rapport du volume, de la configuration, et du développement relatif des parties dont il est composé, sans cependan,t revenir sur ce que j'ai dit, touchant les circonyoluti^aa cércibndes.

La détermination du poids deFeneéphrie à odui du corps, chez les maipuiifères, a occupé un grand nombre d'anatomistes. Les anciens en ont dit quelques mots, mais sans rien préciser; Schneider, Ruisch, Blair, Arlet, Daubcnton, Haller, Buffon, et surtout Cuvier, ont donné sur ce point des pon-

biù POIDS DK L*BllCéPHAL«

dératious exactes, ei qu'il uous est d'autant plus précieux de posséder, que plusieurs des animaux dont ils ont pesé Tencépbale, sont très difficiles à se procurer, surtout à Télaf frais.

Quoique le nombre des animaux inscrits au tableau qui va suivre, soit considérable, cependant je regrette beaucoup de n'avoir pu l'augmenter encore, car il eût été désirable, non* seulement de peser l'encéphale de tous les mammifères, mais aussi de peser celui de chaque espèce de mammifères aux différens &ges de la vie. Il y a, en effet, des différences très notables, mais non encore suffisamment établies, entre le poids de l'encéphale du premier &ge et celui de l'âge mûr, chez tous les animaux, aussi bien que chez l'homme, et si Ton compare deux encéphales appartenant à des animaux d'espèces différentes, mais dont Tun soit jeune et Tautre adulte, on trouvera entre eux des différences qui pouiTont tenir i l'ftge plutôt encore qu'à l'espèce.

Quoi qu'il en soit, je vais rapporter les résultats publiés par les auteurs que j'ai cités tout-à-l'heure, résultats auxquels se trouvent joints ceux que m'ont fourni mes propres observations.

Le poids de l'encéphale est au poids du corps,

Chez le Salmtri comme l e^t à 22

Mâlbroiie jeiuie. 24

Sai 26

Porc mAle d'un jour 27

Oaistiti 28

' Kat des champs 8t

Perq.m^le d^im jour 31

Lapio de quatre jours. ... 8t

Mulot 31

Ivaptn de qnatre jours. ... 3A

Tavpe 30

Dauphin 36

Coaîta 41

COMFAAÉ AU COAVB. 421

Ghtz ]« CaUiiriche • . coiiiiim I est à 41

Rai Tulgaire 43

Souris 4S

ChaaTe-souris femelle. ... 48

Moue.. • 44

GhauTe-souru • 48

Gibbon 48

Mangabey ■•.. 48

Lapia femelle de 4 jours. • 5a

Hoooco • ^ 81

Daupbia ,, 95

I^pin mêle de quinze jours 68

Taupe • , . . 71

Marsouin • « 93

Chat 94

CheTreuil jeune. 94

Noctule (chauTe-souris). . . 98

Macaque. . . . • • 99

Dauphin 103

Papion ^ 104

Magot 108

Rat d*eau • • . . 134

Ondainu 134

Ornithorinque. ••••••••• 180

Rat femelle 180

Rat mâle 188

Furet 188

Lapin 140

Lapiu 162

Chat t68

Hérisson 198

Brebis ,, j92

Renard 205

Veau 218

Cerf. 22X .

Lièvrs. 828

Loup 280

Panthère 247

Ane 254

Omw • 285

Cerf. 290

Castor 290

ii2 l»eil)ft 1>« L'itlCt^ftALE

Chez le Chien comae 1 «là 9M

Mouton Ml

Martre 965

Cheval.. 460

Verrat 412

Cochon de Siam 4èl

i^orc femelle de huit moti. 4#3

leune éléphant • . • . tlOO

Cochon «•.•. Sl2

Cheval^..» #48

Sanglier t . é #72

Cheval »»»»•• f 00

Bœuf t V50

Bœuf iiO

Dont la moyenne est 186.

