CHAPITRE Vm
Mt BWnOWBS DS6 CBHTRtS HEEWBOX CÉHUUK
R4GHID1EH8.
Après avoir décrit le cerveau à ses différents âges, après avoir expliqué sa structure et ses dispositions intérieures, nous croyons devoir terminer cet exposé par quelques considérations générales sur les membranes qui l'enveloppent bnmédiatement, et sur la forme dû crâne.
S t. De la ple-Hi«re.
1^8 centres oerveux sont compris sons une enveloppe iin* inédialie» Une menbraoe en partie fibreiisep en i>ariie vascu» laine, revêt immédiatement l'extérieur de la moelle et du cerveau. Elle tapisse avec beaucoup d'exactitude la surfaœ fies parties qu'elle recouvre, et pénètre dans leurs moindres enfractuosiLés. Elle est essentiellement foroiée d'un lads de vaisseau;^, d^où naissent les fines artères qui pénètrent dans la substance de la moelle ou du cerveau. Sa structure a été fort bien 4écrite. Les vaisseaux sont soutenus par une lame de ce tissu que Bordeu appelait tissu muqueux, et que les am^ tooûstes ailemands décrivent, avec raison, sous le nom de Ussu eoDJonctif. Cette lame contient ainsi les éléments ordinaires de e0 tissu, et des fibrilles élastiques, mais en petit nombre; pu fvoit «issi, dans certains cas» des cellules pigmen tairas qui «oui fort abondantes ches les ruminants, dans le voi* 3nage des lobes oUactifs, et s'accumulent souvent en quao- 4ité oensidénible dans la régioa cervicale de la pie-mère (Ij.
Elle codtient, avons-nous dit, beaucoup de vaisseaux* Hais
(1) Voy. KOlllker, Jftii. huimam, tr. fr., page 345.
DB JJL JPIS-llisX, 267
6D géa&ral, dans tous les lieux où elle recouvre des faisceaux blancs, rélément conjoncUf remporte sur rélémeni yaseulaire, et daos ce cas elle doit à cette prédomiuanca un aq>ect fibreux; c'est ce qui a lieu plus particulièrement dans U moelle épinière; mais autour des parties grises de Teneé* pbale, c'est l'éiémeot vascuiaire qui prédomine. Aussi j estelle plus délicate et plus mince.
Sa dispoâtioa à la périphérie des centres eéphalo-racbi* diens est fort simple. Elle embrasse immédiatement la moelle épinière et forme deux replis, dont Tun tapisse le fond du sillon médian antérieur, tandis que l'autre pénètre dans le sillon postérieur. L'adossement des deux feuillets qui forment ees replis est si intime, qu'ils se soudent le plus souvent en une seule lame. Us ne descendent pas toujours jusqu'au fond dtt sillon, en sorte que faisant seulement adhérer ses bords^ ils k transforment en un canal complet, ce qui a lieu, par exemple, dans la région œnricale de la moelle du Chai. Outre ces prolongeants et ces replis, la pie-mère fournît dea gaines qui enveloppenl les radnes des nerfs raehîdiens.
Quant «n cerveau, elle en tapisse la sorfaee et descend an fond de ses moindres anfractuosités. Cette disposition jusltf e en partie l'opinion des anciens qui voyaient dans ces anfinao loosités la condition d'une plus riche distribution du sang dans le cereoMi (t).
Ija pie-mère ne touche point an plancher da cpiatriènit vitiMcole, mais elle complète sa paroi postérieure en rsceah- ^MMt ses valm^ latérales, puis elle s'insinue entre ces ini^ vntes H la luette, se réflédiit sur la face postérieure du voile iraneversal ^i mit les denx lobules des vermis kténux» nt
(1) Th. BarthoHn, Anat, reformata. --Zacotas Lusttanas, De Mêd, prineip. historié, Ilb. ?l« ^ $36.
^68 DES E^TBLOPPES DES CENTBES KEBYEUX, ETC.
se continue avec la pie-mère cérébelleuse. Dans le fœtus, les parties de la pie-mère qui recouvrent les dilatations latérales du quatrième ventricule, c*est-à«dire les deux commissures du rictus, sont semblables à deux vésicules saillantes. Ces vésicules logent les plexus choroïdes du quatrième ventricule, qui ont à cette époque un développement énprme. Ces plexus sont formés de houppes et de lames parallèles, très-riches en vaisseaux et que recouvre un épithcKum vibratile.
