‹ Anatomie comparée du système nerveuxChapitre 16 sur 74 · C. Du lobe pariétal · texte numérisé non relu

C. Du lobe pariétal

Ce lobe situé au-dessus de la scissure de Sylvius entre le sillon de Rolando et la scissure perpendiculaire externe, corn*prend deux plis, savoir : 1« un pli ascendlant^ qui forme la marge postérieure du sillon de Rolando ; 2^ uu pli courbe. Ce pli, dans les singes, naît de la marge supérieure de la scissure de Sylvius, un peu au-devant du sommet de cette scissure qu'il contourne pour descendre dans le lobe sphénoidal, en suivant le bord antérieur de la scisiure perpendiculaire externe. Dans l'homme, ce pli nait du sommet de la scissure qu'en conséquence il ne circonscrit plus. Il y a donc entre la racine de ce pli et celle du pli pariétal ascendant un intervalle qui est rempli par un deuxième pli pariétal ascendant. Ce deuxième pli n'existe jamais dans les singes et ne se voit pas toujours dans l'homme.

Dans tous les cas^ cette portion de la marge supérieure de la scissure de Sylvius, qui est comprise entre la r|u:ine du pre^ mier pli pariétal ascendant et celle du pli eourbe, est renflée en un petit lobule quadrilatère que de petites iifeisures subdivisent.

Dans les singes, et à plus forte raison chez l'homme , le pli courbe n'atteint point au bord supérieur de Thémisphàre. (Jn intervalle l'en sépare, quQ remplit pne dilatation, oi| plutôt un prolongement du pli pariétal ascendant quj se termine, dans la plupart des singes, à la scissure perp^^diculairp externe.

116 DE8CBIPÏC0N SES OjLNGUONB BVViliOVris À Ii^AXX.

Cette dilatation, très-réduite dans les espèces inférieures, et en particulier dans les cynocéphales, forme dans TOrang et dans le Chimpanzé un lobule considérable ; il en est de même dans rhomme. Ce lobule, qui porte des plis nombreux, peut être désigné sous le nom de lobule du pli pariétal ascendant,

D. Plis du lobe temporo-sphénoîdaL

Ce lobe, situé au-dessous de la scissure de Sylvius, comprend trois plis parallèles à cette scissure.

Le premier pli borde inférieurement la scissure de Sylvius ; nous lui donnons le nom de pli marginal inférieur. Une scissure profonde, parallèle à la scissure de Sylvius, le sépare du pli temporo-sphénoîdal moyen. Cette scissure, fort remarquable sous plusieurs rapports, est la première qui apparaisse dans le cerveau des singes, et distingue déjà le pli marginal inférieur, dans certaines espèces où le reste du cerveau est absolument lisse. Nous lui donnons le nom de scissure parallèle.

Le deuxième pli, pli temporal moyen^ est étendu de la pointe du lobe sphénoîdal à celle du lobe occipital ; il est donc commun à ces deux lobes. Ce pli reçoit l'extrémité inférieure du pli courbe avec lequel il se continue.

Il est le plus souvent mal distinct d'avec le troisième pli, pli temporal inférieur. L*anfractuosité peu profonde qui les sépare, étant la plupart du temps remplacée dans Thomme par des incisures coupées fort irrégulières. Son existence dans les singes est plus coflstante. Le pli temporal inférieur, comme le moyen, s'élènd de l'extrémité du lobe sphénoîdal à celle du lobe occipital.

£. Plis du lobe occipital.

Il nous reste à étudier le lobe occipital, et les parties situées au fond de la scissure perpendiculaire externe. Le lobe occipital est très-grand dans tous les singes. Lisse dans les guenons et surtout dans les macaques, il est divisé dans les cyno-

DES HBMISPHkBBS CEB^RAUX EN GÉl^ÉBAL. 117

céphales par quelques anfractuosités. Son bord antérieur tranchant est prolongé en forme d*opercule au-dessus de la scissure perpendiculaire externe. Gela, du moins, a lieu dans les guenons, les macaques et les cynocéphales.

Si dans les guenons, que nous prenons ici pour type, on détache, par une section habilement ménagée, Y opercule du lobe occipi tal, on découvrira les parties cachées au fond de la scissure*

Ces parties sont : !<> Un pli qui du lobule du pli pariétal ascendant passe au sommet du lobe occipital, et 2* un pli qui du sommet du pli courbe passe au bord antérieur du lobe occipital. J'ai donné à ces plis, dont la considération est importante, le nom de plis de passage.

I^ pli supérieur de passage manque dans les cynocéphales et les macaques sans exception. Il manque également dans le chimpanzé. En revanche , chez ces animaux le deuxième pli est très-grand, mais il est caché par Topercule.

Dans les guenons, le pli supérieur existe, mais à Tétat rudimentaire. 11 est, comme le deuxième pli, caché sous l'opercule.

Dans les semnopithèques, les gibbons et les orangs, le pli supérieur de passage est grand et superficiel. Le deuxième est caché sous Topercule. Dans l'homme, ces deux plis sont grands, et tous deux superficiels. Leur développement est tel qu'ils comblent en quelque sorte la scissure perpendiculaire externe. Le lobe occipital, extrêmement réduit, n'a plus alors d'opercule.