Il est biea remarquable que ce soient les singes, le;» rongeurs et les Jeunes animaux appartenant è d'autres familles de mammiAires qui occupent ici le premier rang. Les rongeurs se rapprochent en cela des oiseaux auxquels les assimile déjà l'ateence de circonvolutions oérébrales , et ils se trouvent à dftié des jeunes mammifères , formant ainsi la transition entre les classes inférieures et tes classes supérieures, entre rétat embryonnaire et Tét^t pariait. Les cochons , à rexcepiioM de ceux qui n'avaient vécu qu'un jour , sout placés à cdlé les uns des autres. Un éléphant est avec eux , mais c'était un jeune animal, qui, devenu adulte, se serait probablemoBt placé bien loin après le bœuf et le cheval. Le chien est dans la dernière moitié du tableau, c*est-à-dire qu'il est un des moins bien partages sous le rapport du volume de l'encéphale i il est à côté du mouton dont son intelligence et ses mœurs T^oignent de tous points. Le lièvre est à côté du loup ; il n'est pas besoin de dire quel contraste il y a entre ces animaux. Ce serait donc à tort que Ton chercherait un rap* port direct entre le degré d'intelligence des animaux et le volume compare de leur encéphale.

CepeDdant il existe un rapport de ce genre , mais on le trouve seulement entre les classes et non pas entre les indî^ vidos, ainsi que j'ai déjà eu l'occasion de le Taire observer. Les animaux qui ont été Tobjet des recherches entreprises pour éclairer celte question, n'ont pas été choisis dan» le but de prouver tel ou tel système ; j'ai recueilli toutes les observations que j'ai connues , j'y ai ajouté les miennes sans prévoir ce qu'elles donneraient : or, il résulte de leur réunion , que

chez les poissons, le rapport de renoéphale au corps est comme 1 è ff 063

Chez les reptiles • |321

Chez les oiseaux 212

Et elles les mammifèras 186

Donc il est vrai de dire que l'encéphale devient de plus en plus considérable au fur et à mesure que l'on s'élève dans la série animale. Mais on aurait tort d'induire de là que, dans une même classe, les individus sont d'autant plus intelligens qu'ils ont l'encéphaki plus développé, car oe serait là une assertion démentie par les faits.

Le rapport du cervelet au cerveau, donne-t-il, en ce qui conoeme les mammifères, des données plus satisfaisantes?

Cenreku.

Saîmiri , „

■Hérisson 4,25

Lièvre 11,47

Bœuf »

Lapin de quatre jours 1,7

Chien »

Mono

Porc d'un jour 21,7

Taupe 0,7a

Cheval 6,52

Porc mâle d'un jour. 24,05

<'o«ïta ;... 64,44

Cervelet.

Rapp

.du cerrel. au reneiia

U& POID6 MILATlIf BU CBAVSA.U

PipÛtt...»* u m 9

Magol » » 7

CheTal - » 7

Sanglier » i. 7

Oiiîstiti 4,85 0»«l> MO

Lapia feaelle de quinza joun 4,2 0|7 6

C;liat » » •

lierre *• *• 6

Saï f » » 6.

Saï M»42 9,44 537

Lapin mâle de quinze joun. . 4,6 0,8 6,76

Lapin de quatre jours 1,7 0,8 6,66

Mouton » » 6

Mocoeo 11,67 2,83 4,84

Gabiai 66,44 11,47 4,82

Polasouche. 1,60 0,83 4,81

Mongout 20.71 4,86 4,81

Maki 22,04 6,09 4,67

Taupe. « m 4,50

Gibbon 71,46 16,98 4,48

Rat mâle 1,6 0,86 4,28

ChauTO-aonris. 0,81 0,076 4,13

Id. ... 0,4 0,1 4

Upin 8,16 2,12 3,84

Écureuil 4,88 1,27 3,84

Kat 1,3 0,86 3,71

Rat. ; » » 3,60

Agouti 11,47 3,68 3,20

Castor 17,21 6,73 3

Castor... • « « 3

Souris » » 2

Moyenne i à 6,91

Ce tableau rédigé d'après des observations recueillies les unes par Daubenton, d'autres par Cuvier et par moi, indique à peine une tendance vers le résultat qui nous a paru assez clairement donné par les oiseaux, savoir, que le volume relatif du cervelet au cerveau est d'autant moindre que les ani-