Ces saillies internes de la pie-mère flottent dans le quatrième ventricule, mais elles ne touchent point à son plancher et ne se prolongent jamais dans Taqueduc de Sylvius. En revanche, un vaste repli de cette membrane pénètre dons les ventricules du ceryeau par la fente en fer à cheval, sous la forme d'un voile triangulaire formé de deux làmes adossées. La pointe du triangle, soutenue par deux petites veines, touche aux piliers antérieurs de la voûte; ses bords, du moins chez l'adulte, suivent le sillon qui sépare la couche optique du corps strié jusqu'à l'extrémité de la corne sphénoîdale du ventricule. Ce repli est la toile choroîdienne. Il recouvre le ventricule intermédiaire, mais il est, à son tour, recouvert par l'opercule. De chaque côté de la ligne médiane on remarque, à sa face inférieure, deux petites séries longitudinales de houppes vasculaires que Ton a désignées sous le nom de plexus choroïdes du troisième ventricule. Des houppes plus riches garnissent, en manière de franges épaisses, les oMés du triangle, font saillie dans les ventricules latéraux et reçoivent quelques vaisseaux des parties voisines. Ces franges vasculaires, connues sous le nom de plexus choroMea des ventricules latéraux, sont recouvertes d'un épilbelium vîhra* tile dont l'existence a été constatée par M. Yalentin (1).
(I) Physiotogie^ deuxième édition, deaxiime partie, itagb S9f.
BS LÀ JDUaB-MÈ&E. 969
TooB ces plexus sont fort réduits dans Tadulte si on le compare à ce qu*il6 sont dans le fœtus. Non-seulement à cet âge ils forment dans les commissures du rictus du quatrième ventricule de grandes saillies fort régulières, mais ceux des ventricules latéraux ont un si grand volume qu'ils remplissent la cavité entière de Thémisphère. Ce grand développement des plexus choroïdes pendant la vie fœtale semble indiquer qu'ils ont un rôle important à remplir pendant la période primordiale, soit en servant à la distribution des vaisseaux qui nourrissent les parois intérieures de l'encéphale, soit peut-être en sécrétant et en absorbant le fluide céphalo-radiidien, et en maintenant à cet égard les choses dans un équilibre constant. LMiydrocéphalie congéniale pourrait bien dépendre de quelque affection de ces plexus.
On a longtemps discuté sur la nature de la membrane qui tapisse immédiatement la paroi interne des ventricules. On sait aujourd'hui que cette membrane est un épithelium composé de cellules cylindriques dans la moelle, et dans l'encéphale de cellules à cils vibratiles. On peut consulter sur ce point les travaux de Purkinje et Yalentin (1), ceux de Luschka et de Kolliker (2).
Je ne m'étendrai point ici sur la forme et sur les dimensions de ces cellules. Ces détails appartiennent à un traité d'anatomie générale. Qu'il me suffise d'avoir indiqué d'une manière sommaire la disposition générale de la pie-mère.
S». M la
Après la pie-mère nous décrirons immédiatement la dure-
(1) Mnll. Archives, 1836.
(7) BitUflogie humaine, page 348.
^0 DES EirVBLOPPlS DBS GBNTKlS HSBVBUX, BTG.
mère, bien que celle-ci ne b reconrre point d*ane manière immédiate. Mais la clarté de Texposilion oblige d*lntenrerttr ici Tordre naturel.
C'est une membrane fibreuse composée simultanément de tissu conjonciif et de fibres élastiques. Celles-ci s* y trourent en grande abondance. Suivant la plupart des auteurs, elle est formée de deux lames distinctes. L'une est le périoste même des surfaces internes^u crâne et du raehis, Taatre mérite le nom de lame viscérale; adhérente en quelques points à la première, elle s*en détache en certains lieux, et forme des replis qui , sous le nom de faux ou de tentes , séparent les deux hémisphères cérébraux Tun de l'autre et constituent audessus du cervelet une cloison horizontale qui le sépare du cerveau. Dans la base de ces replis existent àes lacunes qui reçoivent le sang des veines cérébrales et sont connues sous le nom de sinus. Après une indication générale de ces faits, je vais essayer d'en donner une idée plus précise.
A. Dure-'mtre eéphaiique.
Qu'on imagine une vaste ampoule, emplissant la cavité du erftne et adhérant plus ou moins intimement à ses parois, surtout le long des sutures, et l'on se fera une idée assez juste de la disposition de sa lame périostique.
Certains prolongements de cette lame se continuent par la fente sphénoîdale avec le périoste de l'orbite et par les autres ouvertures du crâne avec le périoste qui en revêt la surface externe. Plus de détails seraient inutiles, je me bornerai donc à ce peu de mots.
