X. Troisième paire^ paire eihmoidale. Elle ne comprend
aucun nerf moteur distinct.
210 OBIOIIIBS DfiS NBBFS.
U. MBV8 tBlIBITlf S nOVAttlMT DIT! BNTAAlfT HÂMê Là C0«- POSITION DU PAIBBS CRAIfIXlIlIXB.
Ces fidrti, oomme les nerfs moteura» se partagent en deux séries. La première, normale, correspond à la première série des nerfs moteurs et représente les racines postérieures ou ganglionnaires des nerfs raehidiens. La seconde est excep» tionnelle, et correspond à la seconde série des nerfs moteurs orânieos.
A« Frenutn iérUt ou iérU normale*
Elle comprend les divisions du nerf trijumeau qui émanent du ganglion de Gassen
Nerf TRUimsAC. Cinquième paire de Wittis et de Sonnmerring, fr^Uièmé paire de VéMJiê. Portion gain§liomumrê do la cinquièmo pmre de$ modomoe,
La racine de ce nerf comprend les racines de tous les nerfs sensitifs normaux qui vont aux trois paires crâniennes; en conséquence, elle donne, à partir de son ganglion, plusieurs branches divergentes qui vont à ces trois paires.
1" Le nerf maxillaire inférieur passe par le trou de conjugaison postérieur, et par conséquent concourt à la formation de la paire occipitale.
2<> Deux branches, le maxillaire supérieur et rophthalmiquc, correspondent au trou de conjugaison moyen ou sphénoldal et participent à la formation de la paire sphénoîdale.
3° Le filet ethmoïdal du rameau nasal du nerf ophlhalmique représente une dernière division pour le trou de conjugaison ethmo-sphénoîdal, et fait partie de la paire elhmoîdale.
— Mon objet n'est point de décrire ici ces branches et leur distribution. Je les ai rappelées pour indiquer comment le nerf tr^umeau se partage entre trois paires nerveuses.
OBIOniES DES NEBFS CBÀNIBNS. âH
Racines du trijumeau.
Le tronc commun de ces racines plonge dans une ouverture ovalaire de la face antérieure de la protubérance à la base des pédoncules cérébelleux moyens. La racine principale traverse d'avant en arrière les deux plans des flbres transversales du pont, et descend au-dessous de la couche des fibres arciformes jusqu'au tubercule cendré de Rolande. Telle est la principale origine du trijumeau. Or^ le tubercule cendré de Rolando est l'extrémité supérieure de la strie gélatineuse qui occupe, dans toute l'étendue de la moelle, le fond du sillon latéral postérieur. Ainsi cette racine du trijumeau appartient à la série des racines postérieures des paires spinales*
A cette racine sont annexées, sous le pédoncule cérébelleux moyen, deux racines accessoires.
L'une, de teinte grise, se place au-dessous du pédoncule cérébelleux supérieur, et se porte avec lui dans le cervelet.
L'autre se dirige vers le plan médian de l'axe» au-dessous du pédoncule cérébelleux supérieur. Une partie des flbres qui la composent, suivant MM. Philippeaux et Vulpian, passent au côté opposé de l'axe, d'où il résulte un entre-croisement médian. Quelques flbres de cette racine, d'après les mêmes auteurs se dirigent vers le cerveau. Il y a bien long* temps que nous avions vu ces flbres et nous les avions décrites dans nos cours au Muséum. Elles forment une assez grosse division qui glisse sous le pédoncule cérébelleux supérieur, et descend avec un prolongement du faisceau postérieur jusque dans les parties grises de l'anneau pédonculaire, d'où elle se prolonge jusque dans la base des lobes olfactifs; ainsi, de même qu'il y a certaines connexions de la cinquième paire avec le cervelet, de même il parait y avoir, par la racine que BOUS venons de décrire un rapport de cette paire avec la base des lobes olfactifs. Je n'hésite point à supposer que
313 OBIOimS DBS IIBBF8.
cette racine comprend toutes les fibres gustatives da nerf trijumeau. Aussi la désignerons-nous bypothétiquement sous le nom de racine guêtative (1).