BT DU CBftVBIilT. A25

maux sont plas intelligens. Les rongeurs et les singes se trouvent mêlés presque indifféremment; le lièvre est à côté du ébat, le sanglier est à côté du singe papion. Les animaux d'une même famille, même ceux qui sont parvenus à Tétat adulte, occupent parfois des places très éloignées les unes des autres; l'âge ne semble pas même apporter une différence très notable dans le développement du cervelet, car si d'un côté les lapins, peu de jours après la naissance, ont le cervelet plus petit que les lapins adultes, nous voyons deux porcs d'un jour être très rapprochés du sanglier. Le castor, dont Tindusirie est aussi belle que celle des oiseaux les mieux pourvus, sous ce rapport, est placé presque au bas de la liste, et peu s'en faut qu'il ne soit aussi mal placé que la souris, animal dont le nom est le dernier du tableau.

Quant à la moyenne, elle est de 5,91, tandis que pour les oiseaux, elle est de 6,18, ce qui donnerait, si on pouvait la considérer comme exacte, un cervelet plus petit, et par conséquent un cerveau plus volumineux aux oiseaux qu'aux mammifères.

Peu satisfait de ces résultats, ne pouvant multiplier mes recherches sur un grand nombre d'animaux, et ne sachant rien encore de l'influence que le sexe peut apporter dans le développement du cervelet chez les animaux, j'ai senti la nécessité de faire des recherches plus spéciales que les précédentes. J'étais désireux d'ailleurs de m'assurer si, comme Gall l'a avancé (1), la castration opère un changement notable dans le volume du cervelet. En parlant de l'influence de la castration, Gall assure que, par le fait de cette mutilation « le cer* velet est arrêté dans son développement et n'acquiert pas, à beaucoup près, les dimensions auxquelles il fàt parvenu si la

(t) Sur Us fonctioïké du cerveau, t. m. p. a85 et aSe», de l'éd. in-8.

426 POIDS MMLknW hV GBftVBÂU

castration n'avait pas été entreprise. Si l'on examine, dil-il, les orànes d'horomes et d*animaax châtrés jeunes, la place du eervelet, elle parait comme ratatinée; elle est beaucoup moins large et moins profonde; même les os crâniens immédiate^ ment eontigus, sont plus épais, moins transparens et plus r^e boteux que dans les sujets non châtrés. Que Ton compare le crftne du chat coupé avec le crâne du chat entieri les crânes des lapins coupés, de moutons, de chevaux hongres, avec les crânes d'animaux mâles entiers de la même espèce, la différence frappe au premier coup-d'osil, et devient bien plus sensible encore lorsque Ton mesure les cavités qui renferment le cervelet, les fosses occipitales, dans toutes leurs dimensions.

Le développement comparatif de Tencéphale des chevaux soumis à la castration et de ceux que Ton a laissés entiers devait, s'il était bien âéterminé, servir à la solution des questions que je m'étais posées, et me fournir un document propre â confirmer ou à détruire la théorie de Gall concernant l'influence que la castration exerce sur le cervelet. M» Gérard Marchant a bien voulu faire pour moi cette épreuve, en pesant comporativement le cerveau, le cervelet et la moelle allongée d'un certain nombre de chevaux eotiersi de jumens et de chevaux hongres qui servent aux opérations do l'école d'AUbrt. Les pesées lïiites par M. Marchant, avec le concours de M. Lassaignoi offrent toute la garantie d'exactitude que r^H peut désirer, et je les regarde comme infiniment préférables à la simple inspection du crâne dont Gall se contentait loqoura, ou même à la mensuration de la cavité crânienne du cervelet, quelque exacte qu'on puisse la faire.

Le tftbleau suivant contient le poids absolu et le poids ro-* latif du cerveau, du cervelet et de la moelle allongée de qua* rante-trois chevaux, savoir : dix chevaux entiers, douze jumens et vingirctnai chevaux hongres.

BT B« HnVBLlff.

kïïl

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