Le feuillet interne ou viscéral est plus compliqué. Presque adhérent partout au feuillet périostique, il s'en détache en certains lieux et forme deux replis principaux. L'un de ces
DB LA DTIBB-MBBS. :>71
replis est borisontal, il sépare dans le crâne la région cérébrale d'avec la région cérébelleuse. H. Gniveilher Ta fort bien décrit : c II représente, » dit cet habile auteur, < deux c plans inclinés, réunis à angles obtus, de manière à former c une sorte de voûte... La concavité de cette voûte répond « à la convexité du cervelet sur laquelle elle se moule. — - • La convexité supérieure répond à la concavité légère des « lobes postérieurs du cerveau. »
Ce repli est tendu entre les gouttières latérales de Tocci* pital et le bord supérieur des deux rochers, et souvent chez les animaux il est soutenu par des prolongements osseux du pariétah 11 présente en avant une échancrure dont les extrémités correspondent aux apophyses de la selle turcique du sphénoïde et qui embrasse le nosnd de Tencéphale.
L*aotre repli est médian et vertical; sa forme est celle d'une lame de faux très-large. Son bord supérieur adhère à la gouttière sagittale du crftne. Son tranchant concave suit la courilie du corps calleux. Sa pointe est en avant et touche à Tapophyse crisia galli; quant à sa base, elle tombe à angle droit sur la partie moyenne du repli horizontal. Ces deux repHs sont disposés Pun à Fégard de l'autre de Wmîère à se tendre réciproquement.
Un deuxième repli médian, assez peu saillant, sépare ineompléteâient les fosses cérébelleuses Tune de Tautre.
On a donné des noms particuliers à ces replis. Le premier est connu sous le nom de tente du cervelet. Le repli médian fiilcifonne est la faux du cerveau. Le petit repli médian qui sépare les fosses cérébelleuses est désigné parfois sous le nom de faux du cervelet. Ces replis de la dure-mère divisent la cavité du cr&ne en plusieurs loges où les grandes divisions de l'encéphale sont enfermées, et contribuent efficacement à la protection de ce viscère qui sans ces dispositions serait
971 DBS BNVBLOPPBS DBS GBKTABS RBaVEUX, BTC.
écrasé par sa propre masse et déchiré par les moindres ébranlements (1).
Plusieurs canaux lacunaires sont compris dans certains points de ces replis, et entre les deux lames de la dure-mère ; on leur a donné le nom de sinus. On en distingue un assez grand nombre.
L*un d*eux suit le bord adhérent de la faux dans Tépaisseur duquel il est compris. On lui a donné le nom de sinus 101^ gitudinal supérieur* Un autre est compris dans le tranchant de la faux. C*est le sinus longitudinal inférieur.
Ces deux sinus communiquent avec les deux extrémités d*un canal, compris entre les replis de la dure-mère, dans le lieu de Tintersection du repli médian falciforme et de la tente du cervelet. Ce canal est le sinus droit.
Le bord adhérent de la tente du cervelet loge un canal transverse qui répond aux gouttières latérales de Tos occipital. Les deux extrémités de ce canal s'inclinant vers les trous déchirés postérieurs, où elles s'unissent aux golfes des veines jugulaires. Les deux moitiés de ce canal se nomment sinus latéraux.
Ces différents sinus communiquent évidemment les uns avec les autres. Ainsi, le sinus longitudinal inférieur s'unit avec l'extrémité antérieure du sinus droit. Le sinus longitudinal supérieur s'unit de son côté avec l'extrémité postérieure du sinus droit, et tous deux à la fois ils communiquent avec les sinus latéraux vers la protubérance occipitale interne ; ce confluent de sinus donne lieu à une dilatation connue sous le nom de pressoir d'Hérophile. . Deux petits canaux accessoires descendent du pressoir à la base de la faux du cervelet,
(Ij 11 est njmarqaable que dans let animaai la grandeur de la faux est toaJooTi en raison directe de la masse des hémisphères.
DB LA. DUBB-HiblB. 373
passent à droite et à gauche du trou occipital» et se terminent de chaque côté dans le golfe ^es veines Jugulaii*es. Ils sont désignés sous le nom de sinus occipitaux.
Les sinus que nous venons de décrire composent un premier système de canaux veineux. Il en existe un second.
Un petit sinus circulaire» logé dans la selle turcique du sphénoïde, en forme le centre. Ce sinus est le sinus coronaire. Il entoure le corps pituitaire.
Aux deux côtés de ce sinus sont logées, dans une gouttière tracée de chaque côté vers la base des grandes ailes du sphénoïde, deux dilatations connues sous le nom de siwus caverneux* Ces sinus sont fort remarquables, car ils sont tra* versés par l'artère carotide et par plusieurs nerfs, savoir : le moteur oculaire externe et ceux qui composent le plexus caverneux du grand sympathique.