(1) La einquième paire, telle (jae leB aoatomiitei la oonçoWent aqjourd'hal, eomprend à la fois le trijumeaa et le crolaphytioo-bnociDateur de Paletta. Elle a doDc deux racines qu'on a comparées à celles des nerfs râchldiens. Elles ont été distinguées dans ces derniers temps avec beaucoup de soin. Vésale admettait auMl deux racines dans cette paire qu'il désigne sous le nom de troisième paire. « Tertlum par (dit-il) duplici radiée utrinqoe prinoi- « pium sumit. Unaquidem crassiori, coi opportune tertii paris nomen sooom- « modaTeris; altéra longé tenoiori et duriori, et nequb m ipso exortu,
« MEQUB KTIAM IM PE06RBSS0, CRASSIORI RÀDIGI COHMISSA. H^JUS enim Ini-
« tium, non modico in posteriora intervalloy ab illius exortu distat. Aded « sanè ut Tcriùs gracillorem hanc radicem peculiare par, quàm terUi paris « portionem quis assereret. » Vesalius, de corp, hum» fabr,^ llb. IV. cap.Tii p. 619. Basile», 1555.
M. Longetqui a cité ce passage en entier en conclut que Vésale a connu la petite racine de la cinquième paire, c'est- àrdire, le nerf crotapbytico-buecinaleur. La description de Vésale avait déjà exercé la critique de Niemeyer. (De origine portf qumti nervarum cerebri monographia. — Halot^ 1812.) On ne sait, dit-il, quel nerf Vésale a désigné sous le nom de petite portion. Quelques-uns, et parmi eux J.-F. Meckel, assurent que Vésale a compris sous ce nom de portion dure la petite radne de la cinquième paire ; d'autres, ao contraire, tels que Fallopia, Morgagni et Sœmmerring, admettent que par cette expression Vésale désigne le nerf pathétique. Cette opinion paraît fort probable à Niemeyer et nous la partageons également. Il est certain en effrt que ce passage : « Neque In exortu neque in progreasu, crassiori radid commiseà, » ne saurait en aucune manière couTcnir au nerf crotapbytioo-bucdnateur. Il n*est pas moins évident, quoi qu*en dise M. Longet, que Willis n*a point connu ce nerf. 11 dit en effet, en parlant du trijumeau ; « Thincus ^us è lateribus annuli mijoris prodiens, interdùm Juxtà ipsam originem» ssplùs tamen dora membranà priùs perforatâ, in duos ramos insigne dividitur. » Il est certain qu'il s'agit id des branches du trijumeau, et non de ses racines. (WiUis, Nervorum deseriptio et tcius, cap. xxii.) Je pourrais en dire autant de Vieussens, dont les figures sur ce point sont absolument inintelligibles. {Nevrographia univenaii».)
Realdos Golombus est le premier qui ait distingué le nerf massetérin de la cinquième paire. (Dereanaumieà,\ib. VIII, p. 359. Francofurt.) Les deux racines ont été connues de Wrisberg {Obs, anai, de quinto pari nervorumen-' eephali, GœttingSB, 1777) et de Searpa, [Obi. anat. Mutins, 1779.) Il y a, selon lui, deux radnes à la cinquième paire» l'une plus petite qui part de la
oBiGifiBa DBS mxn cBimBifs. 31 8
B. Deuxième série, ou férié exceptUmnelk,
Cette série correspond à la seconde série des nerfr crftniens moteurs. Elle comprend le Glossthpharyngienf et le Pileumogastrique.
Du GLOSSO-PHÀRTiTGnN (1*0116 des portions de la kmtième pairo de Jf^illù^ neuvième paire de Sasmmerring), et du nerf Vagub ou PNEUMOGASTRiQins {huitième paire de WilUSy dixième paire de Scemmering,)
Ces deux nerfs sont ganglionnaires. Ils sont si fort semblables par leur origine, et si voisins l'un de l'autre qu'on pourrait les considérer comme le résultat de la division en deux faisceaux d'une même racine ganglionnaire. M. Longet décrit ainsi leur origine :
c En plaçant de profil le bulbe rachidien, on aperçoit sur une ligne fictive qui, dirigée un peu en avant, continuerait le sillon collatéral postérieur de la moelle, une série de filets dont les plus élevés appartiennent au Glossopharyngien, et dont les inférieurs en plus grand nombre sont les filets originels du Pneumogastrique. Ce nerf, comme les racines postérieures spinales, naît par conséquent du faisceau médullaire postérieur qui, parvenu au niveau et en arrière du bulbe, devient corps restiforme. » Notre habile auteur avoue d'ailleurs ne les avoir point suivis dans la profondeur du bulbe.
