‹ Anatomie comparée du système nerveuxChapitre 20 sur 74 · STRUCTUBE DES 6AN6U0H8 SURAJOUTÉS · texte numérisé non relu

STRUCTUBE DES 6AN6U0H8 SURAJOUTÉS

S fl. ««raetiire d« ««nrctet.

LcNTsqu'on divise le cervelet pdr des sections pratiquées soit selon le plan médian, soit dans un sens oblique ou horizontal, on constate inunédiatement qu'il est formé à son centre d'une masse blanche, d'où partent des lames, des lamelles et des feuilles que recouvre très-exactement une écorce grise. La coordination de ces divisions est telle, dans les coupes médianes du cervelet, qu'elle donne lieu sur chacune des surfaces de section à une figure arborescente qu'on a depuis longtemps désignée sous le nom ôl arbre de vi$. Cet arbre a une disposition fort élégante ; son tronc, qui est excavé par la aîllie de la corne moyenne du quatrième ventricule, est très* Ourt et presque immédiatement divisé en deux branches, d>nt l'une répond au cervelet médian, et Vautre à son vermis, Chcune de ces branches porte des rameaux, ces rameaux des raïuscules, ces ramuscules des feuilles. Si compliquée que soi cette figure, la lame grise en suit tous les contours, qu^elle revit dans leurs moindres détails. Il est impossible d'imaginer on dessin plus joli. Les figures qu'offrent des sections obliques, prstiquées sur les lobes du cervelet latéral, sont beaucoup moins élégantes et donnent l'idée d*un gros noyau blanc à la périphérie duquel sont implantés une multitude de petits ^

arbres de vie rayonnant dans chaque lobe.

Ainsi, d'une manière générale, le cervelet comprend un grand noyau blanc tout couvert de feiuUets, et une écorce

qui les recouvre. Nous nous occaperops^ en premier lieu, de réiude de celle-ci, qui est remarquable à plus d'un titre. '

A. Écorce grise du cervelet. Elle est formée detro)3COuclies superposées dont l'épaisseur diffère. De ceâ trois couches, la superficielle est la plus épaisse, Tiotennédiaire est la- plus mince.

La couche la pins profonde éSt formée de petites cellules dont le nojau e$t biea distiQ0(. Ç^s cellules 90ii( nombreuses et très-rapprocbées les unes des eu(rw«

Cet-t9 coucbe est pre^qp^ entièremeat opawe<

La çouebe intermédiaire es| transparente, eUe ooiupreRd 4e grandes c^Uale» multipolaires trèe-cUiree ayec un açjaa bien distinct. Pe ces cellules sortent d^s prolengpqiHH^ts qfA s'enfoncent dans la couebe superficielle^

Çdk-çi A*it d'annlpgua 44ps «aucune par^e de reoe^pbale, EUe est eniiè^pient foroiée de U|bû| ou p|utât de pri«nee semblable ^pi t>âtonne^ 4e U rétipe^ et dispeséi à la siup* face du cejvetot cQiaç^ tee villoaitéi d'uU veloHi^» w miaw encore ç^mm ^ 41^ ^ Téiwil 4 ta surfaee du n^y^i de la dent.

Çe^ éléments ^ eoptiitpeiiV-i^ ^vec le^ rajfDiie def( gfiwM epHules de la covi(^ intermédiaire 7 Cela peut evoir Iwuqial* (jeefoL^, mais pour le ph^ petit nombre des prisâtes. PepMve les fibxea des ooyeux bbmcs da eenreleV se cei^liBueQt^dtoft dans le centre 4^ ces prisqcies ÎMX^poaéSi, Mais c'qj4 là en# question bien déUpete^ et deas Télal actndl i^ W» Ifoçédâ» en4Uunique$, presque inopos^j^ i réspydre*

S, Nfiytm dif fiçrv$l^t. Ce oeyi^u ^t fermé de datii B^tifBr savoir : !<> l'olive du cervelet qui estai) ^fflty # rt P lo» mesaa» 4^ fibrei^ MwicI^ qui repveloppenU

STAVCTCXB DU GIBVBIXX. IfS

!• De î'oMve da cervelet.

Elle est presque en tout semblable à celle du bulbe; mais elle est plus grande et sa bourse a plus de capacité. Quelques anatomistes lui ont donné le noip de corps rhomboidal (1).

C'est un noyau oblong compris dans une enveloppe jaunâtre, et logé dans l'épaisseur de cette partie de la racine cérébelleuse qui dépend du pédoncule supérieur. Or, qous appelions, il n'y a qu'un instant, ce pédoncule, processus cerebelli ad cerebrum, et nous le considérions ainsi pour aider au développement des descriptions. Maintenant nous 1^ considéra-» rons dans un autre sens, et pour le même motif, et nous supposerons qu'il vient du cerveau vers le cervelet. Dans cette hypothèse, il pourrait être appelé processus cerebri ad cere^ bellum.

Il est indispensable de bien saisir la direction des fibres de ce processus, depuis les tubercules testes jusqu^à l'écorce du cervelet. Situé d'abord sur le côté de la valvule de Vieussens en dedans du cintre de la voûte que forment en s'upissant leç deux rubans de Reil, il passe sur les côtés de la lingule et, arrivé sous le bord antérieur du cervelet, se recourbe en haut et en dehors, se rétrécit un peu, puis se renfle en un noyau qu'on peut aisément énucléer. Ce noyau contient dans son intérieur l'olive du cervelet, qui est ainsi comprise dans l'épaisseur du pédoncule. L'ouverture de l'olive est à son extrémité antérieure. Elle reçoit un grand nopobre dç fibres du pédoncule lui-même, et un plus petit nombre des corps restiformes. Ces fibres traversent en partie l'olive pour se porter au delà. Une petite firtère pénètre avec elles dans l'intérieur de l'olive et foruiQ sur ses parois un réseau très-délié.

156 STBUGTUBB DES GA.N6LI0IIS SURAJOUTES.

2* Structure du Doyau blanc.