Les sinus caverneux communiquent avec ceux que nous avons décrits plus haut par les sinus suivants : !<> Le sinus pétreux postérieur étendu le long du bord supérieur du rocher, entre le sinus caverneux et le sinus latéral du même côté; 2o Le sinus pétreux inférieur étendu le long de la suture occipito pétrée, entre le même sinus caverneux et le sinus latéral. Enfin, le sinus occipital transverse fait communiquer les sinus pétreux et caverneux d'un côté, avec ceux du côté opposé au-dessus de la gouttière basilaire.
Quel est le rôle de ces sinus ? — Us logent dans leurs gaines inextensibles de larges troncs veineux, réduits à leur paroi épithéliale. D*une part ils reçoivent le sang des vemes encéphaliques, et de Tautre ils le déversent par les sinus latéraux dans les veines jugulaires. Si les inventeurs du phlébentérisme eussent fait attention à ces veines, sans parois propres, dans Tune desquelles sont contenus des vaisseaux et des nerfs,
ils n'eussent pas fait si grand bruit de leurs prétendues n. 48
:S74 DBS ENVELOPPES DES CERTBSS NBEYBUX, ETC.
lacunes veineuses dans les mollusques gastéropodes, dans les brachîppodes et dans quelques autres animaux inférieurs.
Cette ressemblance entre les sinas de la dure-mère et les prétendues lacunes des mollusques est d'autant plus frap* pante, que les uns et les autres sont divisés par des brides intérieures et peuvent enfermer dans leur cavité des organes dont le sang baigne les parois. Les uns et les autres n*en sont pas moins de véritables veines. Le sang les parcourt dans un sens déterminé, et s'ils n'ont point ces parois contractiles qui distinguent en général les veines, cette anomalie esft commandée par certaines circonstances particulières. Dans le crâne des vertébrés, par exemple, des troncs veineux extensibles auraient pu, en se dilatant, comprimer le cerveau; mais ces -canaux rigides, compris la plupart dans les interstices des grands lobes de Tencéphale et presque absolument inextensibles, assuraient par leur multiplicité une large voie à la circulation du sang. Leurs fréquentes anastomoses, d*où résulte un vaste réseau, préviennent des congestions dangereuses en donnant à l'écoulement du sang un plus grand nombre d'issues.
B. Jhin-Mire iwiiirfiMiiii,
Au-dessous du trou occipital les deux feuillets de la duremère, presque partout confondus dans le crftne, se séparent. L'un deux, le feuillet périostique, demeure adhérent aux vertèbres du rachis; l'autre, le viscéral, forme une sorte de sac fort allongé qui est en quelque sorte suspendu dans le canal rachidien. Ce sac, renflé à la région cervicale, rétréci vers le dos, renflé de nouveau dans la région lombaire et enfin terminé en pointe vers le coccyx, contient la moelle épinière et les racines des nerfs qui s*y rattachent.
Bl LA DUBl-MÀBB. 375
La dure-mère rachidienne est attachée aux parois do canal rachidiea par les gatnee qu'elle fournit aux paires nerveuses et qui les accompagnent jusqu^aux trous de conjugaison, et par un grand nombre de brides fibreuses qui l'unissent au ligament vertébral postérieur. Le mode d'attache de ces brides varie beaucoup (1). EUai sont fort abondantes au cou, à peu près nulles vers le sommet de la région dorsale, et deviennent peu à peu plus nombreuses vws ia partie inférieure de cette région. Ces hiiàeê, fixées d'une part à la duremère et de l'autre aux parois du canal vertébral, franchissent de l'on à l'autre un espace assez vaste que remj^it un tissu cellulaire Iftche et fréqumunent chargé de graisse.
La dure-mère rachidienne contient la moelle épini^ qui en occupe le centre, et les racines des paires rachidi^nes. Elle cireonscrit un grand espace au milieu duquel ia moelle est suspendue dans une atmosidière liquide ; des attaches nombreuses la maintiennent dans l'axe du tube formé par la duremère. On distingue parmi ces attaches : l"" à son extrémité inférieure, le ligament coccygien qui se fixe au coccyx. Ce ligament n'est rien autre chose qu'un prolongement de Tenvdoppe que la pie-mère fait à la moelle ; 2® latéralement les ligaments dentelés, sortes de prolongements triangulaires de la diarpente celluleuse de ia pie-mère, dont la base touche à la moelle et le sommet aux parois du sac formé par la duremère. La série de ces dentelures, au nombre de 21 ou 22, s'étend entre le trou occipital et la première vertèbre lombaire. Cette limite inférieure présente d'aUleurs quelques variations. Les points d'attache des dentelures sont compris entre la série des racines antérieures et celle des racines postérieures.