On peut considérer comme des ^lis de passage^ les prolongements qui, des plis moyen et inférieur du lobe temporo* sphénoïdal, se portent dans le sommet du lobe occipital. On peut les désigner sous le nom de troisième et quatrième plis de passage. Ceux-ci sont constamment superficiels. Il y a donc dans l'homme quatre plis de passage grands et superficiels. Deux passent du lobe pariétal au lobe occipital. Les deux

fl8 DESCRIPTION DES GANGLIONS SURAJOUTÉS A L^AXB.

autres unissent ce même lobe occipital au lobe temporosphénoîdal.

Si Ton prend comme point de départ de sa description le sillon de Rolande, on peut constater entre les parties antérieures du cerveau une sorte de symétrie. En eiïet, de même que du pli frontal ascendant partent des plis qui se dirigent parallèlement vers l'extrémité frontale de Thémisphère, de même, du pli pariétal ascendant naissent des plis qui se prolongent vers l'extrémité occipitale. On pourrait considérer les plis du lobe temporo-sphénoîdal comme résultant d'une inflexion en avant de ces plis postérieurs. Cette manière de voir pourrait être appuyée sur l'étude du cerveau du fœtus, dans lequel la scissure de Sylvius est à une certaine époque presque verticale; mais elle ne conduirait à aucun résultat bien utile.

Il est plus avantageux de comparer le cerveau de l'homme à celui des animaux qui lui ressemblent le plus, je veux dire des singes, dans le but de déterminer* la valeur relative de ses différents lobes, en partant de ce fait que le cerveau en général étant l'organe de l'intelligence, on peut expérimentalement proposer le cerveau humain comme le type de la perfection la plus élevée (1).

(1) Cette maDière de voir a élé critiquée. M. Daregte, dans un mémoire récent, m*a accusé Je ne sais d'après quel indice, déconsidérer eh toutes clioses Thomme cooiirie le t^e de la perfection. C'e^t i& ce qu'il ((ualifte de péUtion de principe. D'aillenrs, il attribue celte erreur à TinflueDce que les idées de M. de Blainville ont eue sur mon esprit. Je ne crois pas que M. de Blainville ait besoin d'être défendu. Il a, Aans doute, pu errer quelquefois : mais ici M. Dareste l'est trop hâté, et c'est fort gratuitement qu'il prête à ce grand homoie une pareille sottise. H. de Blainville savait très^bien, et cela est élémentaire en philosophie , que la perfection n'est point une pour tous les animaux, mats qu'il y a pour chacun d'eux une perfection relative au but qu*tl doit accomplir dans la nature.

Aloai pour ae ooQiidérer que le memltre imtérieufi mirant qu'il est main,

DES HÉMISPHÈBES CEREBRAUX EN GENÉRàL. 1l9

En effet, malgré le développement simultané de tous les plis de la face externe de Fhémisphèfe dans Thomme, on peut démontrer aisément que certains groupes de plis demeurent dans un état d'infériorité relative, tandis que d'autres atteignent à une grandeur prédominante. Dans les singes ee sont en général les plh dti lobe témporo-sphénoîdal et le lobe occipital (Jai prédominent; dans l'homme, au contraire, les parties prédominantéSL sont : l"" le groupé de Tétage frontal supérieur ; 2"* le lobdle du pli pariétal ascendant ; 3" le pli supérieur de passage ; 4"* le deuxième pli de passage, c'est-à-dire tous les plis qui occupent le bord supérieur cle l'hémisphère, et s'étendent de l'extrémité du lobe frontal à celle du lobe occipital, que leur développement excessif i'efoule à l'extrémité postérieure dû cerveau. J'insiste ici sur ces faits dont l'importance sclta dans un instant plus appai'ente.

patte, griife, lâbot, aile ou nageoire , ce membre a plésieors manières tfat* teindre à la perfectlou qui s'excluent les unes les autres. Do même, moins parfait que les animaux au point de vue d'une progression horizontale, l'homme remportera sur enx en égard aux héeeésftés de la progression verticale, et J'en pourrais citer uillle autres exemples ; cal* an point de tu6 de leurs rapports infiniment variés avec le monde, tous les animaux, les vermfssaux eux-mêmes sont des créatures parfaites. Saint Augustin a magnifiquement développé eette thèse ; et, en effet, on pourrait considérer Tbomme et tous les animaux comme des harmonies dont les tons dictèrent; or le ton de l'homme s'appelle intelligence. Voilà la base de Taccord où toutes ses fonctions s'onIs((ent. Ainsi la perfecUon de l'homme ne s\ippe1Iera nf locomotion, ni acuité des sens e](ternes, ni force digestive, ni puissance degénératkm matérielle, elle s'appellera intelligence. Dès lors, s'il y a un cerveau, organe de l'intelligence, quelle pétition de principe y a-t-il à 4?on8idérer comme exprimant la perfection la plus haute à laquelle nn pareil organe puisse atteindre le cerveau du plus intelligent des êtres? Et pour ne comparer l'homme qu'aux animaux qui lui resi^emblent le plus, quel cerveau, eu égard à Tintelligence, pourrait l'emporter sur le i\en? Serait-ce celui de l'orang ou dû eMmpanzé, o|i d*nn sapajou, ou d'uii oàistiti? J'avoue que Je ne pule accepter la critique de M. Dareste, ni pour M. de Blainville, ni po\ir moi { mais Je crois en avoir assez dit. Cf. Dareste. Troisième mémoire sur tes circonvolUf Uons du cerveau, dans Am. dee Scknees ntf(., 4^ séfio, (om. Hf, page 83.