Les fibres du pédoncule cérébelleux supérieur qui ont enveloppé l'olive, et celles qui, après avoir pénétré dans son intérieur ont passé au travers de sa paroi, se groupent immédiatement en lames et en feuilles pour se terminer plus particulièrement dans cette partie de l'écorce du cervelet médian qui répond à la partie moyenne de son corps et à son vermis. Elles appartiennent donc aux régions médianes du cervelet» aussi leur nombre esU-il en raison directe du développement de ces régions.

Ceci posé, la description du noyau blanc sera facile. Nous remarquerons, en premier lieu , le prolongement des corps restiformes. Ce prolongement passe au côté externe du collet de Tolive, se recourbe au-devant de lui pour le contourner, passe à son côté interne et se termine par une bande qui se porte en dehors, et, chez les singes, fait, de chaque côté, une grande saillie. De cette anse remarquable, qui s'enroule autour du collet de l'olive, se détachent les lames qui se ramifient, ou plutôt s'exfolient dans le milieu du cervelet médian, dans toute l'étendue du vermis médian et dans le vermis latéral. Ainsi les deux vermis dépendent tous les deux du corps restiforme, et se développent sur une même base. On peut ainsi comprendre le parallélisme d'équivalence qui existe constamment entre ces vermis. Ce fait permet encore d'expliquer immédiatement cette proposition, que la grandeur des vermis est toujours en raison directe de celle du bulbe, ce qui se conçoit au premier abord, puisqu'ils naissent sur le prolongement des faisceaux qui, du bulbe, se portent dans le cervelet. N'oublions pas, d'ailleurs, que ces faisceaux comprennent à la fois des fibres des cordons postérieurs et des cordons laté* raux du bulbe.

Il nous reste à dke de quelle source partent les fibrei qui

STHUCnWB DC CIBTBLBT. * 157

s'épanouissent dans les parties latérales du cervelet antérieur, et dans le corps du cervelet latéral.

La protubérance annulaire, avons-nous dit, est formée de deux plans : un plan profond» supérieur aux pyramides» \m plan superûciel qui passe au-dessous d'elles.

Le plan profond est formé de fibres dont la direction est transversale. Ces fibres se dirigent de chaque côté vers le cervelet, et s'épanouissent dans les parties latérales du corps du cervelet antérieur. Il y a donc entre ce plan de la protubérance et les masses latérales du cervelet antérieur un rapport nécessaire.

Quant au plan superficiel de la protubérance» ses fibres s'épanouissent de chac^ue côté dans le corps du cervelet latéral.

Les corps des deux cervelets se développent en conséquence» sur les expansions terminales des fibres du Pont de Varole^ mais ils ne sont point indifféremment en rapport avec telle ou telle partie de la protubérance. Ainsi les masses du cervelet latéral sont-elles surtout en rapport avec le développement des plans superficiels du pont» tandis que les parties latérales du cervelet antérieur sont en relation avec le développement de ses plans profonds.

Cette proposition devient bien apparente quand on compare l'homme à la plupart des animaux. Dans l'homme le plan superficiel de la protubérance est énormément saillant^ et son bord supérieur recouvre complètement le plan profond. Il en est de même» à peu de choses près» dans VOrafig et dans le Chimpanzé parmi les singes, et parmi les autres mammifères dans les Cétacés et dans les Éléphants. Or» dans tous ces animaux les parties latérales du cervelet l'emportent sur les parties médianes» et parmi ces parties latérales» le corps des cervelets latéraux sur le corps du cervelet médian.

158 ftTHtCTraX Bit GlROUOnS SmAJOUTBS.

Dans les eioges qui sont infériedr»» m point de vw du développement général, à TOrang et au Chimpanzé, le plan superficiel de la protubérance est plus court que le plan profond, au point de laisser celuwei à découvert dans une étendue d*autant plus grande qu'il y a relativement plus de masses médianes et de vermis, et moins de masses latérales, car parmi celles^i les corps des cenrelels latéraux s'anéantissent les premiers*

Dans les autres animaux mammifèros» quels que soient d'ailleurs la famille ou le genre, on observe les mêmes relations, le ne puis indiquer ces choses qu'en général ; entrer à cet égard dans de plus longs détails serait évidemment sortir de mon sujet.

En comparant avec attention les animaux de tous les groupes naturels dans la classe des mammifères, on découvre aisément plusieurs relations fort importantes. L'une est que les volumes relatifs de la protubérance et du bulbe sont toujours en raison inverse l'un de l'autre. L'autre est que ce volume de la protubérance, et le développement des hémisphères du cerveau, quel que soit d'ailleura le type de son organisation, se correspondent réciproquement. La première relation s'explique anatomiquement ; il n'en est point de même de celle-ci, mais elle existe, et dès lors on peut concevoir comment, malgré la différence prodigieuse qui existe entre le cerveau de l'homme et celui de l'éléphant, un développement équivalent des hémisphères, eu égard â leur masse, détermine dans l'un et dans l'autre le développement de la protubérance et du cervelet sous des formes â peu près semblables.

K BOUS pouvions, dès 9 présent, tffer des conclusions de ees faits, nous pourrions adresser aux physiologistes expérimentateurs quelques questions importantes. J'avoue, quant

à . mA, que led vlvla^ellbiiè Mlnsplrant une répugnance invineible t% titié HofUi it remords, dnperstltleux petit-ètré, nais non tMinê éàxAmmxty je n'ai pats toujours eu le courage de résoudre les problèmes qui se présentaient à chaque Instant à mon esprit dans le cours de ces recherches. Heureusement, des expériences qui ont déjà été faites, nous pourrons tliter dans un Instant des conséquences utiles.

En nous t'ésumant, l» les parties médianes du certelet antétféSr, le vermis médian et les rermis latéraux, sont eti rapport avec le développement du bulbe et des corpà restiformes. Ces parties s(mt, si Je puis le dire ainsi, les cervelets de la moelle épinière*

2* Les parties latérales du cervelet antérieur, et les cervelets latéraux, correspondent, les premières au développement des plans profonds de la protubérance, les seconds M développement de ses plans superficiels. Il y a un rapport diM efttre le développement de ces deux plans de la protubérance, du plan superficiel surtout, et par conséquent aussi des masses latérales du cervelet, et celui des hémisphères cérébraux. Ces parties latérales du cervelet constituent en conséquence le cervelet du cerveau.