Si le sac formé par la dure-mère était lâche et flottant,
(t) Msgendie» ^teh, tur U liquide eiphah*rachidien, Paris, tS4}, page S.
276 DES ENVELOPPES DES GENTBKS NBBTBUX, ETC.
CCS attaches de la pie-mère ne donneraient évidemment à la moelle aucune fixité réelle. Hais il n^en est pas ainsi, ce sac étant distendu, comme nous l'avons déjà dit, par un liquide intérieur.
Entre la pie-mère d*une part, et la dure-mère de Tautre, est interposée une membrane séreuse ; cette membrane est Tarachnoide.
L'arachnoïde comprend deux feuillets, l'un parfaitement libre et dont l'existence est certaine, l'autre adhérent et problématique.
Le premier feuillet, feuillet viscéral^ enveloppe, à la manière d'un grand sac, le cerveau et la moelle épinière, mais il recouvre ces parties sans y adhérer.
Le deuxième feuillet, feuillet pariétal^ forme un second sac qui enveloppe le premier. Il adhère dans toute son étendue à la dure-mère dont il tapisse, à la manière d'un épithélium, la surface interne. Son existence est si peu démontrée, que d'habiles anatomistes en nient l'existence, et peut-être avec quelque raison. Quant au feuillet interne, dont la réalité n'est pas contestée, il est refoulé par tous les prolongements qui unissent la moelle aux parties périphériques, et revêt ces prolongements d'une enveloppe distincte.
L'arachnoïde est fort différente de la pie-mère. Ne servant point comme elle à la nutrition de la moelle et du cerveau, elle ne pénètre point dans les anfractuosités des surfaces de ce dernier viscère, mais les enveloppe en bloc passant conune un pont sur toutes les fosses, sur toutes les anfractuosités. Il en résulte des espaces, des lacunes sous-arachnoîdiennes,
DB I.'ABACHNO!dB. 277
principalement à la base du cerveau. Ces lacunes contiennent un tissu cellulaire très-délié (tissu cellulaire saus-arachnoi" dien) que baigne un liquide autrefois entrevu par Cotunni(l), mais dont l'existence est devenue célèbre depuis les travaux de H. Magendie (2) qui Ta désigné sous le nom de liquide céphalo-spinal ou céphalo-rachidien.
Dans le rachis, le feuillet viscéral forme à la moelle une enveloppe très-large que distend le même liquide, c II n'est pas difficile, dit M. Magendie, de comprendre quelle protection efficace la moelle reçoit du liquide qui Tenvironne, et au milieu duquel elle est comme suspendue, à l'instar du fœtus dans Tutérus, avec cette diffirence qu'elle est fixée dans sa position centrale par le ligament dentelé, et les divers nerfs rachidiens. »
Non-seulement le liquide céphalo-spinal forme à la moelle et au cerveau une enveloppe liquide, il baigne encore les cavités ventriculaires et tire peut-être son origine des plexus choroïdes. Celui qui emplit les ventricules latéraux se déverse par les trous de Monro dans le ventricule intermédiairsi coule dans l'aqueduc de Sylvius et de là jlans le quatrième ventricule, d'où il s'échappe enfin par une petite ouverture qui divise la pie-mère au-dessus de la pointe du calamus et fait communiquer l'intérieur des ventricules avec la cavité du feuillet viscéral de l'arachnoïde spinale. Ce . liquide baigne donc à la fois l'intérieur des ventricules et l'extérieur du cerveau. M. Magendie, qui a vu ce liquide recevoir prompte^ ment les substances qu'on introduit dans les veines, pense qu'il pourrait bien n'être pas étranger à l'action de certaines ma-
(1) Gotaoni, De iachiade nervosà comrnenlarium. — Haller, ÉUm* phys., tome IV, page S7.
(2) Magendie, Loco ciL Yoy. auBtl 8on Précis éUm^ntaire de physiologie^ tome 1, page 228.
278 DBS Binrxi.oppB& nfs atmaiM nBTBuXy btc.
tières sur le systèma iierveuz, en les oiettaiit en Nqpport immédiat ayec les AoMemm cérébrales (1).
V ËlémenU MStottkfMt prDpMt.
