DB LA FORME DU CRANS
Blumembachy qui l*a signalé le premier avec sa sagacité habituelle, a choisi pour exemple le crâne d'une Géorgienne dont Tensemble présentait les proportions les plus élégantes; mais il me semble que sa valeur est encore mieux justifiée par Texamen des^ réalisations les plus dépourvues de beauté du type blanc. Tai entre les mains plusieurs crânes pris au ha* sard, petite et déprimés, construits en un mot de la manière la plus disgracieuse. Eh bien! chez tous, ce caractère fondamental de la race persiste. Tètes longues, courtes, hautes I basses, toutes sont semblables à cet égard , et le caractère est aussi apparent dans les tètes les plus abjectes que dans des crânes comparables pour la beauté à celui de Schiller.
On peut d'ailleurs substituer à la méthode de Blumenbach une autre méthode plus immédiate et plus simple. 11 suffit, en effet, d'examiner la tète en la regardant de face. On sait* qu*une crête plus ou moins saillante, qui fait suite au bord postérieur des apophyses orbitaires, s'élève sur chacun des côtés du frontal , séparant sa partie faciale d'avec ses parties temporales. Or, dans les races inférieures, la largeur maximum du frontal est donnée par la distance qui sépare ces deux crêtes. Mais, dans la race blanche, cette largeur maximum correspond au bord postérieur de ses régions temporales, en sorte que «ces régions elles-mêmes semblent faire partie de la face. Ce caractère est évident et d'un emploi si facile qu'on peut en faire à chaque instant usage. Or il ne se
port dans tin erftnd d'Airouroux de la variété australlcnae. Mais c'est dans la raee tasmanlenne qu'elle atteint à son maiimupi; elle égalait dans im homme adulte de cette raee S4 "■*», et formait à peu près exactement le quart du diamètre bi-pariétal. C'est dans cette race que la prédominance du diamètre pariétal sur 1o fMntal est la plus frappante. Toutefois le rapport dv diamètre bi-pariétal à r«ccipito-CW)ntal range cett« variété parmi les racea dolichocéphales.
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retrouve ni dans le crâne des nègres^ ni dans celui des Alfou» roux y ni dans les races autochtones de la terre de Vati-Dié' tnen et de làNouvelle^alédonie ; enfin c'est à peine si Ton en voit quelques traces dans les races mongoliques. G*est pour cette raison que je désigne les races blanches sous le nom de races frontales j le nom de races pariétales convenant mieux aux races mongoliques et aux nègres de Yan-Di^en, e( les peuples nègres, différant de la race tasmanienne, méritent évidemment le nom de races occipitales.
D'ailleurs, de cette prédominance relative du frontal, il ne faudrait pas conclure que le pariétal décroît dans les races caucasiques. Loin de là, le développement de la vertèbre sphéno-pariétale acquiert dans ces races un haut degré. Aussi la tète n'est pas seulement large en avant, elle est encore arrondie sur les côtés, forme qui s'éloigne essentiellement de celle des Alfouroux et des nègres d'Afrique dont la tète, bien qu'assez petite en somme, est cependant démesurément longue eu égard à sa largeur, tant elle est aplatie sur les côtés. Quelques personnes expliquent ce fait, en disant que la têt^ de l'homme blanc est sphéroîdale ou globuleuse. C'est là toutefois une exagération, car son diamètre longitudinal l'emporte sur le transversal d'une quantité notable égale au plus au cinquième du diamètre longitudinal dans les crânes bien faits; mais chez l'enfaift nouveau-né et dans quelques idiots et dans certaines têtes très-longues, mal conformées, la différence est plus grande et peut surpasser le quart de la longueur totale. L'enfant est donc dolichocéphale^ c'est-à*dire longue^ tétCy eu égard à l'adulte, d'où l'on peut conclure qu'en se perfectionnant, le cerveau s'accroît en largeur un peu plus qu'en longueur. Ce résultat est fort contraire à ceux qu'ont annoncés les phrénologistes, pour lesquels l'étroitesse du crâne, ou du moins son aplatissement sur les côtés, est le signe de la pré-
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dôminance des facultés sociales sur les instincts. M. Georges Gombea a apporté en preuve de celte opinion Texemple des CingaleseSf peuple de File de Ceyian qu'on renomme pour sa douceur, et dont le crâne est singulièrement plat sur les côtés. Hais les Affouroux de la Nouvelle-Guinée (1), Tout plus plat encore, et passent pour le^ êtres d*une férocité odieuse, même parmi les Papous^ qui cependant ne doivent pas être difficiles en fait de civilisation.