V" Il n'y a aucune relation directe ou inverse entre le développement des diverses parties du cervelet et celui des lobes olfactifc.

4^ Les pédoncules cérébelteux supérieurs sont te seul tieh visible qui unisse directement le cervelet au cerveau.

Ces tubercules, qu'on a aussi appelés lobes optiques, ne paraissent pas avoir, dans Tordre des organes intellectuels, une dignité bien haute.

J'ai déjà dit quels faisceaux les rattachent S Hsthme. Par les

160 8TBUGTDBB X>XS GÀROUOKS 8UAAJ0VTÉS*

rubans deReil, ils tiennent aux fai3ceftux moyens du bulbe; par certaines divisions, ils se rattachent aux pédoncules céréb^leux supérieurs et aux prolongements des Cedsoeaux postérieurs vers le cerveau; par deux bandelettes auperficielles que nous avons décrites, ils conununiquent sur les côtés de l'isthme avec les corps genouillés internes ; ces bandelettes, comme nous le verrons plui^ loin, établissent leurs relations principales avec le cerveau* Enfin, aux tubercules quadrijumaux antérieurs se rattache la principale racine dir nerf optique, je veux dire la plus constante.

Ces tubercules sont très-grands quand les hémisphères cérébraux sont petits. Ils sont très-petits quand les hémisphères cérébraux sont grands. C'est là une alternative remarquable et dont nous tirerons parti.

On sait d'ailleurs très-peu de chose sur leur structure. Les antérieurs sont presque exclusivement formés de substanoe grise, les postérieurs ont une écorce mince de fibres blanches. Les cellules de la substance grise sont incolores et se distmguent par leur pâleur, d'ailleurs elles ne présentent rien de spécial (1).

Nous avons vu plus haut que le cerveau, proprement dit, est divisé en deux masses latérales appelées Hémisphères. Leur partie essentielle est ce que les anciens ont nommé écorce grise du cerveau. Cette écorce forme la paroi des deux bourses grises plus ou moins lisses, plus ou moins plissées, que nous avons décrites. L'intérieur de ces bourses est rempli par un amas énorme de fibres blanches qui émanent surtout des couronnes radiantes de l'entonnoir pédonculaire.

(1) Kollito. ÊUmmi é^kùlologiê, p. tt5.

STBUCTUBB DBS HâciSPHBBBS CiBiBBÀUX. 161

Cet amas de fibres blanches, occupant le centre de chaque hémisphère, a été nommé moelle ou substance médullaire, par opposition au nom d'écorce, donné à la paroi propre des bourses. Si l'on divise Fensemble des hémisphères par une coupe transversale, effleurant la face supérieure du corps calleux, la section de ces deux centres blancs des hémisphères unis par les fibres intermédiaires du cor^s calleux, présente un grand espace blanc entouré de chaque côté par un limbe gris. Cet espace est ce qu'on a appelé le centre ovale de Vieussens. Nous croyons que ce nom de centre ovale conviendrait mieux à la masse entière des noyaux blancs des hémisphères.

Quoi qu'il en soit, il y a, dans chaque hémisphère, un noyau blanc et une écorce. Nous traiterons successivement de la structure de cette écorce et de celle du noyau qu'elle enveloppe.

A. Stnictare de Técorce dea hémisphères (!]•

La structure des couches qui composent cette écorce n'est connue que depuis un petit nombre d'années, encore ne l'estdle que d'une manière fort incomplète. Il serait difQcile, en effet, d'émettre quelque hypothèse probable sur le rôle et sur les connexions intimes des parties qu'on y a distinguées.

Fracassati supposait que les couches corticales résultent d'une lymphe coagulée, ce qui n'est pas fort instructif. Halpighi a été plus loin ; il les comparait à Fécorce du rein. C'était pour lui un amas de petites glandes où étaient sécrétés les esprits animaux. Idée ingénieuse pour l'époque où écrivait Halpighi, et qu'il ne faut point confondre avec le misérable jeu de mots de Cabanis qui leur faisait sécréter la pensée.

(1) La detcripUon de cette stnictare est tracée en général d'après le cerveau do Paplon {Cynoeiphabu sphiftuD), J'ai cra utile d'ajouter Tétode de ce fTpe àeelle que Reil, Bordaeh et Arnold ont faite du cenreaa de Thomme. n. 11

162 «VUVafDU Ni 0éMUSmB SUEAfOircÉI.

Malpigbi donne ainsi la descriplion de ces préiendoes glwdeB:

< Elles soni d'une figure ovale, laquelle, toutefois, est tant soit peu aplatie, parce qu'dles se pressent les unes les autres de toutes parts faisant ainsi des angles obtus, en sorte que leurs espaces ou intervalles soni presque égaux« Leur superficie est recouverte de la pie-mère et des veines et artàres qui pénètrent profondément leur substance : il sort de leur partie interne une fibre blanche nerveuse , qui en est comme le vaisseau propre, qu'on peut voir asses clairement au travers de ces petits corps transparents et tous blancs, de manière que la substance médullaire blanche du cerveau est apparemment un tissu et un assemblage de plusieurs sortes de petites fibres jointes ensemble (1). >

Il est certain que ces observations de Ifalpighi sont ineiao" tes. Mais on a proposé, depuis ce grand homme, des théories beaucoup moins raisonnables, et je ne crois pas que depuis Maipighi jusqu'aux travaux de MM. Purkinje et Valentin, on ait traité ce sujet avec plus d'esprit et de finesse.