(a). Enveloppes de la moelle*— La dore^ndre radndidniie est à la fois composée de fibres de tissu conjonctir disposées en faisceaux longitudinaux et d'un réseau défibres élasU(iues« Elle est tapissée à Tintérieur par un épithélium formé de cellules polygonales à noyau plat. Le ligament dentelé n*a point d'épithélium.
Suivant Kôiliker, le feuillet pariétal de Tarachnolde n'existe pas, ce qui me semble fort probable. L'arachnoïde est en conséquence réduite à son feuillet viscéral, que certains flla^ metits unissent à la dure-mëre dans la région cervicale, mais qui partout ailleurs est libre à sa face externe et revêtu par une couche de cellules épithéliales, semblables h celles qui tapissent la dure-mère.
Quafit h la pie-mère rachidienne, elle est essentiellement formée de tissu conjonctif, mêlé de quelques fibres élastiques.
(b). Enveloppes du cerveau. — La structure de la dure-
(1) Lftssalgne a donné l'analyse du liquide eéphalo'raohldleil, U Mltfl* calin et d'une saveur ?alée. U contenait, dana une ? ieillo femme :
Eau 98,564
Albumine ^ 0,088
Osmaiftme »«...«• 0,474
Chlorure de sodiom et de potassium 0,801
Matière animale et phosphate de chaux libre. . . . 0^036 Carbonate de soude et phosphate de ohanx 0,017
L'analyse du liquide céphalo-rachidien d^un Cheval a donné à peu près les mômes résultats. Suivant Coucrbc, !t contiendrait en outre de la choleslorinc et de la cérébrotc.
8TBUGTUBB DBS EHYELOPPES 1IB1IBBA1IB1T8B8, BTC. 278
mire encéphalique est, sauf son adhérence au périoste interne du crâne, fort semblable à celle de la dure-mère rachidienne. Il en est de même de Tarachnoîde encéphalique* U. Kôlliker fait remarquer qu'en beaucoup de points elle adhère à la dur&^mère. La prétendue communication de Tarachnoida avec les yentiiculea, enseignée par Bicbat et depuis par le célèbre Arnold, n'existe pas. H. CSruveilher (1) et M. Fo« viUe (2) ont fort bien expliqué que ce prétendu canal n'est qu'une espèce de cul-de-sac plus ou moins profond, formé par un prolongement de l'arachnoïde qui se réfléchit autour des veines principales du plexus choroïde {Veines de Galien), ainsi la paroi interne des ventricules n'est point, ainsi que l'avaient cru quelques anatomistes, tapissée par un prolonge^ ment de l'arachnoïde. Quant & la pie-mère eno^halique, elle elle formée comme la rachidienne de tissu coiyonctif auquel sont mêlées quelques fibres élastiques. Mais ici l'élément vaaculaire furédomine sur tous les autres. Elle contient en outre un assez grand nombre de cellules pigmentaires*
3* Nerfs et Talsseaux des membranes du système neryeax
céphélo-nMÉUdleD.
(a) Yalsalva l'un des premiers a parlé de nerfs allant à la dure-mère. 11 les fait dériver de la portion dure de la septième paire (3). Cette erreur fut bientôt relevée par Meckel(4) et par Morgagni(5). Haller(6) a savamment écrit l'histoire de cette découverte ; on consultera aussi avec beau-
(I) Anatonûe descriptive, tome IV, page 548.
(3) Anat, et pkifs, eu nfithne nerveux eéréàro-'ipbtal, fêge 661 •
(8) Ant. M. ValsaW». TracL de aure humandt eap. ni. Venet, 1740, ln-4, page 47, et in JHssen,^ 1 a, cap. m, $ 21.
(4) De quinlo pare nervorum cerebri, page 52. (6) Advers, anat,, tome IV, page 34.
(6) ÉUm, phys., tome IV, page 00.