HH. Stilling et Vallach ont été plus heureux. Ils ont pu les poursuivre jusque vers la paroi grise du quatrième ventricule, où ils se terminent en dehors du noyau gris des racines de rhypoglosse. Ces habiles anatomistes ont employé
fMrtie antérieure du pédoncule du cervelet, Tautre plus grande qui nitt de ta partie moyenae. Paletta a été plus loin. (De twrvo erotapkyUeo et buce^ tMùrio. Mediolanl, 1787.) 11 fait des deux racines de la cin<(uième paire deui paires distinctes. Enfin ces deux racines ont été bien connues de Sœmmerring. (Veber du Organ der Seek. KOoi0d)erg, $ 21, page 36.)
214 OBIGINB^ DBS NBAFS.
le système des coupes qui est ici supérieur à tous les autres. Ils figurent deux ramifications des radicules du nerf vague, atteignant à travers le bulbe la partie la plus externe du plancher du quatrième ventricule*
MM. Philippeaux et Vulpian ont bien vu ces deux racines dans chaque filet d'origine du Glossopharyngien et du Pneumogastrique, et les décrivent à leur tour très-clairement, mais outre ces deux racines qu'ils nomment intermédiairei^ ils en admettent deux autres, Tune antérieure qui s'incline vers Tolive, puis se recourbe vers les corps restiformes avec lesquels leurs fibres se confondent ; Vautre postérieure qui remonte avec les corps restiformes vers le cervelet.
Je ne suis pas convaincu de l'existence de ces fibres qui pourraient bien appartenir à cette expansion du funicule accessoire du faisceau latéral, qui enveloppe le corps restiforme et remonte avec lui vers le cervelet. Les habiles auteurs que nous citons n'anraient-ils pas commis ici une faute analogue à celle de M. Foville, qui croit ces mêmes fibres en relation avec les fibres arciformes du bulbe ? Nous n'osons rien décider pour le moment, car il faut avouer qu'il n'y a rien au monde de plus difiicile que ces recherches, où le plus habile est sujet à l'erreur,
— Le pneumogastrique et le glossopharyngien, le spinal, le facial et le pathétique font évidemment partie d'un même système anatomique, distinct de celui qui comprend, avec le trijumeau, Thypoglosse, le moteur oculaire externe et le moteur oculaire commun. Celui-ci par tous les détails de son histoire est normal, l'autre est exceptionnel et sa distribution dans l'organisme l'est également. Il faut remarquer que le glossopharyngien est propre à la partie viscérale de la langue, de même que le pneumogastrique appartient au la^ rynx, au poumon, au cœufi à Testomac, au plexus solaire«
ORIGINES DES NEBFS GEANIENS. fllfi
et par ce plexus au système entier du sympathique» c'est-àdire à Tensemble des viscères abdominaux* De même le spinal, le facial et le pathétique sont liés h Tonsemble du système viscéral, par des sympathies innombrables dont le jeu n'est point dominé par la volonté. Aussi sontrils, par-dessus tous les autres, les nerfs de l'expression pathognomique, tandis que rbypoglpsse, le moteur oculaire externe et le moteur commun, sont essentiellement des nerfs d'action volontaire et prosbolique.
in. Nerfs de sensation spiScialb.
a. Première paire. Elle comprend le nerf spécial de l'audition, c'est-à-dire le nerf acoustique, et sans doute le nerf gusiaiif.
a. Le nerf acoustique naît du quatrième ventricule, glisse dans l'axe du corps restiforme, et bientôt s'accole au nerf facial, mais ne se confond point avec lui* U a trois racines bien distinctes*
lo La première remonte avee le corps restiforme dans le noyau cérébelleux ;
2o La seconde rayonne en un éventail blano dont les fibres cheminent dans la substance grise du plancher du quatrième ventricule jusqu'au sillon médian. Ces fibres, obliquement dirigées vers ce sillon, ont reçu le nom de barbes du calamus. Les plus antérieures forment un gros faisceau qui se dirige en avant sous la paroi grise du ventricule.