Cependant, vers la fin du dernier siècle, un anatomiste qui n*avait point employé le microscope, Fr. Gennari (2), fit faire un premier pas à l'étude de la structure des couches corticales en distinguant dans toute leur étendue deux lames distinctes. Quatre ans après, Yicq-d'Âzyr (3) signalait « certaines circonvolutions de l'extrémité postérieure du cerveau dans répaisseur desquelles la substance blanche est distribuée en stries flexueuses à la manière des rubans rayés. »

Cette observation a été répétée par MM. Cazauvieilh et Par^ chappe; mais c'est surtout à M. Baillarger que Ton doit de

(1) Maipighi. Deicripiion dutenfeaUf tnd. pw 8aev«iI1«, p. SS.

(2) Ffancesei Geenarl, De peeuUar, HrweL eere^, PuBM, 17tS. (S) fYmii é:anatemie. Parts, 17S«. PI. lY, «g. I, «e.

SnVefBOM DBt HâoSPHÈBBS GBBiBMAUX. 168

ravoir généralisée en la rendant plus précise. Cet habile médecin distingue^ dans toute l'étendue de Técorce du cerveau, plusieurs couches distinctes, alternativement blanches et grises, à partir de la périphérie. Les observations de M. Bail* larger ont porté sur un grand nombre d'animaux mammifères. Elles sont d'une exactitude parfaite.

M. Hannover a accepté les résultats obtenus par M. Bail-* larger. Pour ces deux auteurs l'écorce comprend six couches, savoir :

lo A l'extériettr, une couche blanche, fort mince, dont les fibres sont étendues à la surface du cerveau. Cette couche est la plus distincte de toutes, et peut dtre aperçue dans le cerveau du fœtus dès le cinquième moiSt Sa structure la fait au premier abord reconnaître (1).

2^ Une couche grise d'un reflet foncé, vient ensuite ; S^ Puis une deuxième couche blanche; 4» Une deuxième couche grise; 6^ Une troisième couche blanche ; 6^ Une troisième couche grise«

Dana la couche eitérieure, et peut-être aussi dans la suivante, les fibres passent horizontalement sur la surface du cerveau, et ces fibres ne paraissent pas en connexion avec celles des autres couches. D'ailleurs, le plus on moins de coloration de ces couches, provient du phis ou moins de odlttlea qui sont mêlées parmi leurs fibres (9).

M. Hannover assure qu'il a le plus distinctement vu ces six couches dans te cerveau et le cervelet, absohtment frais

(1) Cf. Letut. Note sur la disposition de Ta substance blanche à la surface du l^Nite de rtiippocampe âaoi le eenreau de l'homme et dans eelui de quelques autres vertébrés. Joum, des progrès, mai 1830.

(2) Recherches sur la structure de la couche corticale des circonvolutions du cwreaa {ÊUm&hts de PÀeadùnie de Médecine. Paris, 1 840; Tom. t HI, p. 1 48).

164 SXBnCTDBE DBS 6AN0U0NS StmiJOlITBS.

et encore chauds, de rhomme el du cochon. C'est aussi le cerveau du cochon que H. Baillarger avait recommandé pour la commodité des démonstrations. Quant au cervelet, M. Baillarger n'en a point parlé. Or, je puis assurer que sur ce point M. Hannover a été la dupe de quelque illusion, car d'une part les couches corticales du cervelet diCTèrent absolument de celles du cerveau, et d'autre part, quelque attention qu'on y mette, on ne peut en distinguer plus de trois.

Les observations qu'on peut faire à l'œil nu ou simplement armé d'une loupe ne peuvent guère aller au delà de ce qu'ont dit M. Baillarger, et après lui M. Hannover. Or, l'application du microscope, loin de rendre cette distinction des couches plus apparente, la rend en réalité plus obscure, du moins les résultats qu'elle donne sont loin de satisfaire absolument l'esprit.

L'habile micrographe» M. Kolliker, a donné dans son bel ouvrage, l'anatomie élémentaire d'une tranche mince de la substance corticale du cerveau. Cet anatomiste n'a distingué dans le cerveau que quatre couches.

La plus superficielle est formée, comme l'avait déjà vu M. Hannover, de fibres parallèles à la direction des couches corticales.

La deuxième couche est grise, et contient une grande quantité de petites cellules nerveuses. Cette couche est parcourue par des fibres nerveuses très-grèles, qui forment des arcades irrégulières*

La troisième est blanche et parcourue par un grand nombre de fibres parallèles à la surface de Técorce*

La quatrième est d'un gris rougeâtre et fort épaisse, elle contient des cellules semblables à celles de la deuxième couche, mais beaucoup plus rares. Un grand nombre de fibres nerveuses» très-serrées, pénètrent dans son épaisseur

STBUCTIISB DES HÉKISPHiBBS GlSlUBBaAUX. 165

et semblent s'y terminer pour la plupart. Cette couche touche immédiatement à la masse blanche qui occupe le centre de l'hémisphère (1).

Il n'y a donc pour M. Kôlliker que quatre couches, et à coup sûr le microscope lui donne raison, mais l'œil armé d'une simple loupe donne raison à M. Baillarger et à M. Hannover. Entre ces deux apparences également spécieuses, mais dans des circonstances différentes, où se trouve la vérité? Depuis longtemps cette question m'a embarrassé, et elle m'embarrasse encore. Le problème me semble donc bien loin d'être résolu.

Les éléments principaux des couches grises sont : 1» une cellule arrondie fort petite qui ne m'a point paru émettre de prolongements. Le noyau et le nucléole de cette cellule sont bien distincts; 2» des cellules à prolongements multiples. Ces couches sont traversées par des fibres très-déliées. Quant aux couches blanches, elles semblent formées par des stratifications très-minces de fibres nerveuses. La mieux distincte de ces couches est la superficielle. En certains points les fibres composantes s'y croisent en divers sens; disposition qui donne à la surface du cerveau, surtout au niveau du lobule des hippocampes, un aspect réticulé. On peut consulter à ce sujet les planches de M. Arnold (2), et surtout un travail fort intéressant de M. Lélut (3).

Je regrette bien vivement de ne pouvoir donner ici une histoire plus complète, plus précise de ces couches. Il y a déjà bien longtemps qu'on a distingué les vaisseaux qui les pénètrent et s'y ramifient en réseaux d'une richesse excessive. Je ne décrirai point ici ces vaisseaux qui ont été admirablement injectés par M. Gerlach; leur multiplicité indique que les

(1) Voyez Kôlliker. Histologie humaine, p. 338, flg. 151 et 162.