280 DES BNVELOPPBS BBS GENTBBS NBAYSUX, ETC.
coup d'avantage le bel ouvrage de LoDget(l). Cette opinion avait été négligée jusqu'à Arnold (2), qui a décrit un filet nerveux qui se porte de la branche ophthalmique du trijumeau dans la tente du cervelet. Quelque temps après Arnold» M. Gruveilher décrivait de son côtelés nerfs de la dure-mère. « Je reconnus, » dit-il, a de chaque côté de la ligne médiane deux filamens nerveux étendus de la cinquième paire jusqu*au voisinage du sinus longitudinal supérieur. Un troisième filament nerveux occupait l'épaisseur de la tente du cervelet. Je n'ai pu constater l'origine de ce dernier filet f3). »
Suivant M. Longet, ces nerfs proviennent exclusivement du trijumeau, savoir :1° de la grosse racine avant sa fusion dans le ganglion de Casser; 2odu ganglion lui-même; 3<»de la branche ophthalmique. Cet habile anatomiste n'a point vu de nerfs dans la dure-mère spinale. Cela devait être; car, d'après des recherches récentes, ces nerfs ne sont point destinés au feuillet viscéral de la dure-mère, mais à son feuillet périostique. Ils accompagnent assez régulièrement les artères méningées et sont composés de fibres grises. M. Luschka décrit des filets nerveux dans l'arachnoïde. M. KôUiker ne partage point ses opinions à cet égard. Quant à la pie-ncière, les recherches de Purkinje ont montré qu'elle en contenait un grand nombre. Ces nerfs, suivant M. Remak, proviennent des racines postérieures. Ils forment des réseaux très-riches dont les prolongements enveloppent les artères qui sont à la base du cerveau, et les accompagnent profondément dans Pépaisseur de sa masse nerveuse (4).
(b) Nous ne dirons rien ici des vaisseaux de la lame pério-
(1} Ânat, et phys, du système nerveux, (3) Icônes nervorum capitis, (3) Anal, descript,, lome IV, page 539. (4} KOlliker, Histologie humaine, page 3&0.
8IRUGTUBB DES ENVELOPPES MEMBBÀIIEUSES, ETC. !>8l
siiqae de la dure-mère; nous nous bornerons à rappeler soin« mairement la disposition des vaisseaux propres au système nerveux encéphalique.
Les artères de l'encéphale proviennent : !<> des vertébrales; 2o des* carotides internes. Ces artères sont remaN quables par les flexuosités qu'elles décrivent avant de pénétrer dans le crâne. Dans un grand nombre d*animaux elles se décomposent en un faisceau d'artérioles formant un réseau admirable bi-polaire. Ces détails appartiennent essadtiellement à l'anatomie descriptive.
Vicq-d'Àzyr a parfaitement décrit et figuré dans son bel ouvrage, PL XIX, les artères de Fencéphale. Elles forment deux systèmes distincts : celui des carotides et celui des vertébrales.
— Les deux carotides, après avoir traversé les sinus cavemeux, donnent les artères ophthalmiques, se recourbent Tune vers Tautre, s'engagent dans Tintervalle qui Sjépare les deux lobes antérieurs du cerveau, et se recourbent autour du corps calleux pour se distribuer, sous le nom d'artères calleuses, à la face interne des hémisphères. Avant de s'engager dans la scissure médiane, les deux caroUdes s'unissent par une anastomose transversale.
i, Dans son trajet, chaque carotide fournit une grosse branche qui se porte en dehors, traverse l'espace olfactif, suit le fond de la scissure de Syivius, et se distribue à la face ext^ne des hémisphères. Elles fournissent en outre les artères de l'espace perforé. Yicq-d*Azyr les nomme fort élégamment artères 5y/* viennes. Les carotides, en conséquence de leur distribution, sont essentiellement les artères des hémisphères cérébraux.
— Les deux vertébrales pénètrent dans le cr&ne par le trou occipital. Placées de chaque côté du bulbe, elles convoitent à sa face inférieure et s'unissent au niveau de la protubérance en un seul tronc médian, connu sous le nom d'artère ba-
2S1 DS6 BinrSUffPBS PIS CBHTBIS KEKfËm^ BIG.
silaire. Ce trône se divise au-devant de la protubérance» se recourbe en dehors, puis en arrière» et se distribue aux parties postérieures des hémisphères sous le nom d'arttees cérébrales postérieures ou profondes. Une divisîoB considérable de ces troncs remonte vers la toile choroîdienne ei donne des rameaux nombreux aux plexus choroïdes im ventricules latéraux.
Sur les côtés, les vertébrales et Tartère baailaire foumisaeni d^arrière en avant : 1^ Un centimètre environ avant leur réunion, les artères cérébelleuses profondes. Ces artères stt recourbent autour du bulbe et donnent au plexus choroïde du quatrième ventricule des rameaux nombreux. Cheimn faisant elles fournissent des branches déliées au bulbe» aux olrreSy aux tuniques des nerfs vagues, au cervelet. On pourrait pousser f<Hrt loin la description de ces détails* Elles four* niss^ encore les artères spinales antérieures.
S*" Àu^vant de la réunion des deux vertébrales, le trône basUaîre donne les petites artères cérébelleuses latérales que loge le sillon horiaontal du cervelet. Elles se distribuent dans la protubérance, dans le nerf facial et dans l'acoustique* Elles croisent la direction de ces nwfs, et fournissent les artères auditives.