3<» Ce faisceau est la troisième racine, il suit le prolongement du faisceau postérieur qui se dirige vers le centre des couches optiques et concourt avec lui à la formation de la cupule. Nous n'avons pu suivre ses fibres au delà, maia elles se portent probablement vers le cerveau. Dans ce cas, le nerf acoustique dépendrait également du cerveau et du cervelet.
316 OBIOUIES DBS EIBRFS.
b. Nerf gustatif. J'ai donné hypolhétiquement ce nom au prolongement fibreux que le trijumeau envoie dans la base des lobes olfactifs. Ce prolongement suit le faisceau postérieur comme le précédent. Ainsi, de même que l'acoustique est lié à la division de ce faisceau postérieur qui va vers le cerveau» de même celui-ci accompagne la division qui gagne les lobes olfactifs. Ce nerf accompagne probablement le maxillaire inférieur, et se prolonge dans sa branche linguale. Mais ce sujet est si obscur, que je n'ose proposer ces vues que comme de simples suppositions (1).
€. Deuxième paire. Elle comprend le nerf spécial de la vue, à savoir : le nerf optique.
J'ai décrit plus haut les origines du nerf optique. Les unes vont aux lobes optiques ou tubercules quadrijumeaux, d'autres aux couches optiques où elles se terminent peut-être; le plus grand nombre, chez Thomme et les singes, s'épanouit dans l'écorce des hémisphères cérébraux. En conséquence, leurs fibres entrent dans la composition du centre ovale comme l'avait annoncé Vieussens. Tai fait remarquer que la racine cérébrale et celle des lobes optiques étaient, quant à leur importance relative, en sens inverse l'une de l'autre. Quand la racine cérébrale est au maximum, l'autre est au minimun, et réciproquement. La racine qui va aux lobes optiques, est en communication avec le cerveau par l'intermédiaire des corps genouillés internes, ainsi que je l'ai expliqué plus haut.
x. Troisième paire. Elle comprend les nerfs des sensations olfactives, ou nerfs olfactifs.
(1) 11 serait carieux de détruire les lobes olfacUft Jusqu'à leur base, et de rechercher si cette destnietion détruit le goût eo m6me temps que la sensaUoD des odeurs. A priori^ il y a entre ces deux sensations de telles analogies, que les deux nerfe pourraient bien dépendre du même organe cérébral; mais Je ne veux rien pr^uger.
BiFIBXIOHS SUB LB8 FAITS BZPOS&. 217
Ces nerfs pénètrent dans le crftne par les trous de la lame cfblée, et plongent immédiatement dans la coiffe grise da loe olfactif. On doit distinguer parmi ces nerfs celui qui, dais la plupart des mammifères terrestres, dans les Herbivores suÉouty se porte de l'organe de Jacobson à un petit ganglion sitié sur la face supérieure du lobe. On pourra consulter à cet ^ard, outre le rapport de Guvier, Rei&teck» Rosenthal et noi-méme.
S s. Béfleztoiui OTir 1m faite tmjfomém*
T»us les nerfs des deux premières catégories appartiennent à la moelle, au bulbe et au noyau encéphalique. Mais ceux de h dernière catégorie appartiennent surtout aux ganglions surajoutés. Ainsi le nerf acoustique a rapport au cervelet et au cerveau, Toptique aux tubercules quadrijumeaux et au cerveau, l'olfactif aux lobes de ce nom. A cet égard les faits m'ont obligé d'abandonner complètement l'opinion de M. de Blainville qui, dominé par les idées de Gall, appelait les ganglions encéphaliques surajoutés, ganglions sans appareil extérieur (l). Suivant cet habile auteur, l'automate était parfait mdépendamment de ces ganglions; ceux-ci étaient surajoutés, et n'apparaissaient que pour le gouverner en établissant son rapport avec rintelligence. Cette doctrine était bien conçue, malheureusement elle n'avait aucune réalité. Nos recherches semblent établir au contraire que l'animal est d'autant plus élevé, que ce rapport entre les ganglions surajoutés et les organes des sens supérieurs, est plus étendu et surtout plus immédiat.
Il est malheureux que la difficulté des dissections n'ait pas permis de pousser la recherche des racines cérébrales de
(1) Kôlliker (Histologie htmaine) partage enoore oette manière de ?oir.
