‹ Anatomie comparée du système nerveuxChapitre 17 sur 74 · C. Plis da lobe ocdpito-Bphénoldal interne · texte numérisé non relu

C. Plis da lobe ocdpito-Bphénoldal interne

L*un de ces ptis, situé au dessus de la scissure des hippocampes, est très-grële. il se continue avec le pli marginal supérieur derrière le genou postérieur du corps calleux, et mériterait en conséquence le nom de pli marginal inférieur. Les anciens anatomisies le désignaient sous le nom de corps godronné. Nous lui conserverons en conséquence le nom de pli godronné. Ce pli est fort remarquable; il suit le bord libre de la fente en fer à cheval, et touche dans toute son étendue au corpus Jlmbriatum , je veux dire à la bandelette de la voûte.

Le deuxième pli suit le bord inférieur de la scissure des hippocampes, de la pointe du lobe occipital à celle du lobe sphénoîdal. Ce pti assez grêle en arrière se renfle en avant en un petit lobule qui reçoit rextrémité du pli godronné. L'anse qui résulte de cette union circonscrit l'extrémité de la scissure des hippocampes ot figure assez bien un crochet. On donne à ce pli, à cause de cette disposition, le nom de pli itncifortnej circonvolution à crochet. On peut encore le nonuner pli occi-

pifo-sphénoîdal moyen interne.

Le troisième pli est parallèle au préceaent, son extrémité antérieure circonscrit le lobule du pU unciforme. Ce pli qui

DÈS HÉMISPHEBES CÉRÉBRAUX EN GÉ.NEBAL. 123

ne présente que des incisures secondaires, est à peine distinct d*avec le pli teniporo-sphénoîdal externe» dont le séparent tout au plus de petites hachures irrégulières la plupart du temps interrompues.

Tels sont d*une jnanièro générale les plis de la face interne de rhémisphère. Ces plis n'ont pas l'importance de ceux de la face externe. Leur disposition générale est fort semblable dans l'homme et dans les singes.

Nous remarquerons toutefois :

(a) Dans les singes»

V Un plus grand développement relatif de l'espace compris entre le corps calleux et la pointe postérieure de l'hémisphère.

2o Uhe plus grande profondeur de l'extrémité postérieure de la scissure des hippocampes.

3» Due sorte de prédominance relative de tous les plis du lobe occipito-sphénoîdal interne.

(b) Dans Vhamme.

V Le grand développement du lobe fronto-pariétal, du lobule quadrilatère et du lobe occipital interne.

2<> La réduction relative des plis du lobe occipito-sphénoîdal.

Si nous comparons maintenant l'ensemble des plis internes de l'hémisphère à ceux qui occupent sa face externe, nous demeurerons convaincus que la plus grande part du développement général porte sur ceux-ci. Cette remarque pourrait diminuer tes regrets des phrénologistes qui n'en ont jamais tenu compte, si dans la recherche qu'ils ont entreprise depuis Gall, il était possible de négliger un seul des éléments du problème. Il est certain que ces plis ont une dignité moindre, si je puis ainsi dire-, mais il ne s'ensuit pas qu'ils soient sans importance. Les analogies singulières qu'on observe à cet égard entre tous les animaux feraient présumer en effet qu'ils sont les plus nécessaires sinon les plus élevés ; aussi Mf Leuret dans la descrip*

124 BBSCBIPTION BBS OÂNOLTOlfS SCBAJOtJlis A l'AXB.

lion qu*il adonnéede l*encéphale des animaux, les a-t-il choisis avec beaucoup de raison, comme le point de départ de ses recherches. Cf. Tome \^y page 357.

S 4. De* rélAtleaM ^gtd existent entre la sorftMe ûem MéaÊimphèreB et le crâne.

Tai déjà parlé de la relation singulière qui existe entre le lobe frontal et la vertèbre frontale. Constamment la suture fron'to-pariétale répond à peu de chose près, à la limite qui sépare le lobe frontal d'avec le lobe pariétal. Les singes du nouveau continent et en particulier les Sajous et les Saîs font exception à cette règle parmi les primates. Mais entre les autres parties du crâne et les autres régions des hémisphères» U n'y a aucun rapport nécessaire, loin de là.

Dans la plupart des singes, le bord antérieur du lobe occipital dépasse de beaucoup l'os de ce nom et anticipe sur la région des os pariétaux. Dans l'homme , au contraire , le lobe

occipital, extrêmement réduit, n'occupe que la minime partie des fosses occipitales supérieures; en sorte que ces prolongements du lobe pariétal que nous avons décrits sous le nom de plis de passage, anticipent, à leur tour, sur la région occipitale.