(2) Tabulœ anatomieœ.

^ (3) Journal deeprogrie, mai 1830.

166 mtucTWUi DIS «UffeLTOirs suBAioirris.

couches corticales sont le siège d'un travail vital tris*actif. Mais quelle est la nature de ce travail mystérieux? Par quelles voies attaquer un problème qui touche aux questions les plus cachées parmi celles que peut se proposer un philosophe? Qu'est-ce que T&me et qu'est-ce que la matière, et comment s'unissent-elles dans un système d'actions et de réactions réciproques? Voilà à quel abtme nous touchons; s'étonnera-t-on si l'homme n'en a point jusqu'à présent sondé la profondeur? Malgré l'imperfection des résultats qu'a donnés l'analyse des faisceaux blancs des hémisphères, du moins seront-ils en partie plus intelligibles. Nous serons id moins près des essences invisibles. L'observation et l'expérience pourront nous conduire un peu plus loin.

B. IStroetiiN en ncsysn blaoo dee liémltphèr«B, o« dn centre ofile

de VieaBsens.

Nos bases ont été posées. Les différents départements des couches corticales ont été déterminés et définis. Il sera maintenant plus facile de décrire les irradiations fibreuses qui remplissent la cmicavité des hémisphères cérébraux.

Pour simplifier par avance le dédale de l'exposition anatomique, nous commencerons par énumérer les différents ordres de fibres qui composent ces amas blancs intermédiaires aux noyaux terminaux de l'axe et aux couches corticales, qu'on peut comprendre sous le nom généra) de centre ovale de Vieussens (1).

Ce centre ovale comprend plusieurs ordres de fibres, savoir :

V Des fibres propres. Ces fibres passent du sommet à^xm pli au sommet des plis voisins, unissant entre elles, par un vaste système de commissures, toutes les parties d'un nicme

(I) Cr. P. Gratiolet, dans Vlnstitut., mal ISMet 4)amet tS6^.

sTiDQxun sBt aiipsFBkau ciiÉnAiix. têt

héniis|>hèrâ« Elles doublait les coockea €cvti€al«i en [Msant^MUft leurs «iifradmeiléf«

2* Des jlS6re5 jtit passetU d'un himUpkirô à tmsêré^ et les eonfonàent totts deux en un sônl et même sjf slème. Ces fibres dépendent de la oominiMare antérieure*

3* De$ Jibm^ quU «^« de la eauranm de JMI, firtedieni danê to^ l'hémisphère* Ces fibres pénètrent dans les anfraetoosités de la iace interne de la bcorse, et s'irradient an fond de ces anfractuosités, dans les points qui correspondent an sommet des eireonvolntions périphériques*

4"* Des fibres qui, du cerps ealleuûs, VêUi daM tous les plis des hémisphères ;

5^ Des irradiaiiiyns nées des nerfs de sensations spéciales;

6® Des irradiations nées des gamgliens aeeessalres têts que les tiibercDles quadrijumeam^ les eorps genouîllés internes, et le eenrelet*

Tels sont en général les éléments qui entrent dans la eom-* position du centre ovale; nous ne pMTons espérer de les décrire avec une certitude suffisante, qu'en suivant l'ordre de la dissection* Voiei donc comment nous procédons.

Nms divisons en premier lieu l'eneéphale suivant son plan médian. Les denx hémisphères sont ainsi séparés l'un d'avee rautre. Pois nons détachons le cervelet et le bulbe k l'aide d'ane section passant par le centre des tubercules quadr»* )nmean. Par là l'hémisphère est parfaitement isolé, et sa face itfterne ïï^sxsM à découvert dans tonte Bon étendue.

Cette face présente des particularités intéressantes sur les* qneiles il est impartant d'appnyer ki,

La portion do noyau terminal qui tient encore à Thémisphère en occupe le centre, et ta fiice interne des eonehes eptlqnoi y est visible dans toute son ôtendne.

Gelto piéparalioii peot, en eonséqiiettos» donner om idée

168 STBUCTUBB HM» GÀlIGUOIfS SUBAJOUTBS.

complète du mode d'emroulement du ventricule intermédiaire autour de la commissure dont la tranche médiane occupe le centre même de la couche optique.

L'étage inférieur du ventricule s'y voit avec la gcande dilatation de l'infundibulum. Son étage supérieur, que bordent les rênes de la glande pinéale, communique au-dessus d'elles avec le vestibule. En abaissant un peu ce qui reste du pédoncule, on peut apercevoir une partie de la face supérieure des couches optiques.

Le bord supérieur de l'ouverture qui fait communiquer avec ' le vestibule le ventricule latéral est formé par la bandelette de la voûte qu'on voit contracter en arrière des connesdons évidentes avec le corps calleux.

Au-devant de la racine antérieure de la bandelette est l'ouverture d'un canal dans lequel s'engage un gros faisceau transversal. Ce faisceau est une des moitiés de la commissure antérieure qui s'étend d'un hémisphère à l'autre au travers des deux corps striés externes.

Au-dessus de la courbe de la bandelette de la voûte, est la courbe du corps calleux. Cette courbe touche à la précédente par ses extrémités, en sorte que la coupe médiane de l'espace compris entre elles a la forme d'im croissant irrégulier; dans ce croissant est tendue comme dans un cadre l'une des lames du septum lucidum que trois feuillets principaux composent. Le premier qui se présente est épithéliai. Le second est formé de fibres entremêlées de substance grise qui proviennent de l'anneau du pédoncule, et comprend en outre des fibres blanches qui de la voûte se portent en avant au corps calleux. Le troisième est la paroi propre du ventricule cérébral.

Autour de la courbe du corps calleux et des bandelettes de la voûte, se développe la marge de l'ouverture de l'hémisphène embrassant et ceignant exactement une des moitiés du noyau

STRUGSOBB DBS HBllISPHàiSS GbÉBBAn. 169

cârébral. 11 serait superflu de revenir sur ce point d*anatomie que nous avons décrit ailleurs.