120 DESCBTPTIOn DES OÂNGLIORS SUBÀJOITTÉS A l'AXS.

2* Plis de la face inleme de Vhimisphhre,

Ces plis n'ont pas la môme valeur que ceux de la face ex-terne. Ils entourent la grande ouverture de rhémisphère. On peut y distinguer trois grands lobes, séparés par deux scissures fondamentales.

, .La première scissure est, dans rhomme, presque verticale ; elle est située un centimètre environ en arrière de l'ouverture cérébrale et descend du bord supérieur de l'hémisphère sur sa face interne où elle se termine en regard du genou postérieur du corps calleux. Nous lui donnons le nom de scissure perpendiculaire interne.

La deuxième scissure {se. des Hippocampes) commence à la pointe du lobe occipital et se dirige presque horizontalement vers le genou postérieurdu corps calleux. Au delà de ce point elle longe la marge inférieure de la grande ouverture de l'hémisphère» et se termine vers l'extrémité du lobe temporo-sphénoîdal. Cette scissure est bifurquée en arrière où elle est très-profonde.

Nous avons déjà comparé l'hémisphère à une bourse, et il est évident en conséquence, qu'à toutes les anfractuosités de la face externe doit répondre un pli saillant à son intérieur. Or, le pli intérieur qui répond à la scissure dont nous parlons fait saillie à l'intérieur de la corne postérieure du ventricule latéral, et suit sous la forme d'un rouleau un peu recourbé toute la longueur de sa corne sphénoîdale, c'est-à-dire que sa longueur et sa direction sont celles de la scissure. Cette saillie intérieure, plus ou moins enroulée, a reçu le nom de corne d'Ammon ou de pied d'Hippocampe; en tant qu'elle occupe l'étage sphénoïdal du ventricule, ce nom, piedd'Hip^ pocampe lui convient plus parliculièrement; quant à son extrémité occipitale elle a reçu le nom d'ergot.^ Ces dénominations n'ont rien de bien intéressant, mais il n'y aurait à les changer aucun avantage réeU

DES HÉmSPHÀBSS CÉBIÎBBAUX Sif O&fÉBAt. 121

Les deux scissures dont nous parlons divisent la face interne de rbémisphère en trois lobes, groupés autour de'l*ouverture centrale.

Le premier lobe est situé .au-dessus du corps calleux, audevant de la scissure perpendiculaire interne; il circonscrit le bord antérieur de l'ouverture cérébrale. jNous lui donnons le nom de lobe frorUo-pariétal interne.

Le deuxième lobe est compris entre la scissure perpendiculaire interne, et la partie postérieure de la scissure des Hippocampes. Ce lobe, de forme triangulaire, est le lobe oe^ cipital interne.

Le troisième lobe s'étend de la pointe du lobe occipital à celle du lobe sphénoïdal au dessous du lobe occipital interne et de la grande ouverture cérébrale. Nous le désignerons ainsi : lobe occipito-sphénotdal interne.

Ces divisions une fois admises, la description des plis sera facile.

A, Plis du lobe fironto-paiiétal interne.

Le premier pli borde Touverture de l'hémisphère, il circonscrit le genou antérieur du corps calleux. Très-étroit à son extrémité antérieure où il touche aux champs olfactifs, il se dilate en arrière en une masse divisée par quelques anfractuosités irrégulières que M. Foville a désignée dans rhomme, à cause de sa forme, sous le nom de lobule quadrilatère. Nous donnerons à ce premier pli le nom de pli marginal supérieur* Les dentelures de son bord supérieur l'ont fait comparer à une crètc , de là le nom de circonvolution crètée sous lequel il avait été décrit par Rolando. Ce pli forme Tétage inférieur du lobe fronto-pariétal.

L'étage supérieur qu'une anfractuosité flexueuse, mais peu profonde, sépare du précédent, est compris entre lui et lo

122 DESCBÏPTTO!^ DES OANGLTOIVS SUBÀJOUTBS À l'AXB.

bord supérieur de Thémisphère. II est ihdivis dans la plupart des sîngcs; dans l*homme il est en général subdivisé en deul plis dont le plus élevé se confond avec le pli supérieur du lobe frontal externe.

B. Plis du lobe oceipUal ioterne.

Ces plis, à peu près nuls dans les singes» sont insigni-» fiants dans Thomme. Ce sont de petites incisures assez rares, peu profondes, à peine flexueuses^ qui échappeat à tonte description.

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