Les petits enfants de race*blanche sont également dolieho^ eéphales; cependant, malgré la prédominance singulière du diamètre occipito-frontal sur le bi-pariétal, on remarque sur les côtés, et immédiatement au-dessus des oreilles, une protubérance qui répond à la portion squammeuse du temporal. La signification de cette protubérance est aisée à trouver. Au-dessus d'elle en effet est une dépression oblique, qui s'étend de la grande aile du sphénaide au centre d'ossification du pa-' riétal. Cette dépression répond évidemment à la vallée de Sylvius. Ainsi la saillie temporale exprime la prédominance des parties qui sont situées au-dessous de la scissure de Sylvius sur celles qui sont situées au-dessus. Cette prédominance qui s'eifacera bientôt, est un reste des formes fœtales. Or je sais bien que, chez Tenfant nouveau-né, les instincts précèdent les sentiments, et les phrénologistes verront dans cette saillie le signe du développement de l'organe de l'alimentivité. Hais chez les Endamines de la Nouvelle-Guinée, les côtés du crâne sont plats même dans ce point, et je doute que les cranioscopistes les plus hardis puissent aisément expliquer cet aplatissement chez une nation aussi barbare (2).
(1) Dans une l6le d'Eodamène, la différeneo du diamètre lonsitadinal ci du transversal était égale, à piiu de chosie près, au tiers de la longueur totale.
(2) Cf. Lclut. Examen comparatif de la longueur et de la largeur du crâne chez Us voleurs homicides j ^Sourn. univers, et hehdom, de médecine (Pari»,
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Il est un point de Thistoire i^ pariétal qu'on n'a peut-^tre pas suffisamment remarqué, à savoir : la modification qqe sa forme générale subit depuis la naissance jusqu'à l'âge adultQ. Vers la naissance, le centre du pont d'ossification primitif du pariétal est beaucoup plus rapprpché de son bord antérieiir que de son bord postérieur. Mais peu à peu le pariétal pousse de telle sorte par son bord antérieur, qu'à la fin le centre primitif d'ossification se trouve à égale distance de ces deux bords. Ce fait indique clairement que les parties qui sont en ftvant du sommet de la scissure de Sylvius croissent à partir de la naissance beaucoup plus rapidement que celles qui sont situées en arrière de ce point. Cet accroissement des parties frontale est rendu bien sensible par la comparaison de la courbe transversale du frontal dans les enfants et dans les adultes. Cette remarque, facile à faire, m'inspire quelques doutes sur cette proposition de Sœmmerring, que le cerveau ne crott plus après la troisième année, et même sur celle des frères WeQzel, et d'Hamilton qui affirment que le développeipent comr plet de cet organe est achevé vers la septième année. Il est bien vrai qu'à partir de cette époque le cerveau s'accroît trèslentement et d'une quantité peu considérable ; mais enfin il s'accroît, et très-certainement sa forme se modifie. Il est bien évident que le crâne d'un enfant de quatorze à quinze ans est autrement configuré que celui d'un vieillard.
Il me semble qu'à l'égard de la question qui nous occupe ici, on a choisi une assez mauvaise méthode. On compare un crâne d'un enfant mort à un crâne de vieillard, et on les trouve égaux quant à la capacité. Mais c'est là un résultat brutal qui signifie peu de chose, car si Ton sait où ce vieillard s'est arrêté, on ne sait pas et l'on ne peut prévoir jusqu'où
1S32, t. VI, pages 49 et suiv.}, et son ouvrage inWUilé ; I>e C organe pkréti§Uh giquede la datruction daru Us animaux. Paris, 1S38.
BS LA FOBMB DtJ CBANX. IQS
Tenfant eût pu aller (1). lD*ailleurs» je le répète, les homm^ du peuple inférieur» dont nous procurons les cr&nes, fouip* QÎssent, sans aucun doute, des inoyennes iiiférieures à celles que révélerait Tétude du cr&ne d'hommes qui se sont dis* tingués par un long exercice des fonctions de rintelligence. Il qerait plus utile de mesurer dans les établissements d'éducation la tète des élèves, d'année en année, et cela 8U3si Iqq|temps que possible. Cette méthode fournirait à coup sûr iefi résultats plus certains.
Il est bon de signaler encore un fait bien évident, c'est que la ligne ou plutôt l'arc qui suit la suture sagittale est bien plus convexe dans les adultes que dans les enfants ; de même le frontal s' accroît beaucoup do bas en haut et' d'ayanV en arrière. Ce n'est pas tout; chez l'enfant blanc la région cérébrale de Tocciput l'emporte beaucoup sur ses parties eérébelleqsçs. Elle est relativement fort grande, et l'on pourrait s'étoqner à bon droit de voir prédominer chez les petits enfants la saillie à laquelle correspond l'organe de la philogéniture, et de la voir diminuer dans les adultes de race blanche, qui aiment apparemment leurs enfants beaucoup moins que le$ nègres ^t les Alfouroux; mm est-il besoin de s'arrêter à de pareilles rêveries?
Après le caractère tiré de la largeur du frontal, il o'en est pas de plus important que Télévation du cr&ne au-rdessus du diamètre inter-auriculaire, élévation d*où résulte l'ampliation simultanée de la courbe médiane oceipitihfroniale et de la courbe transversale interniuriculaire. La portion de cette der-
(1) pn n'a point awei remarqué d'aiUeure qne, Tenfanee élant par exceW lence l'âge de l'hydrocéphalie, et que les maladies cérébrales étant pour beaucoup dans la mortalité de renfance, les moyennes prises dans 1m amfhtthéàtrea ont évidemment une Taleiir exagérée. Les enfonts à trop grande tète ne Tivant pas, Ils ne peuvent entrer en ligne de compte.