Voici maintenant comment nous disséquons Thémisphère.

Nous soulevons en premier lieu les couches corticales le long du bord de Touverture de l'hémisphère. Cette dissection doit être poursuivie avec des précautions scrupuleuses. Nous découvrons ainsi un premier plan de fibres immédiatement sous-jacent aux couches corticales.

1"* La base de ce plan est un anneau fibreux qui borde la grande ouverture de l'hémisphère. Si nous prenons pour point de départ le point de cette ouverture qui correspond au cdté interne du champ olfactif, nous le verrons suivre la courbe du corps calleux» dont il embrasse le bord ou genou postérieur» et revenir à son point de départ, en doublant exactement la circonvolution du pli unciforme.

Cet anneau que Reil, Rolande, Arnold, ont bien connu, a été décrit avec un soin tout particulier par M. Foville, qui lui a imposé le nom d'ourleL Si nous comparons l'hémisphère à une bourse, ce sera, si l'on veut, le cordon de la bourse. Je me sers de cette comparaison grossière pour aider l'imagination, mais je prie le lecteur de ne point me supposer l'intention de créer ici une dénomination nouvelle. Or, de cet anneau fibreux se détachent en divers sens des fibres qui s'irradient dans tous les plis de la face interne de Thémisphère.

Le trajet de ces fibres mérite d'être attentivement examiné. Les unes partent de Textrémité antérieure du lobe fronto-pariétal et se réunissent au ruban fibreux de l'ourlet, pour s'en détacher plus loin et se perdre dans les plis marginaux supérieurs du lobe. D'autres, contournant avec l'ourlet l'ouverture de l'hémisphère, descendent avec lui dans le lobe occipitosfhéucMdl interne. La plupart de ces fibres forment de grandes anses dont les deux «ctrémités se perdent dans l'écorce de

rbéfifôsphère» nifiis dont l'arc est langMi en tel oa tel poihi à la courbe de i*ourlet« Ainsi ces arcs fibreux aont des C9m^ miêsureê propre$ qui unisaent entreelles les diflérentes purties d'un même hémisphère.

Dans rhomme, les fibres de l'ourlet forment autour de l'ou^ verture de rbémispbôre un plan coAtinu« mais dans les singetf^ dans les Papions du moins et dans les Maeaques, oe plan e0l interrompu en arrière au niyeau de la seissure des Hippo* campes 9 en sorte que les parties supérieures du plan des fibres propres ne tiennent à ses parties inférieures que par eette partie de l'ourlet qui borde en arrière l'ouverture de l'hémisphère. J'ai figuré cette disposition d'après le cerveau du Papion. Je donne une idée de la première d'après un £qHus humain arrivé à la fin du sixième mois ; en ce qui touche l'adulte, on pourra consulter les belles planches de M. Ar* nold (1), et celles de M. Foville (2).

C'est ici le lieu de revenir sur les traetus bUnos qu) par* courent d'avant en arrière la face supérieure du corps cal* leuxy et qu'on a désignés sous le nom de nerfs ian^itudinau» de Lanci$i. Si nous eonaidàrons avec attention l'origine et la n^rcbe de ces fibres, il sera diflidle de mécottmrftre leur analogie avec celle du ruban fibreux de l'ourlet. Elles nous paraissent en conséquence appartenir au système des commifrsurea prof^es. Nous n'insisterons pas davantage sur ces §bres que les anatomistes et les physiologistes ont négligées à l'envi.

2"" Si noua soulevons avec préeautieif le rvbàn fibreux de l'anrlet, nous le séparerons aisément du corps eidleux, et hm» découvrirons ainsi les irradiationa que le o(Mrpa envoie dans toute l'étendue de la &oe imleme de l'hémisphère, et pU»

(t) Taè. ûnawmicdS, Tasc. I, C.X, Ég. 5.

(2) Muumnie êtpà9êêêh§iér 4^ «jffiliM mt^t^ug, pt* It, ag; 1.

STSUCTDBB BBS nfaOgVHteM CafaolBAAnX. 171

particulièrement dans son bord sapérieur. Dtns 1m singes, que nous prenons ici pour type, ce système d'irradiallons est» comme €elul des irradiations de l'ourlet, interrompu au niyeau de Tergot des Hippocampes. Toutefois, de même que l'ourlet, il communique avec les parties inférieures de rhémisphëre par un prolongement qui suit le bord inférieur de l'onverturef cérébrale. Ce prolongerait mérite d^ètre aitoitivement examiné. 11 est en effet creusé du côté de Touverture en une gout« tière profonde que tapisse intérieurement un plan très-mince, émané des fibres de Tourlet. Cette gouttière contient Textré» mile sphénoidale du repli marginal des couches corticales. Elle embrasse donc le fond de ranfiraetuosilé dont le pli go« dronné et le pli unciforme forment les limites, c'est^rdire celte partie de la scissure des Hippocampes qui se prolonge audessous de Touyerture interne de l'hémisiAère. Le pli interne qui répond à cette anfraetuosité périphérique fait saillie avec le fond de la gouttière qui le contient dans l'éti^ inférieur du ventricule la&ral, et n*est rien autre chose que la oome d'Ammon, ou le pied d'Hippocœnpe.

I>e cette branche descendante du eorps calleux , naissent des fibres qui, de la pointe du lobe spfaénoldal à celle du lobe occipital, rayonnent dans toute retendue du bord inférieur de l'hémisphère. Les irradiations occipitales de ce système fbr-* ment un faisceau distinct qui marche parallèlement à la région postérieure de la scissure des Hippocampes , dans l'épaisseup du pli qui la limite inférieureraent; un autre faisceau parailèle, né du genou postérieur du corps calleux, se porte y ers les extrémités occipitales du bord supérieur de l'hémisphère, en suivant l'épaisseur de cette scissure. Ces deux feisceeux sont séparés par un intervalle que borne en avant la branche descendante du corps calleux. Dans les singes, cet intervalle qui correspond à l^ cavité uneyr^de est,^ afNPès UaMatioA des

173 STaUGTUBB DBS GÀNftLIONS StJBAJOUTis;

couches corticales, exclusivement fermé par la membrane propre du ventricule, en sorte que, chez ces animaux, la face profonde des couches corticales et la paroi propre du ventricule se touchent en ce point , mais dans l'homme, il n*en est pas ainsi ; des fibres rayonnantes, émanées de la branche descendante du corps calleux, remplissent élégamment cet espace (1).

Cette branche descendante du corps calleux et le plan de fibres rayonnantes qui s'en détache dans l'homme , revêtent le côté interne de la corne postérieure du ventricule latéral; si donc, nous les divisons vers le genou postérieur du corps calleux, de manière à renverser, vers le bas, tout le système de la branche descendante, nous mettrons à découvert l'étage inférieur du ventricule latéral, et la cavité de sa corne postérieure.

S"" Cette préparation fort simple permet d'apercevoir, d'un ' seul coup d'œii, l'enroulement des bandelettes et des couches optiques, du tœnia semicircularis et du corps strié interne autour de l'axe pédonculaire ; elle donne en même temps une idée excellente de l'ensemble du ventricule cérébral et de cette portion de la bandelette de la voûte qui se porte dans le genou postérieur du corps calleux. En outre, on aperçoit, dans toute son étendue, la paroi externe de la corne ancyroîde ou occipitale du v^tricule latéral.

Si, à l'aide d'un petit ébauchoir d'ivoire, nous raclons délicatement cette paroi, nous découvrirons, au-d ssous d'elle, un premier plan de fibres parallèles.

Ce plan émane du genou postérieur du corps calleux; ses fibres antérieures touchent au corps strié interne dont elles suivent la courbe jusqu'à l'extrémité du lobe sphénoïdal. Ses autres fibres se redressent graduellement et descendent dans les plis inférieurs du lobe occipito-sphénoidal. Les plus pos-

(1) Arnold. Tab. antaorn,, fasc. 1, pi. X, 4.

STftUGTOBB DIS HâaSS«iUKX8 «tBÀlBAIIX. 17S

térieures ^sont très-courtes i et plongent dans les interstices de fibres antéro-postérieures sous-jacentes dont nous allons bientôt parler.

Ce plan» émané du corps calleux, est le tapis de Reil (!}• J'insiste d'autant plus sur ces relations, qu'elles nous conduiront à la découverte^d'un fait de la plus haute importance; je veux parler du plan que forment, dans l'épaisseur du centre ovale de Vieussens, les expansions radiculaires des bandelettes optiques.

Outre les expansions dont nous avons parlé, le corps calleux envoie :

(a). Des plans fibreux très-minces dans tous les plis de la face externe de l'hémisphère qui sont au-dessus de la sci&* sure de Sylvius.

(&)• Une feuille qui recouvre, dans son trajet, la saillie externe du corps strié extra-ventriculaire, et se porte dans les plis de la face externe qui sont au-dessous de la scissure de Sylvius, et plus particulièrement dans le pli marginal inférieur.

On peut donc affirmer que le corps calleux envoie des plans foliacés dans tous les plis de l'hémisphère. Ces plans s'insinuent dans les anfractuosités de la face profonde, et se prolongent jusqu'au fond de ces anfractuosités. C'est dans ce point que les fibres qui les composent, pénètrent dans les couches corticales, en sorte que le sommet des circonvolutions externes répond précisément au limbe des plans foliacés qui émanent du corps calleux.

Ainsi les fibres du corps calleux vont à l'hémisphère entier. Mais quelle est l'origine de ces fibres? Il y a, à cet égard, plur sieurs hypothèses dans la science.

La première, l'une des plus anciennes du moins, était celle-

(1) Arnold. Tab. oncKom., faïc 1, pi. X, flg. 19, r. r.et flg. 2, m. n.

ir4 smMmvi dm «or^uon» luuioinÉi.

ci : oa oonsidérait le corps calleux conune senrant de coDOh OdUsurt entre les deui hémisphères; en d'autres termes , suivant cette hypothèse, ses fibres passaient d'un hémisphère à l'autre* C'est là l'opinion d'Arnold et de Reil (1); M. Owen, dans son célèbre mémoire sur le cerveau des Marsupiaux, accepte la même manière de voir (2).

Toutefois, depuis longtemps existaient des hypothèses con« traires. Le fameux anatomiste Sténon, se fondant sur les observations d'un des plus grands hommes qui aient jamais écrit sur le cerveau, je veux parler de Willis, signale dans son discours sur l'anatomie du cerveau les connexions du corps calleux avec les pédoncules. M. Tiedemann a accepté la même manière de voir (3). Dans ces derniers temps, M. Foville a eu la gloire de mettre hors de doute cette idée de Willis, dans une préparation hardie, ou, énucléant d'un seul coup le noyau cérébral tout entier à l'aide du doigt rapidement promené entre le corps calleux et le bord de l'ourlet, il montrait à nu la voûte du corps ealleux enfermant l'ensemble des ventricules, et se continuant, des deux côtés, avec les fibres des éventails fibreux que nous avons désignés plus haut sous le nom de ' couronnes radiantes (4). Ainsi H» Foville faisait toucher au doigt ce qu'avait entrevu Willis, mais avec combien plus d'évidence! Cette préparation est si concluante à certains égards et si belle, que malgré la ferme intention où j'étais de ne donner dans mon atlas que des figures originales, je n'ai pu résister

(1) Arch./ur dieph9$iêlcgk,i. IX, p. 172.

(2) Philosophical trantacliam, Trad. dani Amt. des Se. naL^ deuiième lérie, tom. VlU. page 175.

(8) Le corps calleux, dit-Il, doit manifestement naissance à la Jonction snr la ligne médiane d'extrémités de fibres des deux pédoneules oérébmu. Tiedemann, Anatomiedu cerveau, Paris, 1833, page 262.