St8 OBIOniBS VEM IIUFS.
l'acoustique aussi loin que le demanderaient les besoins ds la physiologie actuelle* Il paraît en effet que si le nerf acois** tique agit sur le cervelet par celle de ses racines qui suit es pédoncules cérébelleux (1), ce n*est pas toutefois dans ^et organe encéphalique que les sensations auditives sont perçuss» et, en effet, après l'ablation du cervelet, la faeulté de percex>ir les sons semble n'avoir rien perdu de son énergie première» Une fille observée par H. Cruveilher, manquait de oervdet; il n'a point été dit qu'elle fût sourde. Dans le cas obssrvé par H. Pressât, les nerfs olflictifs et les lobes eux-mAnes manquaient ; on n'a point parlé de surdité* Viennent ensuite les tubercules quadrijumeaux, mais on sait que leur ablition interrompt la vision plutôt qu'elle n'en détruit la faculté première,. et n'a aucun effet sur la faculté auditive. Vinsi, d'exclusions en exclusions, nous sommes forcés de voL" dans les hémisphères cérébraux eux-mêmes la condition première des sensations auditives, aussi bien qu'ils le sont d^s sensations optiques. Malheureusement, il ne m'a point été donné de poursuivre les nerfs acoustiques, comme j'avais pu le faire quant aux nerfs de la vision, dans une région déterminée de l'écorce du cerveau, et quelle qu'ait été ma persévérance, je n'ai pu aller au delà du noyau gris des couches optiques. C'en est assez sans doute pour affirmer qu'ils vont aux hémisphères; mais à quelle partie des hémisphères? heureux Tanatomiste qui pourra résoudre ce problème!
A cette question déjà si importante, du lieu d'origine des nerfs, en est liée une autre qu'on ne saurait négliger, mais à laquelle on ne peut donner une réponse absolument certaine. Ëtablissons du moins quelques probabilités.
(i) Cette eonnexfon da nerf acoustique, nerf rhythmique par exeellenee, avec le ceryelet organe coordinateur des mouvements, est un fait bien digne de fixer Tattentiou.
BBFLBXI0N8 SUB US FAITS KXPOSBS. 1119
Les fibres nerveuses qui vont de la moelle et des nerfs aux hémisphères, et réciproquement, sont-elles plus nombreuses dans le centre ovale de Vieussens que dans la moelle et dans les nerfs? La réponse serait douteuse en ce qui touche cer« tains vertébrés inférieurs, mais dans Thomme et dans^ les mammifères les plus élevés elle parait assez évidente au premier abord, et Ton se décidera aisément pour l'affirmative.
Dans l'homme, par «emple» la masse des fibres dans lo centre ovale de Vieussens est telle, que le volume du bulbe et de tous les nerfs crâniens réunis, ne pourrait rendre raison de la quantité de fibres que parait comprendre un seul hé« misphère. Mais on ne pourrait pas en conclure immédiate* ment qu'en pénétrant dans l'hémisphère, les fibres du bulbe et des nerfs crâniens s'y sont singulièrement multipliées, ou, réciproquement, que le nombre des fibres qui vont de l'hémisphère au bulbe et aux nerfs crâniens, a subi, en pénétrant dans le bulbe et dans ces nerfs, une réduction considérable.
En effet, il y a des fibres propres dans les hémisphères, et au premier abord la quantité de ces fibres propres pourrait rendre raison du défaut de correspondance qui existe entre le nombre des fibres cérébrales et celui des fibres nerveuses médullaires ou périphériques.
Il serait donc plus prudent, pour résoudre la question, de s'en tenir à la considération de ces fibres de l'axe qui rayonnent vers l'hémisphère, et composent la couronne radiante de Reil. Or» ici la multiplication est probable^ Il n'y a en efiet aucun rapport direct entre le volume de la moelle et du bulbe et le développement des couronnes radiantes ; loin de là.
£n effet, dai^s )es carnassiers et 4ws les ji^erbiyores n)on<h
ddphes où le bulbe est énorme, les couronnes radiantes sont peu riches en fibres et leur développement est borné. Dans les singes au contraire, où le bulbe est médiocre, les couronnes radiantes se développent davantage et atteignent à une richesse et à une grandeur tout à fait exceptionnelles dans l'homme où le bulbe est si petit relativement à Tencéphale.
Mais peutrètre est-ce des nerfs spéciaux dont les fibres ne sont point représentées dans le bulbe, que le centre ovale reçoit la quantité exceptionnelle de fibres qui le distinguent. Cette hypothèse ne serait pas mieux ibndée que la première.
Je choisis en eflet un Cynocéphale ou un Macaque dans lesquels le nerf optique et la bandelette qui lui fait suite ont un volume énorme, et je retrouvé^chez eux un centré ovale très-réduit, avec une expansion cérébrale peu ridie pour un si gros nerf si je la compare à celle de Thomme.
Dans rhomme en efiet le nerf optique est relativement assez grêle. Mais en revanche son expansion radiculaire dans le centre ovale a un développement prodigieux. Ces réflexions, analogues à celles qui avaient frappé Th. Bartholin lorsqu'il nia que la moelle fût une production du cerveau, obligent de conclure qu'il n'y a aucune correspondance nécessaire entre le nombre des fibres dans la moelle et dans les nerfs, et leur nombre dans les prolongements qui leur correspondent dans la masse du centre ovale de Yieussens, et nous portent à admettre implicitement la possibilité d'une représentation multiple dans ce centre de chacune des fibres périphériques qui s'y rattachent. Je parle ici de l'homme, car dans certains animaux très-inférieurs il faudrait peut-être admettre un cas inverse.
Les failâ, comme on peut le voir, sont bien éloignés de confirmer cette idée de Bufibn, c que le cerveau au lieu d'être le siège des sensations, le principe du sentiment, n'est qu'un
BiïLBXIONS Stm LBS ÏAIT8 fiXPOS^. S21
organe de sécrétion et de nutrition, mais un organe très-essentiel sans lequel les nerfs ne pourraient ni croître ni s'entretenir. < Cet organe, » ajoute ce grand écrivain, « est plus grand dans l'homme, dans les quadrupèdes, dans les oiseaux, parce que le volume des nerfs dans ces animaux est plus grand que dans les poissons et dans les insectes, dont le sentiment est faible par cette même raison. »
Tout cela est admirablement écrit» mais repose sur de pures hypothèses (1).
Quoi qu'il en soit, la multiplication une fois admise dans les animaux qui ont un grand cerveau, comment s*accomplira-t-elle? La solution de cette question serait d'une haute importance; malheureusement les moyens d'observation dont on dispose ne nous ont point sufiQ.
Gall, modifiant Tidée de Bufifon, posait en principe que la substance grise engendre partout des fibres nerveuses, elle était donc pour lui la matrice des nerCs, et partout où elle existait, elle était un moyen de multiplication. Hais son opinion n'est pas claire parce qu'elle reposait sur une hypothèse absolument erronée, savoir, que l'encéphale est une efflorescence ou une production de la moelle épinière; cette idée, avons-nous dit, est de Bartholin, et ce grand homme la fondait sur ce fait, que la grandeur du cerveau est en raison inverse de celle de la moelle, et il semblait fort bien raisonner en disant qu'on ne pouvait supposer qu'un plus grand cerveau produisit une plus petite mœlle, et un plus petit, une plus grande ; mais il ne fallait pas en conclure que la moelle produit le cerveau, puisque dans ce cas une petite moelle produirait un plus grand cerveau, et réciproquement. La conséquence de tout ceci c'est que, si le cerveau ne pro-
(1) Hiai. nau, tom. Vil, Diseoon sur les animaux canaMien, page 17.
292 0H1ÛINES DSS NBBFS.
duit point la moelle, la moelle ne produit point non plus le cerveau, qu'ils ont chacun leur raison d'être en eux-mêmes, et qu'en conséquence, le sens dans lequel les fibres se développent étant indécis, la substance grise pourrait bien être terminaison aussi bien qu'origine, en sorte qu'elle pourrait servir à la réduction autant qu'à la multiplication des fibres nerveuses. Il nous, semble donc que l'assertion de Gall est une hypothèse qui n'a aucun fondement solide.
On pourrait, à priori, concevoir dans le système nerveux central trois moyens de multiplication des fibres nerveuses centripètes, et réciproquement trois moyens de réduction des fibres nerveuses centrifliges.
Dans le premier cas les fibres peuvent se multiplier : 1^ par l'adjonction de fibres nouvelles ; 2"* par une division en plusieurs fibres d'une seule fibre nerveuse ; 3o par l'union d'une fibre unique avec une cellule multipolaire à prolongements centripètes multiples. Ce dernier mode de multiplication est à coup sûr possible dans quelques régions du système nerveux.
Dans le second cas, le nombre des fibres pourrait se réduire par trois moyens semblables : 1* des fibres nerveuses en s'éloignant des couches corticales pourraient, au lieu de se continuer dans les pédoncules, se terminer brusquement; 2* plusieurs fibres nerveuses pourraient se réunir en une seule; 3* d'une cellule multipolaire où s'uniraient plusieurs fibres cérébrales, pourraient sortir un moindre nombre de fibres centrifuges.
Combien n'est-il pas regrettable d'être ainsi réduit à proposer des hypothèses^ quand des observations positives seraient si nécessaires? toutefois, s'il n'y a point certitude, les probabilités du moins sont très-grandes; quels que soient les moyens de cette ifiultiplication, elle semble réelle, par exemple, dans
BSFLBXIOHS 8tB IJKS TAIT8 BXf OSBS. 21$
ces plus grandes expansions du nerf optique qui partent d'un plus petit nerf; nous ne ferons d'ailleurs aucune supposition sur la substance grise des corps genouillés externes^ et sur le rapport qu'elle peut avoir avec cette multiplication. L'étude micrographique de ces petits corps n'est point, au moment où j'écris, suffisamment avancée. Je ferai remarquer toutefois que dans le fœtus, le développement des corps genouillés externes est lié à celui des expansions cérébrales du nerf optique. Or, la multiplication des fibres une fois admise dans le centre ovale, quel ordre de fibres sera le plus nombreux? Se* ront-ce les fibres sensitives, seront-ce les fibres motrices? Il est probable que ce sont les premières; mais qui pourrait en être certain ? Ne multiplions pas inutilement les hypothèses, qu'il nous suffise de dire que ce centre s'accroît d'autant plus, que les couches corticales se plissent et grandissent davantage. En conséquence, y aurait*il une grande imprudence à le considérer comme un multiplicateur d'impressions? N'aurait* il pas un rôle important dans l'histoire encore si obscure de ce qu'on a appelé les sensations subjectives? région intermédiaire à la sphère des sens et à celle de la pensée, ne serait-il pas le foyer de l'imagination, la frontière de la vie intérieure, et pendant le sommeil la cause organique des songes? Questions, encore pour cette fois, insolubles ! Nous savons que cette substance qui conduit toutes les impressions, qui transmet toutes les réactions, n'est point directement excitable. On la coupe, on la tranche, on la brûle, il ne s'ensuit ni réaction, ni douleur, et ces fibres par lesquelles nous sentons tout, sont par elles-mêmes insensibles. Ainsi, leurs propriétés sont d'un ordre si relevé, qu'elles échappent à l'expérience. On sait par elle ce qu'elles ne sont pas, mais nous ignorerons toujours peut-être ce qu'elles sont. Il y a là sans doute quelqu'un de ces problèmes dont Dieu cache la solution à
S34 OBIOUfBS us NBBFS.
rhomme comme pour lui rappeler constamment sa faiblesse, et qu'il a livré aux disputes étemelles !
Après avoir dit ce qu'on peut savoir de plus clair sur l'organisation du cerveau, après avoir ajouté moi-même quelques pierres à l'édifice, ce que j'éprouve en ce moment n'est point un sentiment d'orgueil, c'est un mouvement d'humilité profonde et douloureuse. J'ai bftti, moi aussi, ma tour de Babel. J'ai cru m'élever vers le ciel, dont un infini me sépare, et de cette hauteur factice, j'entends déjà monter, vers moi, les voix incohérentes des systèmes chantant sur des tons difTérents et parlant des langues diverses. J'essaierai de dire tout à l'heure les hypothèses du moment; heureux si, dans cette multitude d'assertions incomplètes et contradictoires, mes yeux peuvent se reposer sur quelques vérités démontrées ! Mais avant d'aborder ce sujet, il sera utile de dire ici, en quelques mots, l'histoire du développement de l'Encéphale.
GHLâJPITBE Vn.