Ce n'est pas tout. Dans les singes où le lobe occipital est si grand, l'os occipital est plat et fait à peine saillie au delà de l'atlas. Dans Thomme, au contraire, où le lobe occipital est si petit, la saillie des tubérosités occipitales est énorme. Il n'y a donc aucun rapport nécessaire entre le développement des deux vertèbres crâniennes postérieures , et le développement de telle on telle région des hémisphères.

J*îrai plus loin; sans doute le crâne, fait pour loger le cerveau, et préparé pour le recevoir, doit avoir avec lui certains rapports d'harmonie, en sorte que, dans Tétat normal, ils se développent parallèlement ; mais ce serait errer étrangement que de

DSS BBtATIONS OtJt SXISTKlfC SlfTBl lA SUBrAGB, STC. I2â

penser qu'il y a là un rapport de corrélation absolue, je dirais matérielle^ par suite duquel le développement de Tun serait la conséquence du développement de Tautre. Les fœtus anenc^ phales ne manquent pas, et, parmi eux, rien n*est plus fréquent que de rencontrer descr&nes parfaitement développés, dans lesquels il n'y a plus que des rudiments, que dis-je, des fragments d'organisation cérébrale. Ce fait est Tun des mieux constatés que possède la science. Dans un cas de ce genre (1), les coirps striés, le corps calleux, toute la partie antérieure et supérieure des hémisphères manquait, il n'y avait qu'un vestige des lobes inférieurs. La voûte, très-irrégulière, n'avait en avant qu'un seul pilier. Il n'y avait non {dus qu'un seul nerf olfactif, qui semblait naître du centre de l'une des deux couches optiques. Les pédoncules, les tubercules quadrijumaux , le bulbe et le cervelet, étaient seuls bien développés. Le crâne, à côté de ce désordre avait sa forme norma;Ie. La dure-mère elle-même s'était développée sous une forme régulière, et l'enfant qui mourut quatre jours après sa naissance n'avait, avant sa mort, en rien différé d'avec les autres enfants de son âge. M. Baron avait observé plusieurs cas do ce genre qu'il n'a malheureusement pas fait connaître, et M. Foville, à son tour, en a décrit quelquesuns. N'est-ce pas là une chose remarquable, et que ceux qui prétendent palper le cerveau au travers du crâne ne sauraient trop méditer?

C'est une tâche difficile que de discuter avec les systématiques » ces hommes s'entêtent de leurs prétentions et, quoi qu'on dise, n'en veulent rien rabattre. Aussi, n*est-ce point à ceux-là que je m'adresse, mais à des esprits moins prévenus. Ils jugeront s'il est prudent de conclure rigoureusement de la forme du crâne à celle des parties qu'il enferme, et si les phré-

(0 iliiii. franç<U$9* 9i étranghrei d^anoMm €t de toologUt U U\, p. 306.

126 DESGBIl^TtO^ ht^ GAN6U0NS StlRAlOtirés A L^AXfi.

nologistes ont raison en ceci; mais ce n'est pas ici le lieu de les combatti^e.

Ces lobes, désignés sous le nom de nerfs dans l'espèce humaine, sont, en quelque sorte, une subdivision des hémisphères cérébraux ; très-grèles dans Thomme , dans les singes et dans la plupart des mammifères aquatiques, ils acquièrent, dans les autres mammifères, un très-grand volume.

Pour se faire une bonne idée de leur origine d^ns Thomme et dans les singes, il faut, avant tout, considérer attentivement cette partie du bord de la grande ouverture de l'hémisphère qui adhère au noyau cérébral au devant des couches du corps strié extra-ventriculaire, c'est-à-dire , des champs olfactifs. Ce bord, distinct des parties auxquelles il touche, leur est toutefois si intimement appliqué, qu'à peine peut-on les séparer; cette dissection, du moins, exige une grande attention, mais lorsqu'elle a réussi, elle donne des résultats certains. Cette partie du bord libre de l'hémisphère est comprise entre le lobule du pli uniforme et la racine du pli fronio-pariétal inférieur in-terne. Elle est flanquée de deux bandelettes blanches , l'une plus longue tient au crochet du pli unciforme, Tautre interne, est plus courte et se rattache à la racine du pli fronto-pariétal inférieur interne. Ces bandelettes , épaisses dans la plupart des animaux mammifères, très-grèles dans l'homme et dans les singes, se prolongent dans les lobes olfactifs, et ont été considérés comme constituant les racines de ces lobes.

Les lobes olfactifs sont un prolongement des hémisphères eux-mêmes; assez larges à leur racine, ils deviennent de plus en plus grêles, cheminent dans la scissure des lobes olf actif s^ et se terminent par une extrémité renflée que coifie une enveloppe grise d'aspect gélatineux. Cette extrémité renflée est ce qu'on a

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appelé le bulbe du nerf olfactif; elle est logée dans une région particulière du crâne, c'est-à-dire dans les fosses elhmoîdales.

La partie grêle des lobes olfactifs a la forme d*un prisme triangulaire, sa face inférieure est plane. C^tte face est par* courae, dans toute sa lofigueur, par le prolongement des tractu^ blancs, que les auteurs désignent sous le nom de racines. Le reste de la suface des lobes est gris, comme les l^émispbère^ eux-mêmes. Leur arête supérieure correspond à 1^ scissure lon^ gitudinale des lobules orbit^ires. Cette scissure, très-marquée dans rbomme, n'existe point dans les sipges.

Dans les animaux où le lobe olfactif est grêle, sa base es) très-distincte ou plutôt très-éloignée de 1^ tu])érosité du pli unciforme. Hais, daqs les animaux q\i ce lobe acquiert un plus iprand volume, cette base s'élargit, et, dans c§ cas, son bor4 externe se continue de la manière la pl^s évidente ayec la tubérosité dont nous parlons* Une étude attentive de ces faits nç laisse subsister aucun doute sur la question s'il s'agit ici d'un nerf ou d'un lobe encéphalique. La continuité des parois des lobes olfactifs, avec celle des hémisphères, est évidente dans le fœtus humain et dans les singes \ ils contiennent che^ le fœtus un ventricule qui communique avec la corne frpnts^le du ventricule latéral, et dans un grand nombre d'apimaux, cette communication persiste pepdanl tente la vie. L'un des exemples les plus frappants de cette disposition curieuse, nous est précisément offert p^r l'tncéphalc des éléphants, ^

Un troisième fait, sur lequel pous reviendrons bientôt mais gvec plus de détails, donne un pouvel élément à qette discussion. La commissure antérieure du cerveau, que nous verrons être une coipmissure des hémisphères, et plus particulière- 1

ment de leurs lobe^ postérieurs dans l'homme et dans les singes, est dans les autres animaux, ceux surtout qui ont de grands lobes olfactifs, une commissure de ces lobes. 11 y a, en

ïiB DSBCBtPTIOR DS8 OARGLtOllS SURA^OUTÉB ▲ L*AXB.

effet, une sorte de balancement entre le' développement des lobes olfactifs et celui des extrémités occipitales des hémisphères ; peut-èti-e n*a-ton pas assez remarqué ce curieux antagonisme que certaines dispositions intimes de Torganisation du cerveau rendent encore plus intéressant.

En nous résumant, les processus olfactifs ne sont point des nerfs, mais des lobes encéphaliques; ces processus ne sont point séparés des hémisphères cérébraux comme le sont le cervelet et les tubercules quadrijumeaux, ils en sont un prolongement et une sorte de diverticulum, et, comme je viens de le dire, il semble y avoir, entre le développement de ces lobes et celui des lobes postérieurs des hémisphères, une opposition constante. On peut opposer, à cet égard, à Tencéphale de Thomme, celui des marsupiaux carnivores; chez ceux-ci, à des hémisphères réduits auy point de laisser les tubercules quadrijumeaux complètement à découvert, correspondent des lobes olfactifs énormes; chez l'homme, à des hémisphères énormes, correspondent des lobes olfactifs rudimentaires; ajoutons que tous les animaux à petits lobes olfactifs, ont de grands hémisphères chargés de plis ; il me suffira de citer les singes, les phoques, les cétacés. On peut remarquer que les singes à cerveau lisse, tels que les Sagouins et les Ouistitis, l'emportent sur tous les autres par la grandeur relative de leurs lobes olfactifs.

J*insiste à dessein sur ces faits. Peut-être pourront-ils fournir un jour quelques éléments à la question si , dans ces recherches où les animaux sont considérés eu égard à la capacité de leur crâne comparée à celle de leur intelligence, on peut dans tous les cas admettre la similitude de l'organisation cérébrale. Nous regardons» quant à nous, cette opinion comme fort erronée, mais nous la discuterons ailleurs.

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