(4) Foville, PI. XV. I. J. L.-.P1. XVI, flg. 2, 0. Q. K. R. R. - PI. XVII, flg. let2. — PKXIX,fig. 1.

smiemui »it HÉMttndtnat ciiiaiAiii:. 1T6

an désir de la reproduire. Ob y ▼oit le corps calleux aveo sa yallée médiane oorrespoiidaDt au système de la toute et, de chaque côté , ses soulèvements parallèles au-dessus des yen-^ tricules laléranx. Cette belle préparation fait voir, d'une manière admirable, la forme générale du noyau cérébral , et serait parfaite, à coup sûr, si malheureusement il n'y avait, dans cette énucléation régulière du prolongement postérieur qui loge la cavité ancyroide, quelque chose d'éminemment artificiel.

J'ai répété, sur un grand nombre d'animaux, les préparations de Reil et d'Arnold, et je les ai trouvées exactes. J'ai vu exécuta et j'ai pu reproduire, à mon tour^ la préparation de M. Foville et, sauf le point dont j'ai parlé, le résultat qu'où obtient avec lui est mooBtestable. Ainsi i suivant le mode de préparation, le corps calleux est tantôt une commissure trans» versale entre les deux hémisphères, et tantôt une voûte unissant, en un même système, les deux ecmronnes radiantes. Cette dittrence entre des résultats également certains, jette l'esprit dans une perplexité singulière; et la difiérenoe, en effet, n'est pas de peu d'importance, puisque des eonséquences physiologiques, diamétralement opposées, peuvent en découler.

Lorsque deux observations exactes sur le même sujet, donnent lieu à deux théories entièrement contradictoires, on peut être assuré que ces théories sont fausses, chacune d'elles étant nécessairement le résultat d'un système incomplet d'observa* tiens. Partant de cette idée, je n'ai point désespéré de trouver le rapport qui lie entre eux ces résultats opposés dont nous parlons. En effet, à priori, la différence des conclusions devait tenir à la différence des méthodes matomiques. Deux hommes examinent un demi-cylindre par ses deux faces : l'uii dira, c'est un cylindre; l'autre, c'est un prisme. C'est là la difléretiee des deux points de vue; il faudra donc que l'arbitre en cboî- •iaie un troisîène. Ce sera ici la même ehose; deux procédés^

176 SmUGTIIBB DBS OÂNGU0N8 SUBAJOCTES.'

différents ont conduit à des résultats opposés : nous devons em proposer un troisième dans le but de critiquer ces résultats, et, s'il est possible, de les concilier.

Je choisis un cerveau de Papion ou de grand Macaque. Après l'avoir placé sur sa base, je le divise verticalement au* devant des lobes sphénoïdaux par une section transversale.

Cela fait, j'examine avec attention les surfaces de section, et j'aperçois immédiatement, 1« les plans rayonnants de Reil et d'Arnold ; 2"" la voûte de Willis, de Stenon et de M. Foville.

Ainsi les deux observations sont vraies, mais comment les concilier? à prioriy il y a à cet égard deux hypothèses possibles.

Suivant la première, on peut concevoir dans le corps calleux deux systèmes de fibres. Le premier serait formé de fibres en arcades résultant d'anastomoses transversales entre les deux couronnes radiantes. Le second comprendrait des fibres mêlées, mais non continues aux premières, et passant directement d'un hémisphère à l'autre.

La seconde hypothèse est celle^i : on peut concevoir que le corps calleux résulte d'un entrecroisement entre certaines fibres passant de chaque couronne radiante à l'hémisphère opposé, au-dessus des ventricules cérébraux; fait difficile à constater, par suite du parallélisme des fibres entrecroisées audessus du système des ventricules.

Comment choisir entre ces deux hypothèses? En disséquant attentivement les surfaces de section. .Or, si nous suivons avec attention les faisceaux isolés de ces surfaces, en agissant sur eux par des tractions légères, nous verrons ces faisceaux se diriger constamment de l'une des couronnes radiantes vers les circonvolutions de l'hémisphère opposé , ou , si l'on aime mieux, des circonvolutions d'un c6té vers la couronne radiante de Tautre côté, et cela avec la plus grande évidence, sans que

STBUCTUBB BBS HBMISPHÀBB8 GBBBBBÀUX. 177

la clarté des résultats demeure obscurcie par aucun doute. Au* cune fibre choisie dans Tune des couronnes radiantes , ne passe à l'autre couronne. Aucune fibre nettement distinguée dans un hémisphère ne passe dans Thémisphère opposé. Ainsi la seconde hypothèse est exclusivement justifiée; le corps calleux résulte d'un entre*croisement.

On peut donc supposer que par Tintermédiaire du corps calleux, chaque hémisphère tient sous sa dépendance le côté opposé du corps. Ainsi par suite d'un échange dont la signification symbolique sera nécessairement admirée» la duplicité du corps animal n'en détruit point l'unité; distincte en appa* rence, la vie de chacune de ses moitiés dépend de la vie de l'autre» l'une commande à l'autre et réciproquement; elles subsistent l'une par l'autre, et leur séparation détruirait en chacune d'elles les sources de la vie.

Ainsi, mes recherches, en justifiant sur certains points les résultats obtenus par H. Foville, ne m'ont point absolument conduit aux mêmes conséquences. Elles confirment aussi à certains égards les résultats obtenus par H. Arnold, mais mes conclusions générales ne sont point les mêmes. Le lecteur, en répétant mes observations, jugera si l'interprétation que je propose à mon tour, est conforme aux faits qui sont, en pareille matière, un critérium souverain.

On peut essayer de donner à ces indications générales, une précision plus grande. Voici d'une manière abrégée ce que mes dissections m'ont appris. Les fibres d'origine du corps calleux naissent des couronnes radiantes à leur point d'émer* gence. Elles se fasciculent étroitement, et les plus postérieures se rassemblent toutes dans le genou postérieur du corps calleux ; après avoir passé la ligne médiane, elles marchent vers le côté opposé, s'engagent sous le ruban fibreux de l'ourlet et se décomposent en autant de feuillets qu'il y a d'anfractuosités

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