Plus en avant, il d<mne les artères supérieures du cervelet. Ces artères, parallèles aux fibres de la protubérance, passent au-devant des nerû trijumeaux et se distribuent à la face supérieure du cervelet, elles donnent en outre des ramuscules aux tubercules quadrijumeaux, & la glande pinéale et aux plexus choroïdes.
Ces deux systèmes artériels, celui des carotides et cehii des vertâ>niles, communiquent Tnn avec l'autre au moyen de deux artères parallèles qui passent i droite et à gauche de l'espace interpédonculaire. Ces artères, désignées sous le
8TBUCTUBB DBS KPnaÀ»VBB MBIBBiJanMBS, BTC. 2ât
nom ée communicaiites, unissent les cérébrales postérieures aux trônes des carotides» à leur entrée dans la cavité de la dur64nère« Les ^(«unanieantes eomplàtent le cercle artériel de Willis que ferment en avant les deux carotides unies par une anastomose transverse et, en arrike» les deux branches terminales du tronc besibire. Ge cercle ratoure l'infundibulum. C'est de lut que naissent les artères des pédoncules et dn triangle intarpédonculaire» En oiitre» entre la Sylvienno et la communicante^ chaque tronc carolidien fournit de petits rameaux que Vicq-d*Azjr a désignés sons le nom d'artères cfaoroidiennes antérieures»
Ces artères^ pour b plupart, se divisent à Finfini dans la pie-m^ encéphalique avant de se ramifier dans la masse cérâkrale. Toutefois elles donnent quelques petits nmeaux directs à l'espace interpédoncnlairis et à l'espace oKnctif* Quelques petites artérioles, émanées des communicantes» traversent les plans inférieurs des pédoncules et se ramifient dans le locus niger. Les artères de la protubérance, et en général toutes celles qui pénètrent dans des parties blandies qui recouvrent des noyaux de substance grise, sont dans le même cas. Tf ous signalerons encore une petite artère qui, de Fartera cérébelleuse supérieure, se porte à la surface du pé-^ doneule supérieur du cervelet, dans l'intérieur du corps rhom^ boldah
Quant aux artères qui pénètrent dans les couches oorticaleSf elles sont fort déliées et forment, dans la substance grise plus particulièrement, des réseaux très-fins et trèsHMirrés»
Les veines de l'encéphale ont pour troncs ccHnmuns les sinus de la dure*mère«
On distingue :
lo Les veines cérébrales supérieures. Leurs racines, logées dans le fond des circonvolutions de la face supérieure du
284 DBS ENVBLOPPSS DK8 CSNTBBS NSATBUX, BTG.
cerveau, se portent vers la scissure médiane, se dirigent d'arrière en avant, s'unissent aux veines qui proviennent de la face interne des hémisphères, et s'ouvrent enfin dans le sinus longitudinal supérieur. *
S"" Les veines cérébrales postérieures. Elles s'ouvrent dans les sinus latéraux près des sinus pétreux supérieurs.
3"* Les veines cérébrales antérieures. Nées de la partie inférieure des lobes antérieurs du cerveau, elles se terminent dans la partie antérieure du sinus caverneux, et dans certains cas dans le sinus pétreux supérieur.
4"" Les veines du corps strié et les veines choroidiennes. Elles constituent, en s*unissant, les veines de Galien qui viennent s'ouvrir dans l'extrémité antérieure du sinus droit.
ô"" Les veines cérébelleuses supérieures. Elles s^unissent à la partie moyenne du sinus droit.
&^ Les veines cérébelleuses inférieures^ qui ont pour troncs le sinus droit et les sinus latéraux.
V" On doit joindre à ces veines la veine ophlkalmigue^ qui s'ouvre dans le sinus caverneux.
Vaisseaux lymphatiques. — La substance du cerveau parait en être dépourvue, mais ils sont, d'après Arnold (1), fort abondants dans la pie-mère. Cet habile anatomiste distingue dans cette membrane trois réseaux superposés. Les troncs lympathiques, qui naissent de ces réseaux, suivent dans leur trajet les veines du cerveau.
Tous ces troncs artériels, veineux ou lympathiques, appartiennent essentiellement aux enveloppes du cerveau. Les artères et les veines de la substance cérébrale naissent directement des réseaux vasculaires de la pie^Aère, et sont surtout abondantes dans l'épaisseur de la substance grise* La
(I) leonef, Atuaom. fasc, I, Tab. 1 et 2.
niPOBTANGB DS L'STUBE DU CBANB. 285
grande vascularité des couches corticales suffirait pour indiquer qu'elles sont le siège d